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Aurane Le désir sous influence

Chapitre 1

Lesbienne

Adossée au chambranle de la porte du salon, maman m’observe à la rédaction de mon journal intime au milieu des restes du petit-déjeuner. Elle essaie d’imaginer le contenu de ces pages remplies depuis des années avec un soin méticuleux. Un voile de nostalgie assombrit son regard un instant, la pauvre soupire de voir sa fille unique offrir ses confidences à un cahier. La majorité acquise l’an dernier entraîne un désir logique d’émancipation ; en outre, nous allons pour la première fois être séparées le temps des vacances.

– Si tu changes d’avis, Aurane, avance maman en désespoir de cause, ton oncle et ta tante seront très heureux de te voir. Ils ont la gentillesse de nous recevoir dans leur maison à Pornic tout le mois d’août. On n’aurait jamais réussi à s’offrir de pareilles vacances, tu le sais.

J’observe avec tendresse la belle femme de quarante ans à qui je m’enorgueillis de ressembler trait pour trait. Les mêmes cheveux mi-longs coiffés en une queue de cheval d’un châtain très clair tombant entre les omoplates, le même front volontaire, les joues pleines nacrées, le nez mutin légèrement épaté, une petite bouche charnue, le menton à peine saillant. Ses pommettes colorées paressent un peu plus accentuées, la lèvre inférieure est un peu moins ourlée. À elle la douceur d’un regard bleu, on me prête l’insolence des yeux verts. Néanmoins, ces quelques détails ne constituent pas de véritables différences.

– Ne t’inquiète pas, maman. Et je ne serai pas seule, j’irai voir si mamie ne manque de rien. Maintenant file, papa t’attend.

Savoir que je n’oublie pas ma grand-mère maternelle la rassure. Un sourire peint sur ses lèvres roses, elle m’embrasse. J’aurais voulu l’accompagner, au moins pour passer du temps en sa compagnie, mais certaines questions demandent des réponses avant d’envisager l’avenir.


Enfin seule, le moment est venu de m’occuper de moi. Passage obligé dans la salle de bains. Le pyjama tombe à mes pieds, je m’installe sur le rebord de la baignoire et pousse la porte qui soutient la grande glace. La nudité de mon reflet m’arrache un soupir de volupté. Un psychologue expliquerait la raison de ce narcissisme troublant, mais personne n’est au courant de mon attirance physique envers mon propre corps.

Mon regard dans le miroir se focalise sur ma poitrine, ces seins pas très gros mais ronds et fermes qui font ma fierté. J’en enveloppe un d’une main caressante, le téton pointe aussitôt dans l’aréole claire. Il est sensible, le coquin. Le second réagit de même. Le désir se mue en besoin, en obsession ; la masturbation me sert d’exutoire depuis longtemps, rien d’autre ne calme cette démangeaison particulière.

Quelques expériences avec des garçons ont été un désastre sur le plan sentimental, une horreur sur le plan sexuel. Je ne leur en veux pas, la cause de ces échecs vient de moi et de mes fantasmes. L’attirance pour mes courbes, mes seins, ma fente encore close et la petite excroissance sous son capuchon à la jointure de mes grandes lèvres révèle une orientation que j’ai appris à accepter dans l’intimité. L’admettre dans la société est une autre histoire.

Une image surgie du passé se substitue à mon reflet sans prévenir : le premier vrai baiser donné quelques années plus tôt dans le secret de ma chambre d’adolescente… à une copine. Il s’agissait à l’époque d’une banale envie de découverte, vite suivie par un désir profond. Mais le manque d’audace a mis un terme à l’apprentissage. Depuis, l’inextricable de la situation me fait peur, au point de renier mon ressenti ; chaque tentative de rapprochement avec les garçons s’est soldée par un dégoût de moi-même, alors je vis par procuration, enfermée dans un cocon de solitude.

Incapable de résister, je fouille la toison de mon pubis dont la pointe du triangle flirte avec mon sexe imberbe fermé comme un abricot. Masser le renflement du bas ventre procure de délicieuses sensations, mais pas le temps ce matin, je presse bientôt deux doigts sur mon bouton dans un mouvement circulaire de plus en plus rapide. Un énigmatique bien-être me surprend.

Hum… comme c’est bon. Mon clito a faim de caresses.

Les raisons de cet acte, le désir d’en connaître davantage, tout se mélange dans ma tête avant de disparaître au profit d’un petit plaisir mitigé, une apaisante béatitude.


Enfin, à midi passé, la présence désirée est là. La venue de Coralie marque le début de nos vraies vacances. L’ovale doux du visage aux traits rieurs, les sourcils presque épais, le grand regard sombre de biche en harmonie avec les cheveux châtain dont les pointes caressent les épaules, les joues pleines et la bouche en cœur, ma complice depuis le lycée a de quoi faire tourner les têtes.

