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Alphonse du gros caillou

Chapitre 1

Erotique

ALPHONSE DU GROS CAILLOU



J’avais fait un premier essai de paraphrase de chanson grivoise (voir l’histoire : « association de bienfaiteurs »). L’exercice m’a plu, je recommence… J’espère que certains le lirons avec plaisir…


-oooOOOooo-


PREMIER COUPLET


« Je m’appell’ Alphons’, j’n’ai pas d’nom de famille

« Parc’ que mon pèr’ n’avait pas non plus

« Quant à ma mèr’, c’était une pauvre fille

« Qui était née de parents inconnus

« On l’appelait Thérèse, pas d’avantage

« Quoiqu’ non mariés, c’étaient d’heureux époux

« Et on disait « quel beau petit ménage )

« Que le ménage Alphons’ du Gros Caillou » !) (bis)



Je me lève de table.

— Chérie, je vais au salon me reposer un instant.

— Je t’en prie. Veux-tu que je t’apporte un cognac ?

— Je t’en remercie.

Je m’installe dans mon fauteuil. Ma tendre épouse me tend un verre ballon contenant un peu de liquide ambré. Je lui flatte les fesses en remerciement. Elle me sourit. Elle adore que je m’occupe de son postérieur.

— Je te laisse te reposer, Alphonse.

Elle s’éclipse discrètement. Je regarde une photographie sur la cheminée. Elle représente notre famille au grand complet : Mon père Alphonse, ma mère Thérèse, ma sœur aînée Mariette avec Auguste son mari, les jumelles, Claudine et Claudette avec leurs époux, Isidore et Arsène des jumeaux eux aussi, et enfin moi, Alphonse Junior et ma femme Joséphine. N’y figurent pas, nos enfants et ceux de mes sœurs. Nous affichons tous des mines prospères ainsi qu’il sied à des bourgeois qui ont réussi…

Je n’ai jamais entendu parler de mon père autrement que de l’Alphonse du Gros Caillou. Je ne sais pas s’il avait un nom de famille, en tout cas il n’était sur aucun registre, de même pour ma mère que tout le monde désignait sous son prénom de Thérèse et si cela suffisait pas, on ajoutait la Thérèse du Gros Caillou. Cela nous a d’ailleurs posé des problèmes lors du mariage de Mariette. Par chance nous connaissions bien l’officier d’état civil à la mairie qui a inscrit « Du Gros Caillou » comme nom de famille. Depuis, je me nomme officiellement Alphonse Du Gros Caillou avec un D majuscule, je vous prie ! C’est à l’occasion de cette noce que j’ai découvert que mes parents n’étaient pas mariés, ce qui, toujours grâce à notre ami de la mairie, fut corrigé sur les registres. Je ne m’en étais jamais douté car ils se comportaient en véritables époux et nous faisions l’admiration du voisinage quand nous nous rendions en famille à la petite église du quartier le dimanche.

Que de chemin parcourut depuis notre enfance pauvre ! Je ferme les yeux. Je revois en pensée notre petite maison, la maison du Gros Caillou, ainsi nommée parce que adossée à un énorme rocher…

La petite maison, je dirais maintenant une masure, ne comportait que deux pièces, une salle commune qui servait de cuisine de salle à manger et de séjour, et une chambre. Les parents dormaient sur l’unique lit, mes sœurs et moi sur des paillasses à même le sol, mais cela nous suffisait. Pour nos besoins, Papa avait construit une petite cabane derrière la maison. En dernier, j’étais chargé de vider la fosse chaque semaine et de répandre le contenu sur le petit jardinet.

Maman Thérèse était très stricte sur la propreté. Elle nous récurait deux fois par semaine les jeudis et les dimanches dans un grand tub en zinc qu’on plaçait au milieu de la pièce. Nous y grimpions deux par deux, Mariette qui est de trois ans mon aînée, et moi d’abord, puis les jumelles qui ont un an de plus que moi. Nous nous frottions mutuellement, c’était très agréable mais nous n’y voyions aucune malice. Papa ne l’aurait d’ailleurs pas toléré. Il était très strict sur la morale et nous avait promis de sévères punitions s’il nous surprenait à nous caresser. Cela dit, il n’était pas puritain et ne se privait pas de faire l’amour à Maman dans leur lit la nuit. Je me rappelle que leurs gémissements me faisaient peur quand j’étais petit. Mariette me berçait dans ses bras et me rassurait en disant que ce n’était pas grave et que Maman lui avait affirmé qu’ils n’avaient pas mal.

