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Le bal des hypocrites

Chapitre unique

Ou comment les erreurs se renouvellent

Hétéro

Un fantasme ? Un rêve ou un cauchemar ? Ai-je bien vécu ce qui me laisse là, pantelante et ivre de rage ? Les autres fument, boivent du scotch et n’ont plus un seul regard pour la petite chose qu’ils viennent de démolir. Je ne sais que dire, que penser. J’ai peur et je tremble de haine tout à la fois. Mais c’est à toi Pierre que j’en veux surtout. Oui, toi qui me fais les yeux doux, qui tente de faire revivre sur mes lèvres un sourire. Bien sûr que tu n’as jamais lâché ma main ! Évidemment que je n’ai pas dit non. Mais avais-tu vraiment besoin d’un mot, d’une parole pour comprendre ?


Tes potes, amis de hasard sont tous de nouveau assis autour de cette foutue table. Tu as payé ta dette ? Enfin, c’est toi qui joues, c’est toujours toi qui perds et je paie les pots cassés. Comment as-tu pu me faire ça ? La rage est chevillée à mon esprit et me fait oublier les meilleurs moments. Ceux aussi où il n’y a plus un sou pour finir le mois ? Et si ce n’était que cela… mais ce qui vient d’arriver… plus jamais ! Non ! C’est certain que plus jamais je ne ferai rien de tel.


J’ai cru en toi, sans arrière-pensée. Inimaginable de saisir le sens de tout ceci. Comment peut-on jouer ce genre de chose ? Je n’en reviens pas et surtout… me voici dégoutée de tes trop beaux mots, de tes sourires surfaits. Tout n’est que faux-semblant et j’en fais la cruelle expérience. Tu es irrésistible dans le rôle du mec qui ne pige pas ! De quoi devrais-je me plaindre, n’est-ce pas ? Tu es si sûr de ton charme ! Je sais, je sens que tu es allé trop loin dans l’abjection. Et je ne suis pas loin de penser que tu viens de le réaliser.


Ton bras fait un moulinet comme pour rattraper cette main que je te refuse. Ce qui se déroule dans tes prunelles ressemble fort à de la colère. Le monde à l’envers non ? C’est moi qui trinque et je dois me taire ? Il est vrai que pour le moment ce ne sont que nos regards qui croisent le fer. Tu espères sans doute rattraper le coup, grâce à ta belle gueule ? Mais je ne vais pas revenir en arrière. Personne ne saurait effacer une telle vilénie. Tu trembles plus que moi en te redressant.


— Tu n’as pas aimé Aliette ?

— Tu te fous de ma gueule ? Tu es sérieux là ? Tu entends ta question ?

— Parle moins fort ! Les autres nous écoutent surement.

— Parce que tu crois que ça va me gêner de te dire tout haut que tu n’es qu’un salaud ?

— Mais… je croyais… nous en avions déjà tant discuté, que ça te plairait…

— Sors ! Sors du salon ! Laisse-moi tranquille. Va reprendre ta putain de partie de poker, et fous moi la paix.

—… Mais… !

— Ouste ! Du balai ! Dégage bon sang !

—…


Je te suis des yeux alors que visiblement surpris, tu recules d’un pas. Vas-tu oser me gifler ? Non ! Bien sûr. Comment avons-nous pu en arriver là ? Je sens ton désarroi et ma hargne ne retombe pas. Tout semblait aller si bien, trop sans doute. Des années de tendresse, d’un vrai bonheur consenti. Il y avait bien ces discussions de plus en plus récurrentes sur un de tes plus vieux fantasmes. Mais bon ! Jamais je n’aurais cru que tu finirais par le mettre à exécution. Et surtout pas de cette manière, pas aussi abruptement du moins.


La porte s’entrouvre et tu sors à reculons. J’ai vu tes traits blanchir alors que les miens sont rouges de cette colère rentrée. Merde ! Tu n’as pas pu me faire ça ! Là, dans l’autre pièce, celle où tes potes et toi, vous vous retrouvez une fois par semaine, j’entends des éclats de voix. Le poker ! Un jeu de vilain qui va te ruiner, te prendre jusqu’à ta dernière chemise. La note est salée. Pour moi, l’addition vient de l’être. Et dans ma fureur, je récupère au hasard mes hardes qui jonchent le sol. Je dois absolument me doucher.



Notre chambre, ce qui est encore « notre nid », j’y déboule avec le paquet de linge. Il est de nouveau jeté par moi, mais cette fois dans la panière pour la lessive. Je dois absolument me calmer. Il me faut analyser les évènements, pour comprendre ce qui vient de se passer. Je suis énervée comme une puce. Pourquoi ? Parce que si je raisonne simplement, j’ai pris tout de même un certain plaisir à la situation. Oui ! Ce que je te reproche, c’est de ne pas avoir eu le courage de me demander mon avis… avant. Et ce truc me reste en travers de la gorge.


La pomme de la douche propulse son jet tiède sur ma caboche, et finalement une sorte de statu quo revient enfin. Je me sens pourtant… humiliée. Oui ! Humiliée. Bien sûr que nous en avions parlé, rêvé sans doute de ton idée. Elle avançait dans ma tête, faisait son petit bonhomme de chemin. Et pan ! Voici que sans crier gare, tu m’imposes, pour ne pas oser un vocable plus violent. Et moi, reine des ânesses qui n’offre aucune résistance. Salaud va ! Ta main qui caressait ma joue, puis qui me tenait la patte pendant que… je payais ta dette.


