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La scène

Chapitre 1

14
5

Une histoire érotique écrite par

Fantasme
publié le
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14

1

— Et d’où tu rentres ? À cette heure si tardive ? Tu ne vas encore me raconter des sornettes, d’où tu reviens Jeannette ?

— Comme si tu ne savais pas que j’avais un rendez-vous pour du boulot ! Monsieur, je sais tout, qui n’écoute jamais ce qu’on lui dit.

— Tu me l’aurais dit quand ? On ne se parle plus que pour s’engueuler et c’est fatigant. Tu sais bien !

— Tu ne vas pas encore remettre ça sur le tapis. Je te préviens Léo, si tu continues, je vais coucher chez mon amie Astrid.

— Merde, tu me menaces de me larguer ? C’est nouveau, ça ? Ça vient de sortir ? Je rentre du boulot, ma femme n’est pas là ! Quand elle revient deux heures après, je lui demande où elle est allée et que me répond-elle ? Alors là, c’est le monde à l’envers…

— Et c’est reparti pour un tour. La vie n’est pas encore assez compliquée, il faut que tu t’imagines en plus des trucs.

— Ben, si tu es si sûre de toi, Jeannette, raconte-moi donc cet entretien. Comment ça s’est passé ? Et le job, ils te l’ont donné ? Je parie qu’ils vont t’écrire dans quelques jours, comme d’habitude, et que jamais personne ne recevra de lettre. C’est bien cela ? Trop facile comme moyen de te taire, de t’échapper, de fuir tes responsabilités. Quand est-ce que tu deviendras une adulte, dis-moi, quand ?

— Bon ! Tu baisses le ton ? Je ne suis pas allée me promener, d’accord ? Tu veux vraiment savoir ?

— Encore heureux que je veuille que tu me le dises. Ce n’est pas normal entre un homme et sa femme de se parler ?

— Parler ? Parce que tu appelles ça parler ? Mais tu vocifères constamment, tu hurles et j’en ai par-dessus la tête, crois-moi. Tu peux être sûr que cela ne durera pas très longtemps.


— Bon ! Alors, viens avec moi sur le canapé et raconte-moi ce rendez-vous. Je suis tout ouïe, ma belle.

— Tu as raison, tu seras beaucoup mieux assis pour écouter ce que je vais te dire. Et si ça ne te fait pas plaisir, tu ne prendras qu’à toi Léo.

— Accouche, au lieu de me faire languir. Et tu as intérêt à ce que ce soit crédible.

— Parfait, tu l’auras donc voulu. Tu as vu le journal, oui le « Vosges-matin » sur le plan de travail de la cuisine.

— Celui qui te sert pour éplucher les légumes ?

— Oui celui-là, et si tu m’interromps tout le temps on n’est pas près d’en avoir fini, je te le dis moi. Ou tu me laisses parler ou je vais me coucher. J’en ai vu des vertes et des pas mûres cet après-midi moi. Donc tu la boucles ou c’est moi, compris ?

— Cool ! Tu veux bien te calmer ? Tu vois on ne peut vraiment pas discuter avec toi, tu deviens insupportable.

— Mais il n’y a pas de dialogue puisque tu me coupes la parole sans arrêt. Laisse-moi m’expliquer au moins. C’est déjà assez compliqué comme ça. Alors ce journal ? Tu vois de quoi je parle ?

— Oui ! Oui, celui des patates quoi !

— Si tu veux. Alors en préparant les carottes, j’ai trouvé une annonce et je me suis rendue à l’adresse indiquée. J’ai longuement hésité, j’ai tergiversé des jours et des jours puis finalement je me suis décidé à appeler le numéro qui était sur l’annonce.

— Tu as répondu à une annonce ? Alors je devrais facilement la retrouver, comme ça je verrai bien si tu m’enfumes ou si c’est réel.

— Ben oui ! Sauf qu’après plusieurs jours et des tas d’épluchures, je me suis résolue à jeter la feuille dans le composteur. Mais tu devrais quand même en trouver quelques traces, malgré la pourriture. Tu vois celle-ci se dépose partout, même sur notre vie, sur cet amour que tu me jurais éternel…


— Ne recommence pas ! Merde, arrête Jeannette, continue de me raconter, je veux tout savoir, j’en ai besoin, tu entends, besoin, c’est un mot inconnu pour toi ?

