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Un amour de vampire

Chapitre 12

Un Noël pas comme les autres (partie 1)

Lesbienne

Point de vue d’Emilie.



La semaine se passe, bien trop lentement à mon goût, malgré nos échanges quotidiens avec Melissa. Je n’en reviens pas d’avoir craqué ainsi devant elle, mais au fond, cela m’a fait du bien d’épancher enfin ma tristesse et mon mal-être à quelqu’un.


La semaine de cours fut aussi ennuyante que les autres, mais s’ajoutait à cela l’angoisse de ce week-end en famille. Maudite soit cette fête ! Moi qui n’avais qu’une envie, retrouver les bras de Melissa, j’étais condamnée à subir deux jours de remarques et remontrances sur ma vie...


Le samedi, jour de Noël, j’arrive chez mes parents. Sans cadeaux, mon père déteste ce gaspillage d’argent... Mon frère n’a pas pu se libérer et rentrer en France. Il n’y aura que mes parents et la mère de mon père, aussi conservatrice et rigide que lui. Voilà qui promet.


— Bonjour papa, bonjour maman, dis-je en entrant, tentant quand même de faire bonne figure.

— Bonjour Emilie, dit froidement mon père sans me faire la bise. Va donc aider ta mère en cuisine s’il te plaît puis tu iras te changer, ce n’est pas une tenue décente pour être en famille, grimace-t-il.


Quel accueil... Quant à ma tenue, je suis en jean, sweat et baskets. Loin de la tenue idéale pour mon père à savoir, robe longue, collants opaques et chemise / veston, l’image même d’une bonne petite écolière catholique.


Le soir venu, nous nous asseyons autour de la table où ma famille tient à remercier le Seigneur pour ses bienfaits. Voyant que je ne fais même pas l’effort de réciter la prière, ayant depuis longtemps arrêté de croire en Dieu, ma grand-mère et mon père me fusillent du regard et je baisse les yeux, contrite.


— Alors Emilie, demande mon père. Tes examens ?

— Euh... Je pense les avoir plutôt réussis.

— Tu « penses » seulement ? Seigneur... Je te paie des études hors de prix et tu ne prends même pas la peine de t’y investir.

— Papa... Je t’ai déjà dit que... que cette branche n’était pas pour moi...

— Et moi je te répète qu’il est hors de question que tu gâches ta vie en faisant des études inutiles qui ne t’amèneront qu’à pointer au chômage, avec les parasites de notre société... Non ! s’exclame-t-il en haussant le ton. Tu vas obtenir ta licence, et tu as intérêt crois-moi ! Ensuite tu feras une belle carrière, comme ton frère. Prends exemple sur lui plutôt que de gâcher ta vie.


Il est inutile d’insister quand il est parti sur cette lancée alors je baisse à nouveau les yeux, attendant que l’orage passe.


— Oui papa. Je vais faire des efforts, promis.

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— Tu as intérêt, je te le répète.


Le repas se poursuit dans le silence, jusqu’à ce que ma grand-mère me pose la question fatidique.


— Et sinon... Quand est-ce que tu rencontres quelqu’un ? Moi à ton âge, j’étais déjà mariée, tu sais.



Blablabla... Comme si ta vie me faisait rêver, vieille peau... Je repense à Melissa, la douceur de sa peau, de ses lèvres, sa sensualité... Que j’aimerais être avec toi mon petit vampire !


— Je n’ai personne grand-mère...

— On devrait faire d’elle une nonne, dit-elle à mon père le plus sérieusement du monde. Si l’école n’est pas faite pour elle, peut-être que le Seigneur lui montrera la voie.


Plutôt mourir, me dis-je en pensant à cette idée. Mais qu’est-ce que je fais là ? Comment puis-je être aussi différente d’eux ?


— Elle trouvera quelqu’un, répond mon père. Ou je m’en chargerais également. Mais les jeunes de nos jours... Je suis sûr que dans cette fac, ils doivent tous avoir l’esprit dévoyé par ces maudits « progressistes ». Regarde donc maman ! Encore hier, je voyais une pub avec deux gouines en affichage géant sur un panneau ! Mais où va-t-on ?

— Qu’est-ce que ça fait ?


Je me rends compte que j’ai pensé à voix haute. Tous les regards se tournent vers moi...


— Qu’est-ce que ça fait ? éructe mon géniteur. Placarder devant nos jeunes l’image de la décadence de notre société ! De ces malades ? On devrait les interner et chercher à les guérir de leur perversion et au lieu de ça, on le glorifie en grand ! Depuis qu’ils peuvent se marier, ils se croient tout permis et...

