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Algol

Chapitre unique

Histoire médaillée
Erotique

« Je connais à présent la fable diabolique

Que portait le miroitement d’or ;

Je fuis à présent ce noir pailleté

Qu’avant je contemplais et j’aimais ;

Mais l’horreur, établie et durable,

Hante mon âme à jamais ! »


— Lovecraft ; Astrophobos.


Manon ouvrit la fenêtre de sa chambre, laissant entrer dans sa chambre la fraîcheur et le silence du bois tout proche. C’était une calme nuit de campagne. Seuls les erratiques bruits de la nature brisaient parfois le silence : hululements d’oiseaux de nuit, fouissements de diverses créatures terrestres, ou les bruits des feuilles d’un arbre proche de la maison.


Elle posa sa tisane sur la petite table de nuit et leva les yeux vers les hauteurs, admirant le ciel nocturne de ce début de septembre. Regardant les étoiles du Cygne et de la Lyre, celles assez brillantes de Cassiopée, ainsi que celles de Persée, qui venaient de se lever, contemplant longuement cette dernière constellation. Manon avait toujours senti une fascination particulière pour cette dernière. Attirance qu’elle n’avait jamais su expliquer, comme magnétisée, focalisant son regard sur elle et laissant dériver son esprit en de longues rêveries. Parfois les soirs d’hiver, quand elle rentrait à pied du village où elle travaillait comme jeune adjointe au maire, occupation qui lui permettait de gagner l’argent que ne pouvait lui fournir son travail d’artiste-peintre, elle restait de lentes minutes à regarder ce coin du ciel. Jamais elle n’en avait parlé à quelqu’un, ayant peur d’être prise pour une folle.


Depuis quelques jours, elle sentait cette attraction devenir de plus en plus forte ; et toute la soirée, son esprit avait été rempli d’une attente pressée pour le moment particulier où se lèverait cette constellation.


Manon continua à concentrer toute son attention dans l’admiration des étoiles de Persée, comme si tout le firmament tournait autour d’elles, jusqu’à en oublier le cours du temps. Ce fut la sonnerie de son téléphone portable qui lui rappela qu’il était vingt-trois heures et qu’il était temps de se coucher. Elle se dirigea vers son lit sans même se rendre compte qu’elle laissait la fenêtre ouverte.


***

La chambre était faiblement éclairée par la lumière faiblarde d’une lune décroissante dans son dernier quart. Cependant par d’étranges courbures de l’espace, les lumières de Miram, Mirfak et Algol tombaient sur la dormeuse enfuie sous ses draps. Baignant son front et ses paupières, plongeant dans son esprit.


Manon était alors au plus profond d’un rêve sans but et sans fils. Elle sentit alors le chaotique paysage onirique subtilement cessait de se transformer, tandis qu’il lui semblait que par une force externe, elle prenait conscience qu’elle était en plein rêve.


Il lui sembla alors être nue dans le crépuscule, sur la pente d’une colline couverte de coquelicots et de pavots. Tout d’un coup, elle eut la perception d’un être descendant vers elle depuis le ciel nocturne. Il avait l’apparence altière d’un jeune prince venant d’une antiquité disparue, de royaume oublié de tous. D’une époque où les premiers villages naissaient au bord des fleuves féconds de l’orient ; où des rois, que rien ne distinguait encore de leurs sujets, régnaient dans les îles bordées par les eaux scintillantes de la mer Égée ; où les Aryas et les Touraniens parcouraient les vastes steppes infinies où le vent soufflait sans jamais rencontrer d’obstacles. Il avait de fins cheveux, blancs comme la neige, qui parfois tombaient sur ses épaules et parfois volaient au vent. Son visage présentait un calme suprahumain, on y voyait se dessiner la joie de vivre d’un être qui ignorait jusqu’au concept de mort et de déchéance.


Ses yeux, bleus comme l’horizon pâle, paraissaient avoir médité sur les énigmes et les mystères des espaces extérieurs à celui des humains. Sur son front semblait luire une étoile. Il était habillé d’un long vêtement blanc comme l’aurore naissante, sur la longueur duquel de complexes arabesques, d’une nuance de blanc cassé, dessinaient des méandres que le regard ne pouvait que partiellement saisir. Cependant, au sein de l’atmosphère de sérénité qui exhalait de ce jeune dieu, on pouvait sentir comme une note de malice.

