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Le Bagne

Chapitre 18

SM / Fétichisme

Le coup fut si imprévu et violent que la fillette se prosterna, le front contre terre. Cobra venait de tester sa schlague sur le lieu des délices de sa rivale.

— Voilà pour t’apprendre à obéir! Je t’avais interdit de poser tes mains sur un clavier. Océane ! Va mettre l’ordi en sécurité. Dans le coffre qui contenait les diamants, par exemple. Et ramène-moi mon martinet ! Oui, celui qui possède neuf lanières cloutées!

Opale se releva péniblement et reprit sa pause provocatrice. Tous muscles tendus, elle attendit la punition tant redoutée.

— Plus séparées les jambes! Le pubis plus en avant!

Le capitaine lui appliqua, de bas en haut, dans l’écartement de ses jambes, deux claques dont la brutalité fut telle qu’elle faillit se trouver mal.

— Je suis très mécontente. Tu es incapable de garder un secret. Pourquoi t’amuser à provoquer ce satyre?

— J’ai sauvé Jade de la mutilation. Tout le reste m’importe peu. Vous me faites très mal.

Le martinet passa au-dessus de la tête d’Eduard et chuta de la terrasse aux pieds de Cobra. L’envoyé de Hans héla son complice qui accourut à toutes jambes en reboutonnant son pantalon. Cobra fit claquer sur sa botte le redoutable instrument avant de viser les mollets de chienne Opale qui poussa neuf fois le cri du chat qui se mord la queue.

— N’as-tu rien oublié?

— Zut! J’ai oublié mon timon dans la galerie.

— Je veux parler de ta position incorrecte, idiote. Le timon, j’en fais mon affaire. Celui qu’Ilse trafique sera plus adapté à ta morphologie. Elle le modifie pour qu’il devienne, disons, multifonctionnel. Les encoches aux extrémités permettront de l’arrimer solidement avec les crochets du treuil. Il nous reste à imaginer comment protéger ton entrejambe de la rugosité du bois.

— Ou le bois de l’acidité de mes sucs. Je sens que je vais mouiller terriblement sur votre balançoire.

Ses muscles fessiers se crispèrent sous le choc cuisant. Dix cinglées administrées avec force, mais sans violence, lui hachurèrent les cuisses sans autre réaction que de la faire roucouler et couler profusément. Toute frissonnante de désir inassouvi, Opale sentait sa libido se réveiller. Les impacts sournois distillés par Cobra étaient manifestement plus destinés à l’échauffer qu’à lui faire mal. Quand les lanières cinglèrent ses reins et son abdomen, ses yeux se firent implorants. Elle accueillit presque comme une délivrance l’arrivée de quatre Somaliennes armées de courts martinets. Grisées par ces cris sensuels, le quatuor n’épargna aucune parcelle de sa peau.

— Chercherais-tu à nous exciter avec tes cris de femelle en chaleur? Tu ressembleras bientôt plus à un zèbre qu’à une ponette si tu continues à gémir comme une femelle en chaleur.

L’’effet aphrodisiaque de la flagellation fut une véritable révélation. Les cinglées la déstabilisèrent définitivement quand le cuir commença à harceler son bouton. Mille coups de langue déchaînés lui malaxaient délicieusement l’entrejambe. Cobra donnait de plus en plus d’amplitude à son geste. Elle maniait son martinet comme une amante fougueuse qui chercherait la jouissance rapide chez sa partenaire complaisante et conquise.

Douleurs et plaisirs s’imbriquaient, s’amalgamaient dans le corps d’Opale, pour devenir un ensemble musical et harmonieux. Où commençait la morsure ? Où finissait le baiser ? Des sensations savoureuses inédites affluaient dans le ventre de la belle. Elle, la séductrice, dont chacune vantait la beauté, se laissait écharper sans se rebiffer à la recherche du point frontière où cesse la volupté et où commence la souffrance. Consciente du pouvoir de sa nudité, elle leva les bras au ciel pour mieux offrir son corps délié au supplice et ériger en œuvre d’art les pratiques de ses bourreaux. Quand la souffrance devient ravissement, l’imagination exerce sur les fonctions sexuelles un véritable abus de pouvoir. Poupée de plaisir pour une brute avide de pucelles, vouée à une déchéance inéluctable et sans espoir, elle se délectait des affronts. Râles d’agonie ou râles de jouissance, tortures ou délices, la luxure et la mort n’avaient-elles pas les mêmes affolements et les mêmes arômes? Opale venait d’entrouvrir la porte interdite qui allait la faire basculer dans une nouvelle dimension enivrante. Son avenir au bagne, elle l’imaginait comme une succession de mauvais traitements, de privations et d’outrages. A force de museler son plaisir, une envie irrépressible de goûter les géhennes avait gommé de sa conscience la notion d’instinct de survie. La violence infiniment plus grande de l’excitation et du désir provoqués par l’abstinence avait dissipé ses dernières réticences. Au fond d’elle-même, elle avait toujours su qu’un jour ou l’autre, elle serait appelée à sacrifier sa jeunesse sur l’autel de sa passion dévorante.

Jugeant sa captive suffisamment attisée, Cobra mit fin à la flagellation. Le boss estimait que le moment était propice pour qu’Opale soit confrontée au choix de sa destinée.

