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Bécassine

Chapitre 1

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Une histoire érotique écrite par

Fantasme
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Chapitre 1 : Bécassine, la nouvelle collègue



— Hé, vous avez vu la nouvelle ?

— Ah ouais, putain, comment elle est bonne !

— Tu m’étonnes ! Vous avez vu cette paire de nibards ? Ils ont l’air bien ferme.

— Ouais, carrément ; j’en avais la trique rien qu’à mater. Et ce cul !

— Ouais, j’lui donnerais bien la fessée.

— Elle a quel âge d’après-vous ? Elle paraît quand même jeune…

— Je n’sais pas ; la vingtaine, ou pas beaucoup plus. Ah si je n’étais pas marié et si j’avais 20 ans de moins…

— Ne rêve pas, mon gars : avec ta tronche, tu n’as aucune chance.

— Connard !

— Et vous avez vu sa bouche ? J’lui glisserais bien ma…

— Merde. Chut, les gars, la voilà !


Quelle bande de blaireaux ! Tous des cons ! Agglutinés devant la machine à café comme à leur habitude, ils ne pensent qu’à une chose depuis que la nouvelle est là : la tringler. Ils me font pitié ! Des bêtes, rien de plus. C’est vrai qu’elle est très jolie avec sa longue chevelure rousse, son mignon petit nez pointu, ses mini-joues rondelettes et ses yeux verts. C’est vrai aussi que son corps est très désirable, que ses formes généreuses donnent plus qu’envie ; mais de là à se comporter comme des chiens affamés…


— Alors, Bécassine, comment ça se passe ?

— Salut, Bécassine. Alors, pas trop dur ? Tu t’en sors ?

— Hé, Bécassine, je te paye un café ?

— Dis, Bécassine, si tu as le moindre problème, n’hésite pas à venir me voir ; je me ferai une joie de t’aider.


Tss ! Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Et elle qui a l’air de se plaire à être au centre de l’attention, qui joue la belle… Encore une de ces pimbêches qui doit avoir l’habitude que tout le monde soit à ses pieds et à qui tout réussit. Encore une de ces poufiasses qui me traitera comme de la merde parce que je ne suis pas assez bien pour elle, que je ne suis même pas assez digne de lui torcher le cul. Qu’elle aille se faire voir ! Je ne vais pas me donner la peine de lui courir après pour me ramasser des prunes. Je ne suis pas aussi pathétique que mes collègues.

Je finis mon café dans mon coin et disparais en les laissant jouer à leur jeu puéril. Je n’ai pas de temps à perdre.


Je le connais, ce genre de fille qui s’attend à ce que tu rampes à ses pieds, à ce que tu traverses les quatre coins du monde pour satisfaire le moindre de ses désirs et puis, dans ton dos, qui se fout de ta gueule et te traite de laideron (et encore, uniquement quand elle manque d’imagination pour décrire le dégoût que ta face lui inspire).


Ouais, j’ai une sale gueule, mais je mérite quand même un peu de respect ! Enfin, sale gueule, tout est relatif. Certains diront plutôt que j’ai juste une gueule très marquée avec des traits durs et grossiers. Bon, c’est sûr que je ne plais pas à tout le monde, surtout à ce genre de princesse pourrie gâtée. Enfin bref, je retourne à mon labeur et tente de passer ma journée en ignorant les simagrées de mes collègues.


Le lendemain, j’arrive au bureau prêt à supporter le même cinéma et tombe directement sur la rouquine. Je tente de passer à côté d’elle en faisant style que je n’ai pas remarqué sa présence quand soudain elle m’apostrophe :


— Bonjour… euh, Armand, c’est bien ça ?

— Euh oui, c’est ça. Bonjour.


Pris par surprise, je me sauve presque en courant. Je pensais qu’elle me rendrait mon indifférence. Au lieu de ça, elle m’a souri en me disant bonjour, et d’un sourire sincère en plus. Je ne m’y attendais pas. Finalement, ce n’est peut-être pas la conne que j’imaginais… « Attends, quoi ? Elle me dit simplement "bonjour", et déjà je change d’opinion sur elle ; qu’est-ce qu’il me prend ? Je n’vais quand même pas me faire avoir par un simple "bonjour" ! »


Je commence à bosser en tentant d’oublier cet incident. Mais pourquoi ça me travaille autant ? Finalement, après quelques dossiers, j’y arrive enfin. Soudain, mes collègues me proposent d’aller boire un café. Je refuse, prétextant être trop occupé. Je n’ai surtout pas envie de les entendre raconter comment ils aimeraient baiser Bécassine. Ils insistent ; pas qu’ils tiennent à ma compagnie, mais plutôt qu’ils se sentiraient moins feignasses si je venais avec eux. Je suis plongé dans un dossier quand soudain quelqu’un pose une tasse chaude sur mon bureau.