On file dans ma chambre malgré l’absence des parents, l’habitude d’y cacher nos secrets d’adolescentes.

– Tu en es où avec Damien ? demande-t-elle, assise en tailleur sur le grand lit.

– C’est fini, je l’ai largué hier.

– Tu veux dire que c’est sûr, s’engage Coralie, tu es attirée par les nanas.

Le fond sonore de Chill masque ma réflexion approfondie. Cette question est restée sans réponse pendant quatre ans. Je me suis d’abord contentée d’en rire, refusant de me projeter dans un avenir incertain. Puis vint le malaise engendré par la honte, et un isolement volontaire préférable à l’exclusion. L’acceptation silencieuse a cédé le pas au mensonge avec des aventures hétéros. Damien, sans le savoir, a servi de dernier faire-valoir devant les parents et les copains.

– Tu ferais quoi si je te disais oui ? finis-je par articuler, tenaillée par la peur d’être abandonnée par ma seule amie.

– Eh ! Je ne te laisserai jamais tomber, même si tu es lesbienne, s’insurge Coralie en me dévisageant comme si je venais de sortir une bêtise. Je me demande comment ça a pu arriver, je t’ai déjà vu avec des mecs.

Je n’ai pas osé mentir, mais il est difficile de convenir d’un fait dont j’ignore tout encore. Cette préférence pour les filles et le dédain vis-à-vis des garçons le laissent à penser. L’expérience seule pourra me donner des certitudes.

– Je n’aime pas leur compagnie, je n’aime pas leur physique ni leur attitude. Tout ce machisme, ça me révolte.

– Ça leur passe avec l’âge, tente Coralie en bémol. Tu t’imagines en train de lécher une chatte ?

– Oui, justement ! Ça fait partie de mes fantasmes quand je me masturbe. Tu crois peut-être que c’est mieux de sucer une queue.

Le ton monte, mais ce n’est pas une dispute. Notre amitié se nourrit de ces débats directs, du franc-parler dont on abuse par facilité.

– Et tu te caresses souvent ? sourit ma complice. Tu dois être mimi à t’envoyer en l’air toute seule.

– Au minimum une à deux fois par jour. Ça me détend au moins si je n’arrive pas à l’orgasme à tous les coups.

– Tu ne penses qu’à ça, ma parole, s’extasie Coralie. Et tu te fais jouir comment ? Moi, c’est en m’astiquant le bouton.

– Moi aussi. J’ai vu sur Internet que le véritable orgasme vaginal n’existe pas.

Je peux sourire, confiante ; ma niaiserie ne provoque aucune moquerie. Reste à lui faire part d’un programme dont elle ignore tout.

– On sort ce soir, une virée dans le Marais.


Depuis la fermeture du Nix Café, Paris ne recèle plus aucun bistrot exclusivement féminin. Sans doute les femmes rechignent-elles à laisser s’exprimer un naturel festif hors de la présence des hommes. En Allemagne, en Angleterre ou aux Etats-Unis, de nombreux lieux semblables attirent des foules désireuses de s’amuser entre nanas.

Il s’agit bien de viabilité économique en France, non d’un blocage culturel. Un bar ne peut survivre à long terme sans la participation de la clientèle masculine, alors les bistrots lesbiens se sont ouverts à la mixité. Toutefois, les femmes regrettent certains soirs de ne pouvoir s’éclater entre elles.

Un collectif s’est empressé de combler ce vide : Barbieturix. L’association se fit d’abord connaître par la distribution d’un fanzine en noir et blanc tiré sur une simple photocopieuse. Une fois sa notoriété établie, elle commença à organiser des soirées réservées aux filles. Alors, ce qui était impossible sur la durée devint ponctuellement réalisable. Le succès fut immédiat et reconduit. La programmation sur Internet place le 3 W Kafé à l’honneur ce soir.


– Bonsoir, qu’est-ce que vous buvez ? sourit la barmaid âgée d’une petite trentaine, sans doute convaincue de notre candeur.

Je relève le nez de la carte des cocktails. La jolie brune derrière son comptoir ne semble pas pressée par le temps malgré la clientèle abondante.

– Deux kirs pétillants à la rose s’il vous plait.

J’ai commandé au hasard, espérant ne pas être ridicule.

– Je m’appelle Marie, souffle cette dernière avec une gentillesse non feinte. Et tout le monde se tutoie ici. C’est votre première soirée ?

Coralie détourne enfin son attention de la salle où des femmes de tous les âges et de tous les genres, assises sur des poufs, partagent des bouteilles sur des tables basses semblables à celles d’une discothèque. Je me sens moins seule.

