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Adèle et Hugo

Chapitre 1

Divers

MAINTENANT

Je glisse la main sous sa nuque et redresse sa tête avec toute la douceur dont je suis capable à cet instant ; elle ouvre les yeux et me sourit. Dans la pénombre de la grande pièce, son visage pâle semble plus constellé de taches de rousseur que d’habitude.


Ses doigts fins agrippent la manche de mon caban et je murmure un « chut » que je n’entends même pas. Je suis momentanément privé d’ouïe, coupé du monde, coupé de tout sauf de ce contact avec la femme que j’aime.


Elle, ma sœur de cœur, mon âme, mon alpha et mon oméga.


AVANT

Quand je l’ai rencontrée pour la première fois, j’avais seize ans et elle venait d’en avoir douze. Mon père fréquentait sa mère depuis quatre mois et ils envisageaient de passer à l’étape supérieure : vivre ensemble. Invité pour la première fois chez ma belle-mère présomptive, je savais déjà que j’allais me comporter comme l’ado que j’étais : gêné, emprunté et gauche. En plus, j’étais emmerdé d’avoir dû renoncer à retrouver mes potes pour rencontrer cette fille, cette gamine qui n’était rien pour moi.


Honnêtement, je n’avais rien contre la mère que j’avais rencontrée quelques fois, une belle blonde dynamique et souriante ; elle rendait mon père heureux, je le voyais bien. La mort soudaine de maman avait failli le briser ; il s’en était remis, pour moi je pense, mais en était resté un peu voûté, comme écrasé par une chape de tristesse. Depuis quatre mois, je l’avais vu se transformer, renaître à la vie, se redresser et sourire enfin.


Mon père a donc sonné à la porte de la maison de sa copine qui a ouvert aussitôt et nous a adressé un large sourire avant de s’écarter.


— Bienvenu, Hugo. Tu n’es jamais venu ici, mais je tiens à te le dire, mi casa es su casa...

— Merci, Maureen. Une Irlandaise qui fait référence à Pulp Fiction, c’est classe...

— Et un ado de seize ans qui relève la référence, c’est top.


Elle m’a embrassé sur les deux joues avant d’ébouriffer mes cheveux, et j’ai retenu une grimace car j’avais mis du gel pour tenter d’ordonner ma crinière noire frisottante et indomptable. Et puis, comme j’entrai pour la première fois dans cette maison qui allait devenir notre foyer, un troupeau de pachyderme a dévalé l’escalier.


À ma stupeur, la source du vacarme n’était qu’une rouquine maigrichonne qui déboula en faisant claquer ses tongs et stoppa net à cinquante centimètres de moi. Ses yeux verts s’écarquillèrent en réalisant que je faisais bien deux têtes de plus qu’elle.


— Ben, t’es vachement grand ! Tu es Hugo ? Salut, moi c’est Adèle. La teigne de la maison, ou la petite peste, c’est au choix.


Sa mère crut bon de la sermonner gentiment, déclenchant un éclat de rire qui révéla un appareil dentaire ayant tout de l’engin de torture.


— Adèle, je t’en prie, tu me vas me faire passer pour une mère indigne !

— Mais non, maman. Mais il faut que mon nouveau brother comprenne où il met les pieds en débarquant ici. (elle se tourna vers moi) Alors, tu as trop mangé de soupe ? Tu as des échasses sous ton jean ?


Sans attendre de réponse elle sauta au cou de mon père et l’embrassa bruyamment avant de revenir devant moi, soudain incertaine.


— Ey, bros, on se fait la bise ? On risque de se voir souvent...

— Possible, oui. Saute...


Son bond de cabri l’a propulsée dans mes bras et elle m’a appliqué deux bisous qui ont claqué au coin de mes lèvres. Je l’ai reposée, mais j’aurais pu la tenir des heures car elle ne pesait rien : ce n’était qu’une gamine fluette flottant dans des vêtements trop grands pour elle.


Plus tard, elle me montra ma chambre, lorsque je ne serais pas en fac à Paris. J’étais en Terminale et j’allai passer le bac dans quelques semaines.


MAINTENANT

Elle respire fort, les ailes de son nez frémissent alors que ses lèvres se retroussent, révélant ses dents blanches parfaitement alignées, ses incisives un peu écartées ; les dents du bonheur, dit-on.