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Elle sentit naître dans son cerveau et dans son ventre un désir pour cet être d’un monde perdu, qui semblait tenir tant du dieu que du démon. Le feu dans son bassin donna naissance à un filet moite inondant son entrejambe. Elle tendit ses bras vers le ciel, élançant son corps, afin d’enlacer le daimôn. Celui-ci continuait à descendre vers elle comme une pluie d’argent, laissant son vêtement blanc s’envoler dans le vent doux de ce soir irréel. Révélant un fin corps de statue grecque, quoiqu’avec des muscles plus fins et moins marqués que ceux des antiques idoles de pierre.


Elle le sentit entrer dans son étreinte, lui aussi l’enlaçait de ses bras, pressant ses seins contre sa poitrine, son ventre contre le sien. Ses longues mèches couleur de nuit se mélangeaient avec ses cheveux couleur de lumière. Elle avança un peu sa tête et entrouvrit ses lèvres et il saisit l’invitation, introduisant sa langue dans la moiteur de la bouche, tandis qu’il descendait ses mains, passant ses longs et fins doigts dans la chevelure noire. Il atteignit bientôt le bas des reins et prit à pleine main les fesses fermes. Il les malaxait frénétiquement, comme pris d’une ivresse, faisant errer un doigt autour de l’anus en de lents cercles qui firent pousser à Manon des gémissements venant du fond de sa gorge, et qui allaient mourir dans la bouche du dieu.


Tandis que Manon passait ses paumes et ses doigts sur l’auguste torse, appréciant la sveltesse des muscles. Elle pouvait sentir la présence du sexe dur et bien proportionné contre l’extrême haut de sa cuisse gauche, touchant presque sa vulve dont la mouille devait couler en partie sur la verge. Penser à cela lui fit formuler le vœu d’être empalée par l’épieu de chair, vœu qui fut exaucé dans l’instant. Elle sentit le gros gland séparer ses lèvres collées par l’humidité, remplissant de son volume le bas de son vagin, puis remontant, entraînant à sa suite toute la longueur de la hampe. Faisant pousser à la femme des gémissements de plaisir en crescendo et lui électrisant le corps, tandis que son vagin se remplissait dans son intégralité du phallus. Elle se sentit alors totalement comblée, dans son corps comme dans son âme.


Le dieu fit un geste pour ramener à lui ses fines mains, poussant ainsi le bassin de la femme vers le sien et enfonçant de quelques millimètres supplémentaires sa verge dans la femme. Une fois cela fait, il commença de rapides mouvements de va-et-vient, faisant sortir toute la hampe, mais s’arrêtant à la base du gland, qui restait à l’intérieur. Les pénétrations râpaient les parois vaginales de Manon avec un rythme de métronome, lui faisant pousser des cris de jouissance à intervalles réguliers. Elle joignit alors ses mains dans le dos du dieu afin de pouvoir se coller à l’extrême à son corps d’ivoire. Lui pressait de nouveau les fesses de la femme tout en continuant le limage. Manon se sentit venir et s’attendait à ce qu’il jouisse en même temps qu’elle. Cependant tandis que son orgasme à elle se faisait vraiment proche, l’éjaculation du dieu était encore loin.


Tout d’un coup, alors qu’il était à la moitié d’un mouvement de retrait, il replongea brusquement en elle, puis imprima un rythme de va-et-vient plus lent, plus violent et plus profond, projetant Manon qui était à la limite de l’orgasme largement par-delà ce dernier. Elle poussait d’incohérents cris de plaisirs qui montaient dans un ciel vermeil, tandis que des spasmes de plaisir parcouraient tout son corps. Alors qu’elle était dans un pic de sa jouissance, elle projeta ses jambes en l’air. Son amant céleste sauta sur l’occasion et passa ses mains sous ses cuisses, la surélevant. Dans un geste réflexe pour éviter de tomber, elle croisa ses jambes autour du bassin du dieu, et joignit ses deux mains derrière de la nuque de celui-ci. Elle n’avait alors plus de prise avec le sol, la gravité la faisait s’embrocher sur le membre. Elle sentit son vagin se liquéfier sur la colonne de chair, maintenant inondée de cyprine. Sa petite mort la vidait de toute son énergie et de toute pensée.