— Océane! Caresse-la et ne la laisse pas refroidir! Je dois m’entretenir de toute urgence avec la psy et l’envoyée du Maître.



*



Le poing sur la hanche, Gerda, psychiatre de son état, observait la jeune femme. A ses côtés, une Indienne d’une beauté énigmatique, diabolique et angélique à la fois, parlait d’Opale comme s’il s’agissait d’une vieille connaissance.

— Son évolution depuis son arrivée au camp est tout à fait remarquable. En quelques heures, cette lolita a accompli des pas de géant dans la dépossession de son libre arbitre. Elle me stupéfait. Sans aucune entrave, elle accepte de livrer son corps au fouet et aux cajoleries avec la même abnégation. Le sens du sacrifice est sans aucun doute inscrit dans ses gênes. Le Maître a mille fois raison. Nous n’avons pas à faire à une masochiste banale. Cette créature possède quelque chose de surnaturel.

Gerda plongeait, tête première, dans un océan d’euphorie.

— Oui, sa chute de reins notamment. Soit elle est présente une localisation anormale des zones érogènes, soit elle souffre d’une diffraction maladive de la sensibilité qui la rend capable de transmuer en délices les sévices les plus cruels.

— Le père d’...enfin, le Maître me donne les pleins pouvoirs pour hâter son initiation. Sa conviction qu’Opale est la réincarnation féminine du dernier grand Maître Jaïn de l’ascèse reste inébranlable. Il insiste pour que nous lui inculquions, en mode accéléré, les préceptes de base de sa religion. Plus question de la laisser s’envoyer en l’air à longueur de journées. L’essentiel est d’effacer toutes traces de son sulfureux passé et elle deviendra la plus grande ascète du millénaire.

Cobra n’en croyait pas ses oreilles.

— Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre? Il faudra sérieusement accélérer son lavage de cerveau pour la purifier des errements de son passé. A mon humble avis, l’ascèse ne sera jamais sa qualité première. J’en rigolerais si notre destin ne dépendait pas de ton patron. A propos, j’aimerais éclaircir un point délicat avec vous, Sassita. Si le Maître vous envoie, après avoir commandité la prise d’otages de Hans, c’est qu’il n’a pas une confiance totale en nous pour mener à bien notre mission.

— Absolument pas! L’enlèvement, c’était simplement une manière de donner une solide raison à son élève pour qu’elle accepte mon enseignement. Nous avons ainsi trois atouts majeurs pour la motiver: son attachement à Jade, sa crainte d’être mutilée et la pendaison qui se profile à terme si elle n’entre pas dans le moule. La confiance est un concept à relativiser. Pareil pour vous, finalement. Comment pourrez-vous garantir à cent pour cent la loyauté des Somaliennes ?

— Il faudra effectivement leur expliquer que la partie plaisir du carnet se limitera à entretenir le feu dans le corps d’Opale.

— Le Maître veille sur nous. Il a déjà réglé ce problème. Le chirurgien a pu se libérer pour un mois entier. Toutes pourront bénéficier d’une reconstruction génitale si elles respectent les consignes. Le feu deviendra brasier. Elles travailleront Opale sur l’axe de l’insatisfaction et de la mortification. Elles auront pour obligation de l’encadrer jour et nuit, en fractionnant son sommeil. Opale a franchi allègrement le premier palier. La phase deux peut commencer dès à présent. Un jeûne bien conduit devrait la fragiliser. Si le Maître a vu juste, elle devrait connaître assez rapidement des phases d’intense méditation. Sa jouissance intérieure s’avivera par le propre spectacle de sa détresse. Ton rôle est très important, Cobra. Il te reviendra de l’exténuer physiquement sur le chantier en lui laissant, par exemple, trop peu de temps de récupération entre ses efforts. Gerda, ton travail sera de maintenir la pression psychologique et d’accaparer son esprit pour le reprogrammer.

— Si je peux me fier à mes lectures, l’ascèse à la mode Jaïn, c’est l’euphorie garantie pour les sens de celle qui s’abandonne et la certitude d’acquérir la sagesse, de l’esprit s’entend.

— Les ascètes féminines sont rarissimes. Notre expérience avec des hommes est nettement plus conséquente. Nous savons, par exemple, que des pratiques corporelles spécifiques peuvent détourner certains organes de leurs fonctions biologiques. Par le passé, quelques hommes, parvenus à la porte du Nirvana, ont décrit une sorte d’état orgasmique constant. Leurs phases méditatives s’accompagnaient souvent d’une érection tenace que la douleur ressentie ne faisait qu’aggraver.

— J’adore me lancer dans ce genre de challenge. Détourner la machine prodigieusement compliquée du cerveau pour que la commande centrale se réorganise en oubliant sa fonction essentielle qui est de veiller au bien-être du corps. Faire en sorte qu’à force de privations et de brimades, la soumise finisse par confondre plaisir et souffrance jusqu’à ne plus trouver son plaisir que dans la souffrance. Parvenir enfin à ce que, dans sa quête d’émois, elle utilise son énergie vitale pour la retourner contre son propre corps et l’abrutir de débauche.

— C’est bien ! Calme-toi, Gerda ! Et n’oublie pas de prendre tes pilules ou tu vas encore déconner !



*

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