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Amazonie

Chapitre 19

Les masques tombent.

Divers

Mélanie et moi avions rejoint le groupe. Nous étions au milieu de la nuit, la pleine lune éclairant les pyramides à travers la végétation. Avec cette lumière, il était perceptible que mon visage avait changé, un peu comme quand on s’amuse avec ses applis sur smartphone qui vous font un visage de fille quand vous êtes un homme.

Mélanie s’adressa en anglais au groupe, pour que tous comprennent, entre brésiliens, équatorienne et français.

- Meet… Alexandra ! (Je vous présente… Alexandra)

- Virgem Santíssima ! (Très sainte Vierge !) s’exclama Manuel. 

- ¡ Santa Madre de Dios ! (Sainte Mère de Dieu) s’exclama à son tour Juanita.


- Yes I am a lady now, (Oui, je suis une femme maintenant), dis-je.

- This place (Cet endroit), dit Manuel, This is the place of the legend of the Amazones ! (C’est l’endroit de la légende des Amazones)

Il est vrai que seules Mélanie et moi connaissions les détails du manuscrit, pas nos compagnons. Je leur dis être très heureuse de cette transformation et j’étais sincère. Je reçus un accueil chaleureux et tous me serrèrent dans leurs bras. Plus tard, alors que Mélanie et moi étions seules, elle m’embrassa amoureusement. Nous fîmes l’amour, entre femmes, comme la lesbienne que j’étais devenue. Je découvris le plaisir des jeux sur ma vulve sur mon clitoris. j’eus un orgasme très différent de ceux que j’avais connus en tant qu’homme.

C’est donc en tant que femme que je passais les quatre dernières semaines sur le site archéologique des pyramides. Nous dûmes hélas partir, en ayant fait fort de laisser les lieux les plus proches possible de ce qu’ils étaient avant notre arrivée. Tout se passa très bien, j’étais rayonnante et cela se répercutait sur le groupe.

Manuel, Isadora et Pedro nous dirent au-revoir à la dépose des passagers de l’aéroport. Juanita rentrait elle vers Quito et Marc, Mélanie et moi vers Paris.

J’eus une mauvaise surprise au contrôle de police, qui me fit presque rater l’avion : le policier brésilien en charge du contrôle me fit sortir de la file après que je lui avais donné mon passeport. Je fus isolée dans une pièce et une policière arriva bientôt. Elle me parla dans un français tinté d’un fort accent brésilien.


— Madame ?

— Oui ? 

— Votre passeport est établi au nom d’un homme, Alexandre Forestier. Vous êtes une femme ?

— Oui, enfin non, je suis bien un homme… transgenre. 

— Ah oui, mettez vos doigts sur cette machine, votre passeport est biométrique et nous allons vérifier vos empreintes.

— D’accord.

— Mmmh, vos empreintes correspondent bien à celles du passeport. Il semble authentique quant à lui. Vous êtes donc bien Alexandre Forestier. Pouvez-vous m’expliquer ?

— Je vous l’ai dit, je suis transgenre. Je n’ai pas encore pu faire changer mon identité de genre… Vous connaissez la légendaire lourdeur administrative française.

— Ah oui, nous autres brésiliens sont bien plus avancés ! Ah ces français, toujours à croire qu’ils sont supérieurs au reste du monde.

— Je suis bien d’accord avec vous, Madame, dis-je, allant dans son sens.


J’avais le sentiment étrange de faire comme Jéromine, dans ses nombreuses improvisations. Elle me tendit mon passeport.

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— Je ne vois pas de raisons de vous retenir plus longtemps… Madame Forestier. Excusez-nous pour le dérangement, et bon retour à Paris

— Merci de votre compréhension.


Je rejoins les autres en salle d’embarquement. Nous n’allions pas tarder à monter à bord. Je leur racontai ce qui venait de se passer. L’hôtesse qui faisait l’embarquement me regarda bizarrement quand je tendis ma carte d’embarquement et mon passeport. Elle prit son téléphone puis raccrocha. Bon voyage, Madame, dit-elle en me rendant mes documents. Il est vrai que « MR Alexandre Forestier » sur la carte d’embarquement cela ne le faisait pas pour la femme que j’étais, en apparence, mais pas que. Il n’y eut pas de problème à Paris, pas de contrôle en fait à l’arrivée.

J’avais écrit un long rapport pendant la traversée sur la Santa Monica. Après qu’Alejandro, l’eut lu, je lui fis un rapport oral et nous discutâmes du cas de Raquel Velazquez. J’avais bien sûr revu notre fils Diego avec ravissement, qu’est-ce qu’il avait grandi en presque six mois d’absence !


— Même avec les pertes humaines, c’est une mission exceptionnelle, Jéromine, tu t’es surpassée.

