Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Histoire vraie
  • Publiée le
  • Lue 4 958 fois
  • 139 J'aime
  • 1 Commentaire

Adieu l'amour

Chapitre 2

Hétéro

Allongé sous un grand arbre dans le fond du jardin de la maison de Martin, je m’allume une cigarette bien méritée et me craque les doigts. Lui et Quentin sont à mes côtés, les yeux rivés à leurs écrans, le bruit caractéristique des touches de clavier est le seul son qui résonne en cette fin d’après-midi. Ce qui pourrait ressembler à un tableau classique du cliché sur les jeunes des années internet est en fait une histoire étonnante. Pour vous la faire courte, au collège, pour nous évader de notre quotidien pourri, nous adorions consommer du contenu pirate, des films, des séries, des BD, des mangas, et nous avions trouvé un site où tout était disponible gratuitement. Sauf qu’un jour, il a fermé et on s’ennuyait ferme. Plusieurs mois plus tard, de cette frustration est né un site internet que nous avons construit entièrement en ayant toujours en tête la maxime "si quelque chose que vous recherchez n’existe pas, créez-le".


Le site nous rémunérait sans nous faire passer par la case prison. C’est Gaspard qui s’occupait de trouver des annonceurs pour les pubs, Martin qui s’occupait de la sécurité pour éviter les flics et les attaques des sites concurrents, Quentin des finances et moi je m’occupais de l’infrastructure. Nous passions tout notre temps libre, les uns chez les autres, à faire grossir notre site tout en évitant qu’il attire trop l’attention sur lui malgré plus de 100.000 visites par jour. C’était notre grand projet secret pour nous sortir du trou dans lequel on vivait depuis toujours.


Le patelin dans lequel j’ai passé toute ma vie, Quincampoix, avait surgi de terre dans les années 70 au moment de la construction de la centrale nucléaire, à 15 kilomètres au nord, de l’autre côté du fleuve, mon père y travaillait en tant qu’ingénieur avec celui de Quentin. Naturellement, pleines d’industries sont venues s’installer tout autour afin de bénéficier des infrastructures mises en place par l’état. Ce qui a créé un mini-pays au milieu de ce grand nulle part de champs de blé et de maïs qu’est le centre de la France. Les barons de l’industrie et les politiques locaux se sont installés avec leur famille dans une forêt de chênes entourée de champs à 5 kilomètres au sud du village, c’est là que Gaspard et mon ex habitaient, et ont envoyé leurs enfants dans les écoles de la grande ville à 30 kilomètres à l’Ouest, pendant que nous, on allait dans le public avec les enfants de fermiers et d’ouvriers.


Quinze jours étaient passés depuis le festival et Gaspard était parti tout ce temps avec son père à Malte. Il revenait ce soir et pour fêter ça, il nous avait invités à une soirée chez une de ses amies du lycée, Pénélope Machin Chose. Attendant que mes amis finissent leurs tâches avant d’aller acheter à boire, je surf sur le Trombinoscope, et visite la page spotted du fameux festival à la recherche du chapeau et avec un peu de chance, de cette fille. La mère de Martin m’avait hurlé dessus quand elle avait appris que j’avais perdu le couvre-chef d’un de ses aïeux. J’avais aussitôt posté un message d’annonce le décrivant et en précisant où je l’avais perdu, espérant que ma belle Indienne, qui l’avait sans doute en sa possession, prendrait contact, mais toujours aucune réponse. Dépité, je referme mon PC, mes amis ont terminé, et nous déposons nos ordis dans la maison et grimpons sur nos vélos.


Nous sommes fin juin et il fait de plus en plus chaud, même à 19h, la température approche des 40 degrés. Insoutenable. Quentin et moi étions très fiers que nos parents travaillent dans le nucléaire, la seule énergie qui pourrait empêcher l’horreur absolue du réchauffement climatique d’être pire dans les années 2100, mais quand 86% des jeunes sont persuadés du contraire, ça nous désespérait. Pas du genre à la jouer génies de la mode dans le quartier des bourges, nous sommes restés en chemises hawaïennes, short et tongs. Comme de vrais geeks. Nous passons au supermarché du coin pour remplir nos sacs à dos de bières, de vodka et de whisky, et on devrait trouver des pâtes sur place pour faire passer tout ça. On enfourche nos bicyclettes et prenons la petite route qui traverse les champs jusqu’au bois. Il y fait beaucoup moins chaud et c’est bien plus agréable pour rouler tranquillement jusqu’à chez Gaspard.


Il nous attend devant chez lui, souriant comme un ahuri, le visage autant rouge à cause du bronzage que de l’alcool qu’il a déjà ingurgité aujourd’hui.


— Messieurs, je suis ravi de vous revoir ! Nous avons beaucoup de choses à nous raconter.