« Une dette de jeu se doit d’être honorée ! »


Je ne connais même pas le prénom de celui qui a prononcé cette phrase. Quant aux deux autres, ils s’abstenaient bien de prendre la parole. Peur que je me mettes à crier, à hurler ? À trépigner aussi ? Et ces mains baladeuses que j’ai laissé faire, je m’en veux de n’avoir pas su résister. Il faut dire que tu as un certain talent. Pour te coller dans la mouise et pour m’entrainer avec toi dans ta descente aux enfers. Je n’ai entendu que le mot « dette » et surtout la somme que tu devais à ces mecs-là.


Le ciel qui me dégringolait sur la cafetière et tous les ennuis qui en découlaient. Et ta patte… qui ouvrait un à un les boutons de mon chemisier en me demandant d’être gentille, d’être sympa. Tes trois « amis » assistaient, excités, au déshabillage de leur lot de consolation. Et je me suis vue totalement dénudée par… le seul homme que j’aime… que j’aimais ? Devant eux. L’envie de te gifler, de te donner des coups de poing, de te hurler ma haine est restée lettre morte.


Une sorte de honte engendrée par une situation très étrange, tes pleurnichements se perdant dans des trémolos incongrus dans ta voix. Après ma liquette, mon soutien-gorge mettait à la vue de tous, deux seins qui n’avaient connu que tes mains, que ta bouche, avec parfois entre ceux-ci une virée, un passage de ton sexe. Et là… sans sourciller alors que je tremblais comme une feuille, ma jupe qui filait sur le sol, sans il est vrai, que je tente de la retenir. Pour ma culotte… tu n’avais pas tenté de me la retirer.


Non ! Tu avais laissé ce soin si particulier à celui qui des trois semblait le plus véhément. L’exorbitant chiffre qu’il m’avait d’emblée annoncé devait dans sa tête, suffire à me calmer. Lequel ensuite avait caressé cette devanture qui tressautait sur mon torse ? Et ta patte, toujours là qui cherchait visiblement à me retenir, à empêcher une crise. Je hais ta main depuis cet instant-là ! La flotte me fait un bien fou. Tout mon corps se remet lentement de ces assauts que tu m’as quasiment obligé à accepter. Au nom de quoi ? De ton sacro-saint plaisir du jeu et du pognon ?


J’éponge mes tifs qui dégoulinent. Je suis toujours dans la cabine, mais le robinet a cessé de distiller son jet précieux. Le bruit que je perçois… me fait faire volteface et alors que je sèche mes cheveux face au mur de la cabine, je suis maintenant avec ta silhouette qui me couve des quinquets.


— Qu’est-ce que tu veux encore ?

— Rien Aliette… rien ! Je viens pour me faire pardonner.

— Quoi ? Tu te fiches encore de moi ? Il est trop tard. Tu as fait de moi la pute de tes copains. Des types que je n’avais seulement jamais vus deux fois avant ce soir. Mais tu es toujours le meilleur. Jouer c’est bien, perdre l’est moins. Et que je sois là pour payer tes conneries, non, très peu pour moi. Une seule fois me suffit.

— Aliette ! Nous en avons souvent parlé de cette partie de cartes où je devrais perdre pour que mes amis te fassent l’amour. Qu’ils te fassent jouir devant moi…

— Peut-être ! Mais entre un fantasme qui nous permettait de vivre une sexualité plus violente tous les deux et le réaliser… il y a un pas que tu as franchi sans mon accord. Je suis ce soir devenue la salope de tes potes.

— Dis que ça ne t’a pas un peu plu ? Crois-tu que je n’aie pas suivi ta jouissance, que je n’ai pas senti lorsque tu prenais ton pied ?

— Peut-être ! Mais je suis libre de mon corps, de faire l’amour quand et avec qui je veux. Tu n’avais pas le droit de m’imposer cette séance comme cela, sans m’en informer un minimum au préalable.

—… et tu comptes faire quoi donc ?

— Moi rien… mais toi, tu vas quitter notre maison et très vite encore.

— Quoi ? Tu deviens folle ? Juste pour une soirée un peu chaude ?

— Non ! Parce que je n’ai plus du tout confiance en toi. Et que cet amour qui a guidé mes pas toutes ces années, tu viens de le jeter aux orties. C’est ton comportement ignoble qui fait que c’est fini entre nous. Je ne serais plus jamais ni ta femme ni ton amante. Tiens-le-toi pour dit.

— Tu ne peux pas tout foutre en l’air pour si peu.

— C’est mon cul et tu ne peux pas en disposer de cette façon, quand et comme bon te semble. Présenté d’une manière plus… respectable, un jour j’aurais accédé à tes demandes répétées de faire l’amour avec un ou plusieurs hommes. Là, tu m’as juste mis le couteau sous la gorge et je n’avais pas d’autre choix que de t’obéir.

— Tu pouvais crier, hurler que tu n’étais pas d’accord. Je ne veux pas te perdre… je t’aime moi !

— Ce genre de réflexion, il aurait mieux valu que tu l’aies avant de faire à ta guise. Tu as tout gâché par ta façon de m’offrir à tes… enfin à ces mecs, sans vraiment que j’ai mon mot à dire. En me faisant baiser par tes potes de jeux, tu viens de te précipiter hors de notre couple.

— Je t’en prie Aliette ! Tu t’en remettras vite. Alors, pourquoi briser ce qui allait si bien entre nous ?