— Tiens, je t’ai pris un café vu que tu n’avais pas le temps, me dit une voix féminine avant de s’asseoir en face de mon bureau.

— Euh... merci, lui dis-je sur un ton un peu trop sec.


« Un "bonjour", et maintenant un café ? À quoi joue Bécassine ? Me suis-je vraiment trompé à son propos ? Non, elle doit bien avoir une idée derrière la tête… C’est trop louche. » Je tente de l’ignorer et de continuer à bosser mais elle reste là, assise en face de moi, à me fixer tout en sirotant son café.


— Qu’est-ce que tu me veux ? lâché-je, finalement agacé.

— Je commence un nouveau boulot, je viens d’emménager dans la région, je connais personne ici. J’voulais juste discuter. Tu es différent des autres…

— Oh… euh… j’ai du boulot, là, c’est pas le moment… Mais merci pour le café.


Elle s’en va sans rien dire de plus. Je la regarde s’éloigner, hypnotisé par son cul qui se dandine. Elle avait vraiment l’air sincère. Pff ! Je n’ai rien trouvé de mieux comme réaction que l’envoyer balader. Quel boulet je fais ! Je n’ai pas l’habitude qu’on s’intéresse à moi, surtout quand c’est une si jolie fille. Les seules belles femmes à m’avoir adressé la parole attendaient toutes quelque chose de moi. Bécassine semble juste vouloir faire ma connaissance. Je me promets de lui laisser une chance plus tard. Peut-être qu’elle n’a aucune idée derrière la tête. Peut-être y a-t-il moyen de… « Mais attends, qu’est-ce que je suis en train de m’imaginer ? Il n’y a aucune chance que je me tape une fille si canon ; alors à quoi bon perdre son temps ? Je ne vais pas me comporter comme mes abrutis de collègues, tout de même ! Ah, Bécassine, je ne sais plus sur quel pied danser avec toi. Et puis Bécassine, c’est quoi ce prénom à la con ? Qu’est-ce qu’ont fumé tes parents le jour où ils te l’ont choisi ? J’ai la putain de chanson de Chantal Goya qui me trotte dans la tête : "Bécassine, c’est ma cousine. Bécassine, c’est ma voisine…" »


La semaine passe rapidement et je choisis l’option A : lui laisser une chance de me prouver qu’elle n’est pas qu’une pétasse manipulatrice.


Elle se révèle sympathique, a de la conversation et de l’humour. Désormais, elle ne me quitte plus d’une semelle. Mes collègues me jalousent ; ils veulent tous savoir comment j’ai fait. Je n’ai rien fait d’autre que de me comporter comme un être civilisé. Bon, c’est vrai que je l’ai quand même matée, mais seulement quand elle détournait son regard. En même temps, difficile de résister quand un corps de rêve s’agite toute la journée sous son nez. Je crois être sous son charme. D’ailleurs, je pense avoir mes chances avec elle mais j’ai peur de me faire des idées encore une fois. On verra bien ; l’avenir nous le dira.


Nous sommes en train de discuter dans mon bureau comme à notre habitude pour la pause-café matinale, et je ne peux m’empêcher de penser à lui défaire les boutons de sa chemise pour libérer son opulente poitrine ou à glisser ma main sous la minijupe qu’elle a revêtue aujourd’hui qui lui comprime le cul pour lui arracher son string qu’on distingue parfaitement.


— Tu ne m’as pas dit, lance-t-elle soudain juste à la fin de notre pause. Tu as une femme dans ta vie ?

— Euh… non, rougis-je.


Ma réponse lui déclenche un grand sourire. Elle me quitte et retourne à son bureau, me laissant songeur. « Merde ! Cette question ne peut pas être innocente. Je sais qu’elle n’a personne elle aussi. Elle ne connaît pas grand-monde depuis son déménagement. Elle s’est plainte plusieurs fois d’être seule. Pourquoi ce sourire ? S’intéresserait-elle vraiment à moi ? » La suite de la journée me révèle qu’elle a encore d’autres surprises pour moi.


— Voudrais-tu venir manger chez moi après le boulot ? Je n’ai pas envie de rentrer seule.

