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L'autre

Chapitre 3

Hétéro

Elle est résignée, son mari infidèle mérite une punition. Alors cette main qui fouille son intimité, ces bras qui soulèvent ses jambes, ces épaules larges qui accueillent ses escarpins, ce regard qui scrute son intimité tournée vers le ciel bleu, cette bouche qui embrasse les lèvres de son sexe, cette langue qui les lubrifie et qui lui procure cet afflux de sang irrépressible, sont les premiers instruments de sa vengeance. Il recrache un poil frisé qui s’était pris entre ses dents. Et ce sexe épais qui s’introduit en elle, qui force le passage étroit, ce bélier qui ébranle le portail de l’ultime bastion, qui élargit ses parois, qui frotte durement le conduit forcé, qui la malmène à allure folle, passionnée, sans ménagement, sans précaution, qui la colle violemment à la carrosserie, qui la martèle avec une fougue exaspérée par une trop longue attente, ce sexe fou qui entre et sort, ce gland large qui va et vient dans le clapotis de son vagin humide, oui cet instrument de leur plaisir, le taraud qui écorche ses chairs, la bielle qui coulisse en course endiablée, le pieu qui la pistonne, la bite d’amarrage à tête énorme qui la cloue sur la tôle, la queue, le serpent tentateur, oui, le lance-flamme redoutable peut exploser en elle, cracher son feu, la remplir de ses sécrétions abondantes contenues depuis, elle n’en sait rien, elle s’en fout, elle se fait foutre. C’est trop bon. Que ce sexe la laboure encore et encore et l’ensemence, la féconde, l’engrosse: ça apprendra à son mari à l’abandonner, à l’envoyer promener.

— Vas-y, baise-moi. Baise-moi plus fort, fais moi jouir, je veux jouir, plus fort, baise, baise… baise

Elle vient, elle part, elle décolle, elle plane, elle jouit, elle hurle sa jouissance. Il libère les vannes, vide en elle des mois de désirs insatisfaits et recolle ses lèvres à la bouche qu’il faut faire taire pour éviter un attroupement de mâles en folie.

Et moi, le mari spectateur impuissant, paralysé, stupide témoin de ma déchéance, cocu terrassé, j’essaie de crier mais aucun son ne veut sortir de ma gorge: j’assiste à mon cocufiage, je crève sans pouvoir réagir, je me débats, je rue sur place, je vois, j’entends, je crève d’avoir favorisé cette catastrophe, d’avoir sacrifié mon amour à ma vanité, ou d’avoir joué perdant avant le début de la partie.


— Chéri, tu as fait un mauvais rêve. Réveille-toi, reprends-toi. Mon Dieu tu transpires, tu es trempé de sueur. Calme, ta petite femme est là. Je t’aime. Mais qu’est-ce qui t’arrive, tu ne vas pas faire un malaise maintenant.

J’ai repris mes esprits. Il serait indigne de moi de faire un malaise pour retenir ma femme. Elle veut partir à l’aventure, qu’elle y aille, qu’elle fasse son expérience. Qui sait elle en reviendra peut-être. Meurtrie, baisée a mort, toujours menteuse. Est-ce que j’ai des raisons de souhaiter repartir pour des années de tromperies mesquines, de secrets d’alcôves dissimulés, de rencontres cachées avec un coureur de jupons immature, de verres d’alcool partagés en souvenir de sa première expérience avortée. Je ne veux pas passer ma vie à épier, à pister une infidèle. Suis-je déjà cocu ou le serai-je dimanche et pendant quinze jours et pourquoi pas après? Puisqu’il faut y passer, peu importe le jour, l’heure et la durée.

Mon rêve de mariage heureux à vie a été torpillé, touché-coulé. Je ferme les yeux et je vois le visage aimé, adoré, chéri, la source de mes joies et de mon bonheur, ma raison de vivre, le si beau visage de Marie dégoulinant de foutre étranger, aveuglé de coulées laiteuses et gluantes: il y en a partout, il colle dans les cheveux, bouche les oreilles, ferme les paupières, s’étale aux commissures des lèvres, déborde sur le menton, en suspension avec menace de chute sur les seins éclaboussés, fait tas dans les fossettes, obstrue une narine qui fait des bulles. C’est horrible, c’est affreux. La caresse d’une main sur mon front est si douce, si douce, si dou…ce.