— Mais oui, mais oui ! Donc j’ai téléphoné, il y a deux trois jours, et j’ai eu une charmante jeune femme qui m’a fixé un rendez-vous.

— Et c’était dans quel endroit ce rencard providentiel ? Ici en ville ou dans un coin que je ne connais pas ? Ce serait tellement plus facile, Jeannette ! Pour toi surtout !

— Je crois que je vais renoncer… aller me coucher, ça vaut mieux. Tu es indécrottable, imbuvable aussi.

— Rien du tout ! Nous allons éclaircir tout ceci sans nous énerver, c’est notre dernière chance de sauver les meubles ma belle. Ou tu me dis tout ou notre union va se déliter de plus en plus. Je t’ai fait confiance jusque là, mais… j’en ai par-dessus la tête. Depuis plusieurs jours que tu as un rendez-vous et tu ne daignes pas même m’en toucher un mot ?

— Tu es bien sûr toi, que tu me racontes tout ?

— Évidemment ! Je n’ai rien à cacher, ma vie est un livre ouvert et tu as accès à toutes les pages.

— Tiens donc ! On pourrait peut-être revenir sur celle qui a pour prénom Marie-Josée ? Alors ?

— Mais que vient faire ma secrétaire dans notre vie conjugale ? Qu’est ce que tu racontes encore ? C’est pour camoufler, pour me faire oublier que tu n’étais pas à la maison quand je suis rentré ?

— Non Monsieur, c’est juste pour te faire savoir que si tes costumes sentent le parfum, ce n’est pas forcément le mien qu’ils embaument et que lorsque je vais au bureau, à TON bureau, je sais reconnaître la fragrance aux saveurs de muguet de TA Marie-Josée, alors ne t’engage pas trop à la légère mon petit bonhomme, au risque de me fâcher pour de bon.

— N’importe quoi, vraiment, tu m’imagines un instant couchant avec ma secrétaire, mais elle à quinze de plus que moi, que nous, tu me vois faire cela…


— Avec les mecs, il faut s’attendre à tout.

— Ne m’insulte pas non plus. Tu veux bien finir ton récit, me narrer par le détail ton entretien ? J’attends je te le signale depuis un bon moment. Tu n’arriveras pas à m’entraîner sur un chemin de traverse, à me noyer sous un flot de fadaises. C’est la vérité que je veux, tu comprends bien ce que je dis ?

— Alors tu ne vas pas être déçu. Je te le dis et le redis. Donc j’avais rendez-vous dans un petit immeuble et pas très loin de ton bureau, dans la rue « Lecollinet ». Tu la remets cette rue ?

— Oui, oui ! Continue.

— Alors, j’ai été reçue dans un bel appartement, par la femme que j’avais eue au téléphone. Elle a sensiblement le même âge que le nôtre et je peux t’assurer qu’elle est très belle.

— Tu t’intéresses donc à autre chose qu’à ta petite personne, toi maintenant ? C’est tout neuf ça !

— Goujat ! C’est de la pure méchanceté ce que tu me dis là ! Alors pourquoi je devrais te raconter mon rendez-vous, puisque de toute manière tu ne seras jamais satisfait ?

— Arrête ! À… rrête, veux-tu ! Tu vas réussir à me faire sortir de mes gonds, je crois que c’est ce que tu cherches. Mais je vais me contenir. Jeannette, je veux encore y croire, croire en notre couple. Mais pour cela, j’ai besoin de te faire confiance, de te faire confiance pour avancer dans la vie. Pouvoir me reposer de temps en temps sur toi, sur ton épaule, mais ceci passe par une confiance aveugle et je t’assure que c’est loin d’être le cas.

— Bien sûr que je comprends, mais dans ce cas, donne-moi les moyens de te parler. Je veux bien tout te dire, mais si chaque fois que j’ouvre la bouche tu me claques le bec par tes remarques acides, c’est au-dessus de mes forces. Moi j’ai également besoin de toi, sois en assuré. Je peux finir mon truc, oui ou non ?

— C’est bon… vas-y !