— Oui, si tu veux.


J’ai l’impression d’être en train de rêver. Elle me demande si j’ai quelqu’un, et peu de temps après elle m’invite chez elle ! Cela semble plutôt bien parti pour moi. « Vais-je pouvoir baiser ce soir ? Vais-je pouvoir la baiser ? Quel pied d’enfer ce serait ! » J’en ai la trique tout l’après-midi rien qu’à y penser.


La fin de journée semble prendre une éternité à venir. Je range rapidement mes affaires et me presse de rejoindre le canon avec qui je vais passer la soirée. Je peine à cacher mon état d’excitation : je suis comme un môme le matin de Noël prêt à déshabiller son cadeau. Je ne peux m’empêcher de sourire comme un débile.


— Bah alors, qu’est-ce qui t’arrive ? me demande Bécassine.

— Non rien, je suis juste content d’être en week-end, mens-je.


Nous voilà arrivés chez elle, un petit appartement suffisant pour une personne. Elle jette sa veste sur le canapé. Mes yeux font un tour rapide des lieux. La déco est plutôt fade, le ménage n’est pas au top, mais peu m’importe. Ma manie du rangement lui pardonne avec ce qu’elle me réserve. Je m’installe à mon aise sur le canapé. Elle part dans la cuisine chercher de quoi boire. J’observe les magazines posés sur la table basse puis les range correctement. De la presse people sans grand intérêt.


La voilà qui revient avec une bouteille de vin blanc et deux verres. Vu la tronche de la bouteille, il ne faut pas s’attendre à un grand cru. Elle remplit les coupes. Je bois une gorgée et manque de m’étouffer. Quelle infamie, ce vin ! De son côté, elle vide son verre d’un trait avant de s’en resservir un. J’essaye de lancer la conversation, mais elle semble ailleurs et me coupe soudain :


— Cela te dérange si je me mets plus à l’aise ?

— Euh, non, bien sûr.


Elle passe une main dans son dos puis la glisse sous sa chemise. Quelques contorsions plus tard, elle retire son soutien-gorge. Quelques gestes supplémentaires et c’est son string qui quitte son entrejambe. C’était inattendu. Je la regarde faire avec de grands yeux ; ma trique a redécollé de plus belle.


— Ah, c’est mieux comme ça. On se sent tout de suite plus libre sans sous-vêtements.


Puis elle reprend la conversation comme si de rien n’était. Je la fixe toujours, abasourdi par son geste. Qu’est-ce que ça signifie ? Était-ce un signe pour que je tente une approche ?


— Bah quoi, qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiète-t-elle. Ça te gêne ? Je ne pensais pas que ça gênerait quelqu’un comme toi. Je les remets si tu préfères.

— Non, non, ça ne me gêne pas. Reste à ton aise.


« Quelqu’un comme moi ? »


— Tant mieux, se réjouit-elle. Ce qui est bien avec vous autres, c’est que même si vos yeux louchent sur nos seins, on ne se sent pas gêné.

— Euh, OK, réponds-je sans vraiment comprendre où elle veut en venir.


« Comment ça, nous autres ? » Pourquoi ai-je l’impression qu’il me manque une information ?


— Alors, ça fait combien de temps que tu le sais ?


« Que je sais quoi ? Qu’elle s’intéresse à moi ? Non, ça m’étonnerai qu’elle parle de ça. Mais alors, qu’est-ce qu’elle raconte ? » Je lui demande d’éclaircir sa question.


— Depuis combien de temps sais-tu que tu es gay ?

— Gay ? Mais… mais… je ne suis pas gay.

— Allez, arrête ! insiste-t-elle. Tu n’as pas à te cacher, avec moi. Je n’ai rien contre vous autres.

— Qu’est-ce qui te fait dire que je suis gay ?

— Ta façon de t’habiller, toujours bien sapé, pas un pli de travers, tes choix vestimentaires, ta façon de soigner ton apparence, toujours rasé de près, pas le moindre épi de cheveux, ta façon de te comporter.


Mais c’est n’importe quoi ! En quoi le fait que je prenne soin de moi ferait de moi un gay ?


— Et puis tu as été le seul qui ne s’est pas jeté sur moi quand je suis arrivée. Rien que ça, c’est louche ! reprend-elle en soulignant ses formes d’un geste de main. Et puis j’ai vérifié : tu m’as dit que tu n’avais aucune femme dans ta vie.

— Et alors ?

— Bah, c’est normal puisque tu es gay !


