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Agnès ou l'écume des jours...

Chapitre 1

le tortillard

Hétéro

L’eau dans la casserole, posée sur l’antique cuisinière en fonte, chantait doucement. La femme aux yeux d’un étrange vert ouvrit un sachet, y puisa deux poignées d’un alphabet ordinaire et plongea le tout dans le potage. Ce simple geste fit ralentir les bouillonnements du liquide, et d’une main sûre, elle entreprit de tourner à l’aide d’une cuillère de bois l’ensemble de sa mixture. Ensuite au premier nouveau frémissement dans la gamelle, elle tira cette dernière sur un bord moins chaud de la cuisinière. La femme encore jeune termina par la pose d’un couvercle et eut un sourire de satisfaction. Sa petite soupe de « femme qui voyage » serait prête dans quelques minutes.

Agnès se souvenait de ce même rituel appris bien des années plus tôt alors qu’elle n’était qu’une enfant par Mamie Gisèle. Ce consommé faisait partie des plus rapides à assimiler, et surtout à réaliser, quand on n’avait pas trop le courage de se coller aux fourneaux, pas envie d’une cuisine raffinée. Et puis le fumet qui se répandait dans la cuisine la faisait toujours revenir vers cette grand-mère disparue depuis longtemps, vers des années heureuses, vers un temps qui avait été et qui plus jamais ne serait. Louis aussi adorait ce brouet simple et diablement bon. Et Louis allait rentrer du travail… dans quelques minutes.

À petits pas, Agnès disposa sur la table les deux assiettes et les couverts, déposa à leur côté des verres. D’un autre geste machinal, elle plaça sur les écuelles une serviette de tissu bien pliée. Voilà ! Son mari pouvait revenir, le diner, ce soir serait prêt. Au centre de la table rectangulaire, sur un dessous de plat de liège, la carafe d’eau ainsi que la bouteille de vin de bordeaux parachevaient l’ensemble. Un dernier coup d’œil sous le couvercle où la décoction de petites pâtes frémissait lentement, un regard vers le four où le poulet frit et les pommes de terre rôties restaient eux aussi au chaud, puis elle se dirigea vers un autre endroit de la maison.

La porte s’ouvrit sans aucun bruit. La jeune femme délaça son tablier, le posa sur un siège, retira son chemisier, puis d’un mouvement simple et habituel, elle dégrafa son soutien-gorge. Ensuite, elle entreprit de faire jouer la fermeture éclair de sa jupe, laquelle glissa le long de ses longues jambes encore bronzées. Elle n’avait plus, sur elle, qu’une minuscule culotte qui vint rejoindre le tas de vêtements déjà empilé sur la chaise. Avant pourtant de retirer cet ultime rempart, elle tendit le bras ; manipula les boutons et l’eau jaillit dans la douche. Un doigt passa sous le jet et sembla satisfaire Agnès.

Le string dégringola pour retrouver le amas de fripes et la femme s’engouffra sous l’eau tiède qui coulait à flots. Doucement, avec des mouvements assurés, elle débuta de savants massages, à l’aide d’une boule de nylon enduite d’un gel odorant. Elle fit courir l’objet sur sa peau, n’omettant aucun endroit, revenant parfois sur le galbe d’un sein, parcourant le ventre, pour mieux filer à nouveau sous la poitrine. La mousse au fur et à mesure de l’avancée du gant recouvrit le corps de la jeune femme. Agnès se mit à fredonner. L’eau était pour elle toujours une vraie source de plaisir et surtout sous cette forme-là ! Elle s’éternisait toujours sous la douche. Bien plus que nécessaire, il est vrai ! Mais il n’y avait pas de petits divertissements…

Après qu’elle eut frictionné toutes les parties faciles d’accès de son joli corps, elle se mit en devoir de s’occuper de celles moins visibles. En se contorsionnant, elle fit passer par chacune de ses épaules son éponge pour se laver le dos. Puis elle l’amena sur ses fesses, la plongeant lentement entre les deux demi-sphères pour enduire l’endroit de mousse. Jugeant que c’était bien, elle fit glisser de nouveau sa main sur le bas de son ventre, écartant du même coup les deux jambes en fléchissant sur ses deux genoux. Le massage de son entrejambe la fit frissonner. Agnès prolongea ses allers et retours sur cet endroit sensible, faisant remonter le gant loin dans la raie de ses fesses.

