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ASSOCIATION DE BIENFAITEURS

Chapitre 1

Erotique

Et si les paroles des chansons grivoises étaient le résumé de récits plus étoffés ?… Voici une tentative de variation à partir de la chanson : JEANNETON PREND SA FAUCILLE…



« Jeanneton prend sa faucille »

« Lahirette, lahirette, »

« Jeanneton prend sa faucille »

« Et s’en va couper des joncs (bis) »



— Pourquoi tu traînes comme ça à la maison? T’as rien de plus intelligent à faire?

— J’ai pas envie de sortir, m’man. Je… je vais raccommoder ma chemise jaune.

— Laisse ton raccommodage en paix. Tu devrais aller dehors, profiter du beau temps. Tiens! Va donc chercher des joncs pour la litière des chèvres.

Jeanneton regarde sa mère un sourire en coin.

— Toi, murmure-t-elle, tu attends de la visite et tu ne tiens pas que je sois dans les parages.

— Qu’est-ce que tu dis? interroge Amélie.

— Rien maman, rien.

La jeune fille range sa couture. Des coups contre la porte lui font lever la tête. Elle se lève pour aller ouvrir.

— Laisse ma fille, j’y vais.

Amélie se précipite et fait entrer un homme d’âge mûr, l’air respectable.

— Oh! Monsieur Augustin, quelle surprise! Entrez donc je vous prie.

« En fait de surprise », pense Jeanneton, « avoue donc maman, que tu l’attendais avec impatience cette visite. »

— Bonsoir madame Amélie, bonsoir Jeanneton. Je ne voudrais pas déranger.

— Mais, non, mais, non. Asseyez-vous.

Amélie présente une chaise. Monsieur Augustin prend place.

— Vous prendrez bien un verre.

Elle se précipite vers le placard, sort une bouteille et un verre qu’elle remplit. L’homme renifle la boisson, en mire la couleur, puis l’avale à petits coups. Il repose le verre vide en faisant claquer sa langue.

— C’est du bon, ça! Merci madame Amélie.

— Oui, il provient de notre vigne de la Tâchère. Ce sont les dernières pièces que mon défunt époux a mises en bouteilles.

Un ange passe.


— Qu’est-ce qui nous vaut le plaisir de votre visite, monsieur Augustin? minaude Amélie pour donner le change à sa fille.

— Je passais par-là et je me suis dit que ce serait une bonne idée de vous donner le bonjour.

— Très bonne idée, monsieur Augustin, très bonne idée.

— Vous voulez encore un verre? interroge la jeune fille qui prend la bouteille par le goulot.

— Non, merci ça me suffira. Je tiens à garder la tête claire, ajoute-t-il en riant.

— Je peux desservir alors?

— Si tu veux.

Jeanneton s’approche du bonhomme. Elle ramasse le verre. Il la retient par le bras.

— C’est que tu es devenue une belle fille, dis donc!

En cachette d’Amélie, la main descend sur les fesses qu’elle flatte. Jeanneton se raidit, mais pour ne pas chagriner sa mère ne dit rien.

— Il va falloir songer à la marier cette petite. Ce ne devrait pas être difficile vu qu’elle doit avoir une foule de galants.

— Oh! Pour ça, ça ne manque pas, mais mademoiselle fait la difficile.

— Je ne suis pas pressée de me marier, maman.

— Tu as pourtant l’âge. Je serais pas tout le temps là pour prendre soin de toi.

Augustin soulève la jupe et le jupon pour poser la paume à l’arrière du genou.

— Je connais un bon parti. Je peux vous le présenter si vous voulez.

— C’est inutile, déclare la jeune fille qui parvient à se dégager.

— Tu devrais remercier monsieur Augustin de s’occuper ainsi de toi, lui qui a tant de travail.

« Je sais pas si tu le remercierais si tu savais comment il s’occupe de moi », grommèle-t-elle en emportant à l’évier le verre vide. « Un mari choisi par lui, pour qu’il puisse disposer de moi à sa guise? Non merci! »

Amélie ramasse le linge et la corbeille à couture.

— Excusez-moi, je porte ça dans la chambre, j’en ai pour une minute. Jeanneton ma chérie, fait la conversation avec monsieur Augustin.


— Tout compte fait ressers-moi un autre verre, demande-t-il dès que la femme a quitté la pièce.

La jeune fille remplit le gobelet. Augustin farfouille sous le jupon. Elle tente de se libérer, en vain.

— Dis, pourquoi tu viens plus me rendre visite? J’espérais ta venue hier.

La main remonte entre les cuisses. Jeanneton serre les lèvres. Elle ne peut faire de scandale sinon sa mère s’apercevrait du manège du vieux et serait terriblement déçue de voir que celui-ci ne lui fait la cour que pour avoir la fille.

— Lâchez-moi!

— Pas avant que tu promettes de venir chez moi.

Sa caresse atteint l’entrejambe. Jeanneton frémit de dégoût de sentir les doigts toucher sa chair intime.

— Ma mère va revenir.

Augustin consent à la libérer.

— Je t’attends demain à trois heures.

Amélie de retour dans la pièce principale fronce les sourcils en voyant sa fille tout près de son soupirant.