— Donc cette femme m’a ouvert et elle était très belle. Elle m’a mise à l’aise de suite, m’a proposé un café que nous avons pris toutes les deux. Elle est brune avec de jolies boucles méchées dans la chevelure, de celles que j’aimerais beaucoup. Celles que tu trouves ridicules. Elle était vêtue d’un tailleur un peu sombre, fait d’un tissu sûrement très cher. Si je devais qualifier sa tenue je dirais bon chic bon genre. Elle portait aussi des hauts talons, des très, très hauts, comme je n’en ai jamais vu, et pourtant elle marchait d’un pas assuré, très à l’aise quoi.

— Elle avait des échasses ? Bien sûr que ces pompes ont du te plaire, toi qui ne rêves que de ces chaussures que portent les putes dans les films.


— C’est sympa ça comme remarque. Tu ne peux pas t’en empêcher, c’est plus fort que toi ! Hein ! Tu aimes m’humilier avec tes mots et ta vision pourrie des choses ! Dis-le, eh bien dis-le !

— Tu as raison. Pardon, je n’aurais pas dû faire cette remarque. Elle est surtout très déplacée.

— Elle m’a posé des tas de questions sur ma vie, sur notre vie, comme si elle était intéressée par celle que je mène avec toi. Pas de quoi pavoiser, mais c’est à tel point que j’ai enjolivé la situation, pour ne pas être prise pour une gourde. J’ai vraiment l’impression que tu me prends pour la dernière des dernières, avec ton humour à cinq balles.

— J’admets que sur ce coup-là, je ne me suis pas montré intelligent. Mais je te promets d’être plus attentif à la fin de ton histoire.

— Mon histoire, mais c’est aussi la tienne, la mienne, enfin de la nôtre qu’il s’agit là. C’est de nous dont il est question, pourquoi ne veux-tu pas le comprendre ?

— … ! … !

— Ah ! Te voilà le bec cloué enfin ! Bien alors, cette femme qui se nomme Sylvie, est d’une beauté rare et elle m’a expliqué ce que l’on attendait de la candidate qui serait retenue pour le travail. Elle m’a indiqué aussi comment je devais me comporter lors de l’entretien qui allait avoir lieu, quelques minutes plus tard. Je serais confrontée à plusieurs interlocuteurs, hommes et femmes.

— Ils étaient nombreux ?

— Elle ne m’avait donné aucun détail sur le nombre, juste dit « plusieurs ». Ensuite, après le café, une lumière verte s’est allumée au-dessus d’une porte que je n’avais pas remarquée. Sylvie m’a pris par la main et m’a gentiment dirigée vers celle-ci. Lorsqu’elle l’a ouverte, elle m’a poussée dans le dos ; peut-être de peur que je ne recule et renonce à la dernière minute.

— Pas un mot sur ce que tu allais devoir dire ou faire, à l’intérieur de ce bureau ?

— Attends ! Ne sois donc pas impatient comme ça. Tu vas savoir. Je vais tout te narrer par le menu, tu seras satisfait de cette manière.


— Entendu, raconte, je ne t’interromprai plus, promis !

— J’ai bien entendu ? Tu as promis ? Eh bien ! Nous allons voir cela. Donc dans le bureau, tout était très sombre. Je n’ai pas distingué de suite qui s’y trouvait et j’avais une sorte de lumière directement dans les yeux. J’y voyais encore moins. Le premier qui m’a parlé était un homme.

— Ah ! que t’a-t-il demandé ?

— Tu vas le savoir, mais bon sang ! Laisse-moi parler. Il faut que je rassemble mes idées, pour les remettre dans l’ordre. Il s’est passé tellement de choses.

— Hum !

— C’est ça ! Racle-toi la gorge. Mais c’est pourtant comme je vais te le raconter que ça s’est vraiment passé. Et il s’est mis à parler.

— Ainsi vous êtes prête à travailler ?

— Oui !

— Pourriez-vous dire Monsieur si c’est un homme qui vous parle et Madame si c’est une femme ?

— Oui… Monsieur.

— Vous êtes, d’après votre fiche mariée depuis… cinq ans, c’est bien cela ?

— Oui, Madame.

— Votre mari est gentil avec vous ? Je veux dire par là, il ne vous impose rien ?

— Non, Monsieur, il ne m’oblige à rien, mais c’est vrai qu’à bien y réfléchir, il est parfois très autoritaire.

— Qu’entendez-vous par là ?

