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Féral (BDSM)

Chapitre 1

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5

Une histoire érotique écrite par

Fantasme
publié le

11

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FERAL


Chapitre 1


Le contact du cuir sur sa peau le fit frissonner. C’était frais, presque doux, le collier s’enroulait autour de son cou jusqu’à l’épouser parfaitement. Yaël leva les yeux. Son regard croisa celui de l’homme qui vérifiait la solidité de la chaîne qui partait du collier, et qui allait venir se fixer à un gros anneau qui pendant de la paroi de pierre, sur le mur du fond. Yaël s’empressa de baisser la tête. L’homme continuait à s’affairer, s’assurant que tout était en place. La cage était grande, Yaël pouvait s’y tenir debout sans peine et y faire quelques pas dans le sens de la longueur. Adossée au mur, elle y était solidement fixée, et la porte qui se découpait dans le grillage pouvait se refermer avec un épais cadenas. Le collier et la chaine n’était qu’une précaution, c’était la première fois aujourd’hui que son maitre allait laisser Yaël seul dans la cage pendant qu’il sortait et il préférait s’assurer qu’il n’y aurait pas d’incident.


- Je reviens dans une petite demi-heure, lança l’homme en lui caressant les cheveux. Ne fais pas de bêtises pendant que je suis absent. Je t’ai mis de l’eau propre et de la nourriture, et si tu as froid il y a des couvertures dans le coin.


Yaël acquiesça d’un mouvement du menton, le seul moyen autorisé pour montrer qu’il comprenait. L’homme sourit et, avec une dernière caresse, il se détourna et sortit de la cage. Le cadenas claqua avec un lourd bruit métallique quand il referma la porte derrière lui.


*


Yaël s’assit sur son tapis, le souffle court. Il avait encore des frissons. Pourtant il ne faisait pas froid, tout était pensé pour qu’il soit à l’aise, mais il n’était pas encore habitué au contact de l’air sur son corps nu. Il avait la tête qui tournait. Maintenant que Cyril était sorti de la pièce, il prenait un peu de recul sur la situation et il avait l’impression de rêver. Comment s’était-il retrouvé dans une histoire pareille ?


Tout avait débuté un mois plus tôt, quand il avait commencé à discuter avec Cyril en ligne sur un forum spécialisé. Au début, il s’était dit que s’il lisait les sujets de discussion qui concernait les relations de ce type, c’était par simple curiosité. Après tout, en 23 ans d’existence, il n’avait jamais rien fait de ce genre ; et puis est-ce que ce n’était pas un peu étrange ces gens qui jouaient le rôle d’un animal domestique et qui trouvaient cela jouissif sur le plan sexuel ? Mais Yaël avait bien dû admettre que non, il ne trouvait pas cela étrange. Il comprenait. Rien qu’à imaginer être dans cette situation, se comporter ainsi, une pointe d’excitation lui vrillait le bas-ventre. Il avait posté un premier message sur le forum pour en apprendre plus. Et c’est à ce moment-là que Cyril lui avait écrit.


Au début, ils n’avaient parlé que de points "techniques" – Cyril partageait son expérience en tant que maitre, et Yaël était avide d’apprendre. Mais peu à peu, la conversation avait dérivé sur des sujets plus personnels, et finalement Yaël avait accepté de venir chez Cyril voir son "équipement". Il était arrivé la boule au ventre, se demandant dans quel guêpier il s’était fourré.


Cyril lui avait ouvert la porte. Il était grand, un peu plus que lui, les cheveux bruns, les yeux noirs, la mâchoire un peu carrée. Bien bâti, Yaël n’avait pu s’empêcher de remarquer les muscles qui tendaient le tissu de son t-shirt. Ils avaient bu un thé en discutant de tout et de rien, la tension grandissant dans le ventre de Yaël. Et puis Cyril lui avait montré. Il l’avait guidé dans la maison, ils étaient passés par la bibliothèque et là, derrière une porte blanche fermée à clé, la pièce. Une grande cage dans un angle, avec de multiples anneaux au mur et des chaines, des colliers, des muselières suspendues dans un coin. Un martinet en cuir souple un peu plus loin ("je m’en sers rarement", lui avait dit Cyril nonchalamment). Un ensemble de lanières assemblées, en cuir également, dont Yaël n’avait pas deviné l’usage et n’avait pas osé demander. Depuis qu’ils étaient rentrés, le garçon avait une solide érection dont il espérait qu’elle ne se voyait pas trop. Il voulait être là, dans cette pièce, dans cette cage, avec un de ces colliers, à boire dans une de ces gamelles en métal empilées à sa droite. Il y avait des jouets aussi, de ces cordes torsadées qu’on jette aux chiens pour qu’ils courent après. Et une petite armoire murale que Cyril n’avait pas ouverte. Yaël avait eu du mal à déglutir. Il s’était torturé l’esprit pendant toute la "visite", incapable d’imaginer un moyen de faire comprendre à Cyril ce qu’il voulait. Mais il n’avait pas eu à le faire. Quand ils ressortirent de la pièce et refermèrent la porte blanche derrière eux, Cyril se contenta de se retourner vers lui et de lui demander naturellement :