Elle se sentit comme une mystique après un transport extatique.

Son démon d’amant la regardait avec une expression de joie et de sérénité, comme les statues des anges dans les tympans représentant le jugement dernier. Elle resta accrochée à lui dans la même position où elle avait joui, comme si elle ne voulait pas briser le charme de l’instant.


Après quelques secondes de silence où elle reprit un peu ses esprits, le dieu imprima un nouveau mouvement à son corps. Grâce à ses mains qui étaient toujours sur les fesses de Manon, il la poussait vers le haut, puis une fois la verge quasiment sortie, le bout du gland touchant la vulve, il la laissait retomber, s’empalant sur le pieu de chair. Son vagin était tellement lubrifié que cela glissait tout seul. Le fait de sentir un vide se créer en elle puis être immédiatement comblé lui procurait de puissantes sensations. Elle n’était pas totalement redescendue de son premier orgasme qu’elle remontait déjà les pentes de la jouissance. Son amant céleste maîtrisait parfaitement la technique. Le fait d’avoir déjà vécu un premier orgasme rendait les vagues de plaisirs qui parcouraient son corps plus profondes, balayant son être jusque dans ses tréfonds (ce qui n’était pas qu’une image, son entrejambe était labouré de fond en comble par la virilité du dieu).


Elle n’était pas la seule à éprouver la félicité sexuelle. Elle pouvait entendre son partenaire émettre des râles de plaisirs plus ou moins forts. Il semblait progresser dans son plaisir par à-coups, franchissant un nouveau barreau à chaque fois qu’elle retombait sur sa verge, elle sentit cette dernière se rapprocher lentement mais sûrement du moment de l’éjaculation. Alors, Manon se laissa aller à pousser des mugissements de plaisirs, ceux-ci se mélangèrent aux râles du dieu et résonnèrent sur les pentes de cette colline du monde du rêve. Comme jadis d’autres cris de plaisir se mélangèrent, sur les pentes couvertes d’oliviers du mont Hermon, dans la lointaine Phénicie. Au temps où les fils du ciel se mêlaient encore aux mortelles.


Soudain, après une ultime ascension et une ultime chute, le dieu se laissa dépasser par sa jouissance et s’épancha en elle, remplit le vagin d’un sperme épais et chaud. Manon sentit alors une décharge de jouissance sexuelle inonder la totalité de son entrejambe, remontant son échine pour aller noyer sa cervelle, ainsi que son âme dans le plaisir. Elle se sentit brisée, relâcha d’un coup tous ses muscles. Elle se serait effondrée sur le sol si son amant ne l’avait retenue. Celui-ci la déposa lentement sur un lit de pavots, tandis que les pensées de Manon flottaient sans but dans le crépuscule éternel qui baignait la colline. Puis elle s’étira paresseusement au milieu des herbes, prit une profonde inspiration de l’air parfumé de la colline en fermant les yeux, et entrouvrit son entrejambe pour laisser s’écouler lentement le sperme séraphique.


***

Un laps temps que Manon ne pouvait déterminer s’était écoulé. Ils étaient maintenant installés sous un cyprès, unis en position du lotus comme les statues Yab-yum des déités dorées de la haute-Asie. Le visage du daéva affichait l’air calme d’un méditant, les yeux clos et la bouche dessinant un léger sourie. Manon, elle, s’activait dans des mouvements de montées et de descentes sur le phallus, avec l’énergie d’une dévote en transe. Elle était prise dans un vaste cycle de montée de la jouissance, de réalisation de celle-ci, de descente puis de remontée, ainsi de suite... Comme les astres qui retournent perpétuellement sur les mêmes points de leurs orbites.


Tandis que sa conscience était engluée dans le stupre, Manon percevait de faibles murmures parvenir à son esprit. Elle ne parvenait pas à comprendre ceux qu’ils disaient, mais elle comprenait qu’ils parlaient de secrets perdus sur l’origine du monde et de l’humanité. Elle n’essaya pas de faire un effort pour mieux les percevoir, ne tenta pas non plus de les ignorer, se laissant porter par ceux-ci comme par un fond sonore.