Je n’ai jamais rien entendu d’aussi stupide. Elle ne m’avait pas parue très intelligente depuis son arrivée, mais j’ignorais qu’elle l’était si peu.


— Crois-moi, j’ai le flair pour ce genre de truc. Je l’ai su tout de suite. Crois-tu vraiment que je t’aurais invité si tu n’étais pas gay ?

— Comment ça ?

— Bah… Tu sais… hésite-t-elle en désignant mon visage d’un geste de main.


Ouille ! Mon égo vient d’en prendre un sacré coup. Je ne me suis jamais senti autant humilié de ma vie, et pourtant j’ai eu pas mal d’occasions de l’être. Non seulement elle me prend pour un homosexuel, mais en plus elle me fait comprendre qu’elle me trouve moche. Colère, honte, dégoût m’envahissent, mais je reste là sans bouger et sans rien dire. Si je commence à parler, je sens que je vais lui lâcher un flot d’insultes. Il vaudrait mieux éviter.


— J’ai toujours rêvé d’avoir un ami gay avec qui je pourrais me confier, reprend-elle devant mon mutisme. Un mec avec qui je pourrais raconter toutes mes histoires de cul. Un mec avec qui je ne serais pas gênée de me trimballer sans soutien-gorge, qui pourrait me regarder les nichons sans que ça fasse pervers. Un mec qui pourrait m’expliquer comment vous fonctionnez, vous autres. Ça serait un peu comme dans les films.

— Quels films ?

— Bah, j’sais pas… Des films, quoi ! Alors, tu veux bien que nous soyons amis ?


On m’avait déjà fait le coup du "Non, je ne veux pas coucher avec toi, sois mon ami, plutôt…" mais jamais le "Non, je ne veux pas coucher avec toi, sois mon ami gay, plutôt…" Et moi qui m’imaginais qu’elle me draguait. Quel crétin ! Je me suis encore bien fait avoir. Elle se cherchait juste un pote gay. Elle attend ma réponse maintenant. Je devrais me tirer d’ici et l’envoyer se faire foutre, mais j’hésite. « Qu’a-t-elle a dit, au fait ? "Je pourrais raconter toutes mes histoires de cul, me trimballer sans soutien-gorge… pourrait me regarder les nichons." Il y a peut-être moyen de tirer profit de cette histoire. » Oui, je sais : je n’ai plus aucun amour-propre. Et puis il faut avouer que je n’ai pas non plus un nombre incroyable d’amis ; alors une de plus ne peut pas faire de mal.


— Bon, OK, je veux bien être ton ami… gay, laissé-je difficilement échapper.

— Oh, c’est trop cool ! Merci, Armand, t’es un amour.


Elle se jette sur moi et me serre dans ses bras. Son parfum m’envahit les narines et je sens son opulente poitrine s’écraser contre mon torse. Le contact dure trop peu à mon goût.


Elle me prévient ensuite qu’elle va faire la cuisine et m’abandonne dans le salon. J’en profite pour réfléchir à ce qu’il vient de se passer. « Merde ! Qu’est-ce que je viens de faire ? Dans quoi me suis-je embarqué ? J’ai accepté de me faire passer pour gay, tout ça pour continuer à fréquenter cette femme. C’est dingue ! Il est encore temps de détaler comme un lapin. » Perdu dans mes pensées, mes yeux balaient la salle ; mais c’est vraiment le bordel, ici ! Il y a même un aquarium dans lequel flotte un poisson mort. Je vide mon verre de vin dans le pot d’une plante verte et entreprends un peu de rangement sur la table basse pour patienter. Au moment où Bécassine revient avec deux assiettes à la main, je suis fier de l’ordre que j’ai instauré sur la table. D’un geste du bras, elle balaie toute la surface pour y installer les assiettes, envoyant le tout s’écraser au sol. Je me crispe.


— J’ai fait des pâtes ; j’espère que tu aimes.

— Oui, ça sera très bien, merci.


Elle s’installe sur le canapé à côté de moi et me sert les couverts.


— Tu sais, si tu veux te mettre encore plus à ton aise… tenté-je, n’hésite surtout pas.

— Merci, sourit-elle, mais ça ira.

— Tu es sûre ? Même pas un bouton ou deux ? Tu es chez toi, après tout ; tu es libre de faire ce que tu veux.

— Tu as raison : je suis chez moi, je fais ce que je veux ! déclare-t-elle en défaisant deux boutons de sa chemise.


Hé hé, la naissance de ses seins est maintenant bien visible. Je ne me prive pas du spectacle puisque je suis censé être gay.

