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Alice,

Chapitre 3

Lesbienne

Pendant les semaines qui suivirent son combat contre Caroline, Alice retourna chaque jour au Pays des Merveilles. Elle avait entamé d’en faire une carte aussi précise que possible et n’y allait jamais sans elle. Alice avait fini par avoir une connaissance géographique de l’endroit quasi-parfaite. Ses déplacements s’effectuaient bien plus rapidement maintenant que le Bandersnatch répondait à ses appels et lui servait, entre autres choses, de monture.


Mais plus important encore que les découvertes dans ce monde fantasmagorique, c’était les leçons qu’elle y apprenait. Alice s’était véritablement découverte grâce aux épreuves qu’elle avait vécues là-bas. Les Cartes l’avaient retrouvé une fois : Alice avait alors appliqué la leçon que Caroline lui avait prodiguée. Une giclée de cœur, de pique, de trèfle et de carreau sur ses seins, son visage et dans environ tous ses orifices la poussèrent à ne pas recommencer. Elle avait ce jour-là apprit qu’il ne fallait pas non plus abandonner trop vite. De retour dans son monde le même jour, une petite meute de chien hargneux lui tomba dessus, mais Alice ne se laissa pas démonter et se battit tant et si bien que les chiens finirent par détaler la queue entre les jambes. Elle en garda quelques cicatrices, mais Alice ne chercha même pas à les cacher. Au contraire, elle était fière de les montrer à qui le demandait.


Un samedi matin, alors qu’Alice et Caroline prenaient leur petit-déjeuner, son amie lui demanda où elle en était avec Mélissa. Alice était bien allée lui parler un peu plus tôt dans la semaine (elle avait dit qu’elle le ferait, mais ses escapades dans le Pays des Merveilles l’avaient beaucoup occupé) et Mélissa n’avait rien laissé paraître.


-Bien sûr qu’elle ne laissera rien paraître, dit Caroline. Elle fait du théâtre depuis des années, elle sait comment cacher son jeu, cette maudite grognasse.


-Il faudrait donc que je réussisse à la coincer, non pas dans la forme, mais dans le fond, réfléchis Alice à haute voix. Peut-être que le Chat pourrait m’aider à embrouiller les gens de cette manière…


-Le chat ? Quel chat, Alice ? demanda Caroline, curieuse. Ce n’est pas la première fois que tu dis des choses sans queue ni tête ma belle. Ca fait même deux semaines que ça m’inquiète un peu. Sans compter que tu rentres souvent tard le soir, quand tu ne rentres pas couverte de cicatrice. Tout va bien Alice ? Alice, tu m’entends ?


Mais Alice était déjà partie dans ses pensées… Voire plus loin. Une vive secousse la fit tomber au sol, et quand elle se releva, elle était au Pays des Merveilles. Il était étrange, se dit Alice, qu’elle se retrouve ici sans être passé par la porte ni même sans s’être endormie. Elle avança d’un pas assurée dans les vastes prairies qui s’étendaient devant ses yeux.


Le paysage changeait à chaque nouvelle visite, mais d’une certaine manière il devenait de plus en plus comme Alice s’attendait à ce qu’il soit. Comme si chaque action qu’Alice faisait affectait l’ensemble de ce monde. Les zones désolées étaient maintenant de vertes prairies, le ciel avait troqué ses rapaces menaçants contre de superbes oiseaux de paradis, les lacs paraissaient de-ci et de-là et embellissaient le décor. Le tout paraissait paisible se dit Alice, en regardant les montagnes au loin. Mais parce que le destin devait aimer contredire les protagonistes, sitôt qu’Alice eut émis cette pensée, une secousse sismique terrible projeta la jeune fille au sol.