— Jeanneton s’il te plait! Prends une faucille et vas couper des joncs comme je t’ai demandé.

— Tout de suite maman, je monte chercher un fichu, s’empresse-t-elle ravie de pouvoir s’échapper.


Deux minutes plus tard elle descend un châle sur les épaules et un foulard dans les cheveux. Par la porte de communication restée ouverte, elle voit sa mère de profil. Amélie est coincée contre la table par Augustin. Sa jupe et son jupon sont relevés par le bonhomme qui s’avance en écartant les cuisses. Il regarde la jeune fille qui peut lire sur ses lèvres « à demain ». Elle réprime un hoquet de dégoût et ferme la porte avec fracas.

— Compte dessus! Espèce de gros dégueulasse! Contente-toi de baiser ma mère.


Elle va dans la remise prendre une faucille et la remorque. Ah! Ce qu’elle peut la regretter sa première visite chez Augustin. Elle était toute retournée du décès récent de son père et sortait souvent pour éviter de se retrouver en tête-à-tête avec sa mère qui pleurait tout le temps. Dans le village, les garçons voulaient profiter de son désarroi. Un jour qu’ils s’étaient mis à plusieurs et qu’elle désespérait s’en sortir sans dommage, Augustin avait pris sa défense. Il avait mis les garnements en fuite et l’avait invitée à se réfugier chez lui. Il avait su l’amadouer par de belles paroles. La pauvre Jeanneton était encore innocente à cette époque. Elle était flattée que quelqu’un d’aussi important que monsieur Augustin s’abaisse à s’occuper d’elle. Quelques verres de liqueur eurent raison de sa timidité et lorsqu’elle se rendit compte où les caresses du bonhomme la conduisaient, il était trop tard. Elle s’est débattue, a appelé à l’aide. Augustin s’est moqué d’elle, voulait-elle que tout le monde sache qu’elle était une fille perdue? Jeanneton a ravalé ses larmes et subit l’odieux personnage. Oh! Il ne lui fit pas trop mal, la douleur et la perte de son pucelage furent vite effacées. Puis, les caresses sur la poitrine n’étaient pas désagréables… Si les choses en étaient restées là, cela aurait été même bénéfique pour Jeanneton. Les garçons ne lui faisaient plus peur. Malheureusement Augustin que ce premier contact avait excité voulait en obtenir plus. Pour s’assurer la docilité de la fille, il fit la cour à la mère. Amélie fut flattée de l’intérêt qu’il lui portait et quand elle fut bien accrochée, il menaça la jeune fille de révéler leur liaison. La mort dans l’âme, Jeanneton a du promettre de le revoir pour ne pas chagriner sa mère. La pauvre… si elle savait ce que le bonhomme fait quand sa fille lui rend visite…

Elle referme la porte de la remise et tire la carriole…


Dans le village, des garçons sourient à Jeanneton. Elle leur répond. Ils sont bien gentils mais… Avec certain aussi elle s’est laissée aller… sans grand enthousiasme, encouragée par ses amies à qui elle avait raconté ses déboires.

-Tu verras disaient-elles, t’a eu une mauvaise expérience. C’est super de baiser avec un garçon qui s’y connaît.

— Je t’assure, renchérit Suzon qui se sent en veine de générosité, tu devais essayer le Gustave.

— Pourquoi pas ton Albert ? intervient Lison qui n’apprécie pas qu’on dispose de son amoureux.

Jeanneton les calme en déclarant que si elle tente une expérience ce ne sera pas avec les petits copains de ses amies. Elle porte son dévolu sur René, un garçon un peu timide qui lui faisait les yeux doux. Nouvelle déception, le va et vient d’une queue dans son ventre ne lui apporte aucun plaisir, tout juste le regret de ne rien éprouver. Ses amies ne la comprennent pas.

— T’es pas frigide quand même! Tu devrais insister, l’encourageaient-elles. René n’est pas un bon cheval? T’as qu’à en changer!

Jeanneton ne se sent pas le courage de persévérer dans ses recherches et se contente de subir Augustin sans plaisir. Justement elle passe devant la maison de celui-ci. Elle soupire. Non, elle ne se refusera pas, elle aime trop sa mère pour lui faire de la peine. Demain elle sera exacte au rendez-vous.


Elle quitte le village vers l’étang voisin où elle sait trouver des joncs. Elle rencontre ses trois amies qui conduisent les chèvres au pâturage.

— Bonjour Jeanneton, lance Suzon. Tu viens avec nous?

— Où vous menez paître?

— Dans le champ à Jules. Il nous a donné la permission.

— C’est pas mon chemin, je vais couper des joncs à l’étang.

Fanchon propose:

— Accompagne-nous jusqu’au carrefour du calvaire. Ça te fait pas faire un grand détour.

— Oui, on fait un bout de chemin ensemble, insiste Lison.

Jeanneton accepte avec plaisir. Elle écoute ses amies comparer les performances de leurs amoureux. Ah! Si elle pouvait en dire autant! Arrivée au carrefour, elle les quitte et s’enfonce dans le petit bois…


(Suite au prochain couplet)

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