   Marie a ouvert le volet, le soleil envahit la chambre, le réveil marque dix heures, le samedi s’annonce radieux.

— Pierre, lève-toi, j’ai des courses à faire, tu vas garder Daniel. Debout paresseux. Ça va mieux? Tu m’as vraiment fait peur cette nuit. Tu vas me mettre en retard.

Il faut qu’elle prépare son départ, qu’elle fasse sa valise et donc qu’elle se fournisse en ambre solaire et autres accessoires pour que l‘autre la fourbisse, la fasse reluire. Qu’elle est fébrile à l’approche du voyage: l’aventure la galvanise, lui donne des ailes. Elle ne pense plus qu’à son envol, la reine des abeilles va quitter sa ruche avec ce gros bourdon nommé Aloïs collé au train.

— N’oublie pas une crème anti-moustiques pour protéger Daniel.

Elle sourit, ne dit mot.

— Mais où sont les sacs poubelles, les roses et tout le fourbi?

— Le camion de ramassage a tout emporté, tôt ce matin.

— Qu’est-ce qui t’a pris? Que va penser ton cher ami Aloïs? Tu n’aurais pas dû, ça va gâcher vos vacances.

— Aloïs? Nos vacances? De quoi parles-tu? Ce matin je suis allée raconter à mon père la vérité sur Aloïs, tout ce que tu aurais pu lui raconter hier soir, que ton amour pour moi t’a empêché de dénoncer. Il a eu du mal à me croire, puisque tu ne t’étais pas plaint. Non seulement tu ne verras plus Aloïs dans cette demeure ou dans notre jardin, mais il lui arriverait malheur s’il risquait le bout de son nez dans les parages.

— Mais pourquoi?

— Tu es remonté de chez mon, père, tu as bouleversé tous mes plans, voulu m’expédier à l’aventure avec ce névrosé d’Aloïs, me pousser à l’adultère. Pour épargner la chèvre et le chou, j’ai obtenu de mon père une demi mesure parce que je ne voulais payer qu’à moitié prix. J’avais commis une nouvelle bévue. Ma demi vérité signifiait à tes yeux, je l’ai compris, mon désir de conserver secrètement Aloïs. Mon demi mensonge avait complètement anéanti ta confiance en moi déjà déclinante. Affligé, désespéré tu as joué le mari magnanime, l’époux archi cool, l’esprit ouvert, le libéral permissif. Tu as voulu me soumettre à la tentation, nier ton amour trahi. Mais le masque est tombé, ta vraie nature s’est manifestée toute la nuit: tu as geint, bredouillé, tremblé, tu m’as appelée, tu t’es débattu comme un diable dans un bénitier, tu as crié: Marie je t’aime. Tu as fait d’affreux cauchemars. Je crois que je pourrais te les raconter et que j’en rougirais de honte. C’est fini. Moi aussi j’ai fait un mauvais rêve: tu retrouvais cette Lydie Perez, ton premier amour, Elle t’envoûtait, elle se livrait à toi, vous faisiez l’amour comme des bêtes sous mes yeux… Tu m’as épousée, pour ta punition, je m’accroche à toi, parce que je t’aime. Que l’autre aille au diable. Reprends vite des forces, j’ai envie de toi. Ce sera ta pénitence.



— Que tu es belle. Mais tu aurais pu en discuter avec moi. J’ai compris que c’est moi ton amour. Mais as-tu si peu confiance en toi-même pour penser que tu serais en danger d’adultère si tu parcourais cent cinquante kilomètres dans la voiture d’Aloïs et si tu demeurais deux semaines dans le même village que lui. Je suppose que ce n’est pas un garçon violent. Crois-tu qu’il te prendrait de force?

— Je n’ai jamais craint qu’il me brutalise pour parvenir à ses fins. Il est costaud mais sait se tenir, malgré son penchant pour moi, ou à cause de cette attirance: il ne veut pas gâcher ses chances, le pauvre.

