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Artémis, une chasseresse et ses nymphes

Chapitre 1

Lesbienne

Cette histoire, la mienne, s’inscrit dans la suite de Lesbian story X. Malgré vos sympathiques encouragements à poursuivre dans cette voie, j’ai voulu porter un autre regard sur mon passé, trouver un style différent.

 

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1 Idem

 

Deux nanas de 18 ans polissent les bancs de l’amphi à la Sorbonne depuis quelques semaines, rien de plus normal pour des étudiantes amoureuses de la littérature classique, deux fleurs du mal prêtes sans le savoir à réécrire Lesbos, l’anthologie des Poètes de l’amour, une œuvre majeure de Charles Baudelaire, de se l’approprier dans le fond et dans la forme. L’histoire nous ramène au printemps 2009. Une fois n’est pas coutume, voici un portrait des protagonistes fidèle à mes souvenirs.

Cymothoé, une nymphe néréide, erre avec désinvolture entre les groupes d’influence de l’université, en quête de reconnaissance. Sa légèreté n’est qu’apparente, un masque de carnaval vénitien derrière lequel dissimuler la hantise d’un avenir incertain. La belle, elle l’est indiscutablement, assemble des instants de plaisir récupérés ici ou là dans un patchwork d’émotions vives, puis en recouvre sa solitude.

Artémis, malgré la foi en ses convictions, n’a rien encore de la ténébreuse déesse de la chasse décrite dans la mythologie grecque. Sa destination finale lui est apparue lors de la dernière année au collège, un rayon de soleil placé en évidence au bout d’une route tortueuse, parsemée d’embûches. Elle doit avancer, gagner par ses propres expériences la maturité indispensable qui en fera une jeune femme épanouie.

 

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C’est la fête à la Sorbonne-Nouvelle Paris 3, une de plus, il faut bien que jeunesse se passe. La veille, le 8 mai, Johnny Halliday mettait le feu à Saint-Étienne en ouverture de sa nouvelle tournée. Artémis a hésité, la balade dans le quartier du Marais la semaine précédente s’est soldée par un évènement inattendu, inespéré. Perdre sa virginité, ça n’arrive pas tous les jours, une seule fois en fait. Bien entendu, l’étudiante a déjà franchi seule l’obstacle de l’hymen au cours d’une séance de masturbation poussée ; malgré un résultat mitigé, ce coup d’un soir reste une initiation.

Entêtée, Cymothoé a convaincu sa meilleure copine de l’accompagner, une teuf à la fac fera moins de mal à son budget qu’une sortie en ville, il y a toujours des mecs pour inviter les nanas à boire un verre en échange d’un sourire, d’un instant de compagnie. Davantage ? Oh non, à moins de tomber sur l’oiseau rare. Il devra se reconnaître, car la jeune femme ignore les codes de séduction en vigueur. Il y a peu, elle a suivi un beau gosse dans un coin ; le salaud s’est contenté de la sauter contre un mur avant de la laisser tomber comme la capote qu’elle a réussi à lui imposer.

Au moins, Artémis sait la faire rire, la valoriser, lui donner de l’importance, lui offrir des instants inoubliables, mettre un peu de couleur dans la grisaille de son quotidien. Le fait que sa seule véritable amie soit lesbienne importe peu, leur relation se nourrit d’un respect mutuel, une nana est peut-être mieux à même d’en comprendre une autre. Depuis la virée de la semaine dernière au 3 W Kafé, un bar gay du Marais, Cymothoé a senti des changements subtils chez sa complice.

Un regard sur le monde alentour plus profond, des pensées plus positives, de la fierté ou plutôt une certaine grandeur d’âme, une tranquillité d’esprit qui frise la sagesse, une bonne humeur contagieuse, Artémis est une vraie femme depuis sa première expérience, belle, envoûtante, attirante. Et la nymphe néréide, subjuguée, se noie dans un océan de sentiments qui n’ont rien d’effrayant. Puisque l’amour ressemble à ça, autant se laisser prendre au jeu.

 

♀♀
 

Les jeunes femmes ont un peu discuté, beaucoup bu. Cymothoé pensait trouver dans la bière le courage de déclarer sa flamme, elle n’a trouvé que celui de suivre Artémis à son appartement situé rue des Ecouffes, un charmant deux pièces au premier étage d’un immeuble vieillot. À cinquante mètres, des noctambules savourent un peu d’air frais sur le trottoir repeint de rose par les néons du 3 W Kafé. La nuit prendra fin à 06 : 30, quand les premières boulangeries artisanales proposeront des croissants chauds aux travailleurs du dimanche matin.