— Si tu ne le comprends pas, c’est que tu as besoin de te faire soigner. Je ne suis pas ta bagnole, ou ta baraque… tu n’as aucun droit de cuissage sur ma petite personne. Sauf ceux que je t’accordais par amour. Mais ça ne suffisait pas à Monsieur. Non ! Il voulait me voir me tordre sous les coups de bites de plusieurs hommes ! Nous aurions pu le faire sans contrainte. Mais là, me les coller dans les pattes sans mon consentement… ce n’est pas loin de friser la correctionnelle, pour ne pas dire plus. Alors, estime-toi heureux que je ne coure pas chez les flics… Il te reste demain matin à préparer ta valise et mon avocat te contactera.

— Aliette… ce n’est pas possible ! Tu ne peux pas me faire ça.

— Oh que si ! Et maintenant tu sors de la douche ou je crie…

— Ça va ! Ça va ! J’ai compris. Pas la peine de t’énerver de la sorte. Une bonne nuit de sommeil et demain tout rentrera dans l’ordre.

— Ouais ? Tu es libre de penser ce que tu veux. Par contre… ta nuit, tu vas la passer à l’hôtel ou chez l’un de ceux à qui tu as si généreusement offert un bon moment ce soir.

— Merde ! Tu es sérieuse là ?

— Je ne l’ai jamais été autant. Je voudrais la paix pour aller me coucher.

—…


Pierre a un drôle de regard. Un peu d’écume au coin des babines, il est scotché par ma hardiesse. Moi sa gentille petite femme à qui il pouvait tout dire, tout demander. Moi, la gourde qui faisait la boniche oui ! C’est sûr qu’il a de quoi être abasourdi. Il tend les bras, croyant raccrocher les wagons ? Pas cette fois. Il est allé bien trop loin dans l’abjection. Il sort de la salle de bain et je m’emmitoufle dans un long peignoir. Une carapace contre tout ce qui peut survenir de l’extérieur ? Je sais bien que ça va être difficile, complexe, et que par certains côtés, je vais souffrir longtemps.


— oOo —


La greffière pousse devant nous le papier à en-tête du tribunal. Je sens mon cœur qui palpite, et le sang bat à mes tempes. Pierre lève les yeux dans ma direction. Il sait, moi aussi que cette signature au bas de cet acte va mettre fin à une union qui aura duré… vingt ans. Je lis dans ces deux bouts de ciel bleu quelques nuages qui doivent exactement avoir le reflet de ceux qui volètent dans les miens. La main masculine tremble alors que le stylo à l’encre noire trace son nom emberlificoté d’arabesques savantes.


Une signature de ministre lui disait ses amis ! Les vrais ! Pas ceux des parties de poker endiablées qui nous ont conduites au résultat de ce jour. Je le regarde plus attentivement. Ça fait bientôt un an que nous ne nous sommes plus revus. Depuis qu’il a quitté la maison avec perte et fracas. Enfin, c’est moi qui pense cela, parce que ça s’est surtout passé dans un lourd silence. À mon tour de parapher le document qui atterrit sous mes yeux. Une courte hésitation ! Et le boucan que fait la mine de mon « Bic » alors que je signe.


C’est fait ! C’est fini, nous ne revivrons plus ensemble. Pierre a l’air misérable. Comment cet homme si soigné, si coquet peut-il se laisser aller de la sorte ? Sa chemise… élimée au col et aux poignets, refermée sur une veste fripée, je ne veux pas y croire. Lui aussi, silencieux m’observe alors que la juge nous rappelle que nous avons encore tout de même quelques obligations l’un envers l’autre. Notamment pour les services du « trésor public ».


Ce couloir où nous marchons côte à côte, qu’il me parait d’une longueur interminable. Puis le soleil de la rue, le bruit des voitures, les gens qui vont et viennent, me rappellent que la vie continue. Pourquoi lorsque Pierre s’arrête, est-ce que j’en fais autant ?


— Tu… on peut peut-être prendre un dernier verre tous les deux ?

—… tu as vraiment le cœur à fêter cela, Pierre ?

— Le cœur ? Il y a longtemps qu’il ne bat plus vraiment…

— Allons ! Tu peux désormais jouer autant que tu veux, vivre comme bon te semble. Et puis… pour tes petits fantasmes, plus personne pour râler ! Le pied non ?

— J’ai merdé ! J’ai déconné gravement et j’en paie le prix fort cet après-midi. Ce n’est plus tout à fait vivre que de le faire sans toi.

— Tu ne crois pas qu’il soit trop tard ? Nous devons tous deux, passer à autre chose.

— Je me le dis chaque matin. Pour un résultat bien maigre ! Celui de souffrir comme une bête de ton absence. C’est donc ici que s’achève notre route ensemble ? Je ne veux pas y croire encore Aliette.

— Tu n’aurais jamais dû ce soir-là…

— Je n’ai que des regrets, mais il n’est jamais permis de revenir en arrière.

— Ben… non ! Hélas ! Mais je sais que tu vas rebondir, et dans un petit moment ça va aller mieux.

—… ? Au revoir, Aliette, et… merci pour toutes ces années.

— Et pour la maison ?

— Oh ! Garde là ou mets-la en vente… je n’y reviendrai plus ! Ça me fait trop mal de seulement la voir de loin… de t’imaginer dans chacune des pièces de ce « chez nous » qui n’en est plus un.

— Mon avocat te tiendra au courant alors de ma décision. Mes parents me prêteront un peu d’argent pour te payer ta part…

— Rien ne presse ! Fait comme tu veux !



Il tourne les talons. Peut-être un zeste trop brusquement. Les nuages dans ses quinquets ont-ils amorcé une pluie soudaine ? Je me retiens de le rappeler. Pour un peu, je lui courrais après, lui sauterais au cou. Pourquoi sommes-nous de nouveau deux étrangers l’un pour l’autre ? Les images qui reviennent sous mon front obtus… ont des relents de bonheur passé. Mes jambes sont cotonneuses, j’ai besoin d’un banc, d’un endroit pour m’assoir. Le square dans la rue, puis le portail du tribunal, qu’il est le bienvenu avec son petit kiosque entouré de sièges en béton.