— Que, Madame, il aime bien diriger sa vie, la mienne et par la même la nôtre. C’est lui, qui choisit nos meubles, nos loisirs, qui décide de presque tout dans la maison

— Intéressant ça ! Vous vous laissez ainsi guider par lui et vous ne rechignez jamais ! Jamais vous n’avez envie de vous rebeller un tant soit peu ?

— Si, ça m’arrive, Monsieur, de lui refuser certaines choses. Parfois je m’énerve aussi quand je juge qu’il va trop loin.

— Tu ne leur as quand même pas parlé de notre vie privée ? De quel droit t’ont-ils posé des questions aussi… personnelles ? Tu me fais marcher là ? Personne n’oserait demander de pareilles choses. Mais c’est bon je t’ai promis de me taire, alors continue.


— Tu vois, tu ne sais pas tenir ta langue.

— C’est ça, tu imagines ce que tu m’assènes dans la figure là ? Continues… veux-tu ?

— Bien ! Alors si je vous parle de moments plus privés, vous me répondrez en toute honnêteté ?

— Oui, bien sûr, je suis là pour cela n’est-ce pas Madame ?

— Merci, c’est très aimable à vous. Si nous vous demandions des choses qui sortent de l’ordinaire, y donneriez-vous une suite favorable ou pas ?

— Tout dépend de vos demandes Messieurs-Dames. Mais je suis là pour répondre à vos questions et si elles font partie de l’entretien…

— Vous nous semblez être une femme intelligente et fort désirable, le savez-vous ? Votre époux a bien de la chance de vous avoir à la maison, le sait-il ?

— C’est à lui Madame, qu’il faudrait le dire. Il semble le savoir depuis longtemps, mais il l’oublie trop souvent… à mon goût.

— Intuitive avec ça et pleine d’humour, nous aimons beaucoup de ce genre de profil. Avez-vous peur de ne voir personne ? Et si une main vous frôlait comment réagiriez-vous ? Vous sentiriez-vous menacée ?

— Je dois dire que je ne me sens pas très à l’aise avec une lumière en pleine figure, mais je ne me sens pas non plus en danger. Le nombre me semble protecteur et vous êtes sûrement plusieurs, autant que j’ai pu en juger aux intonations de vos voix. En plus je pourrais aussi me lever et partir, je ne vous pas pourquoi quelqu’un me retiendrait contre mon gré.

— Vous avez la langue bien pendue et l’esprit d’analyse est presque parfait. Reste à savoir jusqu’où vous n’avez pas peur. Et là, c’est une question de pratique plus que de discussion. Qu’en pensez-vous ?

— Pour le moment rien, Madame, mais la promiscuité de plusieurs hommes et femmes n’a rien de rassurant, surtout si on ne distingue rien de leurs traits.

— Si nous allions encore plus loin dans l’interdiction de voir, de percevoir, vous laisseriez vous faire ? Je veux dire si par exemple, l’un d’entre nous vous posait un bandeau ? Si vos mains étaient liées et devenaient ainsi inutiles, en seriez-vous offusquée ?

— Je ne sais pas Monsieur, je n’en sais rien, je peux seulement vous dire que mon cœur bat plus fort que la normale et que j’ai les jambes qui tremblent un peu.

— Vous n’avez donc jamais joué de la sorte avec votre époux ? Il n’aime pas les jeux dominants dominés, mais vous ?

— Je dois avouer que nous sommes loin de ce que je vis chaque jour. Que je n’ai jamais songé à ce genre de jeux, mais en y réfléchissant bien… je dois reconnaître un certain trouble qui m’envahit à vos paroles !

— Nous laisseriez-vous, vous mettre ce bandeau qui nous tient à cœur ? Vos sensations en seraient mille fois décuplées, je vous l’assure.

— Mes sensations, mais quelles sensations Madame ? Ne suis-je pas censée passer un entretien pour un travail ?

  — Et qui vous dit que ce n’est pas ce que nous sommes en train de faire Jeannette ? C’est bien ainsi que vous prénommez, non ?

— Je m’appelle bien comme cela oui ! Mais vous me surprenez par des questions étranges et un comportement non moins hors norme. Quel travail a donc autant besoin de ne point voir l’autre, d’obéir, de se laisser faire ? Vous pourriez m’en dire plus sur la place que vous avez à m’offrir ? J’aimerais faire preuve de plus de docilité, pour peu que le jeu en vaille la chandelle, mais jusque là, je ne sais rien de vos intentions ni du sort qui m’est réservé, pas plus que du job qui pourrait en découler.