Heureux de retrouver notre ami, nous rangeons nos vélos chez lui, nous devions dormir dans son manoir, saluons ses parents, et nous nous engouffrons dans les petits chemins qui serpentent entre les arbres et les belles demeures. La bonne humeur de Gaspard et son excitation sont contagieuses et nous sommes pressés d’arriver. Un gros coup de cafard me prend les tripes tout à coup, car la maison devant laquelle nous sommes en train de passer est celle de mon ex Charlotte. Je connais bien les lieux pour être venu de très nombreuses fois ici et c’est cette nostalgie qui me rend triste, car j’étais vraiment heureux avec elle. Mes trois amis me tapotent l’épaule pour m’assurer de leur soutien dans l’épreuve que je traverse. Une fois passé, Gaspard se tourne vers moi et me dit :


— Je crois que ce soir, tu pourras l’oublier.

— Et nous on pourra oublier aussi ? s’enquérait Martin.

— C’est une soirée très sympa qui a commencé ce midi, mes parents étaient invités aussi ce soir, mais ils ont préféré se désister.


Nous marchions depuis une bonne quinzaine de minutes et les arbres commençaient à s’éclaircir quand nous avons commencé à entendre de la musique. Je n’étais jamais allé dans ce coin de la forêt et j’étais impressionné par la taille du manoir qui se dressait devant nous. Nous traversons la haie qui en fait le tour et débarquons dans le jardin où plus de 200 personnes habillées très classes font la fête de façon très étrange. Je regarde Martin et Quentin qui sont tout aussi interloqués devant la scène qui s’offre à nous. Le jardin est en terrasse, une grande pelouse devant la maison, puis à un niveau en dessous un jardin français où une grande table est dressée et où on distingue beaucoup d’adultes. Devant nos mines un peu déçues, Gaspard tente de nous rassurer.


— Ils s’en vont vers 22h, vous en faites pas, ça sera pas ultra-glauque, les parents de Pénélope sont absents alors ils voulaient chaperonner le début de soirée pour éviter les débordements.

— Ouais, je le sens moyen de me mettre une murge devant des adultes.

— Ça ira ! Allez poser vos affaires dans la maison, en attendant, Quentin, viens avec moi, tu dois voir quelqu’un absolument.


Curieux, Quentin nous donna son sac à dos et suivit Gaspard en nous regardant d’un air interloqué. En entrant dans l’immense maison, une fille en robe rose bonbon et à la peau très bronzée m’indique le deuxième étage pour ranger nos affaires. Martin est soudain très concentré et me file également son sac pour suivre la fille dans la cuisine. Pourtant c’était à moi qu’elle souriait sacrebleu !


Je monte l’escalier en me trimbalant les affaires de mes amis, les bouteilles claquent les unes contre les autres et un mec que je croise dans l’escalier me serre la main en entendant le bruit. Je finis par arriver au palier du deuxième étage et sur une grande mezzanine avec une dizaine de portes. Beaucoup sont fermées, mais je réussis à en ouvrir une qui s’avère être une chambre d’amis tout à fait impersonnelle avec des rames d’avirons posées sur le mur. Je pose toutes nos affaires sur le grand lit en bois et mets toutes les bouteilles dans le sac de Martin.


Je jette un œil par la fenêtre qui donne sur le jardin. Il y a toujours autant de monde et ça festoie alors qu’il n’est que 21h. Je ferme la chambre à clé que je range précieusement dans la poche de mon short et redescends en bas. Le salon est vide, mais j’entends du bruit dans la cuisine. En entrant, je découvre une dizaine de gens assis sur les meubles en train de discuter et de bouffer des plateaux de petits fours posés innocemment sur l’îlot central. Je n’ai pas trop le temps de voir qui est là, car en me voyant, Martin s’exclame :


— Et voici venir messieurs dames ! il prend alors son sac et en sort une bouteille de vodka. La soiréeeeeeeeeeeeeeeeeee !!!


Tout le monde rigole et tend son verre. Je balaie la pièce des yeux, il y a 5 filles et 5 garçons que je connais de vue, mais à qui je n’ai jamais parlé. Mais dans le fond, installé sur le lave-vaisselle en train de parler à la fille en rose de tout à l’heure, c’est Darius ! C’est le cousin de Gaspard et on ne le voit qu’en été, car il étudie dans une pension quelque part en Bretagne. Physiquement, il me ressemble beaucoup, grand et brun, mais son style vestimentaire est plutôt du genre steam punk. Lui et moi sommes très potes depuis la primaire, mais en dehors de l’été, il est impossible de le joindre. Je planque mon sac derrière le micro-ondes et distribue des bières à Darius et la fille en rose en m’asseyant avec eux, tout content de revoir mon ami.


— Et bien, je vois que personne ne t’avait dit que j’étais revenu, ça fait plaisir.

— J’ai pas eu beaucoup de bonnes nouvelles récemment, mais je suis vraiment content que tu sois là.

— Oui on m’a dit... je suis désolé de ne pas avoir pu être là pour toi. J’espère que les petites pilules que j’ai envoyées à mon cousin t’ont remonté le moral ?

— Ah c’était toi ? Il se marre. Oui c’était une sacrée soirée, merci pour cette parenthèse.

— C’est normal. Au fait, voici Emma, c’est une pote de notre hôte.

— Enchanté.

— De même. Alors il parait que c’est toi le petit génie qui rend Gaspard si heureux ?

— C’est un travail d’équipe, Gaspard est aussi responsable de ma réussite, sans lui, on serait dans la merde.