Un gosse joue au ballon. Une vieille dame donne du pain aux pigeons. Et assise là, je ne vois rien d’autre que le défilé des moments heureux qui se fondent en images fugaces. Regrets ? Remords ? La vie n’est faite que de minuscules morceaux de films mis bout à bout pour former un tout. Quand près de moi un type est-il venu s’assoir sur ce banc où je digère ma défaite ? Je n’en sais rien. Qui est-il celui qui ose venir interrompre ma méditation ?


— Vous allez bien ? Madame ? Vous êtes toute pâle !

—… Hein ?

— Ah ! Vous avez l’air si malheureuse…

— Mais…

— Je ne voulais pas vous déranger, mais vous avez dans les yeux quelques éclats qui vous rendent presque triste.

— Oh ! Pardon ! C’est bien à moi que vous parlez ?

— Ben… oui. Vous êtes souffrante ?

— Non… je sors du palais de justice et…

— Je vois ! Ça s’est donc si mal passé ? Vous avez donc des ennuis avec la justice ?

— Euh ? Non… mon mari et moi… enfin nous venons de divorcer et j’accuse le coup.

— Comment un homme peut-il abandonner une femme telle que vous ? Il est donc si fou ?

— Il ne m’a pas abandonnée… ce serait même le contraire.


Il me regarde. Pourquoi est-ce que je m’ouvre aussi intimement à ce mec ? Il a quoi ? Une cinquantaine d’années ? En tout cas il est plus âgé que moi, c’est certain. Ses tempes sont déjà blanchies et le reste de sa chevelure montre ici et là des traces de blancheur. Puis il y a ses mains ! Longues et fines, parcheminées et je ne sais pourquoi, mais elles attirent ostensiblement mes regards. Il porte un pantalon de toile sombre, une chemise claire et sa voix, un murmure qui retient mon attention.


— Ah ? Quel méfait avait-il donc bien pu commettre pour que vous le répudiiez ?

—… ? Répudiez ?

— Pour que vous vous en sépariez, si vous préférez !

— Oh ! C’est une très longue histoire.

— Ça tombe bien, j’aime entendre des histoires… vous avez envie de vous en ouvrir ?

— Mais… je ne vous connais même pas ?

— Il est parfois plus facile de parler à un étranger qu’à un ami, ou une amie dans votre cas peut-être. Et puis sans mentir, vous êtes très belle. Une belle jeune femme telle que vous dans mon lit et je ne découche plus jamais…

— Quoi ? Vous racontez n’importe quoi ?

— Mais non ! Vous êtes faites pour l’amour. Pour le sexe. Votre corps mérite toutes les attentions du monde. Toutes les caresses vous sont dues, très belle inconnue !

— Vous me faites peur, vous savez ?

— Vous avez bien tort. Je ne vous veux aucun mal. Ma seule et unique envie là, en cet instant, serait de vous prendre, de vous faire l’amour très doucement, avec une infinie tendresse.

— Vous êtes vraiment fou ?

— Qui sait ? Je suis sous le charme de ce que je vois et je ne fais que dire mon ressenti devant une telle beauté.

— Bon… je vais vous laisser à vos délires. Vraiment, cette vie est pleine de farfelus

— Pourquoi ? Parce qu’un homme a envie de vous, il doit obligatoirement être dingue ? Avez-vous si peu d’estime de vous, de votre corps ? Et puis… je ne vous oblige à rien. Je vous laisse seulement méditer sur ce que je viens de vous dire. Vous me faites bander et c’est déjà si important.

— Plus moyen de s’assoir sur un banc pour y trouver ou chercher un peu de tranquillité sans être prise pour cible par un détraqué ?

— Chut belle dame ! Ne soyez pas aussi vindicative, voulez-vous ! Je n’ai rien fait qui mérite cette méchanceté.


Je suis scotchée par une assurance pareille. Il ne fait rien qui puisse mettre en péril ma vertu. Il me parle d’un ton égal, avec un vrai sourire franc. Je n’en reviens pas de son aplomb. Sans même savoir qui je suis, il met le doigt sur ce qui me blesse. Pire ! Ses manières me fascinent. Et d’un coup… je réalise que ce type vient de faire monter en moi une incroyable chaleur. Quelque chose qui se diffuse à tout mon être. Je me sens bizarre. Je veux mettre cet état de fébrilité sur le compte de l’instant précèdent, sur la ratification de la fin de ma vie commune avec Pierre.


Mais je sais que je me mens à moi-même. L’autre ne fait aucun geste déplacé. Il se contente de me regarder et de suivre le fil de ses pensées. Sa voix me vrille les tympans avec des intonations qui me chauffent à blanc. Et il insiste bougrement sur le point qui blesse.


— Il y a longtemps, n’est-ce pas, que vous n’avez pas fait l’amour ?

—…


Comment peut-il bien deviner cela ? Il voit clair en moi ? Je n’en reviens pas. Curieusement et j’en suis consciente, il me suffirait de me lever, de quitter le banc sur lequel je pose mes fesses pour m’éloigner de ce type. Mais malgré le danger que je pressens, je n’en fais rien. Je reste là, à écouter ses divagations de fêlé. Il continue à parler doucement.