Sous la pression du passage de la boule douce de nylon, les lèvres s’ouvrirent davantage, et l’eau ruissela entre elles. La respiration de la jeune femme se fit plus saccadée, comme si le bonheur de se laver appelait un autre plaisir. La jeune femme interrompit son manège alors que déjà en elle, ondulaient les premiers spasmes d’un orgasme annoncé. Non ! Elle ne voulait pas jouir ici, pas comme cela. Elle saurait bien attendre que son mari rentre, qu’il revienne et si sa journée au bureau n’avait pas été trop pénible… Peut-être qu’il serait d’accord pour lui faire l’amour. Elle en rêvait depuis un long moment déjà. Une semaine qu’il ne l’avait pas touchée, une semaine qu’il était à ce foutu stage, loin d’elle. Mais il revenait ce soir…

Lorsqu’elle jugea que son corps avait une propreté suffisante et nécessaire, elle fit couler sur sa chevelure rejetée en arrière, l’ensemble du jet de la pomme de douche. Immédiatement la nappe brunâtre de ses cheveux mi-longs se gorgea de liquide et quand le shampooing recouvrit d’un nuage mousseux l’ensemble de ses tifs, elle massa hors de l’eau le cuir chevelu. Un bien fou, cela lui faisait toujours le même effet ! Un délice dont Agnès ne se lassait jamais. Cela dura un temps infini. Puis lorsqu’elle eut rincé abondement sa tignasse aux reflets bruns, elle sécha le tout dans une immense serviette éponge. Laquelle se trouva ensuite nouée sur sa tête lui donnant un air de fakir.

Se rappelant soudain que son repas était au chaud, elle traversa rapidement la cuisine pour aller voir son potage et mouiller son poulet toujours dans le four. Tout était en ordre, il ne manquait plus que le maitre des lieux et il lui restait encore à se maquiller et à se vêtir. Elle voulait que tout soit parfait. Devant le miroir, elle entreprit donc de se faire une beauté. Femme jusqu’au bout des ongles, elle prit son temps pour un résultat remarquable. Quand elle referma le dressing, elle avait un look d’enfer, elle était sans doute comme son Louis l’espérait… belle et… appétissante à souhait.

— oooOOooo —

Le train avait pris du retard. Un contretemps qui agaçait l’homme massif aux tempes argentées assis au coin de la vitre. Sur la banquette, aux côtés de sa mère, une gamine n’arrêtait pas de jacasser, rendant assez insupportable le trajet depuis Paris. Louis avait réussi à ignorer les couinements désagréables de cette gosse qui avait toujours quelque chose à réclamer à sa maman. Sans doute à cause de ces jérémiades incessantes, il n’avait pas pu ouvrir son journal et la seule chose qui lui donnait un peu de baume au cœur c’était que ce soir il serait avec son épouse. Bon sang qu’il en avait envie de sa femme. Une trop longue semaine en palabres sinistres avec des mecs tout aussi lugubres qui discutaient pour faire des économies de bouts de chandelles.


Loin de Gérardmer, il ne se sentait pas bien de toute manière. Mais c’était surtout loin de son Agnès que les choses se compliquaient. Et il avait aussi un appétit féroce de son petit bout de femme. Enfin petit bout… tout était relatif, puisqu’elle avait un bon mètre soixante-seize de chairs et de muscles, harmonieusement répartis. Ses doigts lui manquaient en fait ! C’était à cela qu’il songeait alors que la petite peste sautait sur les genoux de sa mère sans s’occuper du fait qu’elle dérangeait tous les autres voyageurs. Louis pestait de n’avoir pu, comme à l’accoutumée, prendre le TGV. Encore une grève qui s’éternisait. Alors pour gagner du temps, ce tortillard qui s’arrêtait à presque toutes les gares avait été sa planche de salut…


