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Amazonie

Chapitre 17

En forêt

Divers

Nous avions désormais quitté la route venant de Manaus et étions entrés en forêt. Nous avions encore une piste praticable en 4x4, mais les mouvements du véhicule m’empêchaient désormais d’utiliser mon ordinateur. C’est donc au campement seulement que je pouvais continuer la traduction. Manuel, Isadora et Pedro nous avaient appris comment construire un abri pour la nuit et se préserver des bêtes malfaisantes, serpents ou araignées principalement. Nous dormions obligatoirement dans des hamacs.

La Santa Luca arriva en vue d’une de nos villes côtière en bordure de l’Amazone. Je réalisai que nous étions très proches de la zone portugaise et qu’il y avait un risque que ces implantations soient un jour prises par ces derniers*.

Je pus avoir, par nos troupes sur place, une actualisation de la situation des rebelles. Sous la poussée des troupes loyalistes, leur influence se réduisait et leur nombre diminuait fortement. Le commandement avait décidé que nos troupes tiendraient maintenant les villes et les routes mais devaient éviter d’entrer en profondeur dans la forêt pour ne pas avoir trop de pertes, que ce soit à cause des animaux sauvages, des bestioles ou des ennemis. Depuis les dernières épidémies, le nombre d’indiens avait dramatiquement chuté, certaines populations ayant été localement éradiquées. J’en savais quelque chose pour l’avoir vécu quelques années auparavant avec la rougeole. Selon les informateurs, les rebelles se seraient repliés au nord du fleuve, au nord de l’endroit où avait eu lieu la bataille dite des Amazones. La Déesse soit avec moi, c’’était mon territoire !

Les charpentiers, aidés de mon équipe, nous construirent une brigantine pour que nous pussions remonter le fleuve. Compte tenu du temps qu’il nous faudrait pour naviguer jusqu’au point de débarquement, de celui que nous devrions passer en forêt à traquer les rebelles, j’estimai que nous ne serions de retour que dans quatre mois. Je l’indiquai au commandant de la Santa Monica, en lui ordonnant d’être de retour ici cette durée et de nous attendre deux mois supplémentaires. Si nous n’étions pas de retour au bout de ce délai, il repartirait sans nous vers Cadix, car nous serions probablement tous morts ou perdus. Il demanda à un de ses officiers aguerris ayant une expérience de combat marin et bon navigateur, d’être le capitaine de notre embarcation pour remonter le fleuve. Il nous affecta aussi deux marins qui resteraient avec le bateau à notre point de débarquement en attendant notre retour de la forêt. Le capitaine était d’un commerce agréable et s’intégra bien à notre groupe, ses marins aussi.


Nous avions en emport essentiellement de l’armement, chacun une épée, une dague et un pistolet, au choix un mousquet ou un arc (Marquez, Isabella, del Castillo et moi prirent cette option), ainsi que des sarbacanes dont j’équipai tous les membres de l’équipe. Il nous fallait aussi des hamacs pour dormir en forêt. Pour le reste on ferait avec ce qu’offrirait la nature. Il nous faudrait environ quinze jours de navigation sur le fleuve, compte tenu de la vitesse de notre brigantine pour le remonter jusqu’au point prévu. Le capitaine confirma mes calculs. Nous dîmes au-revoir au commandant et à son équipage. Ils étaient très émus et nous souhaitèrent le plus grand succès dans notre mission.


Ce fut avec une certaine émotion que je reconnus le lieu de la bataille où j’étais tombé, étant encore un homme. Isabella s’en aperçut et me demanda ce qui se passait. Sans m’en rendre compte, je lui livrai des informations que j’avais tenues secrètes jusqu’ici, sans doute trop longtemps. Mes secrets me rongeaient alors que je retrouvai la forêt.


— J’ai combattu en ce lieu, lui-dis-je, j’étais avec Francisco de Orellana lors de la bataille contre les amazones.

— Ah, je ne savais pas qu’il y avait une femme dans l’expédition !

— Oui… je fus laissée pour morte au début du combat. Les amazones m’ont ramassée, soignée.

— Et elles t’ont retenue prisonnière pendant quatre ans. C’est ça.

— Oui.


J’inventai vite un mensonge crédible pour donner le change.


— En fait, Isabella, à cette époque je me faisais passer pour une homme, j’étais Frère Jérôme, moine et prêtre dominicain. Sous ma robe de religieux, j’étais une femme, personne ne s’en doutait.

— Et tu faisais comment pour tout cacher ?