— Vous ne voulez pas venir chez moi ? J’habite juste là, à deux pas. Juste quelques minutes, de quoi vous remettre la tête à l’endroit. Je suis doux et j’aime les femmes. Non ? Pas intéressée par un peu de sexe ?

— Vous… vous êtes complètement cinglé ? Je sors du palais de justice et à peine dans la rue, je tombe sur un frappadingue. C’est pas pensable.

— Mais non, je ne suis pas fou. C’est seulement que vous et moi sommes deux paumés. Que nous avons besoin de nous refaire confiance et que pour cela, quelques caresses nous seraient salutaires.

— Pourquoi moi ? Il y a des dizaines de nanas qui passent par ici chaque jour. Alors pourquoi moi ?

— Un peu parce qu’en vous, je me retrouve aussi. J’ai vécu de mon côté une situation identique et j’aurais aimé à ce moment-là ce genre de réconfort.

—… Vous parlez d’un réconfort vous ! Me faire sauter par un inconnu.

— C’est en cela que réside le secret. Après chacun reprend son chemin et aucun des deux ne garde les ennuis qui vont avec une vie de couple. Finalement je suis de plus en plus certain que ça vous conviendrait.

—… ? Je ne crois pas !

— Si vous n’essayez jamais, comment en êtes-vous si convaincue ?

— Mais… vous êtes un inconnu, je ne sais rien de vous, pas plus que vous ne savez qui je suis.

— Ben si… une femme malheureuse, perdue dans un moment où elle a grand besoin de se sentir épaulée. Comme je l’ai été à l’instant même où j’ai signé la mort de mon propre mariage.

—… ? Est-ce une raison pour coucher avec le premier venu ? Je…

— Chut. Vous êtes un reflet féminin de ce que je suis. Dans le miroir, c’est votre silhouette qui apparait alors que c’est moi qui me tient devant.

—… ?

— Je peux prendre votre main ?


Mince alors ! Ce type ne manque pas de culot. Il est là, avec son sourire à me proposer la botte et ça, d’une façon que dans d’autres circonstances, je jugerais… inopportune. Son bras vient d’avancer sa patte vers moi et il reste coi, à hésiter. Mettre la mienne dans la sienne et me laisser bercer par ses illusions ? Fuir ce que je sais possible ? Que faire ? Mes hésitations sont palpables et il doit le savoir. Cette fois la paluche n’est plus qu’à quelques millimètres de mes doigts. Et bon sang ! Comment expliquer que la chaleur de tout mon corps se concentre sur cette extrémité de mon être ?


Comment puis-je faire ce mouvement qui amène ma paume dans celle de ce type ? Il referme sa griffe sur ma patte. Et puisqu’il se lève, je me sens attirée, poussée à en faire autant. Sur le trottoir, mes talons martèlent le bitume. Deux anonymes qui marchent l’un près de l’autre, inconnus cinq minutes avant. Le trajet est très court, mais me parait d’une longueur sans nom. Sans m’en rendre compte, nous avons tous deux traversé une ou deux fois la chaussée. Une porte s’ouvre et mon cavalier me laisse passer, sans pour cela lâcher ma main.


Une cage d’escalier, un palier sur lequel nous stationnons le temps qu’il sorte une clé de sa poche. Il doit cependant me lâcher pour se servir de la pogne qui me cramponne. Il se tourne alors vers moi.


— Je m’appelle David et vous ?

—… hein ?

— Comment vous prénommez-vous ?

— Mon prénom ? Ah ! Oui… Aliette !

— Pas courant ça ! Je vous avoue Aliette que vous êtes splendide et que j’ai hâte de vous découvrir plus.

—… me découvrir plus ?

— Entrez ! Vous êtes ici chez vous.

— Mais…


Je réalise que je suis en train de faire sans doute une énorme connerie. Depuis ma séparation d’avec Pierre, je n’ai plus eu aucun rapport avec un homme et encore moins avec une femme bien sûr. Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi suis-je là, chez un parfait inconnu qui parle de me faire « découvrir » ? J’imagine bien que ce mot n’est pas anodin, et que pris à un degré différent, il peut s’avérer très pervers. Je ne comprends pas comment je fais ce pas qui me fait entrer dans la gueule du loup.


Lui, ce David sait ce qu’il fait. À peine ai-je franchi le seuil de l’entrée de son appartement, que la porte se referme. La clé fait un bruit sinistre lorsqu’elle clôt la seule issue possible pour m’enfuir. Nous sommes au premier étage et je ne sais toujours pas voler. J’ai juste le temps de sentir ses deux bras qui entourent mes épaules. Là, dans le vestibule de cet appartement dont je ne sais rien, me voici le dos plaqué au mur. Déjà le visage du mec se penche vers le mien. Je dois être aussi cinglée que lui puisque je ne détourne pas la caboche.


Et c’est dans un geste très simple, pour ne pas dire naturel que les lèvres du gaillard se collent aux miennes. Le plus incroyable de cette histoire, c’est bien que je laisse sa langue venir flirter dans mon palais… et surtout, que j’en apprécie la venue. Du reste il doit être aussi surpris par ma réaction. Mon premier réflexe étant comme si ça allait de soi, de fermer les yeux et d’apprécier ce baiser. Il profite de sa bonne aubaine. Sans plus de difficulté il me serre contre lui. Je n’ai pas d’échappatoire, le mur ne permet pas de me soustraire à la série de pelles que nous partageons.


