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Artémis, une chasseresse et ses nymphes

Chapitre 3

Lesbienne

3 La source de jouvence

 

« Les femmes sont faites pour être aimées, non pour être comprises. », voici le credo de la naïade Castalie. Celle qui préféra se jeter dans une fontaine plutôt que de céder aux avances du dieu Apollon cherche l’aventure loin du Marais ce soir, hors des sentiers battus, quitte à finir la nuit seule dans son grand appartement du 6ème arrondissement. Dans une belle histoire féministe, l’intrépide femme d’affaires aurait réussi à se hisser au sommet d’un monde bâti par les hommes pour flatter leur vanité ; Castalie est en fait une héritière qui sait s’entourer, déléguer, et se contente de regarder prospérer l’empire familial en intervenant le moins possible.

Son petit doigt lui a confié un secret, des étudiants de la Sorbonne-Nouvelle Paris 3 font la fête, une coutume hebdomadaire. Voici peut-être l’occasion de trouver une muse inspiratrice qui saura s’émerveiller de tout dans son univers bourgeois, qui succombera à ses charmes de quinquagénaire accomplie, une égérie qui l’accompagnera un bout de chemin, le temps d’apprendre à voler de ses propres ailes. Castalie prend son rôle d’incitatrice au sérieux, sa contribution personnelle à la libération des jeunes femmes passe par l’éveil des sens, de tous les sens ; ce n’est qu’une fois sa mission accomplie qu’elle laissera sa disciple libre de choisir son destin.

Une amie prof lui a ouvert les portes de la salle polyvalente mise à disposition par la mairie du 12ème, un classique du genre, un appel déguisé à voter à la prochaine élection présidentielle. Il s’agira d’une première, aucun de ces jeunes gens ne se rappellera une soirée festive de 2010 à l’instant de mettre le bulletin dans l’urne en 2012, Castalie non plus. L’important est ailleurs, la nymphe s’installe sur un perchoir au bout du comptoir, un haut tabouret qui lui offre une vue d’ensemble. Une multitude de tragi-comédies se jouent à quelques pas, dont les étudiants sont friands ; il y en a pour tous les goûts, de la tentation à la trahison, jusqu’à l’inévitable rupture.

La sélection obéit à un rituel mûrement réfléchi. Premier critère essentiel, repérer les fumeuses, Castalie ne supporte pas l’odeur du tabac. Puis découvrir les chaudasses, ces nanas qui roucoulent dès qu’un mec leur sourit, prêtes à tailler une pipe en échange d’un minimum d’attention. Enfin, éliminer les amoureuses, celles dont le cœur a déjà chaviré, la dignité lui interdit de jeter son dévolu sur une tourterelle en couple. À l’arrivée, une douzaine de candidates sortent du lot parmi les soixante étudiantes présentes ; en effet, la naïade ne s’intéressent qu’aux jeunes femmes entre 18 et 20 ans. Jolies ? Elles le sont toujours à cet âge.

– Fous-moi la paix.

Le timbre grave se perd dans les décibels du rock endiablé, le mec dépité disparaît, sa contrariété s’envolera bientôt. Castalie essaie de capter les pensées sous le front buté où une mèche rebelle a élu domicile, mais les yeux clairs ne laissent rien deviner. La belle est venue noyer sa solitude au milieu des autres, comme un défi lancé à l’adversité qui la ronge. Ça sent la peine de cœur, ou plutôt la grisaille qui en découle quand la douleur laisse place au néant. Ne plus souffrir, c’est ne plus ressentir, et le vide émotionnel fait presque plus mal. L’étudiante tend un billet de cinq euros au serveur, celui-ci a compris le message silencieux lancé par la vieille.

– C’est déjà payé par cette dame.

 

♀♀
 

Artémis a échappé à la noyade et flotte désormais comme une branche coupée au fil de l’eau, les courants décident de sa destination. La quinqua lève un sourcil en guise de « À la vôtre » subliminal. Une prof ? Certainement de philo pour percer ses états d’âme à jour avec une telle facilité, ou une vieille qui espère ressentir les frissons passés de sa jeunesse, vivre encore un peu, quitte à le faire par procuration. La jeune femme ressent le besoin d’une présence amicale, mais les mecs se prêtent mal à l’exercice, alors cette compagnie en vaut une autre.

– Merci.

Le timbre de voix radouci inspire la compassion.

– Ça me fait plaisir.

La sobriété de la répartie entre dans la tactique éprouvée ; laisser l’étudiante briser le silence, se confier à son rythme, une ouverture se présentera.

– Vous êtes prof ?

– Non, mon truc c’est plutôt les conseils d’administration.