— Je vois, bon je vais faire acte de présence dans le jardin et vous devriez pas tarder parce que vu comment on tape dans la bouffe si quelqu’un vous trouve ici, vous allez vous faire jeter dehors.


Elle sortit par une porte de bonne sous le regard amusé de mon ami.


— Et toi, toujours pas posé ?

— Non, les filles de mon école ne sont qu’un tas d’emmerdements, je suis bien plus à l’aise ici par chez nous.

— Mouais les filles d’ici c’est pas plus simple, tu sais... en repensant à mon ex.


Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, car une des filles qui étaient avec nous arrive en courant :


— Il y a des gens qui viennent chercher la bouffe !


Tout le monde se lève d’un coup et prend son verre, sa bouteille et ses jambes à son cou en sortant par une petite porte qui donne sur l’extérieur. J’ai le temps d’attraper mon sac et de suivre Darius pour nous cacher derrière une haie. Par la fenêtre, on entend quelqu’un hurler, ce qui nous fait beaucoup rire. Après avoir posé mon sac dans un buis, nous nous faufilons dans le jardin pour rejoindre tous les invités discrètement. Je suis surpris de voir que Quentin est en pleine discussion autour d’un brasero avec 4 hommes en costumes et que ça a l’air sérieux, alors qu’il est en chemise hawaïenne. Il fume un cigare, une coupe de champagne à la main, et il a le visage de quelqu’un qui suit attentivement ce qui se dit. Avec Darius, nous continuons de faire le tour des groupes de gens disséminés un peu partout jusqu’à arriver au bout de la terrasse qui surplombe de plusieurs mètres un gigantesque champ de maïs qui s’étend à perte de vue.


Nous discutons un petit moment avec les gens qui sont là à fumer des pétards alors que la nuit est en train de tomber, puis remontons vers la tablée où est posée la bouffe.


Je me jette sur les toasts d’œufs de lompe quand j’entends un rire que je ne connais que trop bien à ma droite. Figé, je me tourne lentement pour voir à qui il appartient, mais sans surprise, c’est bien celui de Charlotte qui résonne parmi tout un groupe de filles. Le cœur battant à tout rompre, j’avale cul sec le premier verre que ma main réussit à attraper. Je n’arrive pas à détacher mes yeux d’elle, elle porte une robe bleu nuit et ses cheveux sont attachés de façon très classe. Mon cœur me déchire la poitrine et j’ai les mains moites. Elle est si belle... Je vois ses yeux se poser sur moi et son sourire s’effacer immédiatement. Elle devient blême et cesse de parler, finit son verre de champagne et se dirige vers la sortie d’un pas décidé. Je veux la rattraper quand je sens que l’on me retient par le bras. Je vois Gaspard, le visage toujours rouge, mais l’air très calme :


— Mauvaise idée.

— Tu aurais pu me dire qu’elle était là bordel de merde. Je repris du champagne pour noyer la tristesse qui m’envahit.

— Est-ce que ça aurait changé quelque chose ?

— Je serais jamais venu.

— Et bien voilà pourquoi je n’ai rien dit. Il sourit un peu tristement en allumant une cigarette. De toute façon, c’est pas ça la question. On doit soutenir Quentin ce soir.

— Qu’est-ce qu’il fout avec tous ces mecs qui ressemblent à des commerciaux hauts de gamme ?

— Il tâte le terrain, il veut savoir s’il est dans le vrai ou pas.

— OK je ne comprends rien.

— L’argent que le site nous rapporte, il le place, et il veut connaître les tendances en faisant l’abruti auprès des quatre investisseurs qui sont autour de lui.

— Aaaaaaah. Et c’est une bonne chose ?

— On va voir, le voilà qui arrive.


Quentin s’assoit avec nous, avec toujours le même verre à la main.


— Oh les abrutis, comment je les ai mystifiés ! Il se tourne vers Gaspard. C’est encore plus beau que ce que je croyais, tu avais raison mec, il faut qu’on bétonne tout. Il tape dans la main de Gaspard qui sourit. Mes deux amis ont l’air vraiment très heureux.

— On bétonne quoi ?

— Si on t’explique maintenant, tu ne vas pas comprendre, mais disons que les affaires marchent bien. Bon j’y retourne, j’ai encore des trucs à savoir. Il se lève d’un pas léger et retourne vers la fontaine.


La soirée suit son cours, les adultes sont tous partis et il ne reste que les jeunes. Moi j’ai réussi à canaliser mes nerfs pour ne pas aller tambouriner comme un damné chez mon ex grâce aux cocktails que Darius et Gaspard me mettent stratégiquement entre les mains et à tous les gens qu’ils m’ont présentés. Aux alentours de minuit, Darius et moi sommes assis sur un muret en train de déterminer le degré d’alcoolémie d’untel ou untel quand on entend un grand cri.


La scène semble se passer au ralenti, Pénélope notre hôtesse, raide déchirée est sur les épaules d’un grand blond et elle tombe tête la première dans la fontaine. J’allai applaudir le geste technique, mais personne ne semble être du même avis que moi. Tout le monde a l’air inquiet et se presse du haut de la première terrasse pour mieux voir alors qu’elle sort de l’eau en pleurant, aidée du blond qui a l’air très stupide tout à coup. Elle traverse le jardin au sprint en hurlant sa détresse alors même que sa robe est devenue transparente.


