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La gérante de la galerie d'art

Chapitre 3

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Une histoire érotique écrite par

Fantasme
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Voilà. Dix minutes de voiture et nous y sommes déjà. Comme je n’ai pas trop rangé depuis la dernière fois que je m’y suis rendu, en allumant la lumière tamisée elle a dû voir la croix noire de Saint André contre le mur avec ses bracelets de cuir pour y attacher ma soumise.

Les meubles devraient aussi l’interpeler : le cheval d’arçon en cuir beige, le piédestal tournant capitonné. Bon, elle n’a sans doute pas vu les chaînes qui pendent du plafond, car j’avais pris soin de les remonter avec le treuil électrique qui l’équipent.

Et il y aussi une œuvre d’art qui ne laisse aucune équivoque : ce grand tableau sombre contemporain dans le centre duquel une jeune femme pulpeuse, nue, se tient à genoux, les bras liés dans le dos, et dont l’inscription en lettres gothiques et stylisées noires barre toute la surface de la toile : « NO PAIN NON GAIN »


Jenna est debout, au beau milieu de la pièce et elle balaie timidement tous les coins, d’un regard circulaire et craintif.

Elle me demande si je peux lui montrer de « ces photos que j’ai déjà faites », si j’ai un book à lui faire voir.

Mais je lui réponds : « ma chère, les dames qui ont déjà posé sont comme vous : elles ont accepté de le faire à la condition expresse que ces photos resteraient totalement privées, ma propriété exclusive, et que je ne les montrerai jamais à personne… à aucun homme, ni à aucune femme.

D’autant que certaines sont peut-être un peu connues, et elles risqueraient d’être reconnues, sait-on jamais. »


Bien entendu je bluffe, je n’ai encore jamais fait aucun book, et elle est la première à qui je fais cette proposition.


° ° °


J’hésite longuement. Je suis debout dans son atelier, haut campée sur mes talons de bottes. Je sens son regard sur mon derrière, il ne dit rien.

Ce qu’il me propose est si nouveau, si original, si dangereux, si osé…  

Mais aussi si tentant. Je ne sais pas pourquoi je pense cela, je devrais être horrifiée d’une telle idée. Moi qui ne peux même pas regarder un film vaguement pornographique ou une scène de sexe un peu poussée dans un film sans rougir et me détourner, comment pourrais-je penser faire une chose pareille ?

Mais d’un autre côté cette sensation d’être désirable, d’être l’objet d’admiration d’un homme si impressionnant est vraiment tentant. C’est comme monter à un arbre lorsque l’on a le vertige. C’est effrayant mais si attirant, si excitant.

J’ai du mal à croire qu’il m’ait suggéré cette possibilité. Je ne me vois pas comme une femme suffisamment photogénique pour être un modèle d’un photographe. 


Ma tête tourne un peu alors que j’imagine les positions dans lesquelles il va me faire poser. Je suis surprise par ce que mon esprit peut inventer si rapidement.

Bref après toute cette réflexion je réalise qu’il attend patiemment sans énervement. Son calme me rassure.

Je vais m’assoir sur le canapé de style moderne. Je croise mes longues jambes et arrange ma robe. Toujours coquette.

Je prends une longue respiration. Avec une petite voix je dis : « d’accord, je suis flattée que vous pensiez à moi de cette façon. Je veux bien essayer mais je porterai un masque. Est-ce possible ? »



° ° °


Un masque ça n’est pas très esthétique. C’est ce que je lui réponds. Et je trouve que ça fait souvent un peu glauque. Ou alors un masque totalement occultant, dans certaines tenues et certaines postures… un masque de cuir.

Ou éventuellement… j’y réfléchirai, il y a des masques vénitiens très beaux… Si je souhaite une ambiance carnaval.


« Vous savez, chère amie, comme les carnavals dans certains pays sont l’occasion parfois de véritables défouloirs et des personnes se lâchent, dans une ambiance sexuelle débridée… Hum, pourquoi pas ? Nous verrons.

Sinon, vous savez, avec vos longs cheveux, il y a de nombreuses façons de masquer partiellement le visage pour qu’on ne vous reconnaisse pas.

Et puis pour votre sécurité, pour que vous soyez parfaitement rassurée, il y a aussi un autre moyen : j’imprime la photo directement après la prise de vue (il me suffira d’apporter ici tout le matériel pour : imprimante, papier photo) puis je vous donne la carte mémoire. Comme ça je ne garderai qu’un exemplaire de ces photos, un exemplaire papier, et il n’y aurait aucun risque que vos photos se retrouvent sur internet, si c’est ce que vous craignez. Et même je pourrai détruire immédiatement la carte mémoire devant vous… ? »


Va-t-elle croire ces fadaises ? Comme si je ne pouvais pas, si je veux, rescanner la photo tirée sur papier – quitte à perdre la qualité, ou par un tour de passe-passe détruire une carte mémoire vierge et cacher la vraie.