Mon Dieu que c’était crispant de voir défiler ces paysages qui ne l’intéressaient guère plus que sa première chemise. La seule vraie raison qui aurait pu ramener son sourire au fond de lui, c’était ces images d’Agnès sans doute aussi chaude que lui, prête, il voulait le croire, a lui faire les yeux doux dès son retour. Il en avait bougrement besoin. Une semaine sans la toucher, c’était huit jours de pénitence. De plus, travailler avec de vieux conservateurs qui refusaient de voir évoluer le quotidien de leur métier, qui s’éclipsaient dans leur chambre d’hôtel dès les réunions terminées, n’avait rien de folichon. Alors obsédantes et en permanence à son esprit les formes de son épouse, dansaient derrière son crâne. Louis n’attendait que son retour pour…


Et quel retour ! Ce fichu teuf-teuf qui lamentablement le ramenait vers Nancy d’abord, Épinal ensuite, n’avançait pas assez vite au gout de l’homme. Il ferma les yeux alors que la gosse s’égosillait, répétant inlassablement à sa mère totalement paumée qu’elle avait faim et soif. Comme la voiture-restaurant était au bout du couloir, la pauvre femme, de guerre lasse mit dans la main de la gamine un billet de vingt euros et l’expédia chercher un soda et un sandwich. De toute façon, que pourrait-il lui arriver dans cet espace clos ? Quel bonheur que ce calme soudain revenu ! La blonde, assez jolie du reste sembla soupirer, d’aise surement, et Louis put enfin derrière ses paupières à demi-fermées, passer en revue la silhouette bandante de sa brune, restée à la maison.


Il s’y voyait déjà ! Il étendrait sa main pour l’approcher de l’épaule d’Agnès, il l’enlacerait gentiment et… il en avait l’eau à la bouche. Le baiser qu’ils échangeraient serait le plus merveilleux des remèdes contre cet ennui d’une semaine merdique. Il avait l’impression que ses doigts cajolaient la peau satinée de sa belle épouse. Ils descendraient le long de ce corps tout habillé, juste pour le plaisir de la humer, de la toucher, de la retrouver. Et puis n’importe où, n’importe comment, il la déshabillerait rapidement, il passerait surement la moitié de la soirée à venir, à lui faire l’amour. Il imaginait même des positions impossibles, des choses qu’elle ne connaissait pas. Lui non plus ne savait pas si elles étaient réalisables ou non, mais bon sang qu’elles seraient bienvenues ces situations si spéciales…


Son esprit s’égarait et il soufflait plus vite, murmurant des mots sans suite à son Agnès, comme si elle était toute proche. Ce faisant, il étendait la main, touchant le cou de sa belle, pour tenter de s’aventurer davantage. Les cahots du train le secouaient, projetant son corps vers sa femme, vers sa brune qui n’avait aucun geste de recul. Alors il cherchait dans l’avancée de sa poitrine une de ses deux fraises qui ne devaient pas manquer de durcir. Il se sentait prêt à la monter de suite, sans attendre quoi que ce soit, sans se préoccuper de l’endroit de la maison où ils se trouvaient. En restait-il encore qui n’avaient pas connu une seule de leurs étreintes ? Pas sûr du tout !


Louis fut sorti de son semi-coma, pourtant bien agréable, par le feu follet juvénile de retour dans le wagon. En ouvrant les quinquets pour voir ce qui se passait, son regard croisa celui de la mère de famille qui elle aussi le scrutait attentivement.


— Pardon si ma fille vous a tiré de votre… cauchemar !

— Ne vous excusez pas ! Ces trains… c’est un enfer, ils n’avancent à rien. Je rêvais donc ?

— Vous aviez même des gestes assez éloquents !

— Ah ! Bon ?

— Certaines personnes ont bien de la chance…


Louis n’eut qu’un léger sourire, sans doute avait-il parlé durant sa pourtant si courte absence. Mais quelle heure pouvait-il être ? En jetant un coup d’œil, il s’aperçut que depuis au moins trente à trente-cinq minutes il se trouvait ailleurs.


— Je n’ai pas été incorrect au moins ?

— Oh ! Non pas du tout. Vous viviez sans doute quelque chose de beau… Une dame là-dessous ?

