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L'admirateur secret

Chapitre 25

L’heure est venue

Divers

La rentrée étant arrivée, Maëlle s’est sauvée dans son école d’art. J’ai eu du mal à la voir partir. Même en sachant que je la reverrais bien vite, j’avais l’impression qu’une page importante de ma vie se tournait et que la suivante me laisserait bien seul, sans mon petit ange.


Déjà plusieurs semaines que Maëlle ne rentre pas tous les week-ends : débordée de devoirs, elle trouve plus pratique de rester sur place. Sans moi dans les pattes, elle peut plus facilement se concentrer, ou travailler en groupe. Et puis elle n’a pas tout son matériel à transporter dans le train.


Elle me manque, mais j’essaie de faire avec. Même les contacts avec son admirateur se sont espacés : les cours, les devoirs et les soirées étudiantes auxquelles elle participe pour bien s’intégrer ont mis un coup de frein à leurs échanges. Pour décompresser, elle s’est tout de même accordé quelques séances masturbation devant la cam, mais ces moments se sont faits de plus en plus rares au fur et à mesure que les semaines s’écoulaient.


J’ai aussi eu des nouvelles de Lucie : elle est entrée en classe préparatoire dans le but d’intégrer par la suite une école de commerce. Elle me dit que cela se passe bien, que les cours lui plaisent plus qu’au lycée, qu’elle a certains profs et camarades vraiment craquants, et que les soirées étudiantes sont assez torrides.


Elle me dit aussi de lui garder une place au chaud lorsqu’elle aura des stages en entreprise à effectuer, qu’elle sera ravie de jouer à la petite stagiaire soumise aux désirs pervers de son maître de stage. Ah, Lulu, toujours fidèle à elle-même ! Je lui promets de réfléchir mais lui avoue que je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir. D’ici son stage, je n’aurai peut-être pas le loisir de m’occuper d’une stagiaire, aussi vicieuse soit-elle.


Elle ne parle plus de ma relation avec Maëlle ; je crois qu’elle a bien compris qu’elle pouvait tirer un trait là-dessus, qu’il ne se passera plus rien. Ou alors c’est qu’elle a la tête ailleurs, qu’elle manigance d’autres plans obscurs. Telle que je la connais, je ne serais pas étonné.


Du côté de Valérie, le divorce avec son mari tourne au vinaigre, voire à la guerre totale. La pauvre, le mec a décidé de lui faire vivre une misère. « Il a complètement changé de visage, s’est révélé être un immonde connard ! » m’explique-t-elle. Il la traite comme de la merde et se bat pour la moindre miette au sujet de la répartition des biens. Est-ce parce que, finalement, il n’a pas digéré d’avoir été cocufié des tas de fois ? Comme Valérie n’a pas sa langue dans sa poche, elle répond et est loin de se laisser faire.


Tous ces ennuis lui pèsent beaucoup, je le vois bien tous les jours. Elle s’inquiète aussi pour ses deux enfants qui doivent subir ce déchirement familial (là, par contre, le père n’en a rien à faire pour obtenir leur garde). Elle les protège autant que possible des évènements mais, malheureusement, ils ont quand même entendu des engueulades par téléphone.


Ma relation avec elle a bien évoluée. Avant, il s’agissait d’une sorte de plan cul ; maintenant, nous sommes devenus bien plus proches, de véritables amis. Nos corps-à-corps ont une saveur particulière, plus intime. Il ne s’agit plus de satisfaire un besoin primaire puis de passer à autre chose. Non, il y a un véritable lien entre nous.


Nous nous sommes beaucoup rapprochés parce que je me faisais du soucis par rapport aux épreuves qu’elle traversait et que, je crois, j’avais aussi besoin de contacts après le départ de Maëlle. Je crois que je suis devenu son partenaire privilégié, voire son unique amant du moment.


Nous nous voyons de plus en plus en dehors du boulot. Je l’invite souvent à dîner, même si nous ne faisons pas toujours l’amour ; nous restons parfois juste à discuter toute la soirée autour d’une bouteille de vin. Elle est même venue une fois avec ses enfants, deux adorables bambins de sept et dix ans. C’était agréable d’entendre des cris d’enfants résonner à nouveau dans la maison.


C’est marrant, quand j’y pense : notre histoire a commencée comme un simulacre afin de tromper Maëlle, et maintenant elle est en passe de devenir une véritable relation. Non, je ne suis pas tombé amoureux d’elle, mais je me suis tout de même beaucoup attaché.