— L’équipe y est pour beaucoup. Ta fille particulièrement.

— Certes, mais tu étais visiblement dans ton élément. S’agissant des pertes, douze contre presque cent, c’était un peu fatal qu’il y ait des morts de notre côté.

— Je le déplore aussi, Alejandro. C’est dur de perdre des camarades.

— J’aimais bien Del Gado. C’était un homme très secret, mais en fait très sensible et très gentil. J’avais plus de mal avec Gonzalez.

— Oui, moi aussi, mais il s’est très bien battu.

— Tu n’as pas demandé la croix de Chevalier de l’Ordre de San Fernando pour lui ? Alors que tu l’as fait pour Del Gado ?

— Oui, il y a eut certes l’assaut final, mais aussi le reste de la mission, cela compte.

— Je comprends.

— Peut-être une pension à vie à la veuve de Gonzalez serait-elle la bienvenue ?

— Oui, la pauvre a sept enfants à nourrir, notre homme était très pieux.

— « Allez et croissez… »

— C’est cela même. Et cette Raquel Velazquez que tu nous ramènes ? Tu veux repeupler le service c’est ça ? Elle était prisonnière chez les rebelles ?

— Oui, elle l’était. Nous l’avons trouvée enchainée dans la zone des pyramides. Je crois qu’elle a toutes les qualités pour travailler avec nous. Je te propose que nous lui fassions une évaluation complète sur tous les champs de la formation.

— Fort bien. Qu’elle se tienne prête. L’évaluation commencera demain.


L’évaluation se passa sur trois jours. J’avais préconisé en secret à Raquel de se montrer faible dans les matières physiques, moyenne au tir, mais d’exceller en langue voire en chiffre.

Alejandro me convoqua dans son bureau quelques jours plus tard. C’était inhabituel qu’il procédât ainsi avec moi. Nous étions seuls.


— Jéromine, nous avons problème, un gros problème. Tu as un problème.

— Pardon ?

— Tu te fous de moi, et ce depuis des années. Là tu as franchi la ligne rouge.

— Que veux-tu dire ?

— Raquel Velazquez, ses évaluations. Trop parfaites, à des détails physiques près. Bon, on pourrait dire que c’est le hasard, des coïncidences, uniquement un faisceau d’indices, de présomptions. Mais tu as commis une faute, enfin pas toi directement.

— Je ne comprends pas.

— Cesse immédiatement ton petit jeu. L’écriture, celle de Velazquez, je l’ai reconnue. C’est celle de Pedro Del Gado. En plus Raquel Velazquez lui ressemble tellement, on dirait lui en femme. Je ne l’avais pas remarqué de prime abord. Je n’ai pas encore envisagé de la faire mettre nue pour vérifier si c’est un homme ou une femme. Alors maintenant tu vas m’expliquer.

— Tu connais la vérité Alejandro, elle t’a été dite lors de ma formation. Tu ne l’as pas comprise, c’est tout.

— Arrête de te foutre de moi, Jéromine.

— Je te l’ai dite lors de mon test de résistance à l’alcool. En fait j’ai échoué au test, Alejandro, je t’ai dit malgré moi ce que j’avais réussi à te cacher quand tu m’as torturée.

— Pardon ?

— Je suis né garçon, Alejandro, je fus autrefois frère Jérôme de Valence, entré dans les Ordres adolescent, puis devenu prêtre et moine dominicain et enfin envoyé aux Amériques. Oh, à cette époque je n’étais pas un combattant. J’étais cependant dans l’expédition de Francisco de Orellana, sur le fleuve que l’on nomma ensuite Amazone. Je fus grièvement blessé lors du combat contre les dites amazones et laissé pour mort. Elles me recueillirent, me guérirent et j’ai séjourné dans leur tribu quelques temps en tant qu’homme et en semi-liberté, je n’étais pas vraiment prisonnier. Puis elles ont estimé que soit je devrais partir et garder le secret, soit elles me tueraient, soit je deviendrais l’une d’elle, un peu comme dans ton marché avant de me recruter.

— Effectivement, les méthodes sont un peu les mêmes partout…

— Oui, enfin, elles ne m’ont pas torturé, elles. J’ai même fait l’amour avec nombre d’entre elles, quand j’étais un homme. Ensuite aussi en tant que femme, tu t’en doutes bien. Puis je suis devenue une guerrière, une vraie amazone, ce qui fut le début de mes capacités de combattante.

— Et comment es-tu devenu une femme ?

