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Le Bagne

Chapitre 5

SM / Fétichisme

Depuis le début des agapes, une dame se tenait à l’écart des conversations. Avec une lueur de remord dans les yeux, elle aborda discrètement Opale.

— Traditionnellement, une nouvelle collaboratrice subit son baptême le premier jour de son arrivée. Je te préviens. Les blagues sont parfois assez crapuleuses. Réagis à tout ce qu’on te propose comme si c’était le premier avril et ne prend rien au pied de la lettre!

Elsa avait remarqué le manège de Trissia. Cette ancienne tenancière de bar louche avait plus d’une fois subi un rappel à l’ordre pour ses mauvaises blagues à caractère sexuel.

— Toi, avec ton air de chien battu, tu as gaffé. J’en suis certaine.

— Pas gaffé! Cette fille m’a tellement émoustillée quand je l’ai vue débarquer à l’aéroport que je n’ai pu m’empêcher de la prendre en photo sous toutes les coutures.

— Pas grave! Tu n’étais pas la seule. J’en ai pris aussi.

— Oui, mais, comme vous l’accapariez, en attendant l’avion, j’ai un peu déliré. J’ai envoyé ces photos à toutes les amies, branchées sado maso, de mon carnet d’adresses.

— Pas grave! Elle n’en saura jamais rien. L’Europe est loin et elle n’est pas encore rentrée.

— Onze de ces "amies" travaillent au campement. Je ne connais que leurs pseudos et leurs adresses mails. Ce n’est pas tout, Elsa. J’ai ajouté une légende en forme d’invitation.

— Aie! Laquelle?

"Jolie maso très sensuelle, sans expérience, cherche partenaires multiples pour jeux cruels. Je suis ouverte à toute proposition salaces, même les plus improbables, sans aucun tabou. Je porterai une fleur dans les cheveux. Il suffira de me dire: " Quelle jolie fleur tu as !". Vous pourrez ensuite m’embrasser et me toucher un peu la chatte mais pas trop car je suis hyper sensible. Si je ne me refuse pas, c’est que j’accepte le deal."

— Sans le savoir, tu me sauves la mise, Trissia. Je n’en parlerai à personne. Simplement, je te demanderai d’identifier et de noter toutes celles qui colleront Opale d’un peu trop près. Top là?

— Top là! Vite! Montons dans le bus! Elles nous observent.

Opale se tenait debout au fond de l’autocar, entourée de ses habilleuses improvisées. Ses couettes coquines, ses petites chaussettes blanches et ses souliers vernis en auraient fait une lycéenne tout à fait crédible si l’ensemble ne paraissait pas aussi dénudé.

— Opale! Il ne te reste même pas quinze centimètres de tissu pour te cacher le fourneau. Tu appelles ça raccourcir une jupe ? Tu as presque le sexe à l’air, ma pauvre.

— Douze centimètres seulement. Mais regarde! Quand je tire dessus, en découvrant un peu mon pubis...

— Tu mets tes fesses à l’air. Et ta jolie blouse! Quel massacre!

— La blouse, c’est elles qui l’ont découpée en boléro, pour mettre mon mignon petit ventre en valeur. Pourquoi veux-tu gâcher mon baptême? Il n’a que toi pour ne pas me trouver sensuelle.

Lise s’interposa.

— Ne t’en fais pas pour le scandale, Elsa! Elle rentrera dans la salle de réception par les cuisines Pourquoi cacher ce qui est agréable à regarder? Ne bouge pas, Opale ! Je vais te glisser une orchidée sous l’autre natte. Ainsi, je pourrai dire: "Quelles jolies fleurs tu as!" et te toucher le sexe peut-être?

— Madame! Ne faites pas ça! Ma petite languette est tout sortie. Ouuuh!

Trissia devint aussi blanche que la blouse d’Opale.

— Je viens de recevoir ton mail sur mon Ipad, Trissia. Venez par ici, vous deux! Nous serons plus au calme pour discuter. J’ai par mégarde ouvert ta valise, Elsa. Il faudra que tu m’expliques, en a parte, ce que tu comptes faire des bouquins que j’y ai trouvés.

Trissia sortit son GSM et lut le message que Lise venait de lui envoyer.

"Si je porte deux fleurs dans les cheveux, c’est que je suis chaude comme la braise et dans ma phase anale."

— Lise, tu as gaffé. Tu as renvoyé mes photos et nos deux légendes à tous les staffs.