— Nous pourrions faire de vous… une reine ou une putain… l’exercice est le même, vous offrir le monde ou vous détenir dans une cellule. Quelle importance puisque tout reste, d’une façon ou d’une autre, tendu vers un élan d’amour vers lequel nous vous amènerions en douceur, mais nous avons besoin de votre consentement ! Pas question de faire quoi que ce soit sans votre accord, naturellement.

— Faire de moi une reine… mais pour la pute je ne pense pas que mon mari…

— Vous n’avez pas tout compris, il me semble. Nous vous offrons un bout d’essai, un mini film pour voir vos capacités à être réaliste face à une caméra.


— Tu veux me faire croire que des gens t’ont proposé la botte, t’ont dit qu’ils allaient faire de toi une actrice, mais là, je rêve ! Tu me prends vraiment pour un con…

— Pas moyen que tu restes tranquille plus de deux minutes, hein ! c’est plus fort que toi, tu ne supportes vraiment rien.

— C’est rien pour toi, d’apprendre que sa femme va dans des appartements louches, qu’on lui propose de devenir je ne sais quoi…

— Si tu le sais, ils ont dit une reine ou une pute… alors tu préfères quoi ? Et puis dis-moi aussi que ça ne te fait pas bander, d’imaginer ta petite Jeannette à poils au milieu de plusieurs personnes. Dis-le ! Comme tous les machos, tu t’imagines que le contrat de mariage c’est un droit de cuissage permanent ? Que tu détiens sur moi des titres de propriété comme sur cette foutue baraque où tu n’es jamais et dans laquelle je me casse les reins à faire TON ménage ? Là, c’est toi qui rêves mon petit père. C’est ma vie et j’en fais ce que je veux. Maintenant, tu veux savoir la suite ? Eh bien oui ! Je les ai laissés me poser un bandeau. Puis, pendant qu’ils y étaient, ils m’ont aussi collé des bracelets sur les poignets et les chevilles.

— Arrête de divaguer… Allez, dis-moi ce qui s’est vraiment passé.

— L’un d’eux, je ne sais plus lequel, il avait une voix douce m’a pris par la main. Je n’y voyais plus rien et j’avais la trouille. Une vraie peur, une de celle qui noue les tripes, qui donne presque la nausée ! Ça, tu ne peux pas connaître, tu es bien trop brillant pour avoir vécu ce genre d’expérience.

— Pff. N’importe quoi. Sois sérieuse.

— Sérieuse ? Mais je ne l’ai jamais été autant que depuis que je te narre ces choses. Tu sais, quand j’ai senti une main sur mon épaule, j’ai eu des frissons. Oui de vrais frissons ! Ne pas savoir qui te touche, qui te parle, c’est presque envoûtant. Un délice même et quand une femme m’a demandé si je voulais me dévêtir j’en ai tremblé.

— Tu mens, tu mens pour me faire du mal, c’est bien cela, tu veux me faire payer…

— Rien du tout ! À la voix je crois que c’était celle qui… enfin la secrétaire, je pense.

— Vous voulez bien retirer votre chemisier ? Cela vous dérange si nous vous voulons nue ? C’est pour des photos, voir comment votre peau réagit aux flaches !

— Tu veux me faire avaler que des types t’ont demandé de te foutre à poils devant eux ? Toi qui ne supportes pas que je te voie nue sous la douche ? Le cul à l’air devant… et ils étaient plusieurs encore… non, non tu te fiche de moi !

— Alors j’ai déboutonné une à une les attaches de ma chemise, oui ! Celle-là même que je porte là devant toi. Et quand j’ai eu fini, un type m’a donné un ordre.

— Un ordre ! Rien que ça, un ordre à toi ? Toi qui n’es pas foutue de faire quoi que ce soit quand je te le demande gentiment. Alors un ordre ! Tu me prends pour une bille. Je te jure, si je ne me retenais pas…


— Oui ! Monsieur Léo, il m’a demandé sèchement de retirer aussi ma jupe. Alors comme cela, juste par défi, j’ai ouvert la ceinture, dégrafé le bouton et elle est tombée. J’étais en soutien-gorge et petite culotte, debout. Tout autour de moi, je sentais comme du mouvement, des ombres qui bougeaient, qui passaient.

