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L'autorité et la morale

Chapitre 1

Lesbienne

1 De la discipline

 

Réalité ou impression, les jeunes filles serrées l’une contre l’autre à l’entrée de la pièce sobrement meublée de bois sombre se tenaient dans un garde-à-vous approximatif. Sandrine Chaptal opta rapidement pour la réalité, le petit crucifix posé près de la photo d’un cavalier en grande tenue parée d’un ruban noir sur le bureau encombré ressemblait à un avertissement, la loi des hommes n’avait aucune place dans cette maison. Après la disparition de son époux et en l’absence de son dieu, la mère détenait tous les pouvoirs ici-bas, elle en abusait sans vergogne. Quatre ans de veuvage avaient endurci Geneviève Gagnières au point d’assécher son cœur meurtri.

 – Claire, Marie, madame Chaptal va s’installer à la maison pendant mon absence. Je vous conseille de l’écouter ou vous passerez la prochain année loin l’une de l’autre dans des internats différents. Pour l’instant, allez donner un coup de main à la cuisine, ça vous occupera.

Après un bref échange de regards fuyants ponctué d’un « Madame » aussi sobre que diplomate, Sandrine observa la volte-face des sœurs pressées de changer d’air, le bruit de leurs pas s’estompa rapidement dans le couloir. D’habitude, des parents en manque de confiance lui confiaient des adolescents difficiles, indisciplinés, réfractaires à toute forme d’autorité ; en revanche, jamais une mère qui distribuait les punitions comme un sergent-major imbu de ses pouvoirs n’avait demandé son aide pour prendre en main des jeunes filles soumises. La vieille préceptrice avait peut-être perdu son flair à déceler les problèmes, ou les demoiselles cachaient bien leur jeu.

– Qu’est-ce que vous attendez de moi ?

– Que vous les teniez en laisse. Ces petites vicieuses passent leur temps à provoquer les employés du domaine. Ne vous fiez pas aux apparences, madame Chaptal, mes filles ont le diable au corps, elles vous feront tourner en bourrique si vous baissez votre garde. Je compte sur vous pour veiller au grain.

La situation s’éclaircit, tout ce cinéma se résumait à une simple histoire d’hormones. À 18 et 19 ans, Claire et Marie rêvaient d’une liberté encore inaccessible en 1973. Dans un univers consacré au travail sept jours sur sept, sans pouvoir demander de l’aide à des camarades de leur âge, les jeunes filles en manque de repères sociaux s’intéressaient aux seuls hommes présents, même si ces derniers empestaient la paille et le crottin. La mère se concentrait sur la réussite de l’entreprise familiale ; elle aurait certainement préféré avoir des fils qui se seraient investis dans l’élevage de chevaux pur-sang.

– Vous partez quand ?

– En fin d’après-midi, je dormirai au Havre d’où je prendrai un ferry demain matin pour Portsmouth. Désolée de ne pas avoir plus de temps à vous consacrer, ce voyage est trop important.

Le Havre à une poignée de kilomètres, Madame Gagnières aurait pu passer la nuit au domaine et faire la route au matin. L’argument sans valeur laissa Sandrine Chaptal de marbre, la sensation désagréable de se faire mener en bateau ne l’autorisait pas à traiter sa nouvelle employeuse de menteuse ; celle-ci allait payer son salaire pendant les deux mois à venir, elle pouvait se permettre le luxe de la malhonnêteté. Il s’agissait peut-être d’un rendez-vous galant, ou de fuir ses responsabilités vis-à-vis de ses filles.

– Bien ! Vous êtes certainement pressée de faire connaissance avec claire et Marie. Quant à moi, je dois parler au contremaître.

 

♀♀
 

La grande explication sur le nouveau règlement en vigueur reportée au dîner prévu à 19 heures précises, la préceptrice observait ses pupilles en douce par la fenêtre du salon depuis le début de l’après-midi, attentive à relever une attitude ambigüe, un laisser-aller prêtant à confusion, le moindre geste inconvenant. Jusque là, rien ne venait confirmer les accusations de madame Gagnières au sujet d’une éventuelle perversion ; c’était une question de temps d’après son expérience, les jeunes profitaient de la moindre occasion pour faire l’inverse de ce qu’on attendait d’eux. Claire et Marie n’allaient certainement pas déroger à la règle.

Sandrine s’y attendait, les jeunes filles digéraient plutôt bien le départ de leur mère, dans une bonne humeur inimaginable en sa présence. Le tourne-disque posé sur la table en terrasse, elles se dandinaient sur des chansons des Beatles. À moins de prendre les gesticulations grotesques de la jeunesse pour de la provocation, difficile de reprocher à ces deux-là d’aimer danser, surtout à l’abri du regard des employés occupés à soigner les chevaux de l’autre côté de la grande bâtisse normande. Même un peu fort, le son ne l’empêchait pas de se concentrer sur sa lecture, un rappel à l’ordre dans ses conditions aurait été malvenu.