La tension n’a jamais été aussi palpable ; pourtant, les étudiantes doivent en passer par là, car les sentiments singuliers sont partagés. Que dire, que faire ? Artémis l’ignore. C’était plus facile la première fois avec une femme mariée, ça n’engageait à rien ; cette nuit en revanche, il faut accepter de mettre son existence peinarde dans la balance. Rien ne sera jamais plus pareil après, pour aucune des deux amies, ce besoin incontrôlable d’être prêt de l’autre, de la sentir, de la toucher, risque de faire voler en éclats leur belle complicité. Cela vaut-il le coup ?

En proie au terrible doute, Artémis lance sa playliste préférée, une sélection musicale sur laquelle voguent ses inspirations, difficile de parler de talent d’écrivaine, tout juste une prédisposition à l’écriture. Un jour peut-être... quand sa vie sera en ordre, ce qui est loin d’être le cas.

– Tu veux boire quelque chose ?

« Évite de cogiter, oublie ce qu’elle a foutu avec l’autre samedi dernier. C’est de ta faute aussi ! Tu l’as abandonnée, seule dans ce repaire de gouines, au lieu de prendre sa main, de l’emmener danser. Peut-être que vous y seriez en train de fêter votre première semaine ensemble si t’avais eu un minimum de cran. »

 La réflexion s’envole, Cymothoé enlace sa copine, lui sourit tendrement, il n’est pas trop tard.

– Non, j’ai envie de danser.

La crainte de se faire remarquer les a retenues ce soir au milieu des autres ; ici, aucun risque de subir des railleries, des regards lubriques, des blagues vaseuses, encore moins des insultes d’une bande d’abrutis homophobes ou jaloux. La néréide entraîne Artémis dans un slow lascif, tant pis si le rythme de la musique s’y prête mal, une autre chanson trotte dans leur tête. Les lèvres tremblantes se cherchent, se frôlent, se trouvent, les bouches s’apprivoisent.

 

♀♀
 

Passage obligé dans la salle de bain, les étudiantes dos à dos ont échangé les fringues contre un pyjama. Pourquoi autant de pudeur ? Les complices prennent leur douche ensemble d’habitude, avant de se glisser sous le même drap, de transformer le grand lit en terrain de jeu. Mais cette fois, le jeu sera certainement moins innocent. Maintenant que les formes sont à l’abri, la connivence s’impose de nouveau.

– Je t’aime.

Les regards se confrontent dans le reflet renvoyé par le miroir au-dessus du lavabo, Artémis a osé. La brosse à dents dans sa bouche a très certainement rendu la déclaration incompréhensible, au cas où la réponse ne serait pas celle espérée, mais le principal est d’avoir eu un peu de courage.

– Idem.

Lancer la réplique culte du film Ghost est venu aussitôt à l’esprit de Cymothoé afin de dédramatiser la situation, après tout, la chanson a bercé leur premier baiser. La jeune femme a compris, aucun doute, et sa réponse fait exploser les sourires dans la fraîcheur du dentifrice.

Voici une bonne chose de faite. Et la suite ?

 

♀♀
 

Le grand lit, c’est sur cette improbable scène de théâtre que les étudiantes s’apprêtent à jouer le rôle de leur vie, celui qui doit les mener à la consécration. Aussitôt allongées déjà enlacées, les bouches se trouvent sans peine, adieu l’hésitation. Les langues dansent une folle sarabande tandis que les mains se lancent à l’aventure, à la découverte d’un corps semblable au sien, pourtant différent. Des effleurements timides, des palpations maladroites, les caresses suivront.

Pour l’instant, Artémis et Cymothoé s’embrassent à en perdre haleine, à en perdre la notion du temps. Le désir est là, furieux, seul le manque d’expérience les empêche de se laisser submerger. Ça viendra. Déjà, les doigts sont à l’œuvre sur les seins à travers les pyjamas, une barrière dérisoire qu’aucune n’ose franchir. Les tétons pointent, arrogants sous le tissu, les soupirs se noient dans les bouches voraces.

Les mains glissent sur les ventres nerveux, l’approche se fait plus lentement. Vouloir ne suffit pas, encore faut-il oser, rien n’est gagné ou si peu. Artémis estime avoir perdu trop de temps, ses doigts s’infiltrent dans le pantalon, la douceur de la peau brûlante de fièvre l’incite à l’audace. Elle découvre la touffe, investit la forêt de poils fins, l’explore pour atteindre le sous-bois duveteux entre les cuisses, puis la crevasse.

Les yeux écarquillés de stupeur, la langue de Cymothoé arrête de danser contre celle de sa chérie ; pourtant, sa bouche reste ouverte, collée à la lèvre supérieure fine autant qu’à l’inférieure plus charnue, ourlée sur le menton. Les cheveux châtain clair dont les pointent effleurent la base du cou, la ride d’expression qui s’acharne à barrer un front haut, les grands yeux pétillants oscillent entre vert et marron, le nez droit un peu épaté à la base, elle pourrait décrire ce visage de mémoire.