La réponse désinvolte éveille l’intérêt de l’étudiante, la nymphe lui rappelle une émission à la télé sur les femmes de pouvoir, un programme qui serait passé inaperçu si Artémis avait eu un semblant de vie sociale. Pourquoi une vieille bourgeoise viendrait perdre son temps dans une salle miteuse du 12ème arrondissement, parmi une bande de jeunes déjantés attirés par l’alcool pas cher ? Elle se sentirait davantage à sa place sur les Champs-Élysées en compagnie d’autres rupins, ou à écouter du jazz dans un club fermé de Saint-Germain-des-Prés.

– Vous êtes une cheffe d’entreprise qui cherche des cerveaux super intelligents pour préparer l’avenir ?

La femme d’affaires pose un doigt en travers des lèvres de l’étudiante, l’occasion d’un premier contact physique agréable. La belle ne manque pas de répartie, voici une excellente chose.

– On peut dire ça, mais je suis en mission secrète. Parle-moi de toi.

C’est rare de voir une femme assumer aussi bien sa cinquantaine, ça lui confère une élégance naturelle, un charme fou. Artémis plonge dans le profond regard sombre, tant pis si elle doit s’y noyer.

– Je suis étudiante en littérature classique, une inconditionnelle des grandes épopées grecques antiques. Rien qui intéresse une grande entreprise, désolée.

– L’époque de la guerre de Troie ou les travaux d’Hercule ?

Les grands yeux bleus pétillent comme du champagne, Artémis ressent très rarement le plaisir d’être écoutée, surtout ces deniers temps.

– Je préfère les histoires qui se rapportent aux Amazones guerrières, même si toutes se terminent mal. Les Grecs étaient de foutus machos dans leur genre.

– C’est rien de le dire, pouffe discrètement la nymphe médusée, les mentalités n’ont pas beaucoup changé en trois mille ans.

Elle sait déjà que le temps passé en si charmante compagnie la comblera de plaisir. Maintenant, il convient de sortir l’étudiante de sa zone de confort.

 

♀♀
 

Les tournées se succèdent, Artémis enfile les verres d’alcool sous les regards amusés d’une bande de joyeux drilles à la recherche d’un coup facile. Castalie garde un œil sur les opportunistes qui font allègrement briller la carte Gold fournie par leur société, une note de frais salée en perspective. Les rires gras dénoncent les intentions du quatuor pris en flagrant délit d’usurpation d’identité ; il est facile de jouer les riches avec l’argent de ses patrons. Personne n’est dupe au club select où les femmes ont élu domicile pour la soirée à deux pas des Champs-Élysées.

À la drague insolente des hommes en rut, Artémis préfère le délicat jeu de séduction de la nymphe des fontaines, indépendamment de son orientation. La question n’est plus de savoir si la femme d’affaires parviendra à l’attirer dans son lit, c’est pratiquement un fait acquis, mais comment. Par un subterfuge, la promesse de cadeaux royaux, un abus de sa position sociale ? Tout ceci lui paraît glauque, il y a tant de bonnes raisons de se laisser aller.

– Tu veux danser ?

L’invitation lancée d’une voix claire fait sursauter la bande des machos à l’écoute ; deux femmes enlacées sur le dancefloor, la scène risque de choquer dans un club privé de la société conformiste parisienne. Castalie met sa popularité en danger.

– J’ai la réputation d’aimer les femmes, surtout les jeunes. Tu l’ignorais ? Eh bien, tu le sais maintenant.

Oui, et ça répond à quelques questions en suspens, Artémis accepte la main tendue puis se lève, sous le charme du sourire limpide. La quinquagénaire s’efforce encore de maintenir une distance convenable avec l’étudiante, un exercice de plus en plus difficile au vu la de tournure singulière des évènements.

– Rassure-toi, on pourrait s’embrasser sans créer de polémique, tout le monde s’en moque ici. À moins que tu n’en aies pas envie.

Ultime provocation ou conscience aiguisée de la muse, peu importe, la jeune femme se laisse emporter par le délicieux tourbillon de la vie, l’aventure proposée la séduit.

– Et... tu vois ça comment entre nous ?

– Sans prise de tête, on s’appelle, on se voit. Quand t’en auras assez de me supporter, tu seras libre de t’en aller.

Une relation simple, libérée des contraintes, voici ce dont Artémis a envie, elle réduit insidieusement la distance. Contre sa joue, Castalie savoure la douceur du duvet blond sur l’avant-bras de sa nouvelle égérie.

– T’as de quoi boire chez toi ?

Quelle question ! La nymphe devine le désir d’abréger la soirée au club, l’étudiante a envie de laisser sa nature s’exprimer.