« Par contre, ma chère, si je devais procéder ainsi, et ne garder qu’un seul exemplaire de chaque photo, un exemplaire papier, je vous paierais beaucoup moins cher le cliché, mon tarif sera beaucoup moins intéressant pour vous.

En tout cas vous m’inspirez, ma chérie. Vous permettez ce « ma chérie » ? »


Et déjà je l’imagine, tandis que je la mitraille en rafales, remonter lentement sa robe, debout devant moi, jusqu’à sa chatte, et même au-dessus, me la dévoilant, parfaitement lisse. En bottes, la chatte et le cul à l’air, sa belle robe moulante remontée jusqu’au nombril… (Hummm… Ça y est je rebande !)

Et en rafales… ça lui en ferait des clichés, des sous qui tomberaient dans son escarcelle, de quoi la rassurer, remonter ses finances (au même rythme que sa robe…!)



° ° °


Je déambule encore dans ce studio à la fois effrayant et fascinant.  J’ai vu des images de ce genre, j’en ai entendu parler ou vu des films qui y faisaient référence. Mais je croyais que c’était juste une fantaisie. Je ne pensais pas que cela se faisait réellement.


Certains des objets pendus sur les murs sont sans équivoque : cravache, liens, laisses, colliers de chien, godes… D’autres que je ne reconnais pas et dont je n’arrive pas à imaginer quel peut être leur usage.

 

J’ai longuement réfléchi et je sais bien que je suis prise au piège. Il pourrait sans problème copier ces photos et les diffuser.


Je pose devant un miroir en mettant mes lunettes de soleil assez grandes comme c’est la mode et mettant mes cheveux devant mon visage je vois que je peux rester anonyme.


Il me propose un petit essai. Timidement j’accepte et le laisse m’appeler « ma chérie ». Je lui dis que je ne veux pas de ces trucs bizarres. Il me rassure en me disant que c’est ma tenue actuelle qui l’inspire, ce mélange de classe et de sensualité. 


Je prends un foulard en soie sur une étagère et le mettant devant mon visage je demande : « Comme ça ? » ; puis dans une autre pose debout : « Ou comme cela ? » Pas des poses super sexy mais je m’entraîne. Je marche de long en large, mes bottes claquent sur le sol.


Lui ayant tourné le dos, je retourne mon torse et le regarde, le visage couvert de mes cheveux. La pose est bien meilleure et ma croupe est à son avantage ainsi que ma poitrine. Il voit que je commence à y prendre goût car après tout, j’aime être le centre de l’attention.

Il prend un appareil photo. Il commence cette séance impromptue et me laisse aller avant de commencer à me guider.



° ° °


Je trouve qu’elle a vite abandonné ses réticences. Et déjà la voilà qui s’imagine en mannequin, elle, la petite bourgeoise des beaux quartiers, la quadragénaire un peu coincée. Cela doit faire revivre un vieux rêve de petite fille, à l’époque où elle feuilletait les magazines. Quelle femme n’a pas rêvé jeune fille d’être le centre d’attention de tous, de poser et de devenir célèbre à cause de son physique, et de rendre ainsi folles de jalousie toutes ses amies ?


Le temps d’une soirée, après plusieurs verres qui lui ont permis de lâcher prise (sans sous-estimer mon pouvoir de séduction qui doit faire qu’elle se sent si belle et si désirable tout à coup), elle s’imagine dans la peau d’un modèle, et sous les ordres d’un photographe presque paralysé par la féminité pure qu’elle dégage. Elle prend déjà des poses.

J’ai bien vu : ça a commencé devant le miroir. Sous prétexte de vérifier qu’on ne pourrait pas la reconnaître avec ses grandes lunettes noires année 70, elle joue à la polissonne.


Elle me demande de regarder le cliché pour la rassurer. Car j’ai déjà sorti mon reflex et mitraillé un peu. Elle se regarde et feint la surprise. Elle sourit un peu stupidement, minaude comme la gamine qu’elle n’est plus. Des gamines comme ça, ça m’a toujours énervé. Et j’imagine déjà ses fesses à l’air en train de rougir sous ma main vengeresse et rageuse.

Mais je dois me reprendre. Ma queue se retend à nouveau sous le cuir de mon pantalon moulant.