Derrière nous, on entend à nouveau quelqu’un crier. Darius et moi nous nous mettons debout et je vois Martin en train de se faire attaquer par un autre mec du lycée, celui-là, je le connais depuis un moment et c’est un vrai connard. Il a réussi à plaquer mon ami au sol et essaye de le frapper de toutes ses forces en hurlant "tu as baisé ma copine espèce de fils de pute". Le plus étrange, c’est que j’entends Martin rire alors même qu’il vient de se prendre un coup de boule et que son nez saigne. La scène continue ainsi pendant une minute quand une fille surgit et tente de détacher, le mec enragé qui continue de frapper Martin. Je file mon verre à Darius et dégage Martin de l’autre abruti.


Je l’emmène dans la cuisine pour lui enlever le sang qui macule son visage. Mon ami est très bourré, mais se laisse faire. Darius arrive avec son flegme habituel et s’assoit sur la table centrale :


— C’était ça la petite animation de la soirée ? Il va falloir que tu te rappelles avec qui tu couches si tu ne veux pas passer pour le dernier des connards, lui conseilla-t-il après s’être assuré qu’il avait toutes ses dents.

— Sa meuf a fait une crise de jalousie alors que je parlais à une de ses copines. Alors que je lui mets du sopalin dans les narines pour calmer les saignements.

— C’était bien au moins ?

— Intéressant, mais comme vous avez pu le comprendre, oubliable.

— Je crois que Gaspard m’avait parlé de cette fille, elle rêve de devenir influenceuse sur Insta.

— Ouais donc oubliable... la remarque fit rire Darius.

— Bon si on se trouvait un truc à manger ?

— Allez-y, moi j’ai plus faim et je crois que je vais rentrer. Ma chemise est pleine de sang, ça doit puer et j’ai quand même un peu mal à la mâchoire.

— Mais non attends, je vais chercher le sac, on va noyer cette soirée avec de l’alcool.


Je ressors par la petite porte pour aller récupérer le sac que j’avais planqué dans un des buissons. Après l’avoir trouvé, je remarquais que tout était devenu silencieux dans le jardin, la grande table avait été débarrassée et je ne distinguais plus personne. En remontant vers la maison, j’entendis un groupe qui fumait dehors, mais je retourne dans la cuisine. Et là, grande surprise, plus de 20 personnes sont arrivées, la table au milieu de la pièce est recouverte de bouteilles et de plats qui devaient être dehors. Plus personne ne semble se souvenir qu’il est interdit de cloper à l’intérieur, car un grand nuage de fumée a envahi la pièce. Darius est retourné s’asseoir sur le lave-vaisselle et il fume la pipe en souriant.


— Où est passé notre grand bagarreur ? dis-je en m’asseyant avec lui.

— Il est parti au même moment où tous ces joyeux lurons ont débarqué, il a eu peur d’un second round avec l’autre mec.

— T’as trouvé de quoi éponger ? Je meurs de faim.

— Tiens, je t’ai gardé ça de côté. Il se retourne et me tend une quiche lorraine. Mais avant, mon cousin te cherche, il est dans le salon.


Je me fraie un chemin dans la cohue qui agite la cuisine. Il est près d’une heure et c’est comme si une nouvelle soirée venait de commencer. Dans le grand salon, je trouve Gaspard posé contre la cheminée en train de suivre une discussion avec plein de gens de son école.


— Tu voulais me voir ?

— Oui. Martin est rentré du coup, je lui ai filé mes clés donc si tu veux rentrer, tout est ouvert.

— OK cool, mais j’ai bien l’impression que la soirée vient tout juste de démarrer, en tout cas y a plus d’ambiance dans la cuisine.

— Ouais, mais là je dois faire acte de présence. Il avait l’air un peu ennuyé de la situation.

— Elle est passée où Pénélope machin chose ?

— Elle s’est enfermée dans sa chambre au premier avec son mec.

— Ah. Bon bah elle ne verra pas d’un mauvais œil que... je me stoppais net, abasourdi.

— Que quoi ?

— C’est qui la fille dans la robe noire là-bas avec la bouteille de sky à la main ? La demoiselle en question est une brune dont les cheveux sont attachés en une très longue natte. Sa beauté est stupéfiante, de grands yeux verts, la peau bronzée, des lèvres pulpeuses, des traits fins et son physique va avec le reste. Sa robe noire attachée autour de son cou permet de voir ses épaules nues ainsi qu’un décolleté fantastique. En descendant plus bas, sa robe épouse sa taille en sablier et laisse voir haut ses cuisses, bronzées elles aussi. Je n’ai pas la possibilité d’en voir plus, mais cette fille me bouleverse. Gaspard ne saisit qu’à moitié mon émoi, mais sourit en se tournant vers elle :

— Oh c’est Tamara, je la connais que de nom. Elle parle pas beaucoup, mais par contre elle pèse lourd. Il mime d’énormes seins. C’est l’héritière d’un baron de l’industrie et elle est promise au fils du député du coin.