Je susurre des mots d’apaisement, des mots qu’elle n’entend pas plus que moi. Mais elle voit le mouvement de mes lèvres, elle comprend. Elle comprend toujours, ce que je dis, ce que je pense, avant moi bien souvent.


Elle se détend et ses yeux se verrouillent aux miens, ses magnifiques yeux verts aux paillettes dorées.


AVANT

J’ai pris possession de ma chambre une semaine après ma première visite. Nous avons alors vécu comme une vraie famille, Maureen, Adèle, mon père et moi. Et puis j’ai eu le bac, je suis parti à Paris dans une classe prépa, j’ai intégré ensuite une école de commerce réputée. À dix-neuf ans, je suis parti en césure à Sidney, à l’autre bout du monde. À mon retour, Adèle avait seize ans et allait entrer à hypokhâgne. La musaraigne hyper-active s’était métamorphosée : à mon arrivée à Roissy où tout le monde m’attendait de pied ferme, j’ai été immédiatement ébloui par la beauté flamboyante qui sautillait d’impatience à côté de mon père et Maureen. Après les embrassades empreintes d’émotion, nous sommes partis dans la voiture paternelle, direction Caen et la maison. Adèle m’a assailli de questions sitôt les ceintures bouclées.


— Hugo, tu as des épaules de déménageur ! Tu as trouvé une valise d’anabolisants ?

— Même pas ! Mais en Australie le sport universitaire est vivement recommandé ; je me suis mis à la natation avec un groupe super sympa et voilà...

— Au fait, tu nous ramènes pas une Aussie à forte poitrine ? Le french lover a dû briser des cœurs, non ?

— Eh bien si, elle arrive dans trois jours !

— ........


Là, j’étais ravi, Adèle était scotchée, bouche bée. J’aurais juré que son regard lumineux était voilé par la contrariété. J’ai éclaté de rire.


— Tu verrais ta tête ! Tu as avalé la couleuvre ? T’es une blonde teinte en rousse !

— Non, mais tu aurais pu...

— Eh non ! Bon, parlons de toi. Tu as eu le bac quand même ?

— De justesse et au repêchage, tu penses bien !

— Elle a eu mention très bien, précisa sa mère avec fierté.


Nous avons continué à nous vanner pendant les trois heures du trajet, ravis d’être à nouveau ensemble, en famille. Et puis la vie a repris, je suis reparti à Paris finir mon cursus, Adèle a passé avec succès ses deux années de prépa avant d’entrer à Normale sup Lyon. J’ai trouvé un emploi de cadre à Paris dans la DRH d’une multinationale et multiplié les petites amies, éphémères conquêtes d’un soir ou d’une semaine.


Adèle a fréquenté quelques étudiants normaliens sans s’attacher, sans trouver celui qu’elle cherchait. Ce qui ne l’a pas empêché de réussir son agrég de français haut la main. Et d’obtenir un poste de prof dans un lycée parisien.


Bien entendu, elle est venue habiter chez moi : avec l’aide paternelle et un emprunt de vingt-cinq ans, j’étais l’heureux propriétaire d’un appartement dans le XVIIème arrondissement : 72 m² au quatrième étage d’un immeuble avec ascenseur, une place de parking souterrain pour mon scooter, la classe !


Bien entendu, elle devait chercher son propre appartement pour me laisser à ma liberté de célibataire, ce qu’elle a fait sans entrain particulier.


Bien entendu, notre amour fraternel ne l’est pas resté bien longtemps. Nous n’avions aucun lien du sang, l’inceste n’étant donc pas la question.


Et bien entendu, Adèle s’en est rendu compte bien avant moi, depuis toujours elle lit en moi comme dans un livre ouvert.


MAINTENANT

Elle souffre, je le vois dans ses yeux qui brillent, je le vois dans l’infime contraction de sa bouche.


Je lui parle doucement, de notre vie, de notre amour ; de notre rencontre, des années où elle était ma sœur avant de devenir ma femme.


Des larmes roulent lentement sur ses joues trop pâles, mes doigts les cueillent religieusement alors que ma vue se brouille.