Elle n’est pas si farouche finalement. Ses barrières tombent une à une ; je m’aperçois qu’elle me tutoie maintenant, sans que je lui aie autorisée (ça mériterait une punition… un châtiment corporel, proportionnel à son effronterie, bien entendu), mais bon, je ne relève pas.

Je préfère en déduire qu’elle est finalement plutôt à l’aise avec moi, et ce plus vite que je n’aurais espéré, et qu’une espèce d’intimité est née entre nous, peut-être à cause des confidences qu’elle m’a faites – et qu’elle n’avait jamais faites à personne – et qui ont soulagé son cœur et sa conscience ; peut-être à cause de mon métier, qui rassure, qui l’a rassurée, parce que je suis habitué à entendre des secrets, parfois bien pires, et que ma déontologie oblige à les garder pour moi.


Je me dis que ces futures photos en sont un peu la métaphore : c’est encore un peu plus de son intimité qu’elle va me donner, me confier, et pour mon usage uniquement personnel. Mais cette fois, c’est moi qui vais la payer pour ça.


J’aime la façon coquine dont elle me tourne le dos, se cambrant bien, me présentant sa croupe bien ronde, et tournant son buste et me regardant avec son sourire de petite allumeuse, me présentant le profil de sa poitrine bien pleine. Elle est diablement bandante !


Je lui dis donc : « Vous voulez donc faire un petit bout d’essai ? Comme ça, juste pour le fun ? Ce sera un test… »


Elle acquiesce avec un petit gloussement de fille écervelée. Elle veut jouer à la B.B. dans les années 60.


« - OK » continué-je. « Mais ce sera donc gratuit. Juste un truc entre nous. Comme ça, ça vous… te » (je me rappelle qu’elle me tutoie désormais, je me mets donc au diapason, ça contribuera peut-être encore au rapprochement entre nous… et aidera quand il faudra qu’elle commence à se déshabiller) « donnera une idée… Et puis te laissera après le temps de réfléchir quelques jours, si tu veux, après avoir pris du recul sur cette soirée.

Je garderai peut-être les photos réussies, qui seront bien, et si après tu veux continuer, je te les paierai avec les autres naturellement.

Vas-y, continue cette pose, j’aime bien. Et maintenant, toujours comme ça (ta croupe bien cambrée, ton buste retourné), remonte un peu ta robe lentement de la main gauche. Oui, toujours en me regardant. Oui c’est ça. Remonte encore. Oui, jusqu’à mi cuisses, au moins. Je photographie en rafales. Oh, Madame a mis des bas, hummm… Tu es terriblement sexy !


Maintenant tourne-moi le dos, écarte les jambes, cambre-toi bien, et penche toi lentement en avant, et de plus en plus. Oui comme ça. Et on refait pareil tandis que tu remontes ta robe. Hummmm… elles sont terriblement sexy tes bottes ! »


° ° °


Enivrée par les quelques verres mais aussi par cette attention masculine, je me prends un peu au jeu. Cette attention masculine n’est pas vulgaire ni vraiment osée. Il se comporte avec élégance et son charisme me séduit. Je me sens bien à l’aise. Je me sens rajeunie aussi. Je n’ai jamais été une fille joueuse. Toujours trop sérieuse mais aimant être appréciée. Comme beaucoup de femmes je suis coquette mais sans plus. Par contre être admirée et félicitée pour ma tenue me rend plutôt… bête.  Cela me va droit au cœur.  


Je fais comme il me le demande, rassurée que mon visage n’apparaisse pas sur les photos.

Je marche en m’assurant que mes bottes claquent sur le sol. Les hauts talons de mes bottes me font me déhancher. Je suis un peu hésitante à lui tourner le dos car je me sens plus vulnérable mais finalement je me mets face à cette table. J’écarte les jambes à peu près de 40 cm.

Plantée fièrement sur mes bottes je me penche lentement en avant. Et je sais que cela fait ressortir mes fesses. Ma poitrine est à quelques centimètres de la table. 

A sa demande je relève ma robe qui devient vraiment courte. Il voit le haut de mes bas et devine les attaches des jarretelles. 

Se retenant avec difficulté de me prendre la croupe, il prend des clichés.

Puis il vient de côté et me dit de faire tomber mes cheveux pour cacher mon visage. J’obéis et sens sa présence tandis qu’il prend des photos de trois quarts.

Ses compliments sur ma tenue et ma forme, ma classe, m’aident à me détendre.

Puis il me demande d’écarter mon décolleté un peu. Je prends une pose hésitante puis je pousse le tissu de ma robe pour dévoiler un peu d’un sein dans son enveloppe de dentelle noire.

Il me demande de me relever pour bien prendre cette belle vue. Sa main passe à quelques centimètres de mes fesses. Je tremble car c’est comme un contact électrique.