Alice se releva aussi habilement que possible, mais une nouvelle secousse la fit retomber plus violemment cette fois-ci. Telle une force surnaturelle, les vibrations se répandaient absolument partout : et dans Alice et dans le Pays des Merveilles. La jeune femme cria à l’aide au Bandersnatch, mais il n’apparût pas et Alice finit par cesser, cherchant entre deux secousses un endroit où aller. Le soleil se refléta dans le lac et éblouit Alice un instant. Elle rampa alors jusqu’au lac le plus proche pour se plonger dans l’eau. Là, les vibrations se faisaient bien moins violentes. Alice chercha alors à trouver d’où venaient ses secousses, quand elle entendit appeler son nom de très loin.


Dans la cuisine de leur appartement, Caroline regardait son amie inerte, assise sur sa chaise. Elle avait le regard vague, très vague, et Caroline s’inquiétait de l’absence de son amie. Elle l’appela à nouveau, pensant la sortir d’une torpeur passagère, mais Alice ne broncha pas à son nom. Caroline s’approcha et posa alors une main sur l’épaule de son amie, secouant légèrement, mais n’obtint aucune réaction. Les yeux toujours grands ouverts, plongés dans le vide, Alice fixait le rien devant elle. Caroline commençait à avoir vraiment peur.


-Si c’est une blague tu as intérêt à la faire cesser tout de suite ma pote !


Caroline recula vers leur canapé, et se rongea les ongles en faisant les cents pas. Que devait-elle faire au juste ? Appeler les secours ? Que faisait-elle exactement, que lui arrivait-il ? Et si c’était véritablement une sale blague d’Alice ? Ou un bad-trip ? Caroline entendit alors comme un bruit d’eau et en se tournant, elle constata qu’Alice était en train de se faire dessus. Caroline se rapprocha d’Alice, la tourna sur sa chaise et la saisit par les deux épaules, avant de la secouer doucement, puis de plus en plus fort, avant de crier son nom.


-ALICE ! ALICE RÉVEILLE-TOI !


Alice plongea alors sous l’eau du lac en suivant son instinct. Elle remarqua en regardant la surface de sous l’eau, que ce qu’elle voyait n’était pas l’extérieur du lac, mais le sol de sa cuisine. La surprise lui fit avaler de l’eau, elle toussa alors, suffocant à moitié, et nagea alors vers cette image qui était devenue l’espace d’un instant la chose la plus rassurante à ses yeux. Elle ferma les yeux au moment de passer de l’autre côté du miroir aqueux et en les rouvrant… Elle se retrouva à l’air libre dans le lac. Les vibrations étaient de plus en plus violente, elle était trempée et avait froid et pour couronner le tout, le temps commençait à se gâter. De sombres nuages s’amoncelaient à l’horizon et se rapprochait en même temps que le vent soufflait vers elle.


Alice tenta de nager vers la rive, mais un courant inverse l’aspira vers le large. Elle tenta de nager plus vite, puis sous l’eau, mais rien n’y faisait : elle était attirée vers le milieu du lac. Alice se rendit compte que les montagnes s’éloignaient, que le lac devenait mer, puis océan. Regardant l’eau, elle était devenue noire et elle ne pouvait plus voir ses pieds et distinguait à grandes peines ses mains pourtant presque à la surface. Alice tentait de garder son calme, mais elle en avait de plus en plus de mal. Elle paniquait presque même. En y réfléchissant bien, elle paniquait assez sévèrement en fin de compte.


-AU SECOURS !, criait Alice. Sortez-moi de là ! A l’aide ! Quelqu’un, qui que ce soit, AU SECOURS !


Les forces finirent par quitter Alice, qui s’enfonça dans l’eau. Déjà elle ne voyait plus rien et c’est à peine si elle avait encore conscience d’elle-même. Que faisait-elle ici ? Elle y était venue. Pourquoi ? Pour chercher un chat lui semblait-il. Dans quel but ? Et ce but valait-il la peine qu’elle se noie ? Qui l’appelait à la surface ? Pourquoi pensait-elle à Champion ? Et qui était-ce pour elle ? Quelle était vraiment l’importance qu’elle accordait à tout ce qui se passait ? Et si..? Et… E… … Et Alice cessa.


