Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 2 004 fois
  • 14 J'aime
  • 28 Commentaires

Bagatelle estivale

Chapitre 3

Lead Shower

Divers

Quinze Août. Pour l’assomption je travaille au supermarché. J’ai vite guéri de ma gastro et je n’ai plus vomi après ton départ. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou une mauvaise. Je passe les articles devant le lecteur de code barre sans entrain. Mon cœur n’est plus pareil depuis que tu as quitté ma chambre ce jour-là. Mes sourires atteignent rarement mes yeux, je n’arrive pas à faire le deuil de mes sentiments. Chaque jour quand je me lève j’ai mal au cœur et à l’âme. Je me traîne et je survis mais je ne vis plus.


Nos parents continuent le ridicule bal d’invitations à divers barbecues et apéros qu’ils ont commencé en Juin. Je ne supporte plus l’incertitude de savoir si je vais ou pas te revoir. Je ne vais plus dans la piscine non plus. Le souvenir de ce soir est trop présent dans mon esprit torturé. Ma soeur a cherché à te revoir à tout pris, mais à chaque fois sans succès. Je ne supporte plus de l’entendre se languir de tes talents alors que moi c’est tout mon être qui se meurt sans toi.

Tu es réapparu alors que j’étais sur la pointe des pieds, debout sur un escabeau, en train de ranger un paquet de céréales au fond d’un rayon. J’aurais pu tomber mais tu t’es contenté de me tenir les hanches, posant tes mains au même endroit que ce soir-là. Mon petit cœur déchiré a battu plus vite que jamais auparavant. Mes mains tremblaient un peu quand je me suis retournée vers toi.


Le chaume de ta barbe te masquait à nouveau les joues, pirate de mes deux. La cruelle torture de te voir sans pouvoir t’avoir me frappant à nouveau. Tu m’as lancé un pauvre sourire, apparemment incapable de faire mieux. La poitrine emplie de douleur je t’ai toisé avant de me détourner de toi. Tu as attrapé mon poignet, je suis sûre que tu as pu y sentir à quel point mon pouls était rapide et violent à cet instant. “Il faut qu’on parle”, tu m’as dit avec sérieux. Je venais de remarquer les cernes qui ornaient tes yeux sombres. Je t’ai dit de venir le lendemain, que je serais seule à partir de quinze heures et jusqu’à vingt heures. Que je finissais le travail à quatorze heures trente environ et que nous parlerions alors.


Tu es parti le dos raide, les yeux aussi hantés que les miens. Et moi je me suis demandée ce que je venais de faire. À quel cercle de l’enfer je venais de nous condamner.


***


Je venais à peine de me glisser sous le jet de la douche quand j’ai entendu la porte de la salle de bain s’ouvrir. C’était toi. Je ne sais pas ce à quoi je m’attendais de ta part mais pas que tu me suives dans la salle de bain ni que tu veuilles à nouveau me voir nue.


Tu as écarté le rideau pour m’observer. Cela faisait deux fois que tu me voyais et moi je n’avais que mes fantasmes pour remplir mes soirées solitaires. Je crevais de te découvrir, de te toucher et te goûter aussi, mais te voir me suffirait. Je me le répétais en boucle, avec la plus honnête hypocrisie du monde. Comme si.


Ce besoin de nudité tu le ressentais aussi. C’est ce que je me suis dit quand tu as commencé à déboutonner ta chemise en me regardant droit dans les yeux. J’avais la sensation de vivre en accéléré dans un monde au ralenti. Mon cœur bourdonnait dans ma tête et les bras ballants je ne pouvais que me régaler de te voir enfin.


La boucle de ta ceinture a heurté le carrelage dans un bruit métallique qui nous a fait sursauter tous les deux. Je t’ai dévoré des yeux, détaillant tes épaules, puis ton torse, laissant glisser mon regard le long de ton corps jusqu’à tes pieds avec vénération.


Tu étais là, enfin. Réel parmi tous les délires qui m’empêchaient de dormir le soir. Tu t’es avancé dans la cabine étroite, j’ai reculé jusqu’à être contre le mur et complètement sous l’eau chaude. Nous avions les yeux vissés l’un dans l’autre et je ne voulais pas que ça s’arrête. Parce qu’alors nous allions le regretter, quoi qu’il se passe.


La buée qui envahit peu à peu la salle de bain, alourdit l’atmosphère chargé par nos désirs mutuels. Tu te rapproches de moi et nos souffles se mêlent. J’aspire la chaleur de ta bouche avec la conviction que c’est le seul oxygène dont je puisse me servir pour l’instant. Ma bouche se remplit de l’eau qui me coule sur le visage. Tes yeux sont des champs de bataille où deux armées se font la guerre. Des foyers brûlants de l’envie de me prendre et glacés de l’horreur de ce que ça implique.


Si tes prunelles acajou sont si belles c’est qu’elles sont le miroir de tout ce qui vit en toi. Je ne crois pas ne t’avoir jamais vu aussi vivant qu’à cet instant. Cette fraction de seconde avant que l’orage n’éclate, qu’un éclair ne déchire le ciel de nos proximités en un claquement sonore. Celui de ma chair humide contre le mur carrelé de la douche.