— Tu affirmes par ailleurs que tu n’es pas amoureuse de lui. As-tu peur de toi-même? Crains-tu d’être tentée de te jeter sur lui, parce que tu seras quinze jours sans ton mari?

— Bien sûr que non. J’aime faire l’amour avec toi. Je ne suis pas nymphomane. Et même si Aloïs avait la fantaisie de se faire pressant, je saurais le remettre en place.

— Tu aurais pu partir demain avec lui. J’étais d’accord. Tu es sure de toi. Où est l’obstacle?

— Quand j’ai vu dans quel état tu te mettais cette nuit, j’ai eu peur de te rendre malheureux. Je ne veux pas te retrouver à l’asile à mon retour. Donc je reste, nous irons là-bas en août.

— Ma chérie, je voulais te faire une surprise. Tu m’obliges à dévoiler un plan que j’ai bâti depuis le mois de janvier. Tu n’as jamais vu la mer. J’ai donc réservé un appartement en bord de mer en Charente-Maritime, j’ai déjà payé des arrhes et me voilà dans l’embarras.

— Ciel, qui a agi en douce, cette fois? Je reconnais que j’aurais apprécié cette surprise. Que faire?


Mon beau-père m’appelle. Je descends, laissant Marie à ses questions.

— Pierre, les éboueurs sont en grève, tu devrais rentrer tes poubelles et tes sacs. Reviens me voir après.

Je mets les sacs à la cave et retourne chez Joe

— Alors comment ça va? Je vais aller au foyer et avoir une conversation avec mon ex copain. Tu savais?

— Oui, Marie m’avait averti. Mais je ne suis pas certain qu’il faille faire un scandale pour une tentative ratée. Marie a la tête sur les épaules, je lui fais confiance.

Et j’expose mon plan de vacances à mon beau-père. Mon calme le rassure, il finit par m’approuver. L’incident est clos, il n’aura pas de suites. Je peux reprendre ma conversation avec ma douce moitié.

— Que voulait mon père?

— Je l’ai calmé. Il ne s’en prendra pas à son copain pour une vieille histoire sans conséquences. Comme moi, il pense que si tu es sure de tes sentiments, il n’y a rien à craindre d’Aloïs. Il a commis une erreur de jeunesse; il faut savoir pardonner. Quant à ses dérapages récents, nous partageons l’avis qu’il suffira d’une mise au point entre toi et lui, dimanche, pour savoir si tu peux l’accompagner ou non. Qu’en dis-tu?

— Tu ne me reprocheras pas de t’abandonner aussi longtemps? Tu me jures que tu ne te tourmenteras pas? J’ai tellement envie de voir la mer. Merci mon amour de me faire confiance; tu es un mari sensationnel.

Cette nuit fut merveilleuse


Vers seize heures, Aloïs, Marie et Daniel, bagages chargés, après les dernières effusions ont agité leurs mains aux portières. Chaque soir j’ai eu droit à un appel téléphonique pour un compte rendu. Entre autres j’appris qu’Aloïs fendait du bois pour ses parents à longueur de journée. Il passait pour discuter en soirée, en présence du grand-père. Le quatrième jour Marie m’annonça qu’une jeune fille de son âge se promenait avec Aloïs et semblait l’accaparer. A la demande du grand-père qui n’avait plus de tabac pour sa pipe Marie avait dû demander à Aloïs d’aller en ville. Ils en avaient profité pour acheter de la viande. Le dimanche Aloïs était venu inviter le grand-père, Marie et Daniel pour un repas dans une auberge réputée. Le grand-père en avait profité pour rendre visite jusqu’au soir à un vieil ami pour lui montrer son premier arrière-petit-fils. Aloïs et Marie s’étaient promenés dans les bois. Aloïs lui avait montré dans une clairière où il avait construit une cabane, remplacée par d’autres depuis. Hélas Marie s’était tordu le pied dans une ornière et avait cassé un talon. Voilà pourquoi elle ne m’avait pas appelé le dimanche. RAS pour le lundi. Le mardi Aloïs s’était montré en compagnie de Lucie en soirée. Le vendredi Aloïs avait offert une paire d’escarpins, pour remplacer ceux que Marie avait abîmés dans les bois par la faute de son guide. Selon mes recommandations elle avait accepté ce nouveau cadeau. Elle avait hâte de rentrer dimanche et de me retrouver, me couvrait de bisous avec un tremblement dans la voix.


