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Amazonie

Chapitre 10

Au service secret de sa Majesté

Divers

Il y avait de la lumière, une belle lumière de printemps. Je m’éveillai. J’étais dans un grand lit, très confortable. Mes yeux me révélèrent que j’étais dans une très grande pièce, fort bien décorée et meublée, certainement dans un château. Je n’étais donc pas morte, où j’étais au paradis. Je me redressai, restai assise sur lit, j’avais un peu mal aux articulations mais cela allait. Mon corps était propre, mes cheveux peignés. Je n’étais plus nue mais portai une jolie chemise de nuit en soie. 

J’avais faim, très faim. Je vis une table dressée à l’autre bout de la pièce, apparemment pleine de victuailles. En passant près d’une des grandes fenêtres, je remarquai un fort joli parc au dehors. J’étais visiblement au deuxième étage vu la hauteur. Quel calme, quelle sérénité ! La table regorgeait de mets, tous appétissants et joliment préparés. Il y avait là des fruits, des légumes cuisinés, de la volaille, du jambon cru et du pain, de quoi se faire de bien bonnes tartines ! Une carafe d’eau et une de vin complétaient le tout. Je commençai à me servir, hésitai soudain de manger par peur du poison. Après tout je n’en avais cure, étant quasiment morte déjà une fois. Je mangeai donc à satiété et bus un peu de vin. Je crois que je n’avais rien mangé d’aussi bon de toute ma vie.

Dans une autre partie de la pièce se trouvaient des vêtements, délicatement posés sur un divan, en trois groupes : une robe de bénédictine toute neuve, une robe de dame de la cour et un ensemble plus masculin avec pantalon de chasse, bottes et pourpoint en velours. J’optai pour cette dernière tenue, au cas où j’ai à combattre ou à devoir m’échapper précipitamment. Une fois habillée, je nouai mes cheveux en queue de cheval et repris mon observation du parc.

C’est alors que j’entendis derrière moi une porte s’ouvrir et une voix familière s’adresser à moi. C’était mon tortionnaire.


— Ah, Ma Sœur, je vois que vous êtes réveillée, et habillée aussi. J’aurais parié que vous alliez choisir cette tenue.

— Comment osez-vous ! répondis-je. Après tout ce que vous m’avez fait !

— Tout doux, Ma Sœur, tout doux. Je vous dois bien des explications et des excuses pour commencer. 

— Je vous écoute, à moins que ce soit encore une de vos ruses pour me faire parler !

— Non, Ma Sœur, c’est terminé.

— Terminé ?

— Oui, vous avez passé le test.

— Le test ? Quel test ?

— Laissez-moi tout d’abord me présenter. Je suis le colonel Alejandro de la Vega, chef de la division opérations des services secrets du Roi.

— Colonel ? Les services secrets du Roi ?

— Oui, depuis quelques mois, le Prince Philippe, fils de notre Roi Charles bien-aimé a convaincu son père de la nécessité d’avoir un service de renseignement organisé, et ce, militairement*.

— Et que viens-je faire dans cette histoire ?

— J’y viens. Dès votre retour des Amériques, nous avons eu des informations concernant vos exploits contre les pirates en Mer des Caraïbes.

— Le rapport fait à l’Amirauté par le commandant de la Santa Monica ?

— Pas seulement. Nous avons pensé que vous pourriez faire une très bonne recrue pour notre nouveau service.

— Et ?

— Nous vous avons observé dès les premiers jours de votre arrivée au couvent à Saragosse. Puis nous avons attendu confirmation de l’autorisation de tenter de vous recruter. Vu vos doubles qualités de femme et de religieuse, cela n’a pas été sans difficulté, le Roi a dû finalement donner son autorisation en personne.

— Vous me flattez. Et pourquoi ce test ? Vous m’avez presque tuée.

— Je vous présente encore toute mes excuses pour les tourments qui vous ont été infligés.

— C’était digne de l’Inquisition.

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— Oui, nous nous inspirons de leurs méthodes pour certains interrogatoires. J’ai cependant veillé à ce que le bourreau n’aille pas trop loi et ne vous abîme pas. Les médecins m’ont dit que cela ne serait plus bientôt qu’un mauvais souvenir pour vous. Comment vous sentez-vous ?

— Assez bien, merci. Alors c’est terminé plus de questions sur mon passé ?

— Non, même si vous êtes définitivement une énigme pour moi.

— Je suis une femme, nous avons nos mystères.

— Certes. Je vous offre d’intégrer mon service, avec le grade de capitaine et le traitement associé.

— Comme si j’étais un homme ?

— Comme si vous étiez un homme.

— Et si je refuse ?

— Soit vous réintégrez votre couvent avec obligation de tenir secret tout ce qui vous est arrivé depuis votre arrestation. Soit on vous tue si vous ne voulez pas respecter ce secret.


J’avais comme un air de déjà vu**, cela ressemblait tellement à ce qui s’était passé chez les amazones…


— J’ai droit à un délai de réflexion ? lui demandai-je.