Alors qu’elle était en pleine ascension vers un énième orgasme, elle eut le sentiment d’une attraction magnétique venant des hauteurs perdues dans les azurs sombres. Elle sentit alors qu’elle et son amant s’élevaient vers ce lointain pôle. En fait plus qu’eux, c’était l’environnement autour d’eux qui semblait se déplacer à toute vitesse. Le paysage crépusculaire onirique s’éloignait d’eux pour laisser la place à d’insondables gouffres stellaires. Elle voyait autour d’elle les étoiles tracer d’étranges épicycles. Les chuchotements des voix pénétraient de plus en plus son esprit, s’enroulant autour d’elle en psalmodiant des mantras sans fin venant d’un autre monde. Elle regarda le visage du démon avec qui elle ne faisait encore qu’un, mais malgré l’expression de sérénité céleste qu’affichait le visage, elle prit conscience du danger immédiat.


Derrière la face d’albâtre de l’asura, tout en haut de la voûte céleste, au-dessus de ce pandémonium, l’étoile Algol irradiait d’une lumière maléfique. Elle comprit instinctivement que c’était vers là qu’elle était emmenée, et qu’une horreur occulte s’y trouvait. Pour autant, elle ne sentit en elle aucune force, aucune capacité à agir, prisonnière des enchantements venant des voix entre les astres.


Soudain, elle entendit parvenir dans le fond de son cerveau une voix qui traversait des kalpas d’années-lumière et qui lui disait :


— Sauve-toi, femme ! Celui-ci est Kokabiel le léthifère. Celui qui, dans la lointaine Chaldée, enseigna aux hommes à tuer leurs enfants pour interpréter les signes du ciel, et qui en punition fut jeté dans l’abîme du ciel, au large d’Algol. Sauve-toi ! De ta main droite trace trois fois un cercle, et de ta bouche prononce les mots d’interdiction : Azmif ; Idzmif ; Idzlib !


Sentant une volonté et une vigueur nouvelle parcourir ses membres. Elle suivit les instructions de cette voix qui, elle en était sûre sans pouvoir l’expliquer, était sa seule chance de salut. A peine avait-elle fini de prononcer « -lib », qu’un ouragan cosmique se leva, soufflant de toute sa violence à travers les golfes et les détroits qui séparent les étoiles. Et pareillement que le vent du nord qui, se levant sur une ville investie par la peste, chasse au loin dans la mer les miasmes. Les chuchotements, l’amant maléfique, la Polaris démoniaque, et jusqu’à la trame de fond du rêve, étaient balayés, emportés vers les ténèbres extérieures. Un instant avant qu’il ne disparaisse pour toujours, Manon put voir le visage de celui qui fut son amant, il était marqué par le dépit et l’impuissance. Puis tout s’effondra dans un tohu-bohu incandescent, puis ce fut l’obscurité totale.


***

Le réveil digital indiquait cinq heures trente du matin quand elle se réveilla. Tout était calme dans la chambre assoupie. Seuls les rideaux bougeaient, animés par une légère brise. Manon se déplaça jusqu’à la fenêtre pour la fermer. Alors qu’elle refermait les deux châssis, elle marqua une courte pause pour regarder le ciel, puis ferma définitivement la fenêtre. Là-haut les étoiles de Persée ne brillaient plus pour elle que d’un éclat commun.


Manon ne fit plus jamais ce rêve. Elle ne fut pas particulièrement marquée ou hantée par celui-ci, le considérant comme un produit de son esprit enfiévré par une imagination trop féconde. Toutefois, à compter de cette nuit, elle préféra dormir avec les rideaux fermés. Désormais quand elle regardait la voûte céleste, les étoiles de Persée lui semblaient semblables à toutes les autres. Toutefois, par moments, quand elle regardait longuement cette portion du ciel, lui venait à l’esprit, sans qu’elle ne puisse l’expliquer, l’intuition que par-delà les voiles du sommeil et de la mort, sur un monde sans nom, errant au large d’Algol, il y avait une colline couverte de pavots et de coquelicots.

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