— Ah oui. Sur une autre planète...


Gaspard lève les épaules et rejoint le groupe duquel je l’avais arraché. Plongé dans mes pensées, je pars m’en griller une sur la terrasse. Il n’y a plus personne alors j’en profite pour m’allonger sur un des murets pour regarder les étoiles. Malgré la quantité d’alcool que j’ai déjà ingurgitée, je me sens plutôt bien, j’ai réussi à croiser mon ex sans m’effondrer en larmes, ce qui au vu du mois qui vient de s’écouler à me lamenter sur mon sort, est un bel exploit. Une bière ou un shooter serait un bon moyen de fêter ça. Je balance mon mégot dans un pot de fleurs pour rentrer dans la maison quand tout un groupe de filles sort au même moment. Effet miss France ou non, elles sont toutes sublimes, et galant homme que je suis, je leur ouvre la porte pour les laisser passer, ce qui les fait pouffer de rire. Je partais pour m’enquiller un verre quand j’entends l’une des filles me demander du feu. Sa voix est chaude et ses yeux me fixent curieusement. C’est la fameuse Tamara !


Elle sourit alors que je suis bêtement en train de chercher dans mes poches un briquet qui est déjà dans ma main. Alors que j’allume sa cigarette, la lumière projetée éclaire ses yeux verts qui ne me laissent décidément pas indifférent. Elle me remercie et s’enfonce dans le noir rejoindre ses copines, ne laissant derrière que son parfum. Ne jugeant pas mon alcoolémie assez élevée pour avoir le courage de lui parler, je décide d’y remédier et d’aller dans la cuisine, car l’ambiance dans le grand salon est vraiment pas terrible et je ne connais personne.


En arrivant, on m’accueille joyeusement en me mettant directement un verre de whisky dans la main alors que mes yeux et mes narines s’habituent à la fumée de weed et de cigarette qui imprègnent l’air. Les cadavres de bouteilles s’amoncellent sur l’îlot central alors qu’une enceinte balance de l’électro et que certaines filles sont debout sur les tables en train de danser. Comme toujours, la cuisine est le meilleur endroit d’une fête, et les 20 fêtards que j’avais quittés ont déjà eu le temps de faire un concours de shots de tequila. Amusé par le bordel qui règne et l’absence de connards dans la pièce, je m’assois à côté de mon sac que quelqu’un a délesté de ses bouteilles.


— C’est ton pote qui les a mises sur la table, on a tout mis en commun, m’explique une fille aux cheveux violets en me regardant, un peu embêtée.

— Ouais, mais c’était pas ce qu’on avait prévu, ça fait chier. Je lui tends une cigarette et m’en allume une.

— Si tu veux, j’ai entendu dire qu’il y avait une contre soirée géniale dans le salon. Le seul dress code demandé est un balai dans le cul. Sa remarque me fait rire.


Elle s’appelle Sophia et nous discutons un bon moment jusqu’à ce que Darius réapparaisse par la porte qui mène au jardin, toujours accompagné de sa pote Emma.


— Alors il parait que tu es parti pisser il y a 20 minutes ? lui dis-je en me foutant de sa gueule en montrant Emma.

— Et bien sache que nous avons pissé tous les deux du haut de la fontaine du jardin et c’était très drôle, me répondit-elle en faisant mine d’être contrariée par mon insinuation.

— J’espère que tu as été gentleman et que tu as tenu sa robe.

— Oh pas besoin, je n’ai pas mis de culotte.


Je manque de m’étrangler en buvant ma vodka en entendant sa réponse qu’elle a prononcée dans un grand sourire. Esquivant mon regard interrogateur, mon ami a les yeux dans le vague alors qu’il rallume sa pipe, un sourire espiègle au visage. Nous restons tous les quatre à discuter, toujours assis sur le lave-vaisselle, mais Sophia finit par nous convaincre de participer au concours de shot de vodka qui s’organise. Tout le monde participe et se met autour de la table. Dans une ambiance géniale, je réussis à tenir jusqu’au 8ème shot mais je m’arrête, car j’ai clairement les dents du fond qui baignent et mon estomac commence à se tordre. J’attrape un plateau de petits fours pour éponger, mais ça ne passe pas du tout.


J’ai la tête qui tourne et l’envie de vomir s’intensifie de plus en plus. J’attrape mon portable et mon paquet de clopes et je fonce à travers la maison. Je visualise les chiottes que j’avais vues en posant nos affaires au deuxième étage comme le paradis qui me libérera du poids que j’ai sur l’estomac. Ne faisant attention à personne, je grimpe les escaliers quatre à quatre pour m’engouffrer dans les toilettes qui sont, heureusement, vides, et m’y enferme. Même pas le temps de me mettre deux doigts au fond de la gorge que déjà le contenu de mon estomac est en train de se déverser. Je fous ma tête dans la cuvette et je me vide. Je ponctue mes vomissements de grands souffles de soulagement, car j’ai toujours l’impression que je vais mourir quand je vomis, mais une fois que c’est fait, ça va mieux. Quelqu’un tambourine à la porte, mais je ne veux pas prendre le risque de m’éloigner des chiottes.