Je ne cherche aucunement à me dérober ? Bien sûr que non ! C’est le contraire puisque je participe activement à notre bouche-à-bouche langoureux. Folle que je suis ! C’est lui dire sans mot : « allez-y ! Servez-vous, c’est buffet à volonté ». Et il ne s’en prive guère. Cette fois, il commence les grandes manœuvres en ouvrant un à un les quatre ou cinq boutons qui tiennent mon chemisier fermé. Je respire plus fort, mon cœur bat à tout rompre. Mon Dieu… l’envie qui creuse mes reins est toujours là, presque plus pernicieuse. Mon soutien-gorge n’est qu’un frêle rempart qui masque encore mes seins.


Il le reste puisque c’est à ma jupe que le type s’attaque. D’abord l’agrafe qu’il décroche et puis le zip de la fermeture éclair. Elle porte bien son nom « Éclair », parce qu’en deux secondes, je sens que la ceinture de mon vêtement se détend sur ma taille. Et ce David me tire juste de quelques centimètres en avant, vers lui. Le frôlement que fait la corole qui dégringole sur mes chevilles met à sa vue le morceau de la parure qui masque… ce qu’il convoite. Un long moment, en gardant seulement ma main dans la sienne, l’homme fait un pas en arrière.


Un léger sifflement, marque d’appréciation de ce qu’il observe d’un coup ? Ou juste un peu d’air relâché sous la pression tenace de son emballement ? Je baisse les quinquets, prise en faute de voir un inconnu qui se pourlèche les babines en reluquant ce qu’il vient de dénuder. Mais j’ai une pointe d’envie qui perdure au fond de moi et la blancheur de ma culotte doit lui permettre de s’assurer que je mouille. Il ne dit plus un mot, et je suis silencieuse. Drôle de climat qui s’instaure là dans une entrée d’appartement.


Quand il ouvre une autre porte, je devine un salon aux fauteuils et sofa de cuir, couleur fauve. Il n’a nul besoin de me pousser. Je m’installe toute seule sur le long canapé et sa paume uniquement me presse sur l’épaule pour que je m’y allonge. Je ne réagis pas vraiment. Je sais ce qu’il veut et aussi étrange que ça puisse paraitre, je crois que moi également j’attends cela. Le spectacle doit être hallucinant. Lui totalement vêtu qui s’agenouille devant le canapé où je suis couchée, en sous-vêtements. Ses doigts viennent se fondre dans mes cheveux bruns. C’est doux, c’est perturbant.


Puis, alors que je crois qu’il penche son visage pour venir me baiser les lèvres, elles atterrissent sur mon front dégagé. Un bisou d’une tendresse infinie, avant que par petits bonds ponctués d’un bécot, ses lippes glissent vers mon cou. Au passage, elles font une halte sur mon oreille, en suçotent le lobe avant de passer derrière celle-ci, pour venir se nicher dans ma nuque. Inutile de dire que je glousse telle une bécasse. Est-ce que je me rends seulement compte qu’il entraine ma main vers un endroit de lui que son envie déforme ?


Machinalement, par réflexe, je serre ce qui se frotte éhontément sous ma paume. Et une sorte de folie s’empare de moi, ou plus exactement de mes sens. Le contact avec ce que je devine sous le tissu, les caresses trop bien ciblées de cet individu et me voici en transes. Vaincue sans combat en fait. Les frissons qui me secouent sont ma défaite. Je sais, je pressens que je vais me laisser faire et aller au bout de ce que propose sans un mot ce type. Mes seins, s’ils sont toujours emballés se gonflent de cette impatience due à la montée du désir.


Et lorsque ma culotte roule sur mes hanches pour descendre le long de mes cuisses, je m’aperçois que je n’ai pas seulement lâché le manche du bonhomme, qui lui est en prière contre l’assise du canapé. Entièrement vêtu, il ne semble nullement impatient et se contente de la crispation de ma main sur sa queue. Il relève la jambe qui se trouve sur le bord extérieur du sofa, fait passer le talon par-dessus son épaule et il a désormais un accès privilégié à mon sexe velu. D’une langue étrangement douce, il écarte les intrus qui gardent l’entrée.


Combien de temps dure ce délicieux calvaire d’une léchotte très bien exécutée ? J’en perds le fil du temps et mes sensations sont toutes tournées vers une attente fébrile. Il sait faire, il a du panache et j’en râle en secouant la tête de droite à gauche. La berceuse que je lui fredonne n’a que des vocalises pour uniques sons. Dans un rêve me parviennent les bruits que fait sa bouche qui lèche, aspire, suce et j’en oublie le sexe raide dans son pantalon. Lui avance pas à pas, entrainant dans ses câlins mon cœur qui monte dans les tours. Je halète vraiment lorsque d’un ou deux doigts, il entrouvre les ailes de ma chatte.


Quand s’est-il déshabillé ? Je n’en garde aucun souvenir. Je remarque simplement qu’il l’est lorsque ma main retrouve le contact oublié par mon trop-plein d’envie. La tige n’est ni longue ni énorme. Non ! Juste dans une normalité qui me convient. Douce au toucher, chaude à souhait et surtout bandée pour un emploi rapide et surement efficace. Pour l’être, je sais d’emblée qu’elle l’est, redoutablement en plus. D’abord, elle vient folâtrer près de ma bouche. Avant de s’y engouffrer et le poids du type la plonge profondément dans cette caverne inemployée depuis ma séparation.


À quel moment avons-nous changé de place ? C’est sur la moquette de ce salon que je suis prise une première fois. C’est intense, mais très court. Il ne cherche pas à venir en moi et sans doute est-ce pour cette raison qu’il se retire très vite. Mais il reprend ses caresses terriblement excitantes et cette fois, je peux également tout à loisir toucher son corps. Il a de beaux restes et j’apprécie les muscles qui roulent sous sa peau. Bien sûr il s’arrange pour que mon visage glisse vers ce mat encore hypertendu.