Nous n’étions pas bien riches et mes parents n’avaient pas assez d’argent pour nous envoyer à l’école. Cela ne les a pas empêchés de nous faire apprendre à lire et à écrire. Deux fois la semaine, l’après-midi, un monsieur avec des lorgnons sur le nez venait nous inculquer les rudiments de l’instruction. Maman assistait toujours à ces leçons. Au bout de deux heures environ, il nous permettait de sortir dans le jardin pendant une demi-heure avec interdiction de rentrer avant, cela était nécessaire à notre formation disait-il. Quand nous revenions reprendre nos études, nous le surprenions souvent sortir de la chambre avec maman. Je n’ai compris que plus tard comment notre précepteur se faisait payer.

Papa était très habile de ses doigts. Il mettait sa dextérité au service des familles bourgeoises ou d’aristocrates qui avait toujours quelque chose qui clochait chez eux. Je l’accompagnais souvent, je le regardais travailler et lui passais les outils. C’est ainsi que je suis devenu moi-même un expert qui n’a besoin d’aucune aide pour réparer une tuyauterie ou rempailler une chaise. Parfois lorsque le travail était terminé et que le monsieur de la maison n’était pas là, sa femme lui demandait de venir contrôler quelque chose dans sa chambre. D’autre fois c’était le maître de maison qui voulait lui parler en particulier. Dans ces cas, il me renvoyait à la maison en disant qu’il n’avait plus besoin de mon aide.

Maman, elle, faisait les ménages. Mes sœurs l’accompagnaient la plupart du temps mais revenaient presque toujours seules.

— Un monsieur a demandé à Maman si elle voulait rester pour un travail supplémentaire et elle nous a dit de rentrer à la maison.

Une autre fois c’était une dame qui la priait de la rejoindre dans sa chambre, expliquaient-elles à notre père.

— Vous avez bien fait de rentrer, mes enfants.

A son retour, Papa ouvrait une cassette dont il gardait la clé sur lui et y mettait ce que je prenais alors pour des bouts de papier que lui tendait Maman. Je sais maintenant qu’ils y plaçaient leurs économies en vue d’un grand projet. La première fois que j’en ai entendu parler c’est quand j’ai accompagné mon père chez le Procureur général. Cet éminent personnage lui disait qu’il fallait attendre, que ses filles n’avaient pas l’âge. A cette époque j’étais trop jeune pour comprendre de quoi il retournait, ce n’est que plus tard que j’ai compris quel genre d’établissement mes parents projetaient d’ouvrir.

Papa était très strict sur notre moralité nous empêchant de traîner dans la rue comme les enfants du voisinage. Je me souviens d’une fessée mémorable reçue par la pauvre Mariette : elle avait eu le tort de bavarder avec une bande de garçons !

— Je veux plus que tu parles à ces garnements ! criait-il en ponctuant chaque phrase d’une claque magistrale sur le cul. Ils ont très mauvaise réputation ! Je veux pas que les gens pensent que tu es comme eux !

— Pitié Papa ! Je le ferai plus, pleurnichait ma sœur.

Ses fesses étaient toutes rouges quand il nous a permis de la consoler.

— Et il y en aura autant pour chacun de vous si vous vous attardez au lieu de rentrer sagement à la maison, menaça Papa.

La leçon a porté. On ne nous vit jamais fréquenter les enfants du quartier qui rôdaient en bande au grand désespoir de leurs parents moins attentifs que les nôtres à leur bonne éducation.

Notre famille faisait l’admiration du voisinage. Je voyais les regards pleins d’envie que nous jetaient les autres pères et mères lorsque nous nous rendions le dimanche à la messe à l’église paroissiale.


A suivre…

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