— Assez !


Sans m’en rendre compte, je me suis levé en frappant la table. Entendre mon père déblatérer ces horreurs sur les homosexuels est au-dessus de mes forces.


— Comment oses-tu ? hurle mon père. Assieds-toi tout de suite et présente tes excuses pour ton comportement ! Et tu vas me dire que tu cautionnes ces déviances, cette tare, cette...


Puis soudainement, je vois un déclic s’opérer dans sa tête. Il me regarde attentivement et il comprend.


— Tu... Tu es...


Il bafoue sous l’indignation et son visage devient rouge cramoisi.


— Tu es une de ces tarés de gouines c’est ça ? dit-il en se levant.

— Eh oui ! lui balancé-je en pleine face. Ta petite fille est homo, qu’est-ce que tu dis de ça ?


Le silence s’abat sur la pièce. Ma mère a baissé les yeux, attendant comme d’habitude que l’orage passe. Je la maudis pour sa lâcheté. Ma grand-mère m’observe avec un regard plein de mépris, mais le pire est mon père. Il respire fortement, sa poitrine se soulève à un rythme effréné et je le sens sur le point d’exploser. Soudainement, d’un geste si rapide que je ne peux l’esquiver, il me gifle avec une telle force que je pars à la renverse et tombe sur le sol.


— JAMAIS ! JAMAIS TU M’ENTENDS !


Je suis sonnée, sous le choc de sa gifle qui m’a fait voir trente-six chandelles. Je ne parviens même pas à être en colère tellement je suis abasourdie.


— Une gouine ! Une putain de gouine ! Ma fille est une putain de gouine !!! Ça suffit, demain je vais t’emmener te faire soigner, il est hors de question que tu sortes à nouveau comme ça... Je t’ai laissé trop de libertés... Ah ça oui... Mais je vais reprendre les choses en main crois-moi.

— Mais ce n’est pas une maladie espèce d’abruti ! Je suis parfaitement normale !


Je viens d’insulter mon père... Le contrecoup de sa gifle commence à se faire sentir et je réalise enfin la portée de son acte et de ses insultes. Au-delà de la peine du rejet, c’est une intense colère qui s’empare de moi. Non, c’est même plus fort que ça... Je le hais... Lui et toutes ses idées rétrogrades qui font encore tant de mal de nos jours.


Indigné par l’insulte, il peine à répondre et je vois qu’il s’apprête à me redonner un coup, mais je ne lui en laisse pas le temps et je me précipite vers la porte d’entrée.


— REVIENS ICI ! TOUT DE SUITE !

— Plutôt crever que de rester encore à t’écouter, dis-je, une main sur la poignée de l’entrée, prête à m’enfuir ou à esquiver ses coups. Si tu ne m’acceptes pas comme je suis alors tu peux tirer une croix sur moi !

— Et où comptes-tu aller petite écervelée ? C’est moi qui paye tes cours, ta chambre et ta nourriture. Si tu pars, je te coupe tout.

— Je me débrouillerais. Nul doute que je serai plus heureuse de toute façon à vivre ma vie plutôt qu’à subir celle que tu veux m’imposer.

— Alors vas-t-en, espèce de dégénérée ! Je te coupe les vivres, on va voir combien de temps tu tiens avant que tu ne reviennes mendier à ma porte ! Vas-y ouvre la porte. Fous le camp ! DEGAGE DE CHEZ MOI !!!


Il ne m’en faut pas plus. Je sors en courant de chez mes parents et m’enfuis, le cœur ravagé par la tristesse et la colère.


Je marche longtemps, tentant de me calmer. C’est alors que je me rends compte que je suis sortie avec à peine une chemise sur moi et qu’il se met à neiger... Je grelotte de froid et commence à me rendre compte de la situation. Je n’ai plus rien... Ma voiture est chez eux et impossible d’y retourner, je ne peux retourner à la fac. Heureusement, mon portable est dans ma poche. Il ne me reste plus qu’une chose à faire.



Point de vue de Melissa



J’observe la neige commencer à tomber. Cette semaine n’en finit pas, je me sens si seule malgré mes animaux... Je me demande ce que fait Emilie, car je n’ai pas de nouvelles depuis ce matin et je ne veux pas la déranger avec sa famille.