Caroline se releva dans la cuisine, quand elle ne senti plus le pouls d’Alice. Elle plaqua sa main sur sa bouche, tandis que les larmes lui montèrent aux yeux. Elle laissa un sanglot lui échapper et tomba à genoux sur le sol. C’est ma faute, murmurait-elle. Elle ne savait pas ce qui venait d’arriver à son amie, mais elle savait qu’elle venait de la perdre. Et qu’elle n’aura plus jamais la chance de lui dire qu’elle était une idiote, une imbécile, une forte-tête, un véritable ouragan, une femme superbe ou simplement qu’elle l’aimait. Caroline se leva doucement et attrapa son téléphone pour appeler les urgences. Elle regarda par la fenêtre et vu le trafic intense qu’il y avait dehors. L’ambulance ne serait jamais là avant l’heure suivante. Elle regarda son amie, inerte. Elle semblait dormir maintenant, sa tête penchant dans le vide.


Caroline la prit dans ses bras et l’amena dans la salle de bain. Elle refusait que les ambulanciers la voie dans cet état. Elle voulait qu’ils la trouvent propre et présentable, qu’elle ne subisse pas la honte d’être vu tel qu’elle était actuellement. Elle l’a déshabilla et la vue nue. Cela ne lui était pas arrivé depuis plusieurs mois, un soir où elles étaient rentrées un peu éméchées. Elle l’installa assise dans la douche, et commença à passer ses mains dans le dos d’Alice, qui se laissait faire comme une poupée docile, inanimée. Ses mains glissaient sur la peau de velours de son amie. Son corps encore chaud semblait vivant à Caroline. Était-ce parce qu’elle refusait de croire à la mort d’Alice ? Où bien parce que c’était là la dernière fois qu’elle aurait la chance de la voire nue ? Ou même plus ?


Caroline se pencha vers Alice, qui avait les yeux fermés, et approcha ses lèvres des siennes. Si elle devrait se séparer de sa meilleure amie, de la première femme qu’elle avait aimé, ce ne serait pas avant de lui avoir donné un premier et un dernier baiser.


… Et Alice fut. Une voix au loin lui demanda ce qu’elle voulait. Alice pensa à Caroline. Ce fut sa première pensée : Caroline. La première chose qui lui vint en tête, après être revenue à l’existence. Une douce chaleur gagna les ténèbres qui l’entouraient. La même voix lui demanda alors ce qu’elle avait appris, et Alice pensa simplement qu’elle voulait rentrer chez elle.


La conscience revint à Alice. Moi, Je, Mon, pensa-t-elle tandis que le monde autour d’elle lui revenait par morceaux. Elle voyait à nouveau autour d’elle, regarda en l’air et nagea vers la surface. Alice inspira un grand coup, son visage sortant enfin de l’eau, puis elle cria vers le ciel.


Pourquoi le Pays des Merveilles lui avait été aussi désagréable cette fois-ci avec moi ?, se demanda-t-elle en pleurant. Elle passa sa manche trempée sur ses yeux mais ne réussit évidemment pas à sécher ses larmes. Comme si elle savait que la tentative pour rentrer chez elle marcherait, Alice replongea sous l’eau. Elle se tourna une fois immergée pour se retrouver à l’envers et se laissa attirer par la surface qui donnait toujours chez elle. Alice ferma les yeux et se crispa, quand elle passa à l’endroit du miroir pour le retour.


Dans la salle de bain Caroline avait glissé une main sur les cuisses d’Alice -toujours inanimée- et la montait doucement mais surement plus haut. Ses lèvres étaient toujours jointes à celles de son amie, mais sa langue avait forcé l’entrée et se frottait contre celle d’Alice. Les yeux clos, Caroline voulait profiter d’elle avant de s’en séparer. Elle ne souhaitait pas violer ce qu’elle pensait être un cadavre, mais simplement avoir une chance de lui dire, à sa manière, qu’elle l’aimait.