— J’avais les cheveux coupés comme un homme, comme un moine. Je me bandais les seins pour que ma silhouette soit moins féminine. Et je mettrai un linge absorbant quand j’avais mes règles, prenant soin de ne pas tâcher ma robe. Ne le dis à personne, c’est mon secret.

— C’est LE secret… j’ai compris. Je te reconnais bien là Jéromine, tout à fait toi. Mais pourquoi tant de mystères ? Après tout ce n’est pas si original. Tu aurais pu le dire à Papa.


Je ne répondis pas, mais j’avais gagné, elle me croyait. Nous débarquâmes et nous préparâmes. Je décidai de quitter casque et cuirasse et de les laisser au bateau. J’incitai ceux qui étaient prêts à le faire à m’imiter, leur indiquant qu’en forêt la mobilité était la vie. Seul Gonzalez voulut garder son uniforme intégral de conquistador. Je me fis des vêtement plus légers, coupait les manches de mon pourpoint, mettant ainsi le haut de mes bras et un bout de mes épaules à nu mais gardait mon pantalon et mes bottes. Je coiffai aussi mes cheveux en queue de cheval. Isabella se fit la même tenue. Del Gado nous félicita, disant que nous étions bien plus féminines ainsi. Venant de lui et sachant ce qu’il pensait vraiment dans sa tête, je ne le pris pas comme une remarque sexiste mais comme un très beau compliment.

Avant de partir, je poursuivis la formation théorique que j’avais donnée à mon équipe lors de la remontée du fleuve, à bord de la brigantine, en leur montrant certaines plantes déjà accessible,s notamment pour empoisonner les flèches ou les fléchettes, mais aussi comment se nourrir dans la forêt. Nous prîmes congé de nos marins et nous enfonçâmes dans la verte Amazonie. J’eus beaucoup de pensées pour la Déesse, j’étais de nouveau en communion avec elle et la nature. Après quelques jours, nous arrivâmes dans une zone où je reconnus la plante qui m’avait fait devenir une femme. Je ne sais pourquoi, sans doute parce que j’étais habitée par l’esprit de la forêt, j’allai voir Pedro et lui montrai :


En ce moment sur XStorySnap… (touchez pour voir)

— Pedro, cette plante a des propriétés particulières.

— Du poison ?

— Non, elle aide les garçons… à devenir femme.

— Vous vous moquez !

— Non, les amazones les utilisaient pour transformer leurs garçons en filles.

— Diable !

— Cela prend normalement du temps chez les adultes (j’en savais quelque chose !), mais je pense que si vous la preniez à haute dose, en mâchiez en permanence par exemple, cela pourrait grandement vous aider dans votre quête de devenir une autre. Je vous emmènerai aussi à un endroit où la Déesse de la forêt vous aidera à terminer le processus.

— La Déesse ? N’êtes vous point catholique et qui plus est ancienne religieuse ? Vous, une espagnole !

— Je le suis, mais Dieu à plusieurs formes, plusieurs visages, ici c’est la Déesse, Pedro. Dieu est unique.

— Je ne suis pas expert en théologie, et qui plus est mal placé pour des donner des leçons de pureté religieuse. Je pense que vous et moi ainsi que quelques autres finiraient tous au bûcher si nous tombions dans les mains de l’Inquisition. En tous cas merci de vous occuper de moi ainsi.

— Je pense que vous ressentirez rapidement les premiers effets de transformation. Ne manifestez rien tant que vous pourrez les dissimuler. Nous improviserons en temps voulu vis à vis des autres membres de l’équipe.

— Encore merci, Jéromine. Je vais commencer dès maintenant et en cueillir beaucoup.


Je ne sais pourquoi, moi qui n’en avais pris qu’une petite dose par jour pour ma propre transformation, je lui avais conseillé d’en prendre massivement ainsi. Encore une intuition ? Del Gado cueillit beaucoup de plantes et se mit à mâcher immédiatement.


— C’est plutôt agréable, me dit-il.


Nous fûmes bientôt en vue du premier village, enfin de ce qu’il en restait. Je fis arrêter le groupe et nous cacher. Je leur dit que j’allais rencontrer les autochtones, parlant leur langue. Il me faudrait avant cela me transformer en femme de la forêt pour qu’ils ne soient pas surpris. Je trouvai les ingrédients, plantes et terre pour me faire un onguent me donnant une peau d’une couleur proche de celle des indiens. Je me fis un pagne avec un bout de vêtement et me déshabillai totalement pour juste le revêtir. Je vis les regards de mes coéquipiers, certains étonnés, d’autres souriants et un assez dégoûté, celui de Gonzalez. Voir leur cheffe de mission, lieutenante-colonelle du Service du Roi, les seins nus en tenue d’amazone n’était pas dans l’ordre normal des choses, si ce n’est que nous étions une unité spéciale.

