Dépression post-livre / Bovarysme

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Pygmalion
15 janvier 2023 à 11:18
Je crois que c'est un sujet qu'on a peu abordé ou en tous cas qu'on n'a pas traité de front. Alors généralement, on parle de dépression post-livre mais on peut très bien élargir le cadre au cinéma, aux séries ou aux jeux-vidéo parce qu'au fond, ce qui va surtout déclencher cet état, c'est le fait d'arriver à la fin d'une histoire dans laquelle on s'est émotionnellement investi et où on s'est beaucoup attaché aux personnages.

Pour le bovarysme (du roman "Madame Bovary" de Gustave Flaubert), c'est un peu différent parce qu'il s'agit plus d'un sentiment de tristesse et d'insatisfaction face à la réalité morne d'une personne qui se réfugie dans les livres pour y trouver ce qu'elle n'a pas dans son quotidien.

Voilà, donc question : est-ce que ça vous arrive souvent dans vos lectures, visionnages ou autres, de ressentir ce vide une fois que la fin arrive et comment il se manifeste ?
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Durandal71
15 janvier 2023 à 11:25
Oui cela m'est arrivé à maintes reprises. La première fois que j'ai ressenti cela c'était à la fin de la lecture de "Tarendol" de Barjavel. Livre paru en 1946 et qui raconte l'histoire de deux adolescents durant la seconde guerre mondiale. Je ne saurais dire ce qui m'a attristé le plus. La fin tragique de l'histoire ou la fin tout simplement du livre. Mais j'ai eu comme un vide, comme une sensation que cela n'aurait pas dû s'arrêter, et ce, à tel point que j'y repensais avant de m'endormir durant des semaines reprenant certains passages du livre sans aller cette fois jusqu'à la fin.
Je ne sais pas si cela répond vraiment à ta question, d'autant que j'ai eu ce sentiment par la suite avec de nombreux autres ouvrages.
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GakaMadria
15 janvier 2023 à 11:27
J'avais pleuré de vraies larmes à la fin du "Clan des Otoris".

Le final était dramatique, poétique, mais pas si impactant, c'est surtout le sentiment de vide, de complétion de l'œuvre qui m'a laissé dans cet état. En fait je ressentais, au fond de moi, que c'était une œuvre d'art, que la boucle était bouclée et qu'aucune suite ne pourrait venir combler ce vide car les cinq tomes constituaient un ensemble parfait.

Je me sentais vide, mon cœur meurtri, comme si j'avais couru une course sans objectif et que l'effort ne m'avait mené qu'à la solitude. Mais j'étais aussi subjugué par la beauté de ce que j'avais traversé, par la force des personnages que j'avais rencontrés, et par la poésie du roman. Cependant c'est surtout la mélancolie qui m'a marqué, comme à la fin d'un camp d'été, quand on dit adieu à des amis que l'on ne reverra jamais.
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Sunstone
15 janvier 2023 à 11:33
Ça fait un moment que ça ne m'est pas arrivé! Généralement ça se produit sur les romans plus que sur les comics, que je lis majoritairement désormais (et pour ce qui est des comics des Big Two, ils n'ont pas de fin, ce qui nous préserve de ce sentiment ^^).

Mais j'ai repris il y a une semaine la lecture d'une saga de mon adolescence, La Quête d'Ewilan et ses suites, de feu Pierre Bottero. Deux trilogies plus un "spin off", voilà qui devrait me causer à nouveau le fameux effet de bovarysme...

(Cela dit, à la réflexion, je ressens aussi cet effet à chaque fin de visionnage de Sense8, quand bien même ça fait déjà cinq ou six fois que je la regarde...)
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Moochette
15 janvier 2023 à 11:51
Moi c'est à la fin de chaque nouveau volume du trône de fer... Mais je crois que je pleure surtout parce que je ne sais pas quand J.R.R. Martin va se décider à publier cette putain de suite ! Après dans 30 ans quand il aura enfin sorti l'ultime chapitre, je rentrerai dans une dépression profonde.