Je me morfonds dans un fauteuil lorsque mon portable s’allume lorsque je reçois un appel. Emilie ?


— Emilie ? Qu’y a-t-il ?


C’est une voix en larmes qui me répond. Elle pleure tellement que je ne comprends rien à ce qu’elle me dit.


— Emilie calme-toi ! Tu m’inquiètes, que se passe-t-il ?

— Je... mise dehors... s’il te plaît... viens me chercher...


Sa phrase est tellement entrecoupée de sanglots que je ne comprends pas tout, mais suffisamment pour comprendre que quelque chose d’important s’est passé. Deux secondes plus tard, je reçois sa géolocalisation. Vingt kilomètres.


— Emilie ne bouge pas d’accord ! J’arrive tout de suite !

— Vite...


Je saute dans ma voiture et démarre en trombe en direction de sa position. Qu’a-t-il bien pu se passer ? Que fait-elle en pleine nature à cette heure ? Est-ce qu’elle est indemne ?


Toutes ces questions se bousculent dans ma tête alors que je roule (bien trop vite). Enfin, j’approche de sa position et je la vois enfin, à peine vêtue d’une chemise et d’une jupe longue sous -2°C. Je pile et saute de ma voiture.


— Emilie ! C’est moi Melissa !


Elle lève la tête et je vois son visage strié de larmes. Cela me bouleverse le cœur, mais on verra le pourquoi du comment plus tard. Doucement, je la guide vers ma voiture, car je la sens en état de choc, elle n’arrive pas à parler.


— Doucement ma belle, calme-toi. Mets-toi au chaud, on va chez moi d’accord ?


Elle hoche la tête en se remettant à pleurer. J’ai les nerfs en pelote. Et tiens donc, qu’est-ce que c’est que cette marque rouge sur sa joue ? Une gifle ? Je commence à imaginer lentement le scénario de sa soirée, mais Emilie ne parvient toujours pas à s’exprimer, à chaque fois qu’elle essaye de parler, elle refond en larmes. Ma chérie, qu’as-tu donc subi ce soir ?


Arrivée chez moi, je lui fais couler un bain brûlant et doucement j’ôte ses vêtements avant de l’installer dans la baignoire. Elle se laisse faire, toujours à moitié consciente. Une fois dans le bain, elle commence à se détendre légèrement. Je l’abandonne quelques secondes pour aller lui chercher un petit remontant. Un petit digestif devrait lui réchauffer l’intérieur du corps et lui éclaircir l’esprit. En effet, à peine a-t-elle bu le verre qu’elle me regarde avec un air étrange, comme si elle se demandait ce qu’elle fait là.


— Mélissa ?

— Oui c’est moi petit cœur. Tu es avec moi, chez moi, tout va bien, tu es en sécurité ici.

— Oh Melissa ! Je...

— Du calme ma belle...



Je lui caresse les cheveux pour la rassurer tout en me penchant pour lui déposer un baiser sur le front.


— Que s’est-il passé petit cœur ? Pourquoi étais-tu dehors par ce temps ?

— C’est... Mon père... Je... Je lui ai dit pour moi... pour mon homosexualité...

— Il t’a mise dehors, c’est ça ?

— Pas que... il m’a hurlé que j’étais une dégénérée, il m’a giflée si fortement que... que je suis tombée, puis il m’a mise à la porte, en me coupant les vivres...



Elle fond à nouveau en larmes. Ainsi mon intuition était bonne. Je ressens une bouffée de haine indescriptible envers cet homme ! Comment a-t-il pu oser lever la main sur sa fille ? La mettre dehors par ce temps ? Décidément, les mentalités ont bien du mal à évoluer. Si je m’écoutais, je déboulerais chez lui pour lui faire entendre ma façon de penser, mais il faut que je me concentre sur Emilie.


— Détends-toi ma belle, c’est fini. Tu es absolument normale ne t’en fais pas, c’est lui qui a un problème. Mais ce n’est pas le moment d’en discuter. Réchauffe-toi, reprends des forces, tout va bien se passer je te le promets.

— Merci Melissa, dit-elle entre deux sanglots. D’être venu me chercher... D’être là...

— C’est normal ma chérie... Viens, allons nous coucher, tu dois être exténuée.


Je la sors du bain et la porte jusqu’au lit où je l’installe confortablement sous la couette, dans mes bras et en lui susurrant des mots doux. Ses sanglots s’estompent petit à petit et doucement, elle s’apaise, s’endormant d’un sommeil réparateur.

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