À son tour, la jeune femme distend l’élastique du pantalon, il lui faut participer à la course au trésor, suivre le chemin tracé par l’audacieuse Artémis, savourer le grain de sa peau, tâter le terrain, longer la toison soigneusement élaguée au lieu de la fouiller, de s’y perdre, jusqu’à découvrir la conque tant convoitée, le berceau suprême de la féminité, car c’est bien le corps d’une nana qu’elle explore.

Les amantes en devenir s’observent. Aucune crainte dans les grands yeux humides, pas davantage une hésitation qui serait compréhensible, logique. Les deux connaissent le rituel pour l’avoir expérimenté seule, à la découverte d’un plaisir qui a souvent eu la saveur amère de la frustration. Non, aucune incertitude, voici venu l’instant du compte-à-rebours, ultime préparation mentale à l’inéluctable.

Un clignement des paupières, les doigts dénichent les clitoris dans un accord parfait. Ouf ! le contact provoque de délicieuses décharges électriques, les souffles deviennent précipités dans les bouches encore soudées l’une à l’autre, les cœurs basculent dans une dimension parallèle. Les jeunes appellent ça une branlette ; pour les tourterelles, c’est déjà faire l’amour, se donner.

Précis ou désordonnés, les gestes stimulent les organes sensibles, d’une pression plus ou moins directe, d’un frottement plus ou moins appuyé, de l’ongle ou du plat du pouce. Tout est bon, délicieusement troublant, enivrant, bien davantage que les tristes séances de masturbation auxquelles la solitude les a condamnées. La frustration n’a nullement sa place cette nuit, il n’y aura aucune trêve avant l’apothéose attendue.

À bout de souffle, Cymothoé rend les armes, le plaisir transpire par tous ses pores, la violence du choc la pousse à maltraiter le clito de son amie d’un doigt fébrile, Artémis la rejoint dans la jouissance partagée. Chacune voudrait avouer à l’autre combien elle l’aime, mais les bouches étouffent à grand peine les soupirs de volupté, les paupières se ferment sur les yeux embués.

 

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L’orgasme, c’en était un assurément, n’a provoqué aucune léthargie malgré l’heure tardive, les corps se sont imbriqués dès le retour d’un calme relatif dans les poitrines. Les amoureuses s’embrassent, décidées à prolonger la communion au bout de la nuit, elles s’assureront ainsi qu’il ne s’agît pas d’un rêve. Ce serait si horrible de se réveiller seule, un risque qui ne vaut pas la peine d’être couru. Et qui sait...

Par hasard, le doute est permis, Artémis frôle un sein à l’abri sous la veste de pyjama. Le frisson de Cymothoé l’interpelle, réveille le désir. Un doigt fait sauter deux boutons, un troisième cède, toute la main s’engouffre dans la brèche. Le sein est là, ferme, tendu, provoquant. La jeune femme, incapable d’ignorer l’appel des sens, interrompt le baiser, il est temps d’observer de près l’objet de son ambition.

Le souffle chaud sur sa peau attise l’excitation, la nymphe se sent transportée par les caresses franches. Artémis, pressée de découvrir la poitrine orgueilleuse, met un terme provisoire au délicieux traitement et ouvre la veste, en écarte les pans. Cymothoé ne s’en froisse pas, le regard lourd maintient un contact quasi physique ; elle se sent belle dans les yeux de sa chérie, désirée. Qu’est-ce qui pourrait avoir plus d’importance ?

Deux seins, deux mains, la bouche fait le lien. Artémis lèche les jolies poires que la nature a jugé malin de recouvrir d’une délicieuse peau de pêche, des fruits mûrs qui espèrent être cueillis sans tarder, livrés à son appétit grandissant. La jeune femme les savoure, aspire tour à tour les aréoles sombres, flatte les tétons, les enveloppe d’une langue câline. Puis, quand les pédoncules brillants de salive pointent fièrement entre ses lèvres, elle s’empresse de les mordiller amoureusement.

– Je t’aime.

Cymothoé aurait pu simplement dire j’aime, c’est le cas, mais non.

– Idem, répond Artémis décidée à poursuivre l’exploration.

Emportée par son élan, la jeune femme fait tomber le pantalon à mi-cuisse. Toucher ne lui suffit plus, elle veut voir, se voir prendre son amie, lui faire l’amour, lui offrir un plaisir différent du premier. Une main volage sur les seins, l’autre entreprend la fente, joue avec les pétales, puis ouvre le calice trempé. Cymothoé s’abandonne, convaincue de jouir encore une fois, quand sa merveilleuse Artémis l’aura décidé. Deux doigts indiscrets s’invitent dans la moiteur du fruit juteux.

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