Au retour, le dimanche soir, Aloïs ne s’attarda pas, il fallait qu’il se prépare pour reprendre le travail le lundi à 6 heures. Oui tout s’était bien passé. Marie approuvait et mon fils me faisait la fête.


Nous fêtions les retrouvailles au lit après la douche de ma femme. Elle était contente de son séjour, bien entendu. Mais la séparation avait été trop longue, elle ne recommencerait plus. Elle était tendre, avide de baisers, soucieuse de savoir si je ne m’étais pas trop ennuyé, si j’avais rencontré des tentations, si je l’aimais, si je l’aimerais toujours. Dans l’étau de ses cuisses retrouvées, appuyé sur les mains, enfoui dans son vagin humide de la première chevauchée, mais couvert comme d’habitude d’un préservatif ultra fin, j’allais et venais amoureusement. A la fougue du premier assaut succédait un rythme plus calme. Plus savoureux était le mouvement. Je la fixais dans les yeux et lui répétais pour la centième fois combien je l’aimais. Soudain Marie fut prise d’un frémissement surprenant et éclata en larmes. L’avais-je blessée, lui avais-je manqué à ce point?

— Je ne voulais pas. Houhou, Pardon. Oh! Je ne te mérite pas. Hou Que je suis malheureuse. O mon Dieu, qu’est-ce que j’ai fait. .. Chéri, je t’aime, je n’aurais pas dû…je le savais bien pardonne-moi.

— En voilà une façon de me montrer ton bonheur de me retrouver. Tu n’as pas à t’en vouloir, c’est moi qui t’ai recommandé ces vacances. Allons cesse de pleurer

J’avais du mal à comprendre ses bribes de phrases entrecoupées de sanglots interminables

— Ce n’est pas ça, …c’est mal…houhou… que vais-je devenir…je t’aime... houhou, c’est ...ma fau…houhou…te. Je suis impar- hou donnable, houhou

Pour la faire taire je ne trouvais qu’une solution, lui fermer la bouche en l’embrassant. En vain, tout son corps était secoué de tremblements, des larmes inondaient son visage. Je finis par ramollir et quittai par glissement le nid chaud où je venais de me prélasser…la capote en berne pendait lamentablement

Marie prit une respiration et expulsa en un souffle:

— J’ai fait l’amour avec Aloïs. Pardon houhou, houhou

Et larmes, sanglots et tremblements reprirent de plus belle. Cette fois j’avais entendu clairement sa déclaration, j’avais un mal fou à comprendre le sens des mots, mon esprit était comme paralysé et je restais penché sur elle, immobile, stupéfait, incrédule

— pschitt, pschitt, ne pleure plus, cesse de pleurer

J’aurais dû hurler de colère, crier je ne sais quels mots horribles mais j’étais apitoyé par ce déluge de pleurs et de remords. Je sus juste dire

— Combien de fois?

Cette remarque stupide eut pourtant le don de lui rendre la parole

— Oh! Non, juste une fois, une seule fois. Après j’ai eu trop honte, j’ai tellement pleuré qu’Aloïs s’est mis lui aussi à pleurer comme un gosse. Et nous nous sommes juré de ne plus jamais recommencer. C’est arrivé par ma faute.

D’une voix calme, sans acrimonie, alors que je lui caresse le front:

— Raconte-moi, si ça peut te soulager.