Mon estomac crie famine, alors j’accueille le plat avec joie ; mais la première bouchée me fait vite déchanter : les pâtes ne sont pas assez cuites et elles manquent de condiments. Ce n’est pourtant pas compliqué à accommoder. Déjà, la base : un peu de sel et de beurre, ensuite, on peut ajouter du poivre, une petite sauce, un peu d’emmental ou de parmesan. Avec trois fois rien, on se retrouve avec un plat délicieux. Mais là, rien.


— Hum, lance-t-elle, c’est bien meilleur que la dernière fois que j’en ai préparées.

— C’est possible, ça ? lâché-je.

— Oui. La dernière fois, je n’avais pas mis assez d’eau, et puis j’ai oublié la casserole sur le feu. Du coup, c’était grillé. Mais aujourd’hui, je suis fière de moi !


Eh ben… Elle ne brille ni par son intelligence ni par son talent de cuisinière, et elle est légèrement bordélique. J’en apprends pas mal sur elle, ce soir. Que me réserve-t-elle encore ? Je me force à manger pour ne pas paraître malpoli et pour me remplir le ventre, mais la tâche se révèle ardue. Quoi qu’il en soit, j’arrive à m’en sortir. Un verre d’eau pour faire passer le tout.


— Avec combien de mecs au maximum t’as baisé ? Je veux dire, en une même fois ?


Je manque de m’étouffer avec mon verre d’eau.


— Euh… une. Enfin, un seul.

— C’est tout ? Je vous pensais plutôt chauds lapins, vous, les gays ! Moi, au max ils étaient trois ou quatre… peut-être même cinq, je ne sais plus.

— Ce n’est pourtant pas le genre de truc qu’on oublie.

— Ouais, je sais, mais j’étais bourrée ce soir-là. Et quand je suis bourrée, je suis capable de coucher avec n’importe qui.

— Ah oui ? Je reprendrais bien un verre de vin. Je t’en ressers un ?

— Volontiers ! Merci.


Je me ressers un fond et remplis le sien à ras bord. Elle avale le liquide une nouvelle fois d’un trait. Je n’attends pas avant de la resservir. La discussion continue ; elle me raconte son enfance en Bretagne. Je n’écoute que d’une oreille et profite du spectacle que m’offrent ses cuisses et l’ouverture de sa chemise. Elle enchaîne les verres de vin, si bien que son visage prend une coloration légèrement empourprée.


— Pff ! Je commence à avoir bien chaud, moi ! déclare-t-elle, hilare.

— Tu devrais peut-être ôter un autre bouton, tenté-je.

— Tu as raison, rigole-t-elle, ivre.


Je l’observe enlever le bouton. On en voit de plus en plus ; ça devient vraiment indécent. Mon cœur bondit quand elle s’apprête à en faire sauter un second mais elle s’arrête, l’air pensif.


— Ça vous fait quoi à vous, les gays, une paire de seins ?

— Pas grand-chose. Regarde : je peux même toucher sans avoir la moindre réaction.


J’accompagne la parole du geste et palpe un de ses seins. Hum, il est bien ferme ! Quel plaisir… Je me force à ne pas trop faire durer ce contact pour ne pas paraître suspect. Ce geste déplacé m’aurait valu une claque dans la gueule avec n’importe quelle fille, mais pas avec Bécassine puisqu’elle pense que je suis gay : cela lui semble tout à fait normal.


— Et toi, qu’as-tu ressenti ? demandé-je, curieux.

— J’sais pas, j’ai pas eu le temps de voir. Recommence pour voir.


Avec plaisir ! Ma main ne tarde pas à atterrir sur son sein. Je profite un peu plus de la situation et le lui palpe franchement. Je fais rouler sous mes doigts un téton pointant sous sa chemise.


— Mouais, c’est agréable… déclare-t-elle.


Je glisse des doigts sous le pan de sa chemise pour venir m’occuper du second. Sa chair est douce. Mon sexe est à l’étroit dans mon pantalon ; je fais mon possible pour cacher la bosse. Moi qui m’imaginais coucher avec elle ce soir, me voilà juste en train de lui peloter les seins. Au moins, je n’aurai pas perdu ma soirée.


— C’est bon, j’ai vu. Arrête-toi, maintenant.

— Oui, désolé.

— Dis, demain je voulais aller faire les boutiques pour me prendre des fringues d’été. Tu veux m’accompagner ?

— Pourquoi pas ?