— Je suis parti pour mon job depuis une semaine et effectivement mon épouse me manque. J’aurais aimé que ce train aille plus vite… je me suis assoupi un peu, j’espère ne pas vous avoir trop importunée.

— Rassurez-vous ! Vous avez juste dit quelques mots et vos soupirs étaient… sans équivoque. Mais les hommes ne savent pas toujours cacher certaines choses…

— Certaines choses ?

— Oui ! Il est des endroits qui même dans les rêves sont difficiles à camoufler.


Instinctivement, les yeux de la femme dont la gamine semblait enfin plus calme accrochèrent la braguette de l’homme sur la banquette face à elle. Louis percuta immédiatement et se sentit ridicule de s’être ainsi laissé aller à avoir une érection si visible. Mais bon ! La nature commande parfois aussi et l’esprit animal reprend ses droits sans demander l’avis de personne. Les regards de la maman ne quittaient pas le lieu encore légèrement enflé, que ce beau mâle ne pouvait pas dissimuler. À bien y penser, elle avait les pommettes rosies et un instant, mais un court instant seulement Louis se demanda si finalement, elle n’était pas excitée aussi par la situation. Ces mains avaient-elles été aussi sages qu’il se plaisait à le croire ?


— oooOOooo —


À nouveau le silence ! L’enfant, son casse-croute terminé, s’était enfin endormie, la tête contre l’épaule de sa mère. Les yeux de Louis ne quittaient plus le corps aux formes opulentes de la maman qui avait reposé son front contre la vitre. Il s’aperçut au passage d’un autre train en sens inverse que la voyageuse, elle aussi, par le biais de ce miroir improvisé épiait tous ses gestes. Il se surprit à avoir d’étranges pensées. Mais comment pouvait-il, lui si sage, être pris d’une envie sincèrement déplacée pour cette inconnue ? Pourtant ses prunelles ne quittaient plus, cette poitrine qui tressautait à chaque cahot de la rame lancée à une vitesse raisonnable.


Lucie avait enfin un peu la paix. Sa gamine avait fini par trouver un peu de sommeil. Sa petite tête blonde dodelinait appuyée sur le haut de son bras. Alors, pour oublier qu’elle avait encore un long moment à passer dans ce compartiment, elle posa son front sur le carreau. Le type sur le siège en face avait fait un rêve érotique à n’en pas douter. Du reste, sa braguette avait trahi ses envies incontrôlées. Depuis quand n’avait-elle pas fait l’amour ? Elle avait beau essayer de s’en souvenir, dans sa tête c’était le flou. Et ce mec avec ses gémissements bizarres avait ravivé la flamme. De plus, en y regardant de plus près, il n’était pas mal ce voyageur.


Un visage ovale, avec de beaux yeux, une barbe naissante ou du jour, une tignasse bien peignée et surtout, cette bosse aperçue quelques instants auparavant, tout ceci la mettait dans un état second. Sa fille s’était enfin endormie et sa petite frimousse longtemps appuyée sur son épaule avait fini par se retrouver sur le reste de la banquette qu’elle partageait avec sa mère. Lucie jeta un regard à l’homme, puis elle se leva. Les toilettes étaient tout au fond du wagon. Elle se dirigea vers le lieu d’aisance en prenant soin de ne bousculer aucun des autres usagers de la voiture. Le bruit des roues sur les rails faisait somnoler beaucoup d’entre eux.


Le rouge était mis à la minuscule porte des cabinets. Lucie attendit donc patiemment sans prendre garde que derrière elle, une autre ombre venait aussi de stationner. Quand un vieux monsieur sorti de l’endroit exigu, la jeune femme le laissa passer. Ensuite en deux enjambées, elle atteignait l’accès du réduit. En repoussant la porte, elle vit celui qui attendait. L’homme de son compartiment debout la scrutait avec une sorte de crainte dans le regard. Pourquoi lui fit-elle un signe ? Son doigt en crochet se contracta plusieurs fois et il saisit cet appel.