@Durandal71 : Tarendol, quel beauté ce livre.
@Sunstone : Pierre bottero, c'est dingue ce que ces livres "adolescent" pouvaient être profonds, un peu comme ceux de Phillip Pullman.
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Pygmalion
15 janvier 2023 à 12:04
Je ne sais pas si cela répond vraiment à ta question, d'autant que j'ai eu ce sentiment par la suite avec de nombreux autres ouvrages.

On est pile dans la question.

Ça fait un moment que ça ne m'est pas arrivé! Généralement ça se produit sur les romans plus que sur les comics, que je lis majoritairement désormais (et pour ce qui est des comics des Big Two, ils n'ont pas de fin, ce qui nous préserve de ce sentiment ^^).

Le comic type américain n'a pas de fin. C'est une série ininterrompue de chapitres qui continuent jusqu'à ce que l'histoire tourne en rond et force un reboot (c'est pour ça qu'on fait une distinction avec les romans graphiques je pense).

Chez moi, ça se produit plus rarement sur des romans. Pour que je développe une "obsession", il faut que l'histoire prenne son temps pour installer ses personnages et c'est plus simple dans des cycles longs. Ce sont eux qui vont vraiment me toucher, plus que l'histoire en elle-même et plus on va mettre en lumière leurs psychologie et les relations qu'ils entretiennent avec les autres, plus je vais me sentir proche d'eux.

Et si je parle d'obsession, c'est parce que comme Durendal, ça a tendance à déborder pas mal sur ma vie, parfois jusqu'à m'empêcher de dormir et à en rêver quand j'y parviens. C'est pas toujours facile à vivre mais je m'y suis fait.
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Duchesse
15 janvier 2023 à 12:10
Salut Pyg !

La dernière fois que j'ai ressenti ça c'est quand j'ai terminé les quatres tomes de L'amie prodigieuse, de Elena Ferrante. On suit les personnages depuis la petite enfance jusqu'à l'âge adulte avancé dans le Naples des années 50 au départ... C'est tellement riche, les relations interpersonnelles sont tellement complexes et les personnages vraiment cortiqués. C'est l'immersion totale dans leur vie.

A la fin, j'ai cru perdre des amis, je me suis sentie seule, j'ai trouvé la vie un peu insipide. Un grand vide. Toute ma bande de potes l'a lu, ça nous a toustes fait la même chose.
Modifié 15 janvier 2023 à 12:27
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Utilisateur supprimé
15 janvier 2023 à 12:53
On peut dire que j'ai ressenti ça.

Il y a peu, j'ai regardé un bon film d'action "Le 2eme amendement."
Un juge de la cour suprême doit supprimer le 2eme amendement (droit du port d'armes aux Etats Unis). Le soucis est que ça ne plaît pas à certains qui sont prêts à exercer un chantage en tuant la fille du juge. Par chance, un membre des forces spéciales est sur place et sauve la fille.
Malheureusement, le commanditaire reste inconnu, libre et le film fini sur le début d'un combat au corps à corps avec la nouvelle cible qu'est le héros.

Je reste sur ma fin, à savoir si le héros s'en est tiré et si le commanditaire est attrapé.
Modifié 15 janvier 2023 à 13:01
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Lioubov
15 janvier 2023 à 14:11
Pour ma part, j'ai ressenti ce vide après avoir écouté La sacre du printemps (d'Igor Stravinsky), mais je l'ai vite comblé : mon imagination a pris le relais et j'en ai imaginé la suite dans ma tête durant plusieurs minutes.

Je regrettais - tout en écoutant ce qui se déroulait dans ma tête - de ne pas pouvoir enregistrer ce que j'entendais... Impossible non plus de le retranscrire sur du papier musique en temps réel, tant l'orchestration était complexe. Une énorme frustration assortie d'un état de fébrilité, comme dans le film Amadeus quand Mozart, mourant, dicte à Salieri les derniers mouvements de son sublime Requiem.
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TahitiBite
15 janvier 2023 à 14:17
Oui pour les anime/manga ça me le fait souvent, je ressens de la frustration car l'histoire est fini et ils reste des intrigues et beaucoup de question en suspens
La mort de Iron Man fan depuis mon enfance de ce perso dut aux comics, alors la voir dans endgame, merci du travail fourni Robert !!!
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Pygmalion
15 janvier 2023 à 16:23
Oui pour les anime/manga ça me le fait souvent, je ressens de la frustration car l'histoire est fini et ils reste des intrigues et beaucoup de question en suspens

T'imagines même pas l'état dans lequel je serai après la fin de One Piece (si je ne meurs pas de vieillesse avant bien sûr =D). Je vais probablement passer le mois suivant prostré dans un coin à fixer le plafond le regard vide.