Soudain, le changement de rythme retint l’attention de la préceptrice. Incontournable des soirées dansantes, les slows donnaient souvent l’occasion d’esquisser certains gestes déplacés, un rapprochement des corps, d’exprimer une sensualité à fleur de peau. Mais pas cette fois, les sœurs se balançaient mollement à distance respectueuse, et d’après les rires qui couvraient les notes de Let it be, elles se racontaient des blagues. L’aînée se contentait de mener la danse, une main sur l’épaule de Marie, l’autre sagement posée sur sa hanche. L’observatrice avait beau laisser vagabonder une imagination débordante, chercher la petite bête, rien ne justifiait d’intervenir.

Le tintement de l’horloge annonça 18 heures, il était temps de mette un coup d’arrêt au joyeux bazar dans la cour, la récréation avait assez duré. La mère aurait certainement ouvert la fenêtre et aboyé, fidèle à ses habitudes ; Sandrine préférait une solution moins radicale, qui avait déjà fait ses preuves, imposer le respect plutôt que la crainte donnait de meilleurs résultats. Crier n’aurait servi qu’à instaurer un climat tendu, de mauvais augure en prévision des semaines à venir. Elle passa le seuil de la porte-fenêtre d’un pas solennel et baissa le volume de la musique.

– C’est le moment d’aller faire un brin de toilette, mesdemoiselles, puis d’enfiler des vêtements propres avant de passer à table. Nous dînerons sur la terrasse dans une heure, ne soyez pas en retard.

La voix posée ne laissait aucune place à l’incertitude ; sous une apparente amabilité, madame Chaptal distribuait ses ordres. Les filles savaient que leur marâtre de mère ne les aurait jamais laissées sous la surveillance d’une personne incapable de faire preuve d’autorité, voir de sévérité en cas de besoin. Au domaine de la Ferrière, il n’y avait que les chevaux pour échapper aux coups de trique sur la croupe, certainement à cause de leur valeur marchande. Au même titre, la virginité des héritières était l’assurance de leur trouver un bon parti.

 

♀♀
 

– Qu’est-ce que tu penses de Luc ?

Marie lança un regard soupçonneux à son aînée, le sujet devenait une obsession ces derniers temps.

– Le fils du régisseur ? Avec sa grande gueule, il irait tout balancer à ses copains, ça viendrait aux oreilles de maman.

Le temps de réfléchir au dilemme, Claire rinça le dos couvert de mousse de sa sœur.

– Quelle rabat-joie ! Remarque, t’as raison. En plus, il a la figure pleine de boutons. Autrement, il reste le nouveau palefrenier, Marc.

– Tu sais rien de lui, soupira Marie déboussolée. Il travaille ici depuis à peine deux mois, et c’est un vieux.

– Justement, un homme de 30 ans doit s’y connaître.

La cadette se renfrogna, sa sœur semblait décidée à profiter de l’absence de leur mère pour parvenir à ses fins.

– Je sais pas, faut être amoureuse.

– Tu crois encore au prince charmant ou quoi ? Moi je dis que... À la limite, il vaut mieux le faire avec un type que tu connais pas et que t’aimes pas. Comme ça, heu... ben après t’es débarrassée. Non ?

L’oreille collée à la porte de la salle de bain, Sandrine ne perdait rien de la discussion troublée par l’agitation des corps dans l’eau, pas assez pour l’empêcher de comprendre le motif de l’échange. La cadette commençait à manquer d’arguments, l’aînée semblait résolue au contraire. La mère avait peut-être pris peur en entendant ses filles énumérer les éventuels candidats au passage à l’acte.

– Oui, mais... je suis pas sûre.

– De toutes façons, si c’est pas avec lui, ce sera avec quelqu’un d’autre. Le principal c’est de le faire.

– Ouais, on verra. On le fera ou pas.

Claire haussa des épaules, sa décision était prise, les jérémiades hésitantes de Marie n’y changeaient rien.

– Tu rigoles ! On le fera, parce que... on a dit qu’on le ferait ensemble, et euh... moi j’ai envie de le faire cet été. Alors on le fera.

De l’autre côté de la porte, la signification des « On le fera » à répétition ne laissait aucune place au doute. Sandrine frappa et entra sans attendre.

– Allez, mesdemoiselles, on sort de l’eau.

Les jeunes filles, surprises, se levèrent en essayant maladroitement de dissimuler leur intimité au regard froid. Insensible aux états d’âme de ses pupilles, la préceptrice écarta les bras avec une force peu commune. Au prétexte de contrôler la propreté, elle inspecta les corps de près ; madame Gagnières avait raison de se méfier, de telles physionomies ne laissaient pas insensible.

– Ne faites pas tant de chichi, j’en ai vu d’autres.