— Oui, bien sûr. Il est midi. Ce soir vous conviendrait-il ?

— Je le pense.

— Vous êtes libre de circuler dans tout le château et dans le parc. Nous ne pouvons pas vous autoriser à sortir avant votre réponse. 

— Parfait. Merci

— Encore une chose : si vous acceptez, je serais heureux de vous inviter à dîner. J’ai beaucoup à me faire pardonner. Vous ne me croirez sans doute pas, mais je n’ai pris aucun plaisir à vous torturer ainsi. Je…

— N’en dites pas plus, Colonel. Nous verrons cela plus tard. Merci de votre franchise.


Le colonel prit congé. Je restai seule dans la chambre un moment, puis en sortit pour trouver un long couloir, enfin un escalier descendant vers le rez-de-chaussée. Je croisai des gens du personnel, qui eurent avec moi le comportement qu’on doit à un hôte. Quel contraste, hier, ou peut-être il y a plusieurs jours, je ne saurais dire combien de temps j’avais dormi, j’étais enchaînée, nue, torturée, pensant mourir…

Je me promenai longtemps dans le parc, trouvai dans un bosquet une jolie fontaine où l’eau coulait. J’allai m’asseoir à côté en respirant profondément. J’avais besoin de communier à nouveau avec la nature. je remerciai Dieu et la Déesse de m’avoir laissée en vie. Rapidement, l’idée se fit à moi que j’accepterais l’offre du colonel et je ne sais pourquoi je lui pardonnai ce qu’il m’avait fait subir. Je pensai à Gaspar et à Mercédès. Je les aimais tous les deux, d’un amour sincère, encore un point hors normes dans notre société catholique formatée, comment pouvait-on, étant femme, aimer deux personnes à la fois, un homme et surtout une autre femme ! J’attendis que la lumière du jour tombât pour revenir vers le château. Les allées étaient illuminées de torches. En entrant dans le vestibule, j’avisai un serviteur et lui dit que je demandais audience au Colonel de la Vega.

Je fus introduite dans un bureau richement décoré. Le colonel se leva pour m’accueillir.


— Dînerons-nous ensemble, Ma Sœur, ou devrais-je dire Capitaine ?

— Capitaine conviendra, Colonel !

— Merci, je me réjouis de votre décision.

— J’ai toutefois quelques questions et des conditions à vous soumettre.

— Je vous écoute.

— Avez-vous des nouvelles de Frère Gaspar de Carvajal ?

— Oui, il est à Quito. Pour tout vous dire, il désespère de voir ses demandes de retour en Espagne aboutir un jour.

— Ah, et pourquoi ses demandes n’aboutissent-elles pas ?

— C’est lié à notre affaire en cours… Vous voudriez qu’il revienne en Espagne ?

— Oui.

— Parfait, je vais donner les ordres dès demain matin.

— Merci. Et s’agissant de Sœur Mercédès ?

— Elle n’a rien à craindre, la justice du Roi a conclu à un crime de rôdeur. L’enquête ne sera pas réouverte.

— Et votre « observateur » qui aurait vu une ombre noire tuer le prêtre ?

— Un homme à nous, tenu par le secret.

— Je vois.

— Désirez-vous passer à table ? Si ma compagnie ne vous rebute pas, bien sûr.

— Je ne sais pas pourquoi, Colonel, mais je vous pardonne.

— Je serai à jamais votre débiteur, Capitaine.


Nous passâmes à table dans une autre pièce, illuminée de chandelles. Cela avait beaucoup de charme.


— Vous prendrez du vin ?

— Oui, s’il n’est pas altéré par une drogue quelconque, dis-je en riant.

— Nous vous apprendrons tout cela, et quelques autres choses aussi. Si vous en êtes d’accord, votre formation commencera demain matin.

— Avec plaisir. 

— Il y a bien sûr des choses que nous n’aurons pas besoin de vous enseigner, si ce n’est parfaire votre entraînement.

— Comme ?

— Les techniques d’assassinat au couteau, le tir aux armes à feu, le combat d’abordage au sabre ou à la dague, l’art de se dissimuler… Dois-je continuer ?

— Non, vous m’avez bien cernée. Qu’allez vous m’enseigner ?

— L’art de chiffrer et déchiffrer les messages codés, parler et écrire d’autres langues, la géopolitique du monde et les volontés secrètes de notre Roi.

— Diable, vous m’accordez une très grande confiance.

— Le test a montré vos capacités de résistance. Je sais que vous ne me direz jamais qui vous êtes vraiment.

— Très juste, même là en cet instant fort agréable avec vous.

— Oui c’est une technique utilisable, mais je réserve ces ruses à nos ennemis. Pour ce qui est des langues ?

— Outre l’espagnol, je parle couramment le latin et plusieurs dialectes indigènes des Amériques, dont des langues d’Amazonie.

— Bien sûr. Nous vous enseignerons le français, l’anglais, le hollandais et la langue ottomane.

— Excellent.

— Encore une chose.

— Oui ?

— Comme je vous l’ai dit ce midi, je n’ai pris aucun plaisir à vous torturer.