Au bout d’un moment qu’il m’est impossible de quantifier, je finis par relever la tête et la pose sur la lunette des w.c. pour reprendre mes esprits petit à petit. J’ai de la bave et probablement du vomi tout autour de la bouche et sur le pantalon, mais je me sens physiquement beaucoup mieux. Je réussis à me relever et me débarbouille dans le lavabo, car j’ai vraiment une sale gueule, des cernes monstrueux sous les yeux qui eux sont injectés de sang. Moi dans toute ma gloire.


Je finis par sortir de la salle de bain pour retrouver Darius et traverse la mezzanine pour prendre les escaliers quand j’entends un gémissement. Je fais deux pas en arrière et dans une chambre dont la porte est restée ouverte, je vois le connard qui a frappé Martin dans le jardin, il n’a pas allumé la lumière, mais je reconnais sa coiffure de fils de pute. Il est allongé sur une fille et je l’entends murmurer :


— Tu m’as chauffé toute la soirée avec ta petite robe de pute, maintenant je vais me servir.

— Mais laisse-moi tranquille, lui répond une fille qui semble très bourrée.


A califourchon sur elle, il lui arrache le haut de sa robe.


— Oh j’en ai tellement rêvé de tes seins, je vais te la mettre profond.


Une envie profonde de me jeter sur lui m’envahit, mais je suis encore beaucoup trop bourré pour me battre avec un mec qui a les épaules d’un rugbyman. Le plus silencieusement possible, je vais dans la chambre où j’avais déposé nos affaires pour trouver un truc à lui exploser sur le crâne. Avec le flash de mon portable, je fais le tour de la chambre. Désespéré, je ne trouve aucun objet susceptible de renverser le rapport de force quand soudain, mon flash éclaire exactement ce que je cherche. Une paire de rames est posée sur le mur comme un trophée, sans aucune considération pour la valeur sentimentale qu’elles peuvent avoir, j’en saisis une et me précipite vers la chambre.

J’approche en silence, le noir est quasi total et je n’entends aucun bruit. Et soudain...


— Noooooooon. La fille semble se débattre encore, mais il lui met une énorme tarte qui l’assomme, je ne la vois pas, mais je l’entends très bien. Elle est inerte sur le lit et il se met debout pour se désaper. C’est à ce moment que la rame en bois s’abat sur sa tête. Je l’ai écrasée de toutes mes forces et il s’effondre à son tour sur le lit, le pantalon aux genoux. Je balance la rame et viens m’enquérir de l’état de la fille. C’est la fameuse Tamara ! Elle respire, mais la claque qu’elle a prise plus l’alcool l’a plongée dans un profond sommeil. Je prends une couverture et lui mes dessus, car elle est seins nus. Elle est vraiment très belle, mais je sors rapidement de ma rêverie.


Je redescends du lit et regarde comment va l’autre abruti en lui foutant un coup de pied dans les côtes. Il est assommé et son nez saigne. Il faut que je le dégage pour l’empêcher d’abuser davantage d’elle. Je le tire par les pieds jusqu’aux escaliers, mais deux problèmes se posent à moi : si ses potes, encore nombreux dans la maison, me voient, je suis mort, et il est trop lourd, je ne peux pas le porter sans me faire remarquer. Je fonce dans les escaliers pour trouver Gaspard, mais je ne le trouve nulle part et c’est finalement Darius en plein débat avec Emma et Sophia que je viens chercher. Je n’ai besoin de rien dire, car quand il voit mon air désemparé, il me suit sans discuter jusqu’au deuxième. L’abruti est toujours là, et Darius jette un œil dans la chambre.


— OK, j’ai vu un fossé pas loin, on va l’y balancer, ferme la porte à clé de la chambre pour protéger la fille, dit-il, bien plus lucide que moi. On va le prendre chacun par un bout et le sortir par-derrière.


Il se saisit des épaules et moi des pieds et nous descendons le plus silencieusement possible les marches qui craquent sous notre poids. Arrivés au palier du premier, nous faisons une pause, car l’autre con pèse son poids, mais c’est une grosse connerie, car la porte d’une des chambres s’ouvre et la lumière jaillit vers nous. C’est Pénélope Machin Chose qui en sort seulement habillée d’une culotte et qui passe devant nous sans même nous voir pour aller dans la salle de bain. Mon ami et moi échangeons un sourire devant la superbe poitrine qui vient de défiler devant nos yeux, mais aussi du soulagement, car cette fille aurait clairement pu rameuter tout le monde si elle nous avait vus. Nous reprenons la descente et arrivons en bas, je suis Darius qui nous emmène dans un long couloir.


— Attends, attends, j’ai une idée. Je nous arrête à la hauteur d’un secrétaire et me saisis d’un marqueur.

— En temps normal, je cautionne pas ce genre de truc, mais OK. Ça lui fera un souvenir. Et nous reprenons notre route.