— Tu me mens encore et toujours ? Si tu avais les yeux bandés… voir des ombres…

— Oh que non ! C’était plutôt comme si je sentais des gens qui circulaient dans la lumière. Puis une main s’est à nouveau posée sur mon épaule et j’avais presque froid, la chair de poule si tu veux savoir. La secrétaire m’a parlé aussi.

— Eh bien ! Qu’est-ce qu’elle t’a dit celle-là ? Merde, j’espère que c’est du bidon ton truc. Enfin, je ne crois pas que tu sois capable de te foutre à poils comme ça devant du monde.

— Tu ne sais pas vraiment grand-chose de moi si tu imagines cela, Léo. Tu n’as vraiment rien appris pendant ces cinq ans de vie commune ? Je continue ou pas ?

— Avancez de quelques pas, laissez vous guider, parfait ne craignez rien. Nous allons vous allonger sur une table. Ca n’a rien de douloureux vous allez voir. Je vais retirer cette chose qui vous maintient les seins... et puis cette culotte fort jolie au demeurant, mais bien inutile pour le moment. Je peux ? Voilà c’est parfait, n’ayez aucune crainte. Personne ne vous fera ce que vous ne voulez pas. Doucement, maintenant des bras forts vont vous soulever.

— Tu avais peur, plus peur je veux dire ?

— Bizarrement non. Tu sais Léo, passé un certain stade la peur se dilue, se transforme, elle devient comme une sorte d’attente, elle se coule, se faufile, devient une envie permanente.

— Une envie de quoi ? De partir ? De te sauver, de prendre tes jambes à ton cou ?

— Pas du tout, une envie comme la tienne en ce moment. Tu vois, je constate que tu bandes, eh bien ! Moi aussi je mouillais là-bas alors que des bras costauds m’allongeaient sur une sorte d’autel.

— Évidemment que je bande. Madame se fait un film de cul dans sa tête, me le raconte pour m’expliquer qu’elle est rentrée de je ne sais où, mais elle me raconte cela si bien que j’ai des idées dans la tête. Et puis elle s’étonne que j’aie une érection.

— Oui ! Eh bien, on verra si tu en auras encore envie quand j’aurai fini mon récit.

— Parce que tu comptes persister longtemps dans tes conneries ?

— Tu imagines ? Une sorte de mousse ou de tapis épais devait recouvrir le plateau de cette table. Quand j’ai été bien installée, le dos sur la surface plane, mes mains et mes poignets ont été tirés chacun vers un coin. J’ai entendu des bruits de chaînes. Après ceux-ci, plus moyen de bouger bras et jambes. La seule sensation c’est qu’une lampe violente venait de s’allumer au-dessus de mon corps, j’en ressentais la chaleur.

— Merde, c’est vrai que pour un peu je te croirais. Tu sais bien raconter les histoires. J’arriverais à imaginer la scène. Tu es douée pour le mensonge, et dire que je vis avec toi depuis…

— Cinq ans, et puis alors ? Parce que tu penses encore que je te dis des blagues ? J’étais bien sur cet autel, à la merci de je ne sais quoi, je ne sais qui. J’ai entendu du bruit et plus je tentais de deviner moins j’y parvenais. C’est quand j’ai senti de l’air frais sur moi que j’ai su qu’un ventilateur ou quelque truc de ce genre me soufflait sur la peau.


— Je peux poser une main sur vous ? Vous caresser ? Juste pour vous être agréable et pour que notre photographe puisse travailler.

— Je ne savais pas Léo, qui me parlait, mais la voix de cet homme ressemblait à la tienne et j’ai imaginé un moment que c’était toi. Alors j’ai dit « oui ». Tu ne peux pas savoir comme soudain c’était doux, comme j’ai aimé cela. La main est tout d’abord venue sur mes tempes, massant doucement, comme toi tu le fais quand j’ai des maux de tête. Puis rapidement, une seconde paluche et venue, de l’autre côté. Toutes les deux m’ont savamment câliné. J’en étais presque endormie.

— C’est bien ce que je dis ! Tu es quand même douée pour dire des conneries.