— Je vous crois.

— Je dois cependant vous avouer que j’ai aimé voir votre corps nu, vous êtes très belle.

— Vous me gênez, Colonel. Cela dit, être nue n’était pas un problème pour moi.

— Ne vous méprenez pas, je ne cherche aucunement à vous mettre dans mon lit. Je tenais juste à vous le dire.

— Merci, l’honnêteté de vos sentiments me touche.

— Ah, un point que nous n’avons pas abordé au sujet de votre formation…

— Lequel ?

— Nos agents de haut niveau, et vous en faites partie, doivent être rompu à toutes les techniques… relationnelles entre être humains.

— Qu’est-ce à dire ?

— Nous, et je dis nous, devons, quand il le faut, pouvoir avoir un commerce charnel avec d’autres personnes, hommes ou femmes, à des fins de renseignement et pour le succès de nos missions bien sûr.

— …

— Oui, cela peut être gênant.

— Vous dites hommes ou femmes ?

— Oui… Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai dû, même si je n’ai jamais aimé que les femmes, apprendre à avoir des relations sexuelles avec les hommes.

— Et commettre ainsi le péché de Sodome ?

— Oui, mais il n’y a plus de notion de péché si c’est pour le service du Roi. Pas besoin de se confesser non plus quand on est membre du service.

— Cela me va très bien. Pas de risque d’aller au bûcher ?

— L’Inquisition n’a aucun pouvoir sur nous. Puis-je savoir, si ce n’est pas trop indiscret, quel est votre niveau par rapport aux besoins de formation en ce domaine ?

— Vous voulez dire, pour la bagatelle ?

— Oui.

— Et bien… J’ai déjà fait l’amour avec un homme, et avec plusieurs femmes aussi.

— Très bien. Et… pour les détails ?

— J’ai pratiqué… fellation, cunnilingus et pénétration vaginale (je ne lui dis pas bien sûr que j’avais pratiqué aussi en tant qu’homme). Pour ce qui est de la sodomie, uniquement avec des olisbos en bois jusqu’ici. Mais cela ne devrait pas poser de problème avec un vrai homme. 

— Je vois. Vis à vis de la formation, nous pourrons donc nous passer de ce module, sauf si vous souhaitez approfondir certaines techniques, si je peux me permettre ce jeu de mot douteux !


Je ris de bon cœur, et lui aussi. Le colonel reprit :


— Vous rencontrerez prochainement le Prince Philippe, et peut-être le Roi aussi. Votre formation sera achevée d’ici deux mois. Vous aurez ensuite un peu de temps à vous avant vos premières missions.

— Merci Colonel, merci pour cette nouvelle vie qui s’offre à moi.

— C’est nous qui vous remercions, Capitaine.

— Je vais juste vous avouer une chose, pour vous mettre à l’aise et en même temps continuer à entretenir le mystère : je n’ai jamais formé le moindre vœu de moniale bénédictine.

— Vous êtes décidément surprenante, Capitaine ! Je lève mon verre au meilleur recrutement que j’ai jamais fait !

— Merci Colonel, je dédie ce verre au service du Roi et à l’Espagne !


Et nous bûmes ainsi notre dernier verre de la soirée. Le colonel me fit le baise-main, puis un majordome me raccompagna à ma chambre. Je trouvai sur mon lit un foulard plié. Je reconnus la couleur du grade de capitaine. Une note était posée à côté. Elle détaillait le programme de la journée du lendemain.


— Tu avais raison, Mélanie, quand tu évoquais le chevalier d’Éon !

— Lui était un homme se faisant passer pour une femme, me répondit-elle.

— Certes, en tous cas, nous apprenons des choses sur le plan historique : le service secret de Philippe II a démarré bien avant, à l’époque de Charles Quint. 

— Il va falloir envisager des publications scientifiques de notre recherche.

— Oui, en évitant les aspects pornographiques !

— Tu as raison, mais nous avons maintenant quand même beaucoup de matière.

— Le dossier de demande de subvention est parti à l’Europe. J’espère que nous pourrons vite planifier la mission. J’ai hâte de partir en Amazonie.

— Tout doux, ma belle, tout doux.

— Tu te prends pour le Colonel ? Il faudrait alors aussi que tu te mettes à sucer des bites et pratiquer la sodomie ! Tu as bien lu ce qu’il dit !

— C’est malin, je ne suis pas un espion. Et toi, belle lesbienne, as-tu déjà fait l’amour avec un homme ?

— Ah, c’est secret, tu n’as pas le besoin d’en connaître.

— Dommage…

— Tu voudrais me soumettre à la Question ? Je ne pense pas avoir le courage ni la résistance de notre Jéromine.

— Tu as déjà pratiqué le SM ?

— Je ne vous dirai rien, Colonel !


(à suivre)

* Note de l’auteur : Philippe II, lorsqu’il sera roi, organisera l’un des plus efficaces réseau d’espionnage de l’occident chrétien. J’ai juste un peu anticipé sa création.

** Voir chapitre 3 : La transformation de Frère Jérôme.

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