 

♀♀
 

La ligne d’horizon se teintait de reflets mordorés par-delà l’épaisse forêt de chênes qui débordait sur le domaine au Nord et à l’Ouest. Après le boccage, la nuit étendait son emprise à la côte normande. Les couleurs indéfinissables du ciel rappelaient à Sandrine la polémique dans la salle de bain ; d’un côté, elle devait se conformer aux instructions, de l’autre, difficile d’ignorer les attentes de ses pupilles, à moins de donner un peu de sa personne, comme le jour où elle avait désamorcé les crises de violence à répétition d’un jeune homme obnubilé par son pucelage.

Bien sûr, il s’agissait de jeunes filles cette fois, Marie et Claire pouvaient se révolter, la rejeter, ou pire, la dénoncer à leur mère. Mais ne rien faire revenait à courir le risque de les voir succomber au premier venu, un homme qui ne prendrait aucune précaution, qui mettrait éventuellement l’une des deux enceinte. Ce serait épouvantable, madame Gagnières n’hésiterait pas à porter l’affaire au tribunal. Sandrine colla l’oreille à la porte de communication entre leurs chambres, espérant les filles endormies pour remettre le problème au lendemain. Malheureusement non, elle s’invita sans prendre la peine de s’annoncer.

Agenouillées face-à-face sur un des deux petits lits, les vestes de pyjama ouvertes sur leurs poitrines, les sœurs dévisagèrent l’intruse. Marie, tétanisée, garda dans la main un sein blanc, comme si elle examinait une pomme chez la marchande de fruits et légumes du quartier ; Claire de son côté estimait la fermeté d’une poire affriolante. Le spectacle aurait pu prêter à sourire si les bourgeons tendus dans les aréoles n’avaient confirmé une excitation naissante. La préceptrice dissimula son trouble derrière un masque autoritaire, une solution de facilité.

 – Qu’est-ce que vous faites !

Ce n’était pas une question, davantage un reproche. La cadette affronta le regard noir sans savoir ce qui l’attendait.

– Heu... rien, on comparait nos seins. Ils poussent jusqu’à quel âge ?

– Ça dépend, en moyenne 15 ou 16 ans. Après, les aréoles et les tétons peuvent rester enflés plus longtemps.

– J’aimerais que les miens soient beaux comme ceux de Claire, aussi ronds.

Sandrine entreprit un sein de chacune des sœurs d’une caresse franche. Pomme ou poire, les deux la mettaient en appétit.

– Pourquoi ? Les tiens sont mignons aussi, sensibles avec ça.

Le passage au tutoiement étonna à peine les jeunes filles. La préceptrice s’installa au bord du lit.

 

♀♀
 

– Debout ! Déshabillez-vous.

La rudesse soudaine du ton commanda l’obéissance, les pantalons de pyjama tombèrent sur la moquette. Sandrine examina l’intimité sous le voile de poils blonds de la cadette, puis celle de l’aînée couverte d’une touffe plus foncée.

– Vous vous touchez souvent ? Ne mentez pas, je le saurai.

Les sœurs opinèrent de la tête, la préceptrice soupira, l’inverse l’aurait étonnée chez deux jeunes de 18 et 19 ans. Désireuse de connaître les limites de leur impertinence, elle investit les fentes d’un doigt indiscret.

– Arrêtez de jouer les mijaurées.

L’insidieuse fouille corporelle provoqua rapidement la réponse attendue, une moiteur singulière imprégna les chairs tendres. Sandrine approfondit l’exploration.

– Ne me dîtes pas que vous avez perdu vos hymens en faisant du cheval, sourit-elle en entamant un va-et-vient lancinant.

Claire, horrifiée de ressentir un début d’excitation malgré le dégoût, dévisagea Marie en proie au même dilemme. D’habitude, chacune se caressait loin du regard de l’autre, dans son lit.

– Vous mouillez, ça vous plait.

Les filles auraient voulu s’en défendre, mais leur corps ne leur appartenait déjà plus. L’attouchement, même brutal, avait l’avantage de combler un manque. Les respirations se firent haletantes, les bassins ondulèrent au rythme de la pénétration. La préceptrice chercha les clitoris, pressée d’évacuer le trop plein de pression.

– Claire, touche les seins de Marie. Et toi, fais pareil.

Confuses, les pupilles obéirent sans discuter ; elles s’accordaient aussi cette caresse dans l’intimité, mais là, c’était entre sœurs. Emportée par l’excitation, la cadette prit un téton entre ses doigts, la réaction fut immédiate. Son aînée l’imita.

Sandrine ne savait plus où poser les yeux. Les petites chattes trempées qu’elle baisait en astiquant les boutons ou les seins gonflés sous l’incitation, la préceptrice aurait aimé avoir le don de double vue. Les bras endoloris par un début de crampe, elle décida de mener l’expérience à son terme.

Bientôt, Claire se raidit, la bouche déformée par un rictus révélateur du lâcher prise. Marie la suivit de près, les lèvres pincées pour retenir la jouissance qui la clouait sur place. Sandrine se régala de leur abandon, de les trouver belles dans l’orgasme partagé, certaine que les sœurs penseraient moins aux hommes.

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