– La piste de danse est au sous-sol, avertit Marie après avoir déposé les verres. La soirée se termine à 4 heures du matin.

Une question me brûle, histoire d’étaler un maigre savoir du milieu lesbien.

– Une scène du film « La vie d’Adèle » a été tournée ici ?

– Adèle Exarchopoulos se tenait à ta place, confirme la serveuse dont le regard brille d’appréhender la situation. J’ai l’impression de la retrouver en te regardant. Tu as les cheveux plus clairs, mais la même physionomie, et tu te poses des questions sur toi comme l’héroïne du film.

Coralie m’observe du coin de l’œil. Mon amie comprend que je suis à ma véritable place pour la première fois, intimidée certes, mais dans un univers à la mesure de mes désirs. J’aime les filles, cette évidence ne remet pas en cause notre complicité.


Par deux fois on profite de la piste de danse au sous-sol, par deux fois on retrouve notre place au comptoir. Des femmes sortent griller une cigarette sur le trottoir, puis rentrent. D’autres arrivent sur le tard afin de se joindre à la fête, certaines en groupe ou en couple, rarement seules. Aucune ne semble nous apercevoir, encore moins se presse de nous connaître. Le constat est amer. Un troisième kir entraîne une réaction de ma part.

– Merde ! Des mecs nous auraient accostées cent fois dans une soirée hétéro.

Je supporte mieux l’alcool d’habitude, le contexte doit me déstabiliser malgré moi. Marie, qui vient de faire le tour du comptoir pour prendre une pause, s’amuse de ma déconvenue. Elle rejoint notre duo.

– On vous a remarquées, pourtant. Vous n’avez rien vu ? La brune assise derrière vous par exemple, elle a frôlé le bras d’Aurane plusieurs fois pour prendre des olives, mais elle n’en mange pas. Et les deux à la petite table là-bas vous dévorent des yeux. Évidemment, c’est subtil entre nanas, il faut déchiffrer les signes, on ne se fait pas du rentre dedans. N’espère pas entendre l’une d’elles te glisser à l’oreille « J’ai envie de toi », même si c’est le cas.

– Tu crois qu’on n’est pas ensemble, alors, réagit Coralie, une pointe de déception dans la voix. Car la dernière phrase m’était adressée en particulier.

– Vous formez un joli couple, remarque Marie attentive au choix de ses mots, mais non. Aurane est venue chercher des réponses, et tu l’accompagnes en véritable amie. Ton geste est admirable, beaucoup à ta place l’aurait laissée tomber. Ne vous prenez pas la tête, les filles, laissez faire la nature.

Comme pour récupérer d’un trop long discours, la serveuse en pause replonge le nez dans sa tasse de café. La nature a visiblement oublié ma présence.


Rentrées peu après minuit, on grignote un morceau afin d’éponger une partie de l’alcool ingurgité. Aucune n’est ivre, mais le manque d’habitude se perçoit dans nos démarches mal assurées.

– On va prendre une douche, propose Coralie.

Bonne idée, ça nous permettra de laver la transpiration de la soirée. Reste à savoir si la vision de sa nudité ne réveillera pas en moi un désir interdit par notre amitié. Il nous est déjà arrivé de nous doucher ensemble, mais pas dans cet état second.

Une fois nos pyjamas enfilés, on fonce dans le salon meublé par la générosité de ma grand-mère. Le sommeil ne nous appelle pas encore. J’exhibe le DVD acheté le matin même, contente de mon effet.

– Tu es sûre de vouloir le regarder ce soir ? piaffe Coralie amusée. Tu vas dormir avec ce que tu as bu.

– Mais non, rabat-joie. Et puis tu as entendu la serveuse du 3 W Kafé, tu me diras si je ressemble vraiment à Adèle Exarchopoulos.

– Marie a parlé de physionomie, de l’apparence corporelle, pas du visage.

Inséparables jusque dans nos réactions, on rit aux éclats comme des adolescentes attardées quand le générique de « La vie d’Adèle » illumine la télé à écran plat.


Le calme est revenu dès le début de la projection. Au bout d’une heure, l’héroïne du film a eu une brève aventure avec un mec, par simple convenance sociale, et songe à une fille aux cheveux bleus. Il ne s’agit plus en fait d’un fantasme, les demoiselles à l’écran nous offrent une première séquence d’amour saphique.

Coralie, séduite par l’histoire de la comédie dramatique, suit la scène sans se poser de questions. Le lesbianisme ne choque plus au cinéma, même si le réalisateur a été loin cette fois. Mais il a décroché la Palme d’or au festival de Cannes en 2013 avec ce film, l’année du mariage pour tous.