Nous réussissons à nous faufiler dehors alors qu’à l’est, le ciel s’éclaircit, j’avais perdu complètement la notion, il était vraiment tard, ou très tôt. Nous finissons par arriver dans un fossé rempli d’orties. Nous le posons dans l’herbe quelques instants et j’écris "VIOLEUR" au feutre indélébile en plein milieu de son front. Darius me conseille de regarder sur son portable s’il n’a pas pris de photos de la fille. Après l’avoir trouvé dans une de ses poches, je le déverrouille en posant le pouce de l’autre con dessus. Vive la technologie. Ce porc a effectivement pris de nombreuses photos de sa victime et je les efface toutes ainsi que ses sauvegardes sur le cloud. Je m’envoie également une copie du contenu de son téléphone sur une de mes boîtes mails histoire de pouvoir le garder à l’œil. Une fois fait, je balance le téléphone dans les orties et me retourne vers Darius. Il a la main sur le front du mec et marmonne je ne sais quoi.


— Bon on y va ? Il se relève et le reprend par les épaules.

— A la une, à la deux, et à la trooooooooois. L’idiot blond roule jusqu’au fond du fossé. Aucun doute que lorsqu’il se réveillera, ça devrait piquer.

— Une bonne chose de faite. Nous contemplons notre œuvre un moment, lui la pipe au bec et moi une cigarette.

— Bon le soleil se lève bientôt, je vais aller chercher Emma et la raccompagner, tu fais quoi ?

— Je vais retourner là haut et m’occuper de la fille jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience.

— Bonne idée, elle va avoir besoin d’un gardien pour dormir. Il me tapote l’épaule, content.


Nous retournons vers la maison, et nous nous quittons devant la porte qui nous a permis de sortir sans être vu, car mon ami doit récupérer sa pote dans le jardin. Je monte silencieusement les escaliers, j’entends les respirations de gens qui dorment, mais de la musique semblait encore provenir de la cuisine. Arrivé au deuxième, je constate que pas mal de chambres sont maintenant occupées, mais qu’heureusement celle où sont mes affaires ainsi que celle de la Tamara sont restées fermées à clé.


En rentrant dans sa chambre, je remarque qu’elle n’a pas bougé d’un poil. Elle produit des borborygmes lorsque je l’enveloppe dans la couverture. Une fois fait, je m’arme de toute ma force, décuplée par la vodka que j’ai dans le sang, et je la prends dans mes bras pour la transporter jusque dans ma chambre. J’aurais certes pu la déposer délicatement sur le lit, mais à bout de force, je m’écrase avec elle sur le matelas. Je fais un dernier voyage pour récupérer son sac à main et la rame et je fais le ménage comme si personne n’était entré dedans de toute la soirée. En revenant gît sa robe noire en plein milieu de la mezzanine, elle est donc nue. Je referme à clés derrière moi une fois dans la chambre, pas question que d’autres soupirants tentent d’abuser d’elle.


Après avoir remis la rame à sa place sur le mur, j’ouvre une fenêtre pour fumer et faire le point. La fatigue et l’alcool créent un mix qui m’empêche de savoir quoi faire. Le soleil qui se lève illumine les champs que surplombe la maison, les couleurs sont vraiment belles. Il éclaire un peu la pièce et un paysage tout aussi beau se dévoile à moi. Tamara a dû bouger, car la couverture ne recouvre que le bas de son ventre. Il est tout plat et sacrément bronzé et au milieu, elle a un piercing au nombril. Mes yeux remontent sur ses seins qui sont tout simplement fabuleux, gros et ronds, ils se soulèvent avec sa respiration et je reste un moment émerveillé par tant de beauté. Mais mon attention remonte vers son visage lorsque je l’entends grogner. Elle a la tête penchée sur son épaule droite et de la bave s’échappe de sa bouche, mais ça n’enlève rien à son charme.


Malgré la splendeur du spectacle qu’elle m’offre, je ne peux pas la laisser ainsi nue. Le haut de sa robe étant complètement déchiré, elle est inutilisable. Je fouille dans mon sac pour récupérer les affaires que j’avais prévu de mettre en allant dormir chez Gaspard : le sweat à capuche de l’université où mon père a fait ses études et un short de basket. Satisfait de mes trouvailles, je me trouve avec un nouveau problème sur les bras, les lui mettre sans la réveiller. Je commence par le haut et lui enfile la manche gauche. Je réussis à lui passer la tête et la déplace, car elle repose sur son épaule droite et je m’arrête soudain, pétrifié, j’ai un mouvement de recul.


Sur sa clavicule, un vol d’oiseau est tatoué. Je me rapproche pour être sûre que mes sens ne me trompent pas. Oui exactement le même que l’Indienne que j’ai rencontrée lors du festival. Les éléments physiques que j’ai devant moi ne vont pas à l’encontre de cette possibilité. Ses énormes seins correspondent à ce que j’ai pu avoir dans les mains et la natte qu’elle a également. Mon cœur bat à cent à l’heure, je l’ai retrouvée !!! Pour être sûr, je me jette sur son sac à main, et dans le bric-à-brac dont est traditionnellement rempli un sac de filles, je trouve son portable. Je le débloque avec son pouce et cherche à savoir si elle était bien au même endroit que moi il y a 15 jours. Je fais défiler ses messages et trouve ce que je cherchais, un de ses potes lui a partagé une photo. Dessus, il y a les 5 filles que j’ai laissées galamment passer devant moi plus tôt dans la soirée.