— Ça suffit ! Tu crois que tu es le seul à faire des trucs qui me font du bien ? Les mains, de mes tempes sont parties sur mes oreilles et tu sais combien je suis sensible de ces endroits. Je respirais de plus en plus fort. Celui qui me caressait savait y faire. Petit à petit, malgré mes appréhensions, il a su réveiller mon corps. Je me suis mise à mouiller, mais vraiment m’humidifier, sans doute comme jamais cela ne m’est arrivé.

— Sympa pour ma pomme Jeannette.

— Boucle là une bonne fois pour toutes ! Tu veux savoir ? Eh bien ! Tu vas être servi. Je suis encore dans ces jeux de mains, ces doigts qui filaient partout me massant, me malaxant le visage, et plus ils s’aventuraient sur ma peau, plus j’avais envie qu’ils partent vers d’autres horizons. De mon cou, leur chaleur s’est rependue partout, et lorsqu’ils sont arrivés sur mes seins, sans doute que l’homme qui me tripotait se trouvait penché sur moi. Alors qu’il me pinçait délicieusement les tétons, une partie de lui frôlait mes joues.

— Tu es folle, complètement folle, ma pauvre !

— Je pense que c’est toi qui le deviens, à commencer de t’imaginer que ta femme, ta chose, pouvait un jour avoir d’autres désirs que tes positions habituelles. Tu ne peux pas comprendre sans doute que le fait de tirer sur les fraises de mes seins puisse m’exciter autant. Depuis quand ne les as-tu même pas touchés ? Tu serais bien incapable de t’en souvenir tant ça remonte à loin. Hein ! Le petit coup rapide du soir ou du matin, hygiénique et relaxant pour Monsieur, sans s’occuper de ce que l’autre peut attendre, difficile d’admettre qu’il peut exister autre chose ? Ah ! Ça fait mal de s’entendre dire que la peau de sa partenaire peut aussi devenir un terrain de jeux pour des mains inconnues ? Et s’il n’y avait eu que des mains… parce que cette légère pression sur ma joue, n’était pas due à un doigt, pas non plus un objet anodin. Non Monsieur, c’était une vraie belle queue, bien bandée, tiens un peu comme la tienne qui tend ta braguette en ce moment. Et comme les doigts me donnaient des frissons, que mon envie était de plus en plus présente, eh bien tu sais quoi ? J’ai ouvert la bouche.

— Tu… tu as quoi ? Tu as… taillé une pipe… impossible ! Avec moi, c’est la croix et la bannière pour que tu me suces, alors ne me raconte pas que tu as taillé une pipe à un inconnu, surtout… devant d’autres inconnus.


— Tu ne peux pas savoir le plaisir que j’ai eu, le bonheur que c’était de savourer ce gros gland bien lisse. Je te jure que je l’ai fait passer et repasser sur ma langue, avec délectation. L’homme a commencé à balancer son corps d’avant en, arrière. J’avais cette impression qu’il me faisait l’amour… dans la bouche. Un vrai bonheur. Il s’enfonçait loin en moi et j’aimais cela. Mais le pire c’est quand des tas de mains se sont mis à parcourir mon corps. J’avais le sentiment que des serpents se lovaient partout sur moi, s’infiltraient, s’insinuaient dans chaque repli, trouvaient tous les recoins, n’en oubliant aucun.

— Le seul serpent que je devine ici, c’est toi. Une salope, oui ! Pour me faire du mal, tu m’inventes, tu nous inventes un conte à dormir debout. Tu vas finir par me dire qu’ils t’ont tous baisé… Allez ! Vas-y. Je vais t’écouter jusqu’au bout puisque je te l’ai promis, mais je sais maintenant que tu es une dingue, bonne à enfermer.

— N’empêche que je constate avec joie que malgré que je sois « dingue » comme tu dis, je te fais de l’effet, hein ! Mon coco ! La bite du Monsieur est tendue comme un arc, prête à faire sauter les boutons de sa braguette. En insistant un peu tu vas finir par te masturber.

— Me branler ? Peut-être pas, si tu me fais une fellation. J’aime cela aussi après tout.

— Peut-être que oui ! Si tu es sage et que tu restes tranquille. Au moins le temps que je finisse de tout te dire.

— Tu as une imagination débordante ce soir. Trop sans doute.