Enfin tu m’a touchée. Touchée réellement, avec toute la largeur de ton envie de moi. Tes mains s’agrippant à ma peau, y laissant des traces rouges. Tu ne m’as pas encore embrassée pourtant. Tes yeux fusillaient toujours les miens me hurlant silencieusement de partir, me jurant que le désir trop fort passerait, alors que nous savions tous les deux au fond de nous que rien n’estomperait ce que nous ressentions.


Tu as collé ton front au mien et mon cœur s’est effondré. Mes mains se sont posées sur tes joues. “Louise”. Je sais, moi aussi Simon. Moi aussi. Nous dansions en équilibre sur un fil d’araignée et la soie de notre route allait casser à tout moment. C’est un fil de soie qui séparait nos lèvres, un fil de soie qui nous séparait de la folie.


Il a cassé, et nos bouches se sont rencontrées, elles se sont écrasées l’une sur l’autre alors que nos mains se faisaient voraces. Nous sommes devenus fous, de l’autre, de désir, de l’envie de se fondre en notre obsession. Sous l’eau chaude qui ne parvenait pas à nous laver du péché que nous commettions, enfin nous nous aimions. Avec violence.


Tu as attrapé une de mes cuisses et tu l’a relevée, te frottant contre moi ; je t’ai supplié de me prendre. Le brouillard trempé qui nous entourait, la bouche pleine de nos langues et de l’eau qui ne s’arrêtait pas de couler, je gémissais autant que toi. L’eau ne parvenait plus à couvrir nos soupirs.


Tu t’es enfoncé en moi d’une poussée, j’ai crié de soulagement autant que de douleur. Si je n’avais besoin que de ça je ne m’y attendais pas. Toi m’ouvrant en deux, te retirant pour te perdre à nouveau au creux de ma chaleur m’a fait gémir contre ta bouche.


Dans mon dos le froid du carrelage, devant moi la chaleur de ton corps fou, je ne suis plus que l’objet de la luxure qui m’anime. Et je gémis, je gémis mon plaisir et ma peur. J’oublie aussi tout ce qui n’est pas toi, je ne veux pas que tu t’éloigne, je ne veux pas que tu me quittes. Je ne veux pas que l’après-midi ne cesse. Jamais.



Tes coups de bassin me ravagent le cœur, je sais que je ne devrais pas mais je t’aime. Je t’aime et c’est pour ça que tu m’as. Je pense que tu m’aimes aussi mais je ne suis pas sûre que ce soit heureux. La séparation n’en sera que plus dure.


Pour le moment je ne voulais plus penser. Je voulais oublier tout ce qui ne portait pas ton odeur. Tu roules du bassin alors que tu es enfoncé en moi jusqu’aux couilles et je crie. Le besoin de s’écraser l’un contre l’autre se fait plus violent encore et tu me baises plus fort que jamais. Demain j’aurais mal.


Après quelques minutes de cette débâcle tu t’enfonces au plus profond de moi et jouit dans un tremblement. Avant de te retirer en soufflant. Nous ne nous étions pas protégés, tu aurais pu me faire un enfant ce jour-là. La lune devait veiller sur nous de là-haut.


Tu m’as relâchée de ton étreinte et m’a regardée me laver les cheveux. J’étais tellement consciente de chacun de mes mouvements sous tes yeux avides. Quand j’ai basculé la tête en arrière pour me rincer le crâne du shampoing, tu m’as embrassée le cou délicatement. Nous sommes sortis de la douche les lèvres enflées de nos baisers trop brutaux et tu m’as enroulée dans une serviette avant de faire de même pour toi.


Je voulais que tu me serres contre toi et je ne pensais pas avoir d’autre occasion de te le demander. Quand je t’ai dit de rester un peu plus, ta réponse m’a fait tomber plus bas encore. “Je ne pars pas tant que nous sommes seuls”. Oui reste Simon. Reste et câline moi. Serre moi fort dans tes bras, laisse moi des marques, que je sois sûre que tout cela ne soit pas un rêve.


Nous nous sommes écroulés dans le lit, prenant cette fois-ci le temps de s’explorer mutuellement avant de se laisser emporter par un désir trop fort de l’autre. Tes lèvres brûlantes ont marqué ma peau de violettes rosissantes et mes dents ont laissé leurs marques sur l’amorce de ton cou et tes cuisses.


Hors du temps nous nous sommes endormis l’un contre l’autre, au paradis. Quand je me suis réveillée, seule dans un lit aux draps sentant comme toi, la porte d’entrée claquait et ma mère joyeuse criait qu’elle était de retour.


Cette fois ci ce sera la dernière de tes sorties en douce. Nous nous sommes revus à des repas d’été mais la douleur de ne pas pouvoir nous avoir s’était transformée en amertume et se côtoyer nous était devenu insupportable. Il y a bien eu quelques dérapages, un baiser dans la cuisine de tes parents, mes larmes trempant ta chemise à la fête du village derrière la fontaine. Ton frère devait se douter de quelque chose, mais il n’a jamais rien dit.


Quand septembre est venu, j’ai quitté mon village le cœur lourd et douloureux. Jamais un été ne m’aura fait autant de mal et de bien à la fois.


FIN


* lead : plomb. Le plomb est un métal connu pour sa toxicité ainsi que pour sa densité importante.

Diffuse en direct !
Regarder son live