Je pris mon temps pour rejoindre le village. La population était peu nombreuse et très jeune, cela ne faisait pas si longtemps que j’étais partie. Je leur parlai dans la langue de la forêt. Ils furent surpris de me voir. Ils se souvenaient que pendant la grande maladie, une seule femme adulte de la tribu des amazones avait survécu, mais qu’elle était partie quelques temps après. Je leur dis que c’était moi et que j’étais revenue pour aider la forêt à redevenir ce qu’elle était. Je leur posai des questions pour savoir s’ils avaient vu passer des hommes blancs, en nombre. Ils me dirent qu’ils avaient entendu parler d’une guerre entre hommes blancs, mais qu’ils n’y comprenaient rien. Oui, ils étaient passés, mais la tribu les avait évités, quittant le village et se cachant dans la forêt. Je leur dis que leur action avait été très sage, et qu’il faudrait faire ainsi toujours, éviter de croiser les hommes blancs. Ils n’était qu’une centaine environ, avaient continué vers le nord, vers la tribu des amazones.


Je les remerciai et pris congé d’eux. Ils me saluèrent avec respect, comme ils le faisaient avant avec les amazones.

Je rejoignis le groupe et leur fis part de mes discussions avec les indiens, enfin en omettant tout ce qui était lié à mon passé. Les informations données confirmaient ce que nous avions appris en débarquant en Amazonie. La rébellion semblait décimée au niveau militaire et seuls restaient les chefs. Enfin une centaine de personnes, cela faisait beaucoup pour les douze que nous étions, mais la mission restait faisable. Je remis ma tenue de guerrière occidentale pour ne pas trop gêner mes camarades. Nous repartîmes plein nord. 

Cela faisait trois semaines que nous étions en forêt. Nous chassions un peu pour compléter les racines et les fruits qui nous servaient d’alimentation. La barbe de Del Gado ne poussait plus, ses traits s’affinaient et ses hanches s’élargissaient un peu. Il devait avoir un peu de poitrine mais ce n’était pas encore trop perceptible. Nous avions évité le contact dans les villages suivants, en prenant soin de vérifier que leur activité semblait normale et que les rebelles ne s’y trouvaient pas. L’un deux avait fait l’objet d’exactions, la population avait été massacrée et nous n’y trouvâmes que des cadavres en décomposition. Je me mis à part du groupe et prononçai une prière à la Déesse dans la langue de la forêt. 


Nous étions maintenant très proches de mon ancien village. J’arrêtai le groupe et me remis en tenue d’amazone. Isabella me voyant faire, vint vers moi et me demanda si elle pouvait m’accompagner. Je réalisai que sa couleur de cheveux serait compatible et qu’avec l’onguent cela passerait. Elle devait bien sûr ne rien dire, ne parlant pas la langue. Je la ferais passer pour une amie d’une tribu lointaine, là où j’aurais pu partir et séjourner ces dernières années.

Le village était toujours là, avec peu de monde là aussi, tous jeunes, des enfants filles et garçons et de jeunes adultes des deux sexes également. Ils avaient dû appliquer ma recommandation d’arrêter de transformer les garçons en filles. Ils me reconnurent et accoururent vers moi. Je les saluai dans notre langue, présentant Isabella selon le scénario établi. Je leur dis que j’étais revenue pour purger la forêt des méchants blancs qui s’y trouvaient. J’appris qu’ils étaient passés récemment mais que le village avait su se protéger. Ils en avaient tué quelques uns lors d’un combat, une dizaine environ, perdant au passage cinq membres de la tribu. Les blancs avaient continué leur fuite vers le nord, vers les trois pyramides. La tribu était très en colère car le lieu sacré était profané par ces monstres. 


— Comment vas-tu faire, seule avec ton amie pour nous débarrasser d’eux ? Nous allons vous aider.

— Non, je suis une vraie guerrière, je suis toujours une femme de la forêt, dis-je. J’ai aussi quelques guerriers valeureux avec moi plus loin dans la forêt. Vous êtes trop jeune, et le premier combat contre eux vous a fait perdre trop de monde déjà. Je suis pleine de ressources et rusée aussi. Je reviendrai quand vous pourrez retourner là-bas honorer la Déesse.