Lui aussi poussa la cloison mobile pour pénétrer dans les w.c. La place était comptée, alors la femme dut se contorsionner pour qu’il verrouille derrière lui le mince rempart. Elle avait écarté les jambes et celles-ci se trouvaient de part et d’autre du siège des toilettes. Le type posa sa bouche sur celle de Lucie. Le baiser enivrant qui commençait avait comme un gout d’interdit. Puis la main du type empaumait un sein pendant que les deux menottes de la jeune femme s’escrimaient à ouvrir le pantalon du voyageur. Quand elle y parvint, le slip tendu laissait entrevoir l’érection monumentale du monsieur.


Il remonta le bas de la robe pour découvrir la culotte blanche de la dame. Sa main ne s’embarrassait d’aucune attente. Sans retirer le cache-sexe, Louis se frottait déjà contre cet entrecuisse difficile d’accès. Comment la prendre dans si peu de place. Il la fit se tourner et elle y parvint en montant carrément sur le siège fermé. Quand elle reprit contact des deux pieds sur le sol du wagon, elle avait exactement la position qu’il demandait. Les mains de Lucie plaquées à la paroi derrière les toilettes, jambes écartées, il détourna simplement la dentelle sur un côté.


En deux poussées, il la pénétra. Le ouf de soulagement qu’elle laissa échapper de sa gorge se perdit dans le boucan métallique du train. Louis en tenant les reins de sa partenaire la limait à toute vitesse. Elle reculait ou avançait son bassin, comme pour prévenir chacun des mouvements de l’homme. Le corps à corps dura quelques minutes et sans crier gare, il se retira de cette chatte avec un soupir. Une longue trainée blanche atterrit sur les cuisses de Lucie. L’accouplement avait duré moins de cinq minutes. Elle se retourna assez péniblement et dans sa hâte, sa robe retomba sur la coulée de sperme.


L’envie de pipi de Lucie avait disparu. Le type aussi avait déjà réajusté ses fringues. Les deux s’embrassèrent à nouveau sur la bouche et puis le verrou qui s’ouvrit fit une étrange musique. La porte qui tournait sur ses gonds vit passer l’homme en premier lieu, suivit de suite par la jeune femme. Une passagère qui attendait pour se soulager, les voyant sortir l’un après l’autre, eut un mouvement de recul. Elle retint son cri de surprise de justesse. Ils retournèrent ensemble au compartiment où la gamine dormait toujours, paisiblement.


Maintenant, Lucie ne se posait plus la question de savoir quand elle avait fait l’amour pour la dernière fois. Louis, sous ses paupières avait à nouveau, sa brune qui dansait. Personne ne dit un mot et le voyage se poursuivit, sans que rien ne trahisse ce qui s’était passé. Seule une voyageuse avait l’esprit troublé par la vision d’un couple sortant des toilettes d’un train où une seule personne avait déjà bien du mal à tenir… Un voyage pourtant long et fastidieux, mais qui laisserait quelques souvenirs à ces deux-là ! Lucie griffonna sur un papier un merci, posa sur ce dernier un baiser rouge de gloss et à l’heure de quitter la rame, le glissa subrepticement dans la poche de son amant occasionnel.


— oooOOooo —



Le repas qui mijotait embaumait la cuisine d’Agnès. Louis venait d’appeler et il serait en retard, une histoire de train, de grève, enfin elle n’avait retenu que ce foutu mot « grève ». Insupportables ces agents des chemins de fer, agaçants même de retarder le retour du maitre des lieux. Il était à la gare d’Épinal et maintenant il serait là dans une bonne heure. Une énième fois, elle mouilla sa viande, pas question qu’ils dinent d’un poulet racorni et sec. Elle devenait nerveuse, comme si le fait d’attendre la rendait fébrile. Elle se dit que finalement sa belle toilette était de trop. Elle repassa par son dressing et sa jupe ainsi que son chemisier furent avantageusement remplacés.