– T’es pas un peu jeune pour sombrer dans la déprime de l’alcool ?

– Oh ! je bois pas tous les jours, rarement en réalité. Le problème, c’est que une fois le nez dedans, je ne sais plus m’arrêter.

 

♀♀
 

Au lieu d’un étalage suranné de luxe bourgeois, le dénuement du grand appartement dans un immeuble cossu du 6ème arrondissement surprend la visiteuse. Castalie se réjouit de l’effet suscité. L’inventaire du mobilier est vite fait, un grand canapé de cuir crème, une table basse de style contemporain, une caisse en bois qui ressemble à un coffre dans un vieux film de pirates, et un écran géant sur son meuble laqué accolé au mur blanc ; l’ensemble donne une impression de démesure à la pièce.

– Je déteste me cogner dans les meubles, et je ne suis pas matérialiste. Le vrai luxe à Paris, c’est l’espace.

Incapable de lui donner tort, Artémis enfile le pas de la bourgeoise qui l’entraîne par la main dans un improbable état des lieux. Après le salon, l’équipement ultramoderne de la cuisine ferait le bonheur d’un chef étoilé. Là aussi tout est soigneusement rangé, à sa place, comme si une assiette sale ou une tasse dans l’évier pouvait dénaturer l’univers aseptisé de la nymphe, c’est peut-être le cas.

– Ouais ! J’ai intérêt à nettoyer chez moi avant de t’inviter.

Le temps de sortir deux bières du frigo, Castalie surprend Artémis adossée au mur, le blouson sur le dossier d’une chaise. Les canettes atterrissent sur la table.

– La femme de ménage est maniaque, moi beaucoup moins. Elle mérite largement son salaire, crois-moi.

Un regard échangé, l’acceptation du désir, la tendresse partagée d’un sourire, la jeune femme prend les lèvres de la nymphe. Le baiser s’éternise, sans autre geste que des bras autour d’un cou et des mains sur des hanches. Les langues lovées au chaud l’une contre l’autre, elles laissent monter la fièvre en évitant les provocations inutiles. Artémis rompt le contact pour reprendre son souffle dans une gorgée de bière, puis reprend sa place.

Une goutte de liquide s’échappe de la commissure des lèvres, Castalie la récupère à la base du cou, c’est meilleur que de boire au goulot. Le premier bouton pression de la chemise canadienne saute, puis un deuxième, les autres cèdent d’un coup sec ; ensuite, elle prend un peu de recul pour s’adonner à son péché favori. Depuis la prise de conscience des dommages du temps qui passe, admirer ces jeunes femmes avant de s’en régaler lui procure un indicible plaisir des yeux.

– Tu as de beaux seins, touche-toi.

Devinant l’appétence particulière de la nymphe, Artémis se laisse prendre au jeu, le voyeurisme est indissociable de l’exhibitionnisme, les deux faces d’une même pièce. Le corps arqué, impudique, elle se caresse face au regard langoureux. Les tétons pointent bientôt, arrogants.

– Dégrafe ton pantalon.

Attentive à canaliser l’attention sur ses gestes, d’une lenteur exaspérante en signe de défi, l’étudiante détache le bouton de son jean. Le son incongru du zip de la braguette résonne dans tout l’appartement.

– Fais voir.

Artémis se trémousse, excitée. Est-ce que toutes les vieilles ont les mêmes manies ? Le pantalon disparaît, la culotte aussi. Plus rien ne la protège, qu’importe, elle est venue de son plein gré.

– Tu veux que...

C’en est trop, Castalie au bord de l’explosion tombe à genoux.

– Non.

Aussi douce dans le geste qu’autoritaire dans la voix, la nymphe lisse la fente d’un geste appuyé, les pétales s’ouvrent.

– Hummm... tu mouilles.

Castalie observe l’abricot couvert de poils fins offert à sa convoitise, un fruit à peine mûr pas encore abîmé par la queue d’un homme. L’envie la tenaille de goûter la saveur de l’étudiante, de la lécher, de lui offrir le plaisir de sa langue. Pas tout de suite.

Un doigt puis deux dans sa grotte, Artémis laisse échapper un grondement guttural. La moiteur ambiante pousse la nymphe à explorer d’autres mystères, elle commence à baiser sa conquête. Cette dernière retient un cri. Le va-et-vient la met en transe.

Pressée d’en finir avec le premier acte de la symphonie des sens, Castalie déniche le clito. Artémis rugit, les lèvres pincées. Pourquoi tant de précipitation à la faire jouir ? Le plaisir s’annonce déjà en deux ou trois minutes d’un traitement démentiel, elle n’a pas le choix que de s’abandonner. Et la nymphe observe l’orgasme en gros plan.

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