Je t’ai raconté que je m’étais tordu le pied pendant notre promenade du dimanche, à la recherche de cabanes. Nous étions à peu près à deux cents mètres de notre point de stationnement. Le talon de mon escarpin était cassé, ma cheville trop douloureuse. Bref, Aloïs a décidé de me porter jusqu’à la voiture. J’avais passé un bras autour de son cou, son bras droit passé dans mon dos me retenait contre son torse, le gauche me soutenait dans le pli des genoux. Le chemin était irrégulier, les secousses me faisaient glisser, ses mains me rattrapaient, touchant au passage le côté extérieur d’un sein ou le bas d’une cuisse. Sous l’effort le visage de mon porteur rougissait, la sueur trempait son front. Il refusa de s’arrêter et parvint essoufflé mais fier à ma portière, me posa sur une jambe en me laissant glisser précautionneusement le long de son corps. Au passage ma hanche cogna la bosse qui gonflait son pantalon. Malgré cette réaction somme toute naturelle et incontrôlable, il regagna sa place au volant et démarra, me déposa, m’aida à entrer.

Il revint peu après chez grand-père avec de l’arnica et me massa la cheville et le mollet, jusqu’au-dessus du genou. Je t’assure qu’il avait des gestes corrects de secouriste. Il n’avait manifesté aucun autre signe d’émoi. De plus je le savais aux ordres de Lucie et je n’éprouvais aucune gêne à me laisser soigner par lui. Ma douleur s’estompa, grand-père hochait la tête en signe d’approbation. Je me disais que j’avais bien de la chance de profiter de ses compétences et d’avoir réussi à détourner ses velléités amoureuses.

— Eh! bien oui, je ne vois pas pourquoi tu verses toutes ces larmes. Parce qu’un grand gaillard solide t’a porté dans ses bras? Ma chérie, tu es impayable!

— Quand le dernier vendredi, il vint me proposer une virée en ville avec Daniel, à deux jours de notre retour, je ne vis aucun mal à l’accompagner. En route, il me parla de ses progrès avec Lucie, de la possibilité de songer à une histoire d’amour. Il était attendrissant comme un adolescent qui découvre la passion. Au retour, il proposa de montrer à Daniel les fameuses cabanes.

— Laisse le marcher le plus possible, s’il le faut, je le porterai. La poussette nous gênerait plutôt.

Nous avons refait le même chemin. Bébé a couru avec Aloïs d’une cabane à l’autre. J’ai fait un faux pas, je me suis tordu l’autre cheville.

— Dis ça t’amuse. Bon tu vas t’accrocher sur mon dos et je donnerai la main à Daniel. Nous avions fait quelques pas, Daniel a refusé de marcher, tendu les bras pour être porté. Aloïs m’a déposée sur une souche, s’est baissé derrière moi et m’a soulevée sur ses épaules. Je me suis accrochée à son front, il s’est baissé encore, j’ai serré les jambes pour ne pas tomber pendant qu’il ramassait Daniel. Et il s’est mis en marche, l’enfant dans les bras, mes jambes pendant à l’avant, l’une sous un bras solide qui me maintenait. Mes cuisses enserrait son cou, mon bas-ventre contre sa nuque ressentait chaque pas, une étrange sensation de chaud me gagnait, ma main au contact du front devenait moite. L’entrejambe de ma culotte avait glissé sur le côté, il m’était impossible de changer sa position sans bouger et frotter ma vulve contre la nuque ou les cheveux. Mon sexe était plaqué comme une ventouse contre la chair du cou, mes cuisses se contractaient aux cahots de la marche.

Enfin il ouvrit la portière arrière, se plia en avant pour coucher le bébé endormi sur le siège. Je saisissais le toit de la voiture pour ne pas tomber, ma main couverte de sueur glissa sur la tôle et je ne sais comment, Aloïs me rattrapa, couchée de dos sur le toit métallique, cuisses ayant changé d’épaule par miracle au cours de la demi rotation, ses yeux, son nez, sa bouche et le menton appuyés contre mon sexe découvert. Il était à bout de souffle, son haleine chaude se répandait sur ma peau. L’instinct le poussa à embrasser ma fente offerte par le hasard. Je ne protestais pas. Il se crut autorisé à passer la langue sur l’ouverture. J’étais maintenue en position inconfortable, mais les mains sur mes hanches me tenaient fermement. Le souffle chaud de la bouche et les baisers de ses lèvres tièdes sur celles de mon sexe avaient anéanti toutes mes bonnes résolutions. Daniel devait dormir et au-dessus de lui, ventre offert je recevais l’excitation interdite, abandonnée à cette langue qui léchait mon clitoris grossi par tous ces contacts. A cette allure il eut tôt fait de me faire perdre la tête, de me bouleverser et de me conduire à un violent orgasme, que rassasié il contemplait avec bonheur.