— C’est fait pour, ma bonne Trissia. Chacune comprendra ce qu’elle voudra comprendre. Un bizutage est un bizutage, non? Le seul risque encouru, c’est d’avoir un peu plus de monde que prévu au cocktail de bienvenue. Elsa, n’as-tu rien à me dire? J’ai un peu plus qu’ouvert les bouquins, tu sais.

— Si cela ne vous dérange pas, Madame, nous pourrions profiter de cette soirée pour offrir simultanément les deux livres de notre sponsor. Nous lui devons bien ça. J’ai emporté, dans cette valise, une centaine d’éditions de son dernier ouvrage: "Réflexions sur les châtiments corporels au féminin". Cent vingt pages de supplices atrocement douloureux mais peu mutilants, facile à reproduire chez soi. Son bouquin est très didactique et abondamment illustré. Chaque torture est détaillée à la virgule près et garantie absolument insupportable. Ce livre a une genèse incroyable. Hier, à la fin de la vente, vous avez remarqué que l’acheteur de la statue primée a avoué comment le corps d’Opale avait alimenté, plusieurs mois durant, ses fantasmes sadiques. Ce livre est le condensé de ses réflexions et des conversations qu’il a tenues avec elle. Je pensais qu’il serait très excitant, éventuellement, de le distribuer concomitamment avec le vôtre.

— Ton imagination me séduira toujours. La préface de ce bouquin m’a beaucoup touchée.

"Je dédie ce livre à cette jeune fille à la beauté irréelle que j’ai rencontrée un soir de décembre. Mes fantasmes m’ont toujours conduit à rechercher la compagnie des lesbiennes. Je ne lui demanderai probablement jamais le pardon qu’elle me refuserait à juste titre. Ce soir-là, j’ai compris que je faisais fausse route. Un homme ne pourra jamais satisfaire les appétits masochistes d’une fille homosexuelle. A plus forte raison si elle refoule ses pulsions doloristes. Je conseille donc ce livre sans prétention aux femmes dominantes dont la vie de couple est harmonieuse mais ennuyeuse et qui seraient désireuses d’aborder des jeux sexuels extrêmes avec leur soumise consentante."

- Je viens de contacter Antoinette au campement. Elle a sorti une centaine de tirages de la meilleure photo qu’à prise Trissia. Comme toi, je suis dans ma phase " Maîtresse au fouet ", je me suis permise de lui demander d’inscrire au recto de chaque photo: " Aussi savoureuse que soit la théorie, pour une masochiste, rien ne vaudra jamais la pratique accompagnée." signé Opale. Elsa, tu déposeras cette valise pour qu’Antoinette puisse emballer ensemble, photos et bouquins. Allons prévenir Opale qu’elle aura un cadeau à distribuer à chaque femme qui l’embrassera!

Ses couturières s’affairaient à découper en fines lanières les vestiges de sa jupe.

— Lise! Tu tombes à pic. Notre petite princesse prétend qu’elle peut jouer indéfiniment la statue de cire. Elle aurait perfectionné sa technique et son endurance en posant comme modèle à l’atelier.

— Très ajustée, sa tenue! Le moindre de ses mouvements exhibera son minou comme une enseigne.

— Oui, mais elle n’en fera pas car les statues ne bougent pas. Regarde! Cette pince, judicieusement surfilée dans le dos, étire son décolleté jusqu’à la limite de ses aréoles. Et bien! Ses seins ne sortent pas parce c’est une statue. Voilà!

— Mais c’est ma crème de soin Loréal que vous lui tartinez sur les jambes! Tu sais combien ça coûte même si elle le vaut bien ?

— Pardon, Lise! Nous voulions que tu sois fière de ta championne. Elle nous a coûté assez cher pour bien l’entretenir, non? Comme une carrosserie de luxe, quoi.

— Soit! Tant que vous y êtes, coupez quelques lanières inutiles et ne laissez que celles sensées cacher son entrecuisse. Je veux voir ses guiboles jusqu’au pli de l’aine. Tous les regards se porteront sur son coquillage. Le dressage sert à mettre en Comme dans une recette de cuisine, il faut soigner le dressage et mettre en valeur l’élément principal. Celui qui apportera le plus de plaisir en bouche. A la première sollicitation, son clitoris si érectile occupera l’avant de la scène.

- Je dégage encore un peu ses fesses. Voilà! Ça va comme ça?