Je le gratifie d’une pipe qui me plait autant qu’à lui. Retrouver en bouche la saveur et la texture de cette chose, malgré le mélange de sécrétions diverses échangées lors de ma possession. Malgré ? Je me demande si finalement je ne m’en délecte pas grâce plutôt à ce parfum de sexe qui m’étonne autant qu’il me ravit. Je lèche l’esquimau avec un entrain qui met le mec dans tous ses états. Et ma main soupèse les bourses alors que ma langue s’occupe de la tête lisse et rose. Il me repousse soudain sans trop que je sache pourquoi.


— Attendez… ! Pas trop vite ! Je ne veux pas vous… bon sang, vous êtes une reine de la fellation.

—… ! Ça ne vous plait pas ?

— Bien trop à mon gout et… à mon âge, c’est parfois compliqué de recommencer rapidement après… m’être libéré.

— Mais vous n’êtes pas si vieux ! Et puis, vous gâchez mon plaisir… vous êtes si pressé que vous n’ayez le temps de revenir aussi raide ? Je sais aussi apprécier les caresses et attendre… enfin ! Faites comme bon vous semble. Vous m’avez donné envie et maintenant, vous devez assumer.

— Pas de problème ! Mais sans mentir, je préfère si c’est possible, venir en vous. Après nous aurons tout notre temps puisque nos sens seront un peu apaisés. Vous me suivez ?

— Parfaitement… vous, pardon de vous demander ça, mais… vous n’avez pas de capotes ?

— Je ne suis pas de cette génération qui enfile ça comme des gants en hiver, vous comprenez ?

—… ? Vous voulez me dire qu’elle vous ferait débander ?

— Ben… je n’en ai pas non plus et j’avoue que les sensations du vif sont bien supérieures à toute autre chose…

—… tant pis alors !

— Tant pis ? Tant pis oui ? Ou tant pis non ?

— C’est à vous de décider. Au point où j’en suis, je ne sais plus résister à l’émoi que vous avez provoqué dans mon corps.

— Je peux venir vous reprendre alors ?

— C’est vrai que tout à l’heure, vous n’en aviez pas non plus de petit manteau ! Venez donc mon cher ami.

— Je vous adore déjà !


J’ouvre mes cuisses en grand, mais apparemment, ce n’est pas ce qu’il espère. Il reste bien à plat sur le dos, allongé à mes côtés. Je ne pige pas de suite son attente. Puis je cogite un peu. Il a la main sur la base de sa bite qu’il tient droite et tourne sa tête vers moi.


— Venez par ici, ma belle amazone !

—… ? Que je vienne ? Ah oui, je crois que… d’accord.


J’enjambe donc le corps du monsieur et alors que je vais pour me baisser sur son vit tendu, il m’interpelle de nouveau.


— Ça vous dérange si je vous veux dans l’autre sens ?

— Dans l’autre sens ? C’est-à-dire ?

— J’adore câliner le dos de mes partenaires. Et c’est plus facile si vous vous tournez.


Je crois que je sais ce qu’il veut. J’opère donc un simple demi-tour et lentement j’approche mon sexe du sien. Cette fois, je prends appui sur ses deux cuisses et lentement, mais surement, je me coule sur le clou qui entre dans ma chatte mouillée. Je pousse un vrai soupir de satisfaction. Rien n’est plus simple que de se laisser sauter par ce gars qui a si bien préparé le terrain. Et mon derrière vient en butée de son ventre. Nous restons un instant sans bouger, histoire de laisser aux chairs un laps de temps d’adaptation. Il n’est pas si énorme, mais ça fait si longtemps que ce lieu n’a pas servi.


Ses deux pattes viennent se caler sur mes fesses et il reste sans bouger, me laissant toute latitude pour donner de l’amplitude à ma possession. C’est à moi d’effectuer le travail. Je me secoue le bassin, me déhanche, monte et descends sur ce vit qui ne faiblit pas. Et rapidement je suis en transes. Mon cœur s’affole au rythme de mes allées et venues sur le jonc qui frotte mes parois intimes. Les prémices d’un orgasme sont déjà là, qui effleurent mon esprit et qui me collent de véritables suées. Ça me tombe dessus sans crier gare. Mes cris sont ceux de ce bonheur magique qui me surprend.


Lui sans trop que je réalise, enfonce un des doigts de je ne sais quelle main dans mon anus qu’il doit avoir en ligne de mire. Et curieusement, ça me précipite plus vite encore dans le trou sans fond d’un délire sans nom. Je suis déchainée, hurlante et gémissante sans trop faire gaffe à ce qu’il me fait. Il n’a qu’à me pousser simplement sur le côté et sans même nous désaccoupler, il me lime sur le flanc. De grands coups de reins et je suis au septième ciel. Mais le vilain monsieur en profite. Il laisse sa queue s’échapper de la lave qui coule du volcan pour la planter un cran au-dessus.


C’est si rapidement fait que je n’en ai le souffle coupé qu’un quart de seconde. Une poussée rectiligne et me voici le cul occupé par sa poupée. Je comprends mieux sa subite envie d’y coller son doigt précédemment. Cette fois, c’est bel et bien lui qui mène la danse. Il me sodomise de belle manière et pourtant, je n’en ressens ni gêne ni douleur. C’est ample, c’est souple, et le pied que je viens de prendre juste avant, quand il me tringlait « normalement », fait que mon corps réagit sans complexe.