En bikini, elles sont très belles et la fille qui dort sur le lit à côté de moi est là sur la photo, et à mes yeux la plus belle du groupe.


Ayant trouvé ma réponse, je referme son téléphone, mais avant, je m’envoie son numéro sur mon téléphone.


Décidant de faire fi de toutes ces nouvelles pour le moment, je finis de lui enfiler mon sweat, ce qui lui arrache au passage quelques grognements de désappointement. Je fais très vite pour le bas et ferme presque les yeux par respect pour son sexe qui se dévoile alors que j’enlève la couverture. Une fois complètement habillée, je la love dans la couette et lui fais un bisou sur le front.


Je me remets sur le bord de la fenêtre pour rassembler mes pensées et fumer une dernière clope avant de dormir. Je suis partagé entre la panique et l’excitation de ce qui pourrait arriver. Cette fille que j’ai croisée il y a 15 jours m’a réconcilié avec moi même et la voilà devant moi. Je décide de mettre tout ça à plus tard, et m’affale dans le fauteuil qui trône dans un coin de la chambre et m’endors.


Je me réveille en sursaut. Le soleil est déjà haut dans le ciel, j’ai mal au crâne. Mon portable m’annonce qu’il est midi et Tamara est toujours en train de dormir. Je me lève difficilement du fauteuil qui m’a tué le dos durant la nuit. Après avoir ramassé toutes mes affaires ainsi que celles de mes amis, j’ouvre la porte, non sans un dernier regard vers la silhouette endormie dans le lit. Je finis par descendre vers la cuisine pour récupérer mon sac et m’en aller sans être vu. Mais peine perdue, une des potes de Pénélope qui nettoyait la pièce me voit et avec un sourire, me dit :


— Tiens, t’es resté là toi ? Tu trouvais plus la sortie ?

— Oui, j’ai plus trop de souvenirs, désolé. Je vais rentrer maintenant. J’avais mis la main sur mon sac et l’autre sur la poignée de la porte.

— Mais non, reste, on a beaucoup trop de nourritures, viens, on a fait une grande table sur la terrasse !


Elle me prend par le bras et m’emmène dehors où je suis accueilli par Pénélope elle-même, et je la revois traverser la mezzanine nue devant moi et Darius durant la nuit et sourit, elle est vraiment pas mal sous son air de bourge coincée. La dizaine d’autres personnes attablées me regarde avec suspicion, personne ne me connaît sauf un.


— Thomas, t’es encore là ? Incroyable man, t’as mis le feu hier ! un mec aux cheveux mi-longs que je ne connais pas plus que les autres me tape un check et m’assure que j’étais un fou hier. Pénélope entendant ça, lève les épaules et retourne discuter avec son mec. Celui qui a l’air de me trouver génial m’assoit près de lui et ne cesse de faire référence à des choses qui ont eu lieu, mais dont je n’ai aucun souvenir. Nous commençons à manger et ça m’aide pas mal à reprendre des forces alors que vient nous rejoindre Tamara. Elle se fait accueillir par des copines à elle et elle sourit. Ses cheveux qui étaient complètement en pagaille et son maquillage qui avait coulé ont disparu, mais elle a gardé mon sweat et mon short, ce qui lui donne un air de fille normale malgré l’élégance et le charme fou qu’elle a. Elle fait un grand salut à toute la table d’une voix rauque. Antoine, le mec qui ne cesse de parler depuis tout à l’heure me demande si je peux aller chercher du pain dans la cuisine. Je m’y rends et une fois trouvé, je me retrouve face à Tamara.


Elle sourit et passe ses cheveux derrière ses oreilles.


— Écoute, je voulais te remercier pour cette nuit, tu m’as sauvé la mise.

— J’ai juste fait un truc que tout mec qui n’est un connard doit faire.

— Personne ne m’aurait aidé. Elle a le regard un peu triste.

— J’espère que mes fringues te plaisent.

— J’adore le style, même si je me demande comment tu as réussi à me les mettre.

— J’ai fermé les yeux, je te le promets. Ma réponse la fait rire.

— Je te les rendrais dès que possible parce que vu l’état de ma robe...

— Oui je l’ai mise dans ton sac.


Elle me remercie et retourne dehors. Je la regarde partir les yeux fixés sur son cul moulé par mon short. Je m’autocongratule, j’ai couché avec cette fille à l’insu de mon plein gré certes, mais quand même ! Quelle fille !

Je retourne à la table et finis mon assiette, je n’écoute plus mon voisin, derrière mes lunettes de soleil, je regarde Tamara avec ses amis et je suis vraiment sous le charme. Quand je finis par réussir à prendre congé, elle m’adresse un signe de la main qui me fait sourire. Mon sac sur l’épaule, allégé de tout l’alcool, je marche jusqu’à chez Gaspard, salue ses parents, monte jusqu’à sa chambre et m’endors sur le canapé, épuisé.

Diffuse en direct !
Regarder son live