Ils s’inclinèrent, reconnaissant mon autorité et acceptant mon ordre de ne pas nous aider. Ils me dirent qu’ils ne cesseraient pas de prier la Déesse pour le succès de ma mission.

J’expliquai au retour au groupe et à Isabella ce qui s’était dit avec la tribu, en évitant bien sûr de nouveau mon histoire personnelle. 


— Nous sommes à un jour de marche environ des pyramides. Je propose un départ demain matin et une arrivée à proximité avant la nuit. Je connais le chemin. Nous nous établirons très proches des pyramides et tenteront d’éliminer pendant la nuit le plus possible des rebelles, par des moyens discrets, sarbacanes en priorité, arcs et flèches ensuite. Nous aviserons du nombre de victimes dans leur camp avant de donner un assaut final, toutes armes autorisées. Des questions ?


Je réalisai que j’étais restée, et Isabella aussi, en tenue d’amazone.


— Non, c’est très clair, dirent quelques membres du groupe en chœur.

— Colonelle, dit Marquez. Vous nous impressionnez. Vous nous avez dit avoir passé quatre ans parmi elles comme prisonnière mais c’est comme si vous étiez l’une d’elles. Enfin nous ne les avons pas connues. C’est comme si vous faisiez partie de cette forêt, vous êtes impressionnante.

— Et pourquoi croyez-vous que je suis devenue celle que je suis, Sous-commandant ? Je crois avoir, sans me vanter, une capacité d’adaptation hors du commun.

— Effectivement, Colonelle.

— Voyez-vous, Marquez, la plus grande qualité dans notre métier est de savoir observer, puis analyser et comprendre pour décider puis agir. En appliquant cette boucle vertueuse de manière permanente, vous pouvez traiter toutes situations, pour peu que vous ayez les moyens et l’entraînement. C’est le principe même de notre institution. On ne vous a pas appris cela lors de votre formation ?


Tous firent non de la tête.


— Non, pas aussi clairement, dit Del Gado qui avait soudain du mal à trouver sa voix grave.

— Ça va Del Gado ? demandai-je.

— Ça va, dit-il en se grattant la gorge, j’ai dû attraper quelque chose.

— Bien. Soignez-vous.


Je remarquai que le pauvre se bandait maintenant les seins. Personne ne faisait attention à lui pour l’instant, tant mieux.

Je me remis en tenue plus occidentale. Isabella fit de même. Je réalisai que d’ici quelques jours, Del Gado ne pourrait plus cacher son état. Après tout, c’était peut-être le bon moment pour lui, étant bientôt aux pyramides. Mais il fallait d’abord rendre son caractère sacré au lieu.

Mélanie se régalait toujours autant des aventures de Jéromine. Nous avions bien avancé jusqu’ici, mais nous dûmes bientôt élargir la piste à la machette et à la tronçonneuse, ralentissant notre progression. Marc sortait souvent pour essayer de repérer des plantes, avec son appareil et à l’œil nu. Cela paya, il trouva diverses plantes, parmi lesquelles celles cataloguées par Jéromine pour soigner les blessures, du poison et enfin les feuilles qui auraient permis aux amazones, d’après le manuscrit, d’aider à la transformation des garçons en filles. Nous fîmes une petite fête à l’occasion de cette première découverte scientifique de l’expédition et Manuel nous sortit une bouteille de cachaça avec laquelle nous pûmes faire de la caïpirinha, ayant aussi du citron vert et du sucre de canne. Il nous dit en avoir d’autres…

Trois jours plus, tard, nous n’étions plus qu’à un jour de route des coordonnées des pyramides quand la piste s’arrêta sur une rivière. Elle était infranchissable telle quelle en 4x4 car vraisemblablement trop profonde. Manuel proposa que nous abattions des arbres avec la tronçonneuse pour faire un pont de fortune. Cela nous prit une bonne demi-journée et bientôt nous avions aligné suffisamment de troncs pour faire doucement traverser nos 4x4. Il fallut pour cela que certains d’entre nous passent à la nage pour aller de l’autre côté tirer les troncs avec des cordages, ou plutôt faire passer des cordages derrières d’autres arbres pour pouvoir les tirer avec les treuils des 4x4.. Ce fut un grand moment. Nous prîmes des photos et des vidéos avec nos smartphones. Les treuils nous permirent aussi d’aider la progression jusqu’à la la berge d’en face. Les deux premiers véhicules passèrent doucement, conduits par Isadora et Manuel, qui étaient bien entendus seuls à bord. J’avais traversé à pied sur le pont et le troisième 4x4, conduit par Manuel commença son franchissement.