° ° °


Elle a vraiment l’air de se prendre au jeu, et j’irais jusqu’à dire qu’elle en semble même excitée. Mais il va falloir qu’elle comprenne qu’il m’en faut plus : je ne vais pas me contenter – même pour du fric – de photos un peu déshabillées. Je suis un dominateur, j’aime le bondage, la soumission, et ce joli corps j’ai vraiment envie de le voir dans des postures humiliantes, dans une position de femelle conquise et contrainte sexuellement.

Je bande comme un malade, ça fait une grosse bosse tendue dans mon froc en cuir, pourvu qu’elle ne la voit pas.


Je vais donc mettre fin à cette séance gratuite un peu trop gentillette à mon goût, et lui faire bien comprendre que je suis le maître du jeu. C’est moi qui décide de tout.

Je prends un dernier cliché et lui assène une claque sur son fessier, pas trop forte pour être violente mais pas trop douce non plus pour être gentille : c’est un signe de fermeté qui ponctue mes propos et lui donne un gage de mon caractère bien affirmé, si elle en avait encore besoin.


« - Bon, c’est fini, ma chère.

Ce que nous allons faire c’est que je vais faire des tirages de ces photos, et je vais vous rappeler dans quelques jours afin de vous les montrer. Ça sera pour vous aussi un délai de réflexion. Vous aurez ainsi ces quelques jours pour mieux penser à ma proposition.

Étant entendu que, contre rémunération – et pour sceller notre marché - je ne pourrai me contenter de clichés convenus comme j’ai pris ce soir. Vous avez bien compris que, pour que je vous paie, il me faudra du lourd : des clichés dénudés et des postures osées. Vous devrez obéir… je veux dire, vous n’aurez qu’à faire ce que je vous demanderai… Et je dois ajouter - ce sera l’élément incontournable et le plus important de notre marché - que dès lors que vous refuserez une posture, une position, un accessoire, je mettrai fin non seulement à la séance mais à toutes les séances !

Eh oui, cela vous choque peut-être, mais je suis non seulement un homme d’affaire intransigeant, mais aussi un homme autoritaire – en particulier avec les femmes, me direz-vous, je vous l’accorde bien volontiers - et je suis très à cheval sur les règles que je d’édicte une fois que ma partenaire les a acceptées : une promesse est une promesse, un pacte est un pacte !

Bien entendu, et comme je vous l’ai promis, vous ne serez pas reconnaissable… à moins que vous changiez d’avis en cours de route, ce que, je vous l’avoue, me ferait très plaisir… et serait un plus pour vous également, puisque je vous triplerais dans ce cas le tarif…

Enfin, réfléchissez déjà, ma chère, à notre marché. Ne me donnez pas une réponse tout de suite. La nuit porte conseil, parfois le temps rend plus sage… Je comprendrais si, dans ces quelques jours, et après que je vous ai montré les clichés de ce soir, vous me disiez que vous renoncez… ou que vous avez trouvé une autre solution, je ne vous en voudrais pas.

Que vous teniez à votre honneur de femme, je ne vous en tiendrais pas rigueur.

Par contre, si vous acceptiez, vous seriez à moi… en quelque sorte… enfin, en grande partie… Votre image, déjà… Et puis la majeure partie de votre vertu » ajouté-je avec un petit sourire vicieux et un clin d’œil.


Elle fait un peu la moue, non pas tant, me semble-t-il, à cause de ce que je viens de lui asséner, mais surtout parce que je mets brutalement fin au jeu auquel elle commençait vraiment à se plaire beaucoup, vu le sourire d’extase qu’elle affichait en posant.


C’est donc dans un silence de plomb que je l’accompagne jusqu’à ma voiture, où elle prend place à mon côté sans desserrer les dents, jusqu’au moment où je la dépose devant la porte de sa galerie, son auto étant garée pas loin.


« - Voilà, ma chérie, vous êtes arrivée. Je vous rappelle dans quelques jours, comme convenu. Bonne nuit.

- Bonne nuit » répond-elle en descendant, assez froidement et sans un regard pour moi, les yeux baissés, l’air un peu renfrogné.


Je me dis que je vais laisser passer plus d’une semaine, histoire de la faire bien mariner dans son jus. Mais aussi que cette petite mijaurée va s’effrayer et que si elle accepte poliment un rendez-vous pour venir voir les clichés dans mon baisodrome (transformé en studio photo personnel) elle prendra peur et refusera d’aller plus loin. Alea jacta. Advienne que pourra. Si elle refuse, tant pis pour elle.

…et tant pis pour moi.


(A suivre...)