— Comme j’ai fait pour Raquel, les amazones utilisaient des plantes qui développaient les caractéristiques féminines chez les garçons, enfants ou adultes. Cela a pris du temps pour moi, mais si j’avais pris les doses que j’ai fait prendre à Pedro, cela aurait été plus rapide, je pense. Quand on est prêt, qu’on a prit suffisamment de ces plantes, un rituel de communion avec l’Esprit de création et de la forêt, la Déesse, permet de devenir une vraie femme, supprimant ce qui reste des attributs masculins et les transformant en sexe féminin.

— Donc c’est toi qui est à l’origine de ce qui était arrivé à Del Gado ?

— Oui, il souffrait vraiment d’être dans son corps d’homme. Il était une femme en lui-même, je n’ai fait que le révéler à lui-même et à la Déesse.

— Je vois, Jéromine, soit c’est le meilleur mensonge que tu aies jamais inventé, soit c’est la vérité, cette fois-ci ? Cela dit, c’est incroyable ce que tu viens de me raconter, et je ne sais pas si je dois te croire une fois encore.

— C’est la stricte vérité, Alejandro, la stricte vérité. Je sais que je ne peux pas te demander me croire.

— Je t’ai crue tellement souvent, toujours fait confiance, Jéromine. Je crois que je n’ai jamais vu une personne aussi capable de dissimuler la vérité, d’inventer des vérités fausses, d’improviser avec tant de succès.

— C’est pour ça que je travaille pour le Service, Alejandro, et que je suis ton meilleur agent. Je n’ai jamais trahi le Royaume, je ne t’ai jamais trahi non plus. Je n’ai fait que garder mes secrets, même sous la torture, tu te souviens ? Ce qui m’a fait bien fait rire c’est quand j’ai craqué lors du test de résistance. Je me suis dit que d’une faiblesse on pouvait faire une force. C’était tellement énorme que je te dise que j’étais un homme.

— Jéromine, je crois que tu es une femme merveilleuse, douée de pleins de qualité dont la plus grande est sans doute ton humanité. Les hommes m’ont aussi dit que tu leur avais expliqué en une phrase la philosophie de notre métier, le résumant de manière brillantissime.

— Euh, oui, sans doute…

— Jéromine, je quitte ce soir mes fonctions de chef de la division des opérations, c’est la règle, maintenant que je suis officier général.

— Mince, tu ne seras plus mon chef ?

— Si, tant mieux ou tant pis pour toi, pour le meilleur ou pour le pire… Je deviens chef du Service. 

— Ah, et qui te remplace au poste de chef de la division des opérations ?

— Un lieutenant-colonel fraîchement promu colonel, rentrant de mission de longue durée, le meilleur des meilleurs. En fait c’est une femme.

— Mais il n’y pas d’autres femmes en dehors de ta fille et moi dans le Service !

— Là, Jéromine tu me déçois, ou tu fais encore l’andouille, c’est toi, Mon Amour. Félicitations, Colonelle.

— Tout cela après l’interrogatoire que tu viens de ma faire subir ?

— C’était un test, Jéromine, c’était un test. Que dirais-tu de dîner ensemble avec Isabella et Raquel ?

— Oh coquin de mari qui veux avoir trois femmes à sa table !

— Trois jolies femmes et supérieurement intelligentes et douées, Jéromine.

— C’est une bonne idée. Isabella connaît une partie de mon secret, mais elle croit que je suis née femme et me faisait passer pour un homme étant moine…

— Oh non, Jéromine, tu es vraiment une experte en désinformation, l’experte, que dis-je.

— Je ne sais que te dire, mais j’apprécie le compliment, en tant qu’agente et future cheffe de la division des opérations, dis-je en souriant. Quant à Raquel, vu son parcours et qui elle était avant, elle mérite aussi de connaître la vérité.

— D’accord, Jéromine. En dehors de nous quatre, personne ne doit connaître la vérité sur Raquel et toi. C’est secret défense et cela doit rester pour plusieurs siècles. L’Humanité n’est pas prête pour ce genre de choses et ce sera le cas longtemps, j’en ai peur.

— Dieu seul le sait, Alejandro, Dieu seul le sait.

— Ou plutôt le savait, Jéromine chérie.


Nous passâmes un très bon repas. J’annonçai à Raquel, avec l’accord du Général, chef du Service, qu’elle était recrutée sous l’identité de Raquel Velazquez, directement avec le grade de Commandant. Elle serait dispensée de formation, sauf si elle souhaitait des modules complémentaires. C’est là qu’elle nous avoua ce qu’elle m’avait dit dans la forêt, à savoir qu’étant homme, elle n’avait jamais fait l’amour avec une femme et qu’elle avait en fait triché lors de sa formation initiale. Elle nous dit cependant que pour ce qui était des hommes, elle avait déjà expérimenté son nouveau corps de femme avec le sous-commandant Gabriel Marquez et que cela n’était donc pas nécessaire. Nous éclatâmes tous de rire à cette déclaration de Raquel. Isabella lui demanda si elle pourrait être sa formatrice en ce qui concernait les femmes. Raquel rougit et lui dit que ce serait un plaisir et un honneur de le faire avec une sœur d’armes. Alejandro me prit la main et me regarda en souriant.