— oOo —


Un immense calme après une tempête qui vient de me laisser pantelante. David est couché sur le dos et je gis sur le ventre. Position horizontale qui fait suite à la variante de levrette effrénée que je viens de subir. Et je suis mollassonne au possible, mais si bien dans ma tête. Je me fiche de l’heure, du temps, ce qui compte, c’est bien que je sois presque heureuse. Pas pour le type qui s’étire là. Non ! Simplement parce que ce qui s’est passé m’a tout bêtement fait oublier la tristesse du moment. Je me dis qu’il y a une vie après le divorce et que cette partie de jambes en l’air est son point de départ.


Sur mes fesses et jusqu’au milieu du dos je sens le foutre qui y a giclé qui macule ma peau. En séchant, ça fait une sorte de pellicule visqueuse assez désagréable. Le type n’est pas trop gêné par son sperme sur moi et il me passe sans arrêt les mains dans celui-ci, me caressant avec douceur. Personne ne tente de rompre ce silence qui s’instaure entre nous. C’est tant mieux parce que je ne me sens pas très fière d’avoir cédé de cette manière à un inconnu rencontré devant le tribunal.


Alors rassemblant mon courage, je me redresse. David qui me flatte toujours de la croupe au milieu du dos se pousse sur le côté. Saisit-il que le jeu est terminé ? Que l’état de grâce vient de trouver son apogée ? Alors, sa voix claire me parvient.


— Vous voulez prendre une douche rapide ? Vous ne pouvez pas vous rhabiller avec ça sur le dos.

—… !


Ça dans son esprit, c’est ce que son sexe a dégluti sur mon épiderme. L’évidence de me laver s’impose d’elle-même donc.


— Oui ! J’aimerais assez faire un brin de toilette. Puisque vous le proposez si gentiment.

— C’est la moindre des choses. Vous m’avez offert un merveilleux cadeau, vous devez bien vous en douter.

—… ! Vous me montrez le chemin ?

— Ah ! Mon Dieu, où ai-je la tête, c’est vrai que vous ne connaissez pas la maison ! Je peux vous accompagner ?

— Sous la douche, vous voulez dire ?

— Au point où nous en sommes… la cabine est suffisamment spacieuse pour nous deux.

— Après tout, pourquoi pas ? Vous pourrez toujours me frotter le dos. C’est de toute manière vous qui quelque part l’avez sali.

— Vous êtes une femme sublime. De plus vous avez une sorte d’humour que j’apprécie hautement chez les dames.

— Vous faites souvent la sortie du tribunal ?

— Vous entendez par là, « comme d’autres font la sortie des écoles » ? C’est la première fois, je peux vous l’assurer. Une expérience exceptionnelle, je dois l’avouer.


C’est vrai que sa douche est grande. Je me coule avec un bonheur ineffable et inédit, sous la pomme qui crache une eau tiède bienfaisante. Lui est déjà à l’action, et à l’aide d’une espèce de fleur de nylon rouge, il me frotte avec insistance, les endroits que sa semence a souillés. Bien entendu, il ne faut guère plus d’une minute ou deux pour que ce qui au départ est un vrai savonnage dérape et parte en live. L’éponge ripe vers la raie de mes fesses et sous prétexte que des sécrétions peuvent s’y loger, la patte habile de David reprend du service.


C’est trop bon et je me languis de nouveau de sentir cet intérêt sexuel qui m’apporte des frémissements. Heureusement que l’eau qui dégouline sur moi masque ma chatte qui s’humidifie au rythme de ses câlineries provocantes. C’est bien sans fioritures que d’un coup il me soulève pour venir nicher ma poitrine au niveau de son visage. Je n’ai qu’à refermer les jambes en cercle autour de sa taille. Il me suçote les tétons, comme un gamin qui aspire un bonbon. Et comme nous sommes serrés, l’un contre l’autre, que mon poids doit lui tirer sur les épaules, il me laisse glisser très doucement vers le bas.


Mais il me garde très étroitement enlacée contre son ventre. Ce qui fait que d’un coup je comprends la manœuvre. C’est bien joué. Entre mes deux cuisses qui descendent se retrouve alors la pine du monsieur redevenue d’une rigidité exemplaire. Il lui suffit de remuer un peu son bassin pour guider sans intervention manuelle de sa part, le tenon à la rencontre de sa mortaise. Et je m’empale une fois encore sur cette queue qui retrouve une seconde jeunesse. Lorsque mes doigts se nouent sur sa nuque, il sait déjà que je ne vais pas lutter plus longtemps.


Et la sarabande de coups de reins redémarre sur les chapeaux de roues. Ce sont des embrassades à n’en plus finir qui calment mes gémissements et mes hurlements de sauvage. Ses ruades sont autant de montées d’un plaisir délicat qui me remet sur le chemin du sexe. Je n’aime pas l’homme, j’adore juste ce qu’il me donne. Et je prends conscience qu’il a raison. J’aime le cul, j’aime la bite. Et c’est d’un coup une révélation… je vais me vautrer désormais dans les bras de mecs, connus ou pas. De quoi me faire oublier qu’un m’a pris pour un paillasson.


Celui à qui je donnais tout. Alors c’est décidé, je vais à partir de maintenant jouer avec ces messieurs. Des partitions aux notes éperdues, pour mon unique plaisir, sans me préoccuper de ce qu’eux attendent. Il est un dicton qui dit : « on n’est jamais aussi bien servie que par soi-même ! »  C’est ce dont j’ai besoin, me faire plaisir et puisque je suis capable de comprendre cela, il n’y a plus aucune limite à mes envies… Je vais vivre pour le sexe et par lui… après tout, il y a pire comme distractions dans l’existence…

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