Enfin il me remit sur un pied, en me tenant contre lui. Comme la première fois je sentis la fameuse bosse, mais cette fois j’en éprouvais un trouble bien plus fort. Quand sa bouche happa la mienne, quand il déposa sur mes lèvres qu’il mordillait l’odeur de ma cyprine, je fus incapable de reculer ou de le repousser. Je n’avais plus de force, j’étais une proie et me laissai glisser à genoux. Si bien que d’une main il fit descendre le zip de sa braguette et présenta ce gros membre en bel état face à ma bouche.

Ma langue mouilla le gland dégagé par l’érection, mes lèvres lui firent une couronne. J’agissais comme un automate, suçais, pompais de la bouche, pressais entre mes doigts, ce membre étrangement large mais plus court que le tien. Je n’eus pas à insister, il grogna, s’arracha à ma bouche et se répandit contre la carrosserie.

Toujours aussi incapable de réaction, je me suis retrouvée, couchée sur une couverture tombée des nues, derrière la voiture, écrasée par son ventre collé au mien, soumise à la pénétration presque douloureuse de cette verge revenue à ses plus fortes dimensions, les seins dévoilés, sucés à leur tour par des lèvres goulues, martelée par un compagnon que cette bonne aventure rendait vaillant, puissant, impérieux au point de m’exhorter à jouir. Cela finit par se produire, mais il était tellement occupé à observer mon visage en délire qu’il oublia de se retirer: les contractions de son éjaculation me projetèrent je ne sais où. Il s’était affalé de tout son long sur moi. Je trouvais enfin la force de pousser mes poings contre lui. Il se releva, dénicha une serviette de vaisselle dans le coffre, utilisa un coin pour s’essuyer, me lança le torchon pour ma toilette.

Nous étions penauds. Ce qui venait de se passer n’était pas calculé. J’avais l’impression d’avoir été victime d’un coup de folie. Aloïs lui-même n’en croyait pas ses sens.

— Excuse-moi. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Quand j’ai eu le nez là, je n’ai pas pu résister.

Nous venions de faire les gestes de l’amour, ni l’un ni l’autre n‘était satisfait. Nous avions du mal à nous regarder dans les yeux. A aucun moment je n’avais voulu, souhaité ou envisagé cette trahison. De son côté Aloïs m’a juré que ce n’était pas son intention. Il avait évidemment joui comme moi, avait connu comme moi un plaisir très fort. Et dire que Lucie l’attendait ce soir. Et dire que mon mari m’avait fait confiance. Personne ne devrait jamais apprendre. Cette aventure ébruitée risquait de briser deux ménages. Il me soigna à l’arnica, le nez baissé, sans chercher à regarder ni mes yeux ni ma culotte.

Je ne l’ai plus revu. Ce matin il nous a embarqués. Le voyage a été silencieux. Il a exprimé une fois des regrets et m’a rappelé avant l’arrivée que je devais garder ce secret, pour ne pas compliquer la situation de mon couple.

Que dire, que faire? Rien n’obligeait Marie à me révéler cette courte aventure, unique par ailleurs et résultat d’un malheureux concours de circonstances. En ma présence, elle renonçait à partager avec son amant occasionnel ce lourd secret. Sa conscience surprise n’admettait pas de me tromper deux fois pour une seule erreur. Le mot faute ne convenait pas. Et pendant que de ses yeux attristés s’écoulaient des larmes, moi, le mari blessé, je calmais ses remords. Et la meilleure manière de lui prouver que je comprenais que ce n’avait été qu’un moment d’égarement, que je ne lui en tiendrais pas rigueur, que je l’aimais toujours autant

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