Pour ma part, j'ai ressenti ce vide après avoir écouté La sacre du printemps (d'Igor Stravinsky), mais je l'ai vite comblé : mon imagination a pris le relais et j'en ai imaginé la suite dans ma tête durant plusieurs minutes.

Puisqu'on va aussi par là, j'ai toujours eu une fascination pour "La nuit étoilée" de Van Gogh (la plus connue, la version de 1889) depuis l'adolescence. J'ai toujours trouvé qu'il y avait quelque chose de terrible dans ce ciel immense comme un abysse, et l'ombre de l'arbre au premier plan donne l'impression d'une tour noire escarpée qui domine la ville. J'ai toujours voulu voir la toile en vrai mais malheureusement elle se trouve à New-York et c'est un peu loin pour moi.
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Exorium
15 janvier 2023 à 18:41
Salut Pyg !

La dernière fois que j'ai ressenti ça c'est quand j'ai terminé les quatres tomes de L'amie prodigieuse, de Elena Ferrante. On suit les personnages depuis la petite enfance jusqu'à l'âge adulte avancé dans le Naples des années 50 au départ... C'est tellement riche, les relations interpersonnelles sont tellement complexes et les personnages vraiment cortiqués. C'est l'immersion totale dans leur vie.

A la fin, j'ai cru perdre des amis, je me suis sentie seule, j'ai trouvé la vie un peu insipide. Un grand vide. Toute ma bande de potes l'a lu, ça nous a toustes fait la même chose.

Bonsoir,
J'ai éprouvé un sentiment du même ordre avec L'amie prodigieuse. La parade que j'ai trouvée a consisté à en reprendre la lecture. Cette seconde lecture m'a apporté davantage encore que la première. Comme je connaissais la trame, je pouvais m'attacher, de plus près encore, à la personnalité des personnages et à des "détails" essentiels qui m'avaient échappé de prime abord. Et je suis bien décidé à me livrer, quand un peu de temps aura passé, à une troisième lecture.

J'ai bien entendu regardé la série qui en a été tirée (les trois premiers volets). C'est toujours, à mon sens, une entreprise à risque. J' ai été déçu sans l'être vraiment tout à fait. Dès lors qu'on s'est représenté les personnages, les lieux, les situations, on est confronté à une perception différente parfois dérangeante.

La saga des Cazalet (Elizabeth Howard) m'a fait ressentir des émotions de même nature et m'a également "contraint" à une relecture.
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Duchesse
15 janvier 2023 à 20:54
Bonsoir,
J'ai éprouvé un sentiment du même ordre avec L'amie prodigieuse. La parade que j'ai trouvée a consisté à en reprendre la lecture. Cette seconde lecture m'a apporté davantage encore que la première. Comme je connaissais la trame, je pouvais m'attacher, de plus près encore, à la personnalité des personnages et à des "détails" essentiels qui m'avaient échappé de prime abord. Et je suis bien décidé à me livrer, quand un peu de temps aura passé, à une troisième lecture.

J'ai bien entendu regardé la série qui en a été tirée (les trois premiers volets). C'est toujours, à mon sens, une entreprise à risque. J' ai été déçu sans l'être vraiment tout à fait. Dès lors qu'on s'est représenté les personnages, les lieux, les situations, on est confronté à une perception différente parfois dérangeante.

La saga des Cazalet (Elizabeth Howard) m'a fait ressentir des émotions de même nature et m'a également "contraint" à une relecture.

Je ne suis pas surprise, je ne voulais pas que cela s’arrête moi non plus 🥰

Pour ma part je ai survécu à ce deuil sans les relire tout de suite. Je suis allée au supermarché au bout de la rue - ce qui ne m’arrive pourtant jamais quand il s’agit d’acheter un livre - et j’ai acheté : Poupée volée, L’amour harcelant, les jours de mon abandon. Et plus tard, je me suis offert La vie mensongère des adultes.

