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L'âge de jouir

Chapitre 1

Deux amies échangent sensations et confidences

Lesbienne

L’âge de jouir

Les expériences de jeunes adultes à la croisée des cœurs et des corps.

(Cette histoire commence durant l’été 2009)

Chapitre I :


La chambre baignait dans la chaleur diffuse de l’après-midi. Le souffle de Typhaine se réaccordait dans une douce cadence entre les tentures magenta du lit à baldaquin. Écartant une mèche de ses cheveux noirs, la jeune femme suivait la tête qui s’émergeait entre ses cuisses pâles. Ils se fermèrent alors qu’un baiser ouvert mouillait l’intérieur d’une cuisse. Les lèvres de Laurie remontèrent, en déposant un nouveau à chaque étape, et s’arrêtèrent un instant. Typhaine ressentit l’approche de la langue avant qu’elle ne sorte, comme les doigts de l’autre femme écartèrent de façon presque imperceptible les replis de son sexe. Un agréable vertige saccada son souffle. La pointe et le bord de la langue traversaient son temple dans une marche tranquille, et, tantôt suivirent, tantôt dictèrent le battement de son corps, celui-ci s’éloignant et se rapprochant, s’enfonçant et se relevant au fur et à mesure.


Comme privée d’ailes pendant un temps, la voix de Typhaine revint dans un sursaut de petits cris aigus. La caresse devint humide, et l’insolente Laurie remonta vers la racine de son bouton de rose. Les mains de Typhaine relâchèrent comme d’elles-mêmes les replis de la couverture, et ses seins arrondis et menus émergèrent tout à fait de son chemisier dégrafé. Le frisson humide de la langue donnait une cadence progressive à l’onde qui parcourait le corps de Typhaine, la braquant, la tendant, pour mieux la relâcher après une volée de cris tournant aux soupirs. Sa tête vacilla sur la gauche comme le frisson s’éternisait délicieusement le long de son corps. Sa tête sembla un instant passer à travers l’oreiller. Le souffle gonflait son corps et un simple sourire ouvrait son visage.


Laurie revint vers elle. Ses seins en poire charnus se lovèrent en premier contre le corps de son amie, qui ressentit le rythme de son cœur, avant la signature humide le long de ses lèvres. Leur baiser distilla une brise alanguie tout autour des baldaquins.


« Il n’y a que les filles pour lécher aussi bien ! fit Typhaine les yeux encore dans le vague.


— Les filles savent ce qu’elles veulent ! dit Laurie avec un clin d’œil. Mais laisse leur chance aux mecs, ils s’améliorent avec le temps !

— C’est ce que tu m’as dit, mais les gars que j’ai trouvés ne se foulaient pas trop. Même celui vers qui tu m’as poussée pour ma première fois avec un mec... dit sa partenaire en esquissant un sourire railleur.

— Oui, se rattrapa l’entremetteuse, c’est vrai que sur ce terrain, Alexandre était en retard, mais il n’avait qu’un an de plus que nous et il faut croire que tu l’aimais bien, vu que tu es revenue le voir ensuite !


Typhaine manqua de glousser à cette mention. C’était il y a deux ans et elle aurait pu s’y revoir comme la semaine dernière. À peine seize ans, et une envie folle de coucher avec un mec après avoir goûté presque par bravade aux filles. Mais l’appel du sexe, tempéré par l’atmosphère de fosse à serpent du lycée, lui avait recommandé la prudence. Le recours à une vieille amie l’avait menée vers un partenaire tout à fait à la hauteur.


Avec le recul, une part d’elle-même regrettait un peu de n’avoir pas attendu un partenaire amoureux pour découvrir le sexe, mais comment attendre alors que la curiosité vous tâte comme la sortie prochaine d’un album de Nightwish ? Une autre se disait que ça valait le coup de plonger, étant donné la journée heureuse qui s’en était suivie. La première d’une liste qu’elle voulait allonger au possible.


— C’était un bon, et il m’a aidée à me décoincer un peu avec les mecs (sans mauvais jeu de mots). J’ai été un peu plus ouverte et à l’écoute de ceux qui me draguait ensuite. Je mesure ma chance de l’avoir connu pour ça, car depuis, c’était pas fameux... dit-elle en haussant les épaules.



Laurie acquiesça. Depuis la fin du lycée, plusieurs virées entre amis, en festivals ou pour le simple plaisir de bouger, avaient apporté son lot de rencontres. Contrairement à ce qu’on racontait, les gens se lâchaient, mais pas forcément dans le bon sens. Les deux femmes avaient eu quelques conquêtes, qui s’étaient révélées mitigées, entre des mecs trop portés sur la fête pour bander jusqu’au bout, ou ceux qui se prenaient pour des dieux alors qu’ils n’étaient pas capables de voir plus loin que le bout de leur nez. Un Espagnol de vingt ans avait retenu Typhaine en levrette pendant un temps fou alors qu’elle ne ressentait rien et s’était presque pris un mal de tête à force de l’entendre...


» Quand ils se soucieront un peu des autres, ils me sonneront, fit-elle en retrouvant le sourire. En attendant, heureusement qu’il y a les bonnes copines. La prochaine fois, tu ne fais rien et tu me laisses aux commandes !


— D’accord, dit Laurie alors que son visage prenait une mimique avide, mais avant, tu me parleras de l’étudiant de l’autre jour. Je sais qu’il t’a tapé dans l’œil !


Typhaine eût une gêne coupable et son regard passa de droite à gauche alors qu’elle cherchait ses mots.