— Tu piges bien le topo ? Plein de mains, encore plus de doigts qui courent sur moi, vont et viennent de mes pieds à ma chevelure, tu comprends bien que dans le lot quelques-uns trouvent des accès… humides, s’offrent des entrées gratuites. Et entre mes lèvres la queue qui coulisse n’en finit pas de rentrer et de sortir. Je suis secouée par des soubresauts, électrisée et impossible de me défiler. J’ai bien senti que la bite s’évertuait à pleurer, mais comment éviter ce jet, lorsque l’on a les mains liées ? Et c’est vrai que j’étais totalement excitée par ces attouchements multiples qui me torturaient l’esprit.

— Tu pouvais aussi dire stop !

— Ah oui ! C’est sûr ! J’aurais pu le dire, mais tu vois j’avais envie d’être leur chose. J’avais envie que l’on s’occupe de moi et ils le faisaient si bien, d’une manière si subtile, et surtout si anonyme. Ça a du bon de ne pas voir, de ne rien savoir. Savourer, c’est déjà un premier plaisir. Je n’ai pas saisi de suite que le vit dans ma gorge se mettait à se vider. Mais ce lait chaud, un peu âcre ne m’a pas déplu, je l’ai bu, n’en perdant aucune goutte. C’est après que des lèvres douces se sont collées à ma chatte. Une langue s’est mise en mouvement et mon ventre s’est creusé. Je montais et descendais au rythme un peu fou d’autres mains qui me tripotaient les seins. Une autre queue a remplacé celle qui avait molli entre mes mâchoires. Combien sont venues se mettre ainsi à l’abri dans ma bouche ? Je n’ai rien compté. Juste laissé faire ! Mais seule la première s’est épanchée dans ma gorge. Les autres l’ont fait sur mes seins, sur mon ventre, sur mon pubis. Certaines dans mes cheveux.

— Arrête ! Je t’en supplie, n’en jette plus, la cour est pleine ! Même si je me doute que c’est une vaste fumisterie, je ne supporte plus que tu me décrives par le détail des instants que nous avons déjà toi et moi expérimenté tous les deux. Arrête c’est plus que mon esprit ne peut en supporter. Je te jure, j’en suis malade que tu puisses imaginer des trucs pareils.

— Mais tu veux savoir oui ou non. Alors ça devrait te faire plaisir, c’est bien ce que tu voulais ? Tout entendre, que je te narre mon après-midi, alors je le fais et sans me faire prier encore. Parce que tu vois, j’en ai encore à te raconter. La langue sur mon minou, elle m’a donné bien plus de plaisir que la tienne qui ne s’attarde plus que pour te donner à toi une érection correcte. Tu ne me lèches que pour te durcir le sexe, pour m’enfiler rapidement, tu éjacules tout aussi rapidement et tu me laisses en plan. Une seule fois t’es-tu posé la question de savoir si j’étais satisfaite ? Ah ! Au début, oui, tu passais un temps infini à me papouiller, me caresser. Le bon vieux temps quoi. Mais tout a vite changé. Trop fatigué, trop pris par ton boulot, trop ci, trop ça, et moi là-dedans ? Mes envies, mes besoins ? Eux les ont remis en valeur, à l’ordre du jour, comme tu dis si bien pour ton travail. Que ce soit des bouches féminines ou masculines qui m’aient embrassé, n’avait cet après-midi aucune importance, du reste toutes m’ont fait frissonner. Et je n’ai aucun regret à avoir vécu ce moment fort, violent. Le seul bémol c’est que j’aurais aimé que tu vives celui-là avec moi. Que tu puisses te rendre bien compte de ce que l’envie peut faire faire.

— N’en rajoute plus, Jeannette, s’il te plaît… Si tu voulais me donner une leçon, me rappeler que je ne suis plus assez présent pour toi, c’est réussi. Mais étais-tu obligée de monter tout ce scénario ?

Alors écoute Léo, pour t’assurer que ce que je dis est la vérité, ouvre donc mon sac à main… à l’intérieur tu vas y découvrir une cassette, qui t’apprendra bien mieux qu’avec des mots que je ne n’ai pas menti…

— … !


— Eh puis ! Pendant que tu fouilles dans mon sac, passe-moi donc ma culotte et mon soutien-gorge que je n’ai pas eu le temps ni l’envie de remettre… Et si tu veux que nous fassions l’amour, pourquoi pas, mais cette fois… à ma manière…