Chacun de ses livres pourraient presque être le développement de bribes de L’amie prodigieuse. Tout tend vers son chef-d’œuvre.

Je ne sais pas quoi penser de la série. Le casting est à la hauteur, l’esthétique n’est pas au service de l’adaptation. Le roman est plus sombre et plus violent.
Au stade où nous en sommes de la série, je n’apprécie pas ce que le réalisateur a fait du personnage de Nino qui est bien plus manipulateur et ego centré que cela.

Je ne connais pas la saga des Cazalet mais si nous avons une sensibilité commune, je ne te cache pas que je suis curieuse. Je vais regarder de quoi il retourne.
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malbock
15 janvier 2023 à 22:58
Je l'ai eu avec Chanson Douce de Leïla Slimani.

Merde quand les enfants sont morts, j'ai également fait mon deuil.

J'ai eu cela aussi avec Capharnaüm, le film primé à Cannes. D'une violence, je n'arrivais pas à oublier la vie difficile de ces enfants.
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TahitiBite
15 janvier 2023 à 23:56
Oui pour les anime/manga ça me le fait souvent, je ressens de la frustration car l'histoire est fini et ils reste des intrigues et beaucoup de question en suspens

T'imagines même pas l'état dans lequel je serai après la fin de One Piece (si je ne meurs pas de vieillesse avant bien sûr =D). Je vais probablement passer le mois suivant prostré dans un coin à fixer le plafond le regard vide.

Je pense on va tous faire pareil :lol: j'espère qu'Oda va tout nous révélé (One Piece c'est même plus vieux que moi haha)
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Cherryy
16 janvier 2023 à 09:40
Je ne dirais pas que j'étais en dépression, mais oui j'étais très triste et très frustrée dès qu'une saga que je lisais se terminait... Il m'arrive d'ailleurs d'arrêter un livre 100-50 pages avant la fin, et de ne jamais le reprendre... 😆😆

Sinon il m'est arrivé quelque chose de similaire : une sorte de dépression, une remise en question générale sur le sens de la vie, sur le sens de MA vie, après avoir lu L'attrape-cœur de JD Salinger. 😣
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Duchesse
16 janvier 2023 à 09:47
Je l'ai eu avec Chanson Douce de Leïla Slimani.

Pour ma part, j'étais soulagée que ça se termine ce livre tant le mal-être était grand à la fin. Bien qu'on l'ait sur depuis les premières pages, j'étais mal dans ma peau en le terminant.
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Matt-Sarme
16 janvier 2023 à 16:00
Ça fait un moment que ça ne m'est pas arrivé! Généralement ça se produit sur les romans plus que sur les comics, que je lis majoritairement désormais (et pour ce qui est des comics des Big Two, ils n'ont pas de fin, ce qui nous préserve de ce sentiment ^^).

Pour autant, certains comic books peuvent déclencher ce sentiment chez moi. L'an dernier c'est le Mister Miracle de Tom King qui m'a fait ça, je ne suis toujours pas sûr d'être prêt à le relire. Mais il est vrai qu'il s'agit d'une série limitée. C'est sûr que ce n'est pas la série Detective Comics, qui a dépassé le #1000, qui provoquera ce sentiment chez moi (malgré la qualité du run en cours).
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Essaim
22 juin 2024 à 18:41
Lorsque un livre me plaît énormément, j'ai toujours du mal à l'ouvrir pour dévorer les dernières pages. Parfois, il se passe quelques jours avant que je trouve la force de le faire. Il me faut d'abord digérer le récit, l'aimer, le détester, appréhender sa fin, l'imaginer avant.
L'après je le vis bien. C'est vraiment le justavant-del'apres qui pose problème.

Récemment, c'est l'histoire d'un auteur amateur et inconnu qui écrit sur son blog qui m'a fait cogiter un peu. En plus connu, j'ai refermé il y a peu La Horde du Contrevent. La fin était celle que j'imaginais, à quelques détails près, mais le voyage, le voyage ! Éprouvant.
Modifié 22 juin 2024 à 18:43
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Gras
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