— Lui, oh oui, fit-elle avec une lueur dans ses yeux ; si j’avais pas été aussi crevée, j’aurais eu plus à te dire. Ce mec était différent des dragueurs qu’on a eus avant. Il était classe, drôle, direct. Dès que j’ai un appartement ou que je repasse à (xxx), je le rappelle. Mais, à côté, il y a autre chose que j’arrive pas à me sortir de la tête.


Laurie eut le sourire satisfait qui la rendait irrésistible (pour les uns) ou insupportable (pour pas mal d’autres) et se pendit autant aux mots de son amie qu’à ses épaules.


— Un autre mec ? Un rival dans le cœur de la jolie gothique délurée face à l’étudiant qui a reçu ta bouche au cœur de la nuit ?

— Si seulement c’était aussi simple... L’autre jour, j’ai croisé une fille en marchant dans la forêt. De longues jambes, une peau claire, de longs cheveux roux vif qui descendaient au-delà des épaules dans une robe légère aux tons verts. Et ces yeux ! Des reflets de noisette si profonds qu’elle semblait née d’un arbre, sortie d’une arche donnant sur l’Autre Monde.


Les mots autant que le ton étaient emplis d’une candeur légère sonnant pour Laurie comme un coup de foudre. Quelque chose qu’elle lui souhaitait de tout son cœur. Mais quelque chose clochait dans sa description.


— Attends un peu, dit-elle, une grande rousse... C’est Chloé ! C’est pas vrai !

— La belle Chloé, fit Typhaine sur un ton presque résigné. Une créature de rêve...

— Mais attends, elle était au lycée avec nous, tu la connaissais. Qu’est-ce que ça change ?

— Oui, et comme avec tous les autres, au lycée, je ne l’approchai pas, personne ne devait savoir que j’étais bisexuelle.

— Ça a plus ou moins fonctionné...

— Oui, mais ça n’a pas fait trop de bruit, vu que je n’étais pas la seule. Cela dit, je ne voulais pas l’approcher, surtout si elle était hétéro. Ce jour-là, je l’ai rencontrée, et on a discuté. Le fait de ne plus être au lycée a enlevé une distance entre nous. Elle vient parfois dans la forêt, elle aime méditer entre les arbres, y écouter Cécile Corbel ou Era. J’ai découvert une personne cultivée et sympathique, passionnée de mode et de voyage. Elle fait plusieurs festivals bien sympas, comme les Vieilles Charrues ou le Bout du Monde depuis des années. On a aussi parlé de la nouvelle série sur le Trône de Fer, elle est aussi impatiente que moi.


La candeur des mots s’avivait au fur et à mesure, avant de redescendre selon le même modèle.


— Je sentais le problème venir de loin, mais je ne voulais pas y penser. J’ai fini par tomber amoureuse d’elle.


Laurie ferma les yeux et entoura son amie de ses bras dans un cercle chaleureux.


— Je comprends un peu ce que tu ressens. C’est tellement dommage, mais tu sais quoi ? Ça valait le coup. C’est difficile d’être amie avec une personne qui te plaît, mais tu as quand même passé de bons moments avec elle. Et puis, elle ne va pas faire d’études dans la même ville que toi, non ?

— En effet, elle va à Rennes.

— Loin des yeux, loin du cœur. Il y a plein de garçons et de filles qui croiseront ton chemin là-bas, et peut-être même, une grande rousse qui te donnera ce baiser de miel dont tu rêves tant.


Typhaine eut un sourire de ceux qui vous embuent les yeux, et sembla hésiter entre les larmes et le rire.


— Je voudrai tellement, mais ça fait mal, j’ai jamais ressenti ça aussi fort avant. C’était moins formel et direct que l’attirance sexuelle, plus profonde que l’amitié. C’est quelque chose de doux et chaleureux, de presque instinctif qu’on ressent avec une autre personne. C’est ce qui me rend heureuse d’être bi et de pouvoir potentiellement vivre ça avec autant de gens. Il a fallu que ça arrive avec elle. J’ai peur que ça floue mes relations avec mes autres partenaires. J’ai peur de trop penser à elle quand je serais avec eux.

— C’est assez romantique et dans l’air du temps comme situation. La jolie jeune femme tiraillée entre un prétendant vigoureux et une belle damoiselle hors d’atteinte qui va partir au bout du monde ou presque.


Elle finit sa phrase en posant ses lèvres sur le pentagramme argenté serti d’éclats bleus et violets pendant au-dessus des seins de sa partenaire, avant de remonter vers ses lèvres.


— Tes dieux t’ont fait aimer tout le monde ; ça peut donner des situations contrariantes, mais au vu de tout ce que tu peux vivre, ça en vaut la peine. Va retrouver l’étudiant, et s’il est aussi doué que tu me l’as dit, tu n’auras plus trop à t’en faire.


La malice des derniers mots donna à Typhaine un sourire sensuel qui commanda à ses doigts de descendre vers son bassin, quand la mécanique d’une serrure retentit depuis le rez-de-chaussée. Les deux amies gelèrent un instant, avant de se jeter hors du lit dans des gestes presque instinctifs. Typhaine rabattit sa jupe aux plis violets et remonta à la volée les boutons de son chemisier sombre, tandis que Laurie enfilait ses vêtements à la hâte.

Elles abordèrent la descente des marches en ramenant des mèches de cheveux derrière des oreilles, les regards partagés entre la gêne et le rire complice. Entrant dans le vestibule, elles saluèrent la mère de Typhaine qui partagea opportunément sa journée avec elles...

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