- Alors, est-ce que tu serais intéressé ?


Yaël avait secoué la tête sans comprendre, les yeux écarquillés, et Cyril avait repris :


- Être mon pet, mon animal domestique. Je pensais que tu étais partant, est-ce que j’avais mal compris ?


Le garçon avait senti ses joues brûler pendant qu’il bégayait sa réponse.


- Non…non, tu avais très bien compris.


Cyril avait eu ce petit sourire que Yaël allait apprendre à connaitre, le sourire d’un homme qui sait maintenant qu’il possède le contrôle de la situation et qui n’en avait jamais vraiment douté.


*


Ils avaient discuté des termes de leur relation la semaine suivante, autour d’un café, dans la cuisine de Cyril. Comme Yaël n’avait jamais expérimenté ce genre de choses, il avait préféré ne pas se limiter et ils avaient convenu d’essayer au fur et à mesure et de voir ce qui marchait. Ils travaillaient tous les deux du lundi au vendredi, et ils avaient décidé que Yaël viendrait le vendredi soir suivant, pour la première fois en tant que pet et plus en tant que simple visiteur. Il garderait son rôle dans toute la maison à l’exception du salon, qui était déclarée zone "neutre" – mais dans lequel ils n’avaient pas l’intention de passer beaucoup de temps. Pour sa première fois, Yaël ne resterait qu’une soirée, au terme de laquelle il déciderait s’il souhaitait continuer plus longtemps ou s’arrêter là.


Dès qu’il était rentré dans la maison ce soir-là, Yaël avait senti que l’ambiance avait changé. Il avait essayé de bien s’habiller avant de partir, tentant de coiffer ses cheveux blond cendré et de choisir une couleur de chemise qui mettait en valeur ses yeux bleus. Mais cela avait-il vraiment du sens de s’apprêter pour ce genre de soirée ? Et effectivement, dès son arrivée, Cyril l’avait accompagné dans la chambre où il s’était dépouillé de tous ses vêtements. Il l’avait ensuite emmené dans la pièce avec la cage, où il l’avait attaché et laissé seul le temps d’aller faire quelques courses. Et c’était dans cette situation qu’il se retrouvait maintenant.

Il était tentant de se sentir ridicule, mais Yaël n’y parvenait pas vraiment. Il savait que Cyril allait revenir bientôt, qu’il viendrait le voir tout de suite – c’était ce qui était convenu. Pour la suite, il n’en était pas sûr, mais elle ne laissait pas trop de place au doute. Cela faisait des semaines maintenant qu’ils se tournaient autour, ils étaient tous les deux brûlants d’impatience, et par ailleurs il avait été clair dès le début que tout ce jeu de rôle avait une vocation principalement sexuelle. A cette pensée, Yaël sentit un petit frisson lui saisir le bas-ventre. Du calme, se tança-t-il, ne t’excite pas tout seul. Ce n’est pas à toi de prendre les décisions.


Impossible de savoir l’heure. Il n’y avait pas d’horloge dans la salle, et bien sûr Yaël n’avait ni sa montre ni son téléphone portable, éteint avant même d’entrer chez Cyril. Cela faisait étrange, d’être ainsi coupé du monde. C’était reposant. Tout ce qu’il avait à faire, c’était attendre que Cyril rentre et s’en remettre à lui. Le garçon se pelotonna sur son tapis et ferma les yeux. Il savait qu’il n’arriverait pas à s’endormir, mais il essaya de faire le vide dans son esprit.