Un petit négligé vaporeux qui ne cachait vraiment rien de ses formes vint prendre place sur les épaules de la belle. En y regardant de plus près, la petite touffe de poils de son pubis se remarquait aussi bien qu’un nez au milieu d’un visage. La poitrine que rien ne secourait si elle était lourde ne tombait cependant pas outrageusement. Les tétons avaient durci et ils étiraient la mousseline de ce déshabillé aux couleurs chamoisées. La pendule de l’entrée, comtoise de bois au balancier de cuivre jaune, égrenait des secondes longues à pleurer. Mais l’oreille exercée d’Agnès perçut soudain le ronronnement des deux vantaux du portail électrique. Le mâle était tout proche.


Elle respira plus intensément, gonflant sans le vouloir cette poitrine qui déjà avançait d’une manière presque indécente. Espiègle, elle vint se coller à la porte, de façon à ce qu’il ne la voie pas de suite à son arrivée. Mais elle manquait de patience et dès que la poignée de la porte d’entrée tourna sur elle-même elle se précipita. Louis fut happé par deux mains blanches et fines. Il n’eut que le temps de lâcher son bagage et reçut dans les bras les cinquante-huit kilos de la femme qui lui sautait au cou.


Le baiser échangé avait un gout de bonheur. Mais l’homme ne manqua pas de faire un parallèle entre celui-là et un autre donné dans un endroit des plus insolites, dans un tortillard. Agnès sentait bon la rose et ses lèvres se collèrent à celles de son mari. Les langues se reconnurent, se retrouvèrent et s’apprécièrent de nouveau. Seul le souffle coupé permit l’arrêt de ce pâlot spontané. Mais c’était simplement pour mieux le renouveler. Bien sûr, ces embrassades n’avaient qu’un but pour Agnès, faire savoir à son mari qu’elle avait trop attendu.


Elle avait d’une seule main, attrapé son cou et alors qu’il la soulevait pour la serrer contre lui, l’autre patte féminine avait déjà saisi la ceinture du pantalon. Il se sentit bander presque instantanément. Puis une petite alarme s’alluma sous les cheveux de Louis. Son coup de canif dans le contrat lors de son voyage avait sans doute laissé quelques… relents parfumés aux effluves d’une autre. Alors il s’empressa de la hisser sur la table, lui écartant d’autorité les jambes. Il n’avait qu’une hâte, l’empaler le plus rapidement possible sur son vit, afin qu’elle ne sente rien de son écart ferroviaire.


Une fois qu’il eut fait un ou deux aller et retour en elle, que son sexe se fut bien humidifié aux parois de la chatte ruisselante, il se sentit rassuré. Il se dégagea d’elle et l’embrassa de nouveau. Comme elle ne voulait pas être en reste, sa main secoua vivement le manche libre de l’homme revenu. Puis quand le baiser prit fin, elle voulut en débuter un autre, plus érotique celui-ci. Elle lui fit comprendre sans un mot et il se retrouva la queue contre son visage. La cavité buccale qui s’ouvrit happa l’engin en pleine forme. Ni vu ni connu, elle ne se rendit compte de rien. Ses propres sécrétions masquaient celles de l’autre et Louis respirait mieux d’un coup.


Cette affaire ne dura qu’un court moment. Les deux amants trop pressés jouirent très rapidement. Les cris d’Agnès se calmèrent dès que son homme eut laissé fuser sur le haut de ses cuisses une longue trainée laiteuse. Heureusement que cette liqueur était presque inépuisable… et la brune laissa vagabonder ses doigts dans cette poisseuse substance. Le plaisir de toucher cela la poursuivait depuis toujours. Allez savoir ce qui pouvait se passer dans sa caboche, alors que sa patte lissait le sperme sur son ventre. Un toc qui avait toujours plu à Louis.


Il était temps de gouter à d’autres mets et le repas préparé avec amour par son épouse, permit au couple encore nu de se raconter cette semaine d’attente. Une image cependant restait accrochée à l’esprit de Louis, celle d’une croupe qui ondulait sous les effets d’une pénétration dans les waters d’un train omnibus entre Paris et Nancy, la voix pincharde d’une gamine qui pleurnichait était aussi présente que les coups de reins qu’il avait donnés sans compter, à sa mère. Et dire qu’il n’avait jamais… trompée son Agnès ! Et pas l’ombre d’un remord… les hommes sont ainsi faits, qu’ils oublient vite.


— oooOOooo —

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