Avant de s’égarer vers un chemin qu’elle regretterait, Caroline se retira des lèvres d’Alice, passa son poignet sur ses yeux pour sécher une larme, puis se leva pour attendre les secours dans la pièce d’à côté. Alice ouvrit lentement les yeux. Elle regarda de droite à gauche et reconnue sa salle de bain, puis se rendit compte qu’elle était surtout très nue. Elle se releva péniblement, s’avança vers la porte et l’ouvrit silencieusement. Alice avança lentement dans le salon et vit Caroline adossé contre un mur, le regard fixé dans le vide, dos à elle. La jeune femme blonde émit alors un grognement sourd, s’inspirant d’un film d’horreur que Caroline avait en phobie, tout en adoptant une démarche gauche, les bras tendus en avant.

Caroline se retourna quand elle entendit le raclement derrière elle et poussa un hurlement d’effroi quand elle vit Alice ‘zombifiée’ s’avancer vers elle. Alice lui sauta alors au cou en brayant des mots grossiers, faisant s’écrouler Caroline sur le sol, son amie étalée sur elle. Quand Caroline entendit Alice exploser de rire, toute une foule de sentiments contradictoires la traversèrent : du bonheur, de la peur, de l’incompréhension, du soulagement, de la colère et enfin de l’amour. Alice s’était à moitié relevé et s’apprêtait à se lever complètement pour aller enfiler des vêtements, mais Caroline lui attrapa le bras. Alice regarda son amie dans les yeux et Caroline lui rendit son regard, intense.


Les deux jeunes femmes comprirent aussitôt ce que l’autre ressentait, comme si un barrage venait de céder pour permettre aux eaux de circuler ensemble, dans un même sens. La main de Caroline approcha le visage d’Alice du sien et elles s’embrassèrent. Caroline passa ensuite ses mains sous les cuisses de son amie. Elle la souleva en même temps qu’elle se levait, puis la porta jusqu’au canapé avant de l’allonger et lui tomber dessus comme une masse, cherchant à l’écraser son corps. Elle ne voulait pas lui faire mal bien sûr, mais seulement montrer qu’elle ne la laisserait plus lui échapper, de quelque manière que ce soit. Alice passa ses jambes autour du bassin de Caroline et l’attira vers elle, sa joue se collant contre sa poitrine, montrant à Caroline que de toute manière elle n’aurait pas le choix : elles resteraient ensemble quoiqu’il arrive. Dans leurs bras le temps passa plus vite qu’à la normale. Comme un film dont elles seraient actrices et spectatrices en même temps, elles se virent se déshabiller puis s’embrasser. Tandis que leurs lèvres se joignaient, leurs mains se caressaient avant de glisser l’une sur l’autre dans une danse corporelle fouillis.

Si un inconnu était entré dans la pièce à ce moment-là, il n’aurait vu qu’un azathoth plus ou moins humain et complètement trempé. Les deux demoiselles étaient effectivement dégoulinante d’un mélange de sueur et de cyprine, tant et tellement que de la buée de forma sur toutes les fenêtres de leur appartement en ce début de mois d’Août. Alice s’en rendit compte et voulut en faire part à son amie, mais Caroline –déjà assise au-dessus d’elle- se baissa d’avantage faisant plonger la langue de son amie en elle. Alice hocha les épaules en empoignant les cuisses qui s’offraient à elle, parcourant de sa langue agile l’intérieur de sa très prochaine dulcinée.


« Ding dong »


-Madame Lewis, demanda une voix derrière la porte, vous nous avez appelé il y a une heure. Nous sommes venus cherchés le corps dont vous nous avez parlé.


Les deux jeunes femmes se regardèrent comme elles purent dans leur position actuelle. Caroline écarta les jambes pour croiser le regard d’Alice, qui la regardait sans vraiment savoir ce qui se passait. Alice poussa Caroline qui roula sur le canapé en geignant, puis s’assit à son tour, soupira, puis dit d’une voix mélancolique :


-Et merde.

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