Tous les soirs je me connecte à Twibook en espérant y croiser Maëlle, qui apparaît trop souvent déconnectée. Quand elle est là, la plupart du temps c’est pour faire un rapide coucou et donner quelques nouvelles. Ce soir, elle est présente ; c’est même elle qui initie la conversation.


« Salut, tu vas bien ? »

« Oui, très bien. Ravi de te voir, ma belle. Et toi ? »

« Je vais bien, même si je suis toujours crevée ; mais disons que j’ai quelque chose à te dire. »


Encore ? J’ai souvenir d’une conversation pas si ancienne qui commençait de la même façon. Je n’avais pas très apprécié la suite.


« Vas-y, ma belle, je te lis. »

« Tu te souviens que tout au début tu m’avais dit que si je le voulais je pouvais mettre fin à tout moment à nos échanges et que tu ne me recontacterais plus après ? »

« Oui, je m’en souviens très bien. »


Aïe, c’est encore pire que ce que je craignais. Je sens que je ne vais vraiment pas aimer la suite…


« Eh bien voilà, je crois que l’heure est venue. »

« Ah… »

« Je sais, c’est plutôt soudain ; tu ne devais pas t’attendre à ça. »

« Pour être honnête, je ne suis pas vraiment surpris, vu la fréquence toujours plus faible de nos échanges récents. J’ai eu l’impression que tu te lassais de moi. »

« Oh non, pas du tout ! Je t’adore toujours autant, et j’adore tous les moments et les mots que nous avons partagés. Le problème ne vient pas de toi. La vérité, c’est que je suis tombée follement amoureuse. »


C’est de pire en pire. Ça y est, l’heure est venue : Maëlle m’échappe complètement. Je vais me retrouver en père abandonné. Putain, c’est la déprime, du coup. Comme je ne réponds pas, sous le choc, Maëlle reprend :


« Il est génial, gentil, attentionné et talentueux. Tu verrais son coup de crayon, tu serais dingue ! »


Bien évidemment, elle parle de ses talents de dessinateur, mais par « coup de crayon », je ne peux m’empêcher d’y voir une métaphore sexuelle qui ne me ravit pas vraiment.


« Et comment il s’appelle, ton prince charmant ? »

« Il s’appelle Lionel. Il est en deuxième année. En fait, il m’a donné quelques conseils en début d’année et m’a proposé son aide à plusieurs reprises. C’est comme cela que nous avons commencé à nous fréquenter. Je crois que pour moi ça a été le coup de foudre, même si je n’ai pas voulu l’admettre tout de suite. Je n’ai jamais ressenti une aussi puissante émotion pour quiconque. Et plus je le vois, plus j’ai envie de le voir. Je me sens si bien en sa présence… Le temps passe vite avec lui. À l’inverse, quand il n’est pas là, les heures semblent interminables. »


Oui, c’est bon, quoi, j’ai compris qu’elle est amoureuse ! Je me souviens de mes premiers émois pour sa mère. Je me sentais pareil. Je devrais m’estimer heureux qu’elle ait la chance de vivre ce même bonheur. Je devrais... Pourtant mon cœur est meurtri. Je suis jaloux de ce Lionel. Il me l’a volée, voilà mon sentiment !


« Nous sortons ensemble depuis trois semaines. Désolée, j’aurais dû te le dire plus tôt mais j’avais peur, j’avoue. »

« Et donc, à notre dernière séance cam, tu étais déjà avec lui ? »

« Oui, je le reconnais. C’était une bêtise. Je n’aurais pas dû. J’étais quand même contente de te parler. »


Je comprends mieux pourquoi elle semblait avoir la tête ailleurs.


« J’aurais dû t’en parler plus tôt » répète-t-elle. « Je ne peux pas continuer avec toi si je suis avec lui, ce n’est pas bien. Tu comprends ? »

« Oui, rassure-toi, ma belle. Même si, je le confesse, cela me peine. Je comprends parfaitement ta position qui m’a l’air tout ce qu’il y a de plus raisonnable. Je vous souhaite tout le bonheur du monde, à Lionel et toi. Mais juste avant qu’on en finisse pour de bon, je voulais savoir une chose. Tu t’es confiée à moi pour énormément de choses, mais m’as-tu tout dit sur ce que tu vivais ? »


Une dernière fois, je lance un appât dans l’espoir qu’elle me parle de son attirance pour son père. Maintenant qu’elle vit une toute nouvelle histoire d’amour, elle aura peut-être moins de réticences à me révéler son grand secret, d’autant plus que c’est la dernière fois qu’elle parle à son admirateur secret.