— Un soupçon de "cils double volume" et un petit trait là pour lui faire de grands yeux de biche et elle sera prête à consommer. Elle est presque intimidante tant elle est parfaite.

— Malheur! Vous avez vidé tout mon tube d’exfoliant! Pas étonnant que sa peau soit si lumineuse.

Qualifier le physique d’Opale d’appel au viol était un doux euphémisme. Cette expression si galvaudée reprenait tout son sens quand elle se donnait ainsi à contempler. La bombe sexuelle était non seulement belle à regarder statiquement, sublime quand elle se mouvait, mais tout simplement irrésistible quand elle souriait. Sa grande bouche, trop pleine de dents exceptionnellement blanches, dénonçait son besoin démesuré de croquer la vie. Elle les avait toutes exorcisées et profondément imprégnées de l’envie commune de lui voler ses lèvres pulpeuses en se noyant dans ses yeux bleu océan.

*



Le car venait de passer le portique principal. Le thermomètre avouait encore trente huit degrés à cette heure tardive. Opale entra subrepticement par la porte de derrière de la bâtisse, suivie de près par Trissia qui traînait péniblement sa valise de bouquins.

Un autocar, arborant le signe de la dernière organisation affiliée à l’ONG, stationnait devant le bâtiment principal. " WSS" Woman Sexual Solidarity .

Elsa se fit le porte- parole de ses compagnes outrées.

— Woman, c’est possible. SS, c’est certain. Lise! Dis-moi que ce n’est pas vrai! Pourquoi en avoir débattu si longuement pour décider, à l’unanimité, qu’il fallait les refuser? En plus, tu connaissais les relations particulières que j’ai entretenues jadis avec deux d’entre elles. Même dans leur propre pays, cette organisation paramilitaire a été dissoute. Depuis, elles courent le monde en cherchant un endroit pour poser le pied. Est-ce encore une fois l’argent qui t’a fait accepter la cohabitation avec ces barbares?

— De l’argent, nous en avons un besoin énorme. C’est clair. Si tu veux plus d’explications, tu demanderas à celui que tu appelles "notre sponsor", ce qui l’a poussé à les inviter dans SON camp. Quant à cohabiter avec elles, je t’assure qu’il n’en sera jamais question tant que je vivrai.

— Où vont-elles loger, alors?

— Elles occupent déjà l’extrême sud du camp. Le site que nous appelons "Le Bagne". En fait, elles travaillent depuis un mois à l’aménagement du lieu. Tu ne vas plus le reconnaître. Un vraie forteresse entourée d’une palissade de quatre à cinq mètres de hauteur, porte blindée, mirador et j’en passe.

— Combien sont-elles?

— On m’a dit une bonne quinzaine. Bien plus selon moi. Impossible d’en savoir davantage. Celles que j’ai vues sont plus masculines que féminines. Du style bodybuildeuses anabolisées. Elles ont abattu un boulot incroyable pour remettre la mine en état. Elles espéraient trouver de la main d’œuvre chez nous, mais j’y ai mis mon véto. Antoinette m’a dit qu’elles auraient déniché une dizaine de Kényanes mais que la plupart se seraient enfuies par la mer après moins d’une semaine.

- Il faut les virer juridiquement.

— Elles sont inattaquables. Resocialisation par le travail. Tu connais? Leur raison sociale est l’extraction de la lazurite, le minerai du lapis-lazuli. Jusqu’en 1914, trois cents forçats travaillaient ici. Personne ne fréquente plus cette partie du camp, mais je me suis laissée dire que les cellules des bagnards existaient toujours. Allez, Elsa! Sourie et oublie ces détraquées! C’est la fête ce soir, non? A ta place, je me poserai plutôt la question de savoir pourquoi notre sponsor…

— Tu peux dire mon père quand le petite n’est pas là.

— Alors dis-moi pourquoi ton père a sciemment envoyé ici les deux filles qui t’ont fait viré ta cuti et passer du Maso ou Sado ! Tu ne m’as jamais confié pourquoi, brutalement, vous vous étiez brouillées. Il était sympa pourtant votre ménage à trois quand vous passiez vos journées à humilier la quatrième voire la cinquième. Ne me réponds pas! En fait, cela ne me regarde pas. Je te demanderai simplement de ne pas retomber dans tes excès S, surtout que tu auras en charge la bonne intégration de la peu farouche Opale.

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