C’est alors que l’attache du treuil lâcha et que le 4x4 bascula du pont avec le mouvement de recul. la scène fut immortalisée dans une des vidéos de ce jour-là. Quand il chuta dans la rivière, Manuel était toujours au volant. Heureusement ce dernier avait eu la présence d’esprit, à moins que cela ne fasse partie des consignes pour ce genre d’exercice, d’ouvrir en grand les vitres du véhicule. Celui-ci coula donc rapidement, et vite remplit d’eau, permit à Manuel de passer par l’emplacement de la portière pour rejoindre la surface. Nous l’aidâmes à remonter sur la berge.


— Fortune de balade en forêt, nous dit-il en anglais en souriant. J’ai eu de la chance. Heureusement que j’avais les vitres ouvertes. On nous l’apprend en stage de survie en forêt.

— Manuel, tu es formidable ! dit Juanita.

— Nous avons perdu du matériel, fit Isadora.

— Impossible d’aller le rechercher, dit Manuel, c’est trop profond. Qu’avons nous perdu ?

— Voyons voir, fit Pedro, je dirais : des boites de stockage d’échantillons, du matériel de fouille, notamment pour la datation au carbone 14, de la nourriture, de l’eau.

— Et aussi mon ordinateur, dis-je, et mon sac de voyage. Ils étaient dans ce 4x4.


Je réalisai soudain que mon sac contenait aussi mon stock de médicaments. Merde, comment allai-je faire pour mon traitement hormonal ? J’avisai Mélanie.


— Mélanie, j’ai un problème.

— Lequel ?

— Mes médicaments, ils sont au fond de la rivière.

— Pas bon, ça, pas bon. Il faudrait envoyer un hélicoptère avec de nouveaux médicaments à nous faire livrer, ou parachuter, je ne sais pas, et puis on ne peut pas poser un hélico ici…

— Nous n’avons pas le budget et quand bien même nous l’aurions, je ne me vois pas présenter une telle facture à l’Europe. Je ne ne suis pas en danger immédiat. Rien ne justifie une telle opération.

— C’est juste.

— Je risque simplement d’avoir un cancer bien métastasé au retour. Je suis foutu.

— Attends, Alex, le dernier chapitre que tu m’as fait lire…

— Oui, heureusement que je fais mes sauvegardes à chaque traduction et que c’est toi qui a le disque dur.

— Non, ce n’est pas le sujet, les plantes, Alex ! Les plantes de Jéromine… elles ont sûrement des principes actifs de type hormones féminines !

— Attends, on ne les connaît pas, ces plantes. Avec ce que nous raconte Jéromine, ce qu’elle a vécu… Et puis nous avons Marc !

— MARC ! MARC ! cria Mélanie.


Marc accourut. 


— Oui, qu’y a-t-il, que se passe-t-il ? dit-il.

— Pour faire vite, penses-tu que les plantes des amazones aidant à la transition homme-femme contiennent des hormones féminines ? dit Mélanie.

— C’est évident, de puissants œstrogènes et de la progestérone certainement aussi, répondit-il.

— Je suis un traitement pour un cancer, dis-je à mon tour. Les médicaments sont dans le 4x4, au fond de la rivière. Il devait empêcher le développement de métastases jusqu’à mon opération.

— Merde, fit Marc.

— Mélanie pense que je pourrais prendre les plantes que tu as trouvées.

— Oui, bien sûr, il suffirait de mâcher les feuilles, je pense.

— C’est aussi ce que raconte le manuscrit de Jéromine, ajoutai-je.

— Le seul truc, dit Marc, c’est que je n’ai aucune idée de la posologie. C’est très puissant a priori, non ?

— Oui, fit Mélanie.

— Cela fera le job, je le pense vraiment. Mais gare aux effets secondaires.

— Je m’en fous, Marc, je veux vivre. Je ferai une transition plus tard s’il le faut. Je deviendrai une femme, voilà tout.

— J’admire ton courage, Alex, dit Marc. Vraiment. Viens avec moi. Nous devons en récolter plus.


Mélanie vint nous aider. Pensant à Pedro Del Gado et à Jéromine, je me mis à mâcher les feuilles de la plante. Deviendrai-je une amazone, moi aussi ?

(à suivre)

* Ce qui se passa quelques dizaines d’années plus tard

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