« Non. Même pour toi, j’ai gardé un jardin secret. Je n’en ai jamais parlé à personne et je le garde précieusement dans mon cœur. Tu m’en veux ? »

« Non, pas du tout. Tu es décidément pleine de surprises ! Je crois que ça me fait t’admirer encore plus. »

« Tu sais, nous deux, ça restera aussi des souvenirs merveilleux et précieux. Moi aussi je t’admire beaucoup. Tu as fait de moi une femme complète. Tu m’as permis de mieux me connaître, de savoir ce que j’aimais et voulais. Tu m’as fait me sentir belle et désirable. Tu m’as redonné confiance en moi. Sans toi, ma vie n’aurait pas été la même. Je ne pourrai jamais assez te remercier pour tout ce que tu m’as apporté. »

« Toi aussi tu m’as énormément apporté, ma belle. Quand je t’ai contactée, je n’avais aucune idée que ça nous mènerait aussi loin. Je n’en attendais pas tant. Tu m’as offert des moments inoubliables et permis de découvrir à quel point tu es époustouflante. Merci pour tout, ma belle. »

« Tu sais quoi ? Je n’ai pas envie que cela se termine sans un dernier coup d’éclat. Je vais bientôt revenir sur Solérèse pour un week-end, alors tu as intérêt à te libérer. Ce que je veux, c’est qu’on fasse l’amour au moins une fois avant notre séparation. »

« Oh, Maëlle, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. »

« Ah non, pas de ça ! Lors de mon escapade en Espagne, tu as avoué avoir été jaloux du type avec qui j’ai couché parce qu’il m’a connue comme toi tu ne m’avais jamais connue. Tu parlais bien de sexe. C’est donc que tu as envie de moi. Au début de nos conversations, je t’ai laissé le choix : soit tu assumais tes désirs, soit nous stoppions tout de suite. Tu as choisi d’assumer ; alors maintenant, assume jusqu’au bout ! J’ai prévu de prendre une chambre à l’hôtel Pressman de Méronze pour un après-midi entier. Comme les fois précédentes, j’aurai les yeux bandés pour préserver ton identité. Tu as intérêt à venir ! »

« Et ton amoureux, il en pense quoi ? Il est au courant au moins ? »

« Bien sûr, il sait tout de toi. C’est même son idée, ce dernier coup d’éclat, quand je lui ai dit que je voulais arrêter avec toi. Il s’est même proposé de me déposer à l’hôtel. Il avait peur que j’aie des regrets de ne jamais l’avoir fait avec toi. Il sait que tu comptes beaucoup. »

« Eh bien, lui aussi semble plein de surprises. Il n’est pas du genre jaloux. »

« Il est surtout attentif à mes besoins et a parfaitement confiance au lien qui nous unit l’un à l’autre. Alors, ta réponse ? Prêt pour un dernier coup d’éclat ? »


Que répondre ? Je vais perdre Maëlle pour toujours. Devrais-je profiter de ce dernier instant pour la posséder au moins une fois ? Je sais que je la désire encore, mais son père a tiré un trait pour toujours sur sa volonté de vivre une relation incestueuse qui nous aurait menés droit dans le mur. Et l’admirateur, dans tout ça ? C’est une relation d’une nature tout à fait différente, tout du moins aux yeux de Maëlle. Pas de risque que cela tourne mal, surtout que c’est sans avenir. Ce sera un moment d’adieu, un grand feu d’artifice final. Quel risque y a-t-il ? Que veux-je vraiment ? Je continue de réfléchir mais je me rends compte que ma décision est déjà prise ; je ne cherchais qu’à m’en dissuader.


« J’assume. Je viendrai. »


* * *


Quelques jours plus tard, je reçois un coup de fil de ma fille :


— Allô, papa, j’ai une bonne nouvelle pour toi : je viens te voir ce week-end. Par contre, je ne viens pas seule.

— Ah ? fais-je semblant d’être surpris.

— Oui, j’aimerais te présenter mon nouveau petit-ami. Il compte beaucoup pour moi ; j’espère que tu l’apprécieras.

— Je ne peux rien te promettre sur ce dernier point, mais je lui laisserai une chance.


Elle rit et reprend :


— Par contre, samedi après-midi, nous serons absents. Nous avons prévu d’aller voir un film au ciné puis de nous balader dans Méronze. J’espère que cela ne te dérange pas.

— Pas grave, ma chérie ; j’avais prévu de passer chez Valérie, de toute façon.

— OK, cool. À vendredi soir. Je t’aime.

— Moi aussi.


Peu de temps après, c’est le portable rouge qui vibre. Un SMS :

« Samedi après-midi, 14h, chambre 208, hôtel Pressman. Dernier coup d’éclat. »

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