Soudain, le regard de mon amie se porte sur moi.

– Pourquoi tu soupires comme ça ? demande-t-elle, amusée.


Comme si j’étais seule, je palpe ma poitrine de la main gauche. La veste de pyjama déboutonnée laisse voir mes seins fiers, les tétons bandent dans les petites aréoles. Ma main droite caresse mon sexe offert sans pudeur par la fente du pantalon. Coralie reste focalisé sur la pointe de ma toison pubienne.

– Eh ! s’exclame-t-elle. Tu pourrais te branler dans la salle de bains.

– Quoi ! Je ne t’empêche pas d’en faire autant. Tu baves autant que moi devant ce film depuis tout à l’heure.

Désireuse de prouver ce que je viens de dire, ou encore sous l’effet de l’alcool, ou emportée par un élan compulsif, je me jette sur elle. Le chahut se transforme vite en étreinte plus ou moins volontaire. Je caresse ses seins en poire avec volupté, faisant durcir les tétons un à un dans ma bouche. Mais la peur me tétanise soudain de trop en faire, de la pousser à fuir. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque de la serrer dans mes bras, de l’aimer.

À entendre parler des techniques lesbiennes, j’ai voulu savoir. Alors parfois, quand le désir se fait puissant, je regarde des vidéos sur Internet. Prendre un sein dans sa bouche, en mordiller le téton, lécher un minou, branler un clito, doigter un vagin, tout cela me parait naturel sans jamais l’avoir fait. Certaines filles titillent même l’anus de leurs copines, et leur enfoncent un gode dans le vagin ou dans le cul.

Peut-être devrais-je proposer à Coralie de regarder une vidéo cochonne au lieu de « La vie d’Adèle ». Le metteur en scène va plus loin que les autres, mais ça reste du cinéma pour tous les publics. Malheureusement, j’ignore si mon amie verrait d’un bon œil une véritable scène de sexe entre nanas.

– Maintenant on est à égalité, lui dis-je en me rasseyant, comme après un entracte prévu dans la diffusion du film.

– Regarde dans quel état je suis maintenant, rit-elle.

Agenouillée sur le canapé, la veste de pyjama ouverte, les petits seins tendus vers moi, Coralie remarque son pantalon tombé à mi-cuisse dans le chahut. Elle ne tente pas de le remonter, son esprit semble ailleurs. Si j’avais poussé l’audace à autre chose que lui lécher les seins, peut-être ne se serait-elle pas défendue.

– Tu es belle comme ça, tu m’excites.

Mon désir est là, je reprends mon jeu en solitaire. Coralie m’observe sans gêne, le regard brillant. Elle effleure son minou d’un doigt qui en ressort brillant de mouille.

– On va se caresser l’une en face de l’autre, propose ma complice. Tu veux ? Mais on ne se touche pas.

On se déshabille, une lueur inhabituelle dans les yeux. Jamais notre complicité n’a été aussi loin.


Dans un mime quasi-parfait, on touche notre poitrine d’une main, l’autre s’égare sur nos pubis près du berceau de notre intimité. Les petits seins en poire de Coralie réagissent comme les miens. À la manière de beaucoup, on a appris à tirer un obscur plaisir de la sensibilité de nos tétons dans l’adolescence, avant d’oser davantage.

Vite cependant, nos attentions se focalisent sur des endroits secrets. Les doigts se font pressés sur nos fentes fermées semblables à des abricots lisses sous les toisons duveteuses. L’amitié nous pousse à nous épiler de la même façon depuis deux ans. Mais, pour la première fois, nos regards sur nos minous reflètent un désir charnel. On se caresse sans pudeur, heureuses de s’offrir ainsi à l’autre.

Coralie malmène son bouton, la bouche ouverte, les narines pincées. Elle est belle. Et je me trouve belle dans ses yeux.

Avide de prolonger la magie de l’instant, je retiens par deux fois l’explosion qui menace dans mes entrailles. Les odeurs mélangées de nos sécrétions me montent à la tête, augmentant encore mon excitation.

À ce rythme, Coralie se pâme la première d’un plaisir sincère, la tête en arrière, la bouche ouverte sur un cri libérateur qui ne vient pas. Admiratrice, sonnée, je partage son extase. Mes doigts s’affolent sur mon clito. Quand mon amie observe mon corps de nouveau, je jouis d’un orgasme puissant dans un feulement rauque.


On regagne la chambre dès la fin du film. Aucune phrase inutile ne souligne ce qui vient de se passer. Vêtues des pyjamas à nouveau fermés sur nos corps repus, on se laisse emporter par un sommeil réparateur.

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