— Jéromine, je crois que tu as oublié de leur dire quelque chose.

— Ah, oui, parlons boutique, fis-je. À compter de ce soir, Vous êtes directement sous mes ordres, je suis la nouvelle cheffe de la division des opérations, nommée avec le grade de colonelle. Gabriel Marquez est promu commandant, et toi Isabella, tu es lieutenante, le tout avec effet immédiat. C’est tout. Vous pouvez disposer. Je vous souhaite un bon exercice de nuit, les filles.

— Bonne nuit Colonelle, Bonne nuit Général, dirent Raquel et Isabella.


Nous nous quittâmes en riant et nous embrassant. Ma nuit avec Alejandro fut sublime. Je lui demandai ce que ça lui faisait de savoir que j’avais été autrefois un homme. Il rit et me dit qu’il adorait la femme que j’étais. Cela dit, si je pouvais un jour retrouver mon pénis pour le sodomiser, il ne serait pas contre.


— Trop tard, Alejandro, trop tard…


 

Tout fut très compliqué pour moi par la suite. Je décidai de ne pas aller au labo à l’université tout de suite, prétextant ma maladie. J’allai voir le médecin quelques jours après mon arrivée. Il fut très étonné de me voir avec mon apparence très féminine.


— Euh, M. Forestier, les effets des hormones ont été très forts chez vous, c’est la première fois que je vois cela à ce point. Vous avez fait mettre des implants ?

— Non, je n’ai rien fait, mais il m’est arrivé quelque chose d’incroyable là-bas, je suis maintenant vraiment une femme.

— Quoi, c’est impossible ! Vous vous foutez de moi.

— Je vous l’assure. Vous pouvez contrôler mon passeport, c’est bien moi, avec mes empreintes digitales.

— Déshabillez-vous.

— Nom de dieu, c’est rudement bien fait pour une chirurgie de réassignation, dit-il en voyant ma vulve. Ils sont forts ces brésiliens, très forts. Alors comme ça vous avez profité de votre voyage au Brésil pour vous faire opérer ?

— Non, je vous l’ai dit. Faites-moi une échographie et vous verrez que j’ai un utérus. J’ai mes règles, voyez-vous.

— Arrêtez de vous foutre de moi, c’est impossible, on ne fait pas de greffe d’utérus, même sur des femmes transgenres réassignées.

— Allez-y faites l’échographie. Vous verrez.


L’échographie révéla que j’étais une femme, d’autres examens plus tard que je n’avais pas, que je n’avais plus de cancer. Certes, en tant que femme, je n’avais ni prostate, ni testicules. Le médecin était sous le choc mais n’avait rien dit à personne jusqu’ici, me faisant juste passer pour une femme faisant des examens.


— Docteur, tout ceci doit rester secret, je ne veux pas être un objet de recherche. Je suis moi-même chercheur, ou plutôt chercheuse.

— Je comprends, mais tout cela est tellement étrange ! Vous désirez changer d’état-civil ?

— Oui, j’aimerais bien, cela me simplifierait la vie. J’ai eu quelques difficultés à l’aéroport à Manaus.

— Je veux bien le croire. Mais cela va être compliqué. Mis à part votre traitement hormonal…

— Je ne le prends plus.

— Vous faites bien, donc mis à part votre traitement, il n’y a pas de protocole entamé en vue d’un changement d’identité de genre, à savoir nombreuses séances chez un psy, voire une procédure envisagée de réassignation. J’ai peur que ce soit impossible.

— Essayons quand même.


Et je fus en contact avec l’administration, qui croyait que j’essayais de changer d’identité de genre sans passer par la case psy. Elle refusa. La solution serait peut-être de faire comme si je voulais changer d’identité de genre et suivais faussement le protocole en allant voir un psychiatre. C’est alors qu’en rentrant chez moi, tout devint noir dans ma tête.

Je me réveillai dans une chambre sommairement mais correctement meublée. J’étais habillée, allongée sur un lit. Je me levais. La porte s’ouvrit. Un homme et une femme entrèrent :


— Ah, Monsieur Forestier, ou plutôt Madame, devrais-je dire, dit l’homme.

— Ou suis-je, qui êtes-vous ? Répondis-je.

— Vous le saurez bientôt. Je suis Monsieur Dupont et voici Madame Martin. Nous devons discuter, Alex…


J’eus soudain une impression immense de Déjà-Vu…

(à suivre)

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