AVANT

Nous nous sommes mariés le jour de mes vingt-huit ans à l’église Saint-Pierre de Caen. Bien sûr, ça tombait en semaine, mais c’était une idée de ma fiancée pour me faire un cadeau que je n’oublierais jamais… Adèle est entrée au bras de mon père, fier comme un paon de conduire à l’autel cette sublime jeune femme qu’il avait longtemps considérée comme sa fille.


J’ai vu qu’elle tremblait un peu, mais le sourire qui a illuminé son visage quand elle s’est trouvée à mon côté a chaviré mon cœur.


À la fin de la cérémonie, Adèle s’est collée contre moi pour m’embrasser avec fougue ; le baiser a duré bien plus longtemps que les convenances ne l’exigent, nous laissant essoufflés. Les lèvres gonflées et les yeux aux prunelles dilatées de ma femme témoignaient de l’intensité de cet acte quasi charnel. D’ailleurs, la diablesse a susurré :


— Mon chéri, tu as intérêt à assurer ce soir. J’ai envie que tu me prennes ici et ce ne serait guère convenable.

— Tu crois qu’un petit coup vite fait dans un confessionnal...

— N’y pense même pas, je te veux entièrement, longtemps et fort.


Nous avons réussi à nous éclipser vers une heure du matin pour rejoindre le Grand Hôtel de Cabourg. Dans l’ascenseur qui montait lentement, un baiser fiévreux nous a soudés, nos langues dansant une samba endiablée alors que les courbes soyeuses de mon épouse se moulaient contre mes angles et mes bosses. Adèle rit en s’écartant, comme les portes s’ouvraient à notre étage.


— Eh bien, mon cher époux, vous me semblez affligé d’une raideur qui doit être bien douloureuse !

— Vous n’avez pas idée, ma mie. Mon médecin suggère de plonger le membre malade dans un étui chaud et humide jusqu’à désengorgement.

— Votre médecin est un génie, j’en suis sûre.


Dès la porte de notre suite refermée, j’ai fermement poussé Adèle contre le mur ; sans résister une seconde elle a posé ses mains à plat et appuyé le front entre elles. J’ai troussé sa robe virginale jusqu’à dévoiler ses fesses adorables à peine couvertes d’un fin tanga de soie. Tanga que j’ai écarté alors que ma chérie se cambrait pour s’offrir. J’ai glissé un doigt entre ses jambes, dans la fine toison rousse qui ornait son entrejambe humide de désir.


Nous avons fait l’amour avec fougue, sans tendresse excessive, comme mus par une sorte d’urgence. Comme si c’était la dernière fois. Et oui, ce jeudi 12 novembre était la dernière fois. Le lendemain de notre mariage, avant de partir en voyage de noces vers les Marquises, nous sommes allés au Bataclan assister à un concert des Eagles of Death Metal. Un cadeau de mes collègues.


Le groupe venait d’attaquer « Got a woman » :

“I got a woman see your moving down the line

shes always rolling and shes rolling just fine

You want to keep it moving gonna burn a lot of gas

I got me a woman loves to shake her ass.”


Le brouhaha démarra au fond de la salle, puis les premières détonations, les hurlements. Les mouvements de foule, les détonations répétées, de plus en plus proches. Adèle projetée contre moi, comme fauchée, je n’ai pu que la retenir alors que mon regard croisait celui, halluciné, d’un homme brandissant une arme de guerre fumante. Il m’a toisé avant de me tourner le dos et de s’éloigner dans l’allée centrale. J’ai allongé Adèle dans la travée en cherchant vainement de l’aide.


MAINTENANT

Elle meurt contre moi, je le sais. Me oreilles bourdonnent, emplies d’acouphènes. M’envahissent le désespoir, la haine, je vais me relever et bondir et hurler ; et mourir.


Elle plante ses ongles dans mon poignet, ses iris d’émeraude plongent dans la folie qui m’envahit. Elle sait. Elle comprend toujours, ce que je dis, ce que je pense, avant moi bien souvent.


Ses lèvres articulent une dernière supplique qui arrive à peine à percer la nuit qui menace mon cerveau.

« Vis, pour moi, pour nous. »


Je déglutis difficilement et opine comme elle s’éteint, m’allongeant contre elle, posant ma joue contre la sienne et unissant nos larmes. Je ferme les yeux. J’attends.


Pas de haine, car c’est l’amour qui meut le monde, qui rend la vie digne d’être vécue.

Pas de haine, même si ce n’est pas facile.

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