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Beau-Fils

Chapitre 1

Le fils prodigue

Erotique

Je ne savais finalement pas grand-chose de cet homme que je venais d’épouser. Notre rencontre « coup de foudre » m’avait plongée dans ses bras sans trop comprendre comment ça pouvait arriver. Bien sûr, à quarante-cinq ans tous les deux nous avions un passé lui et moi. Mais jamais nous ne nous étions vraiment étendus sur le sujet. Il me suffisait de le savoir libre et l’amour que j’éprouvais pour lui avait fait le reste.


Il ne m’avait posé aucune une question et moi guère plus. S’il avait eu un mariage raté, ça demeurait son affaire et comme de mon côté, je ne voulais pas rentrer dans les détails d’une union assez sordide avec mon ex-mari, ce volet de nos existences était resté donc dans l’ombre. Pas vraiment un secret, mais aucune envie de revenir sur un temps révolu et pas forcément agréable, du moins en ce qui me concernait.


Depuis une année complète, nous filions vraiment le parfait amour et mon Dieu, je devais avouer que la saveur de cette nouvelle vie me ravissait. Antoine était d’une douceur et d’un calme qui me sidéraient. Je n’avais vécu avant lui que dans la crainte d’une gifle ou de crises de violences qui me faisaient trembler et cette fois c’était le jour après la nuit, le soleil après la grisaille. Mon nouveau mari m’avait de suite rassurée, et il avait eu les bons gestes. Finalement c’était bien sans crainte que j’appréhendais l’avenir.


La nouvelle année approchait à grands pas et avec celle-ci les fêtes de Noël et du jour de l’an s’annonçaient radieuses. Antoine aimait ma cuisine et je m’appliquais à satisfaire tous ses appétits. Je ne me souvenais pas depuis que nous vivions sous le même toit, d’un jour sans amour. Quand je parlais d’amour, j’aurais dû dire, sans sexe. J’avais tendance à ne pas faire la différence. Ces choses-là se vivaient avec une telle intensité que je retrouvais une seconde jeunesse. Nous ne rations aucune occasion de nous aimer.


Il n’était guère d’endroits dans cette maison où nous résidions qui n’avaient connus mes gémissements, mes cris de bonheur. Jouir était redevenu « normal », et j’appréciais au plus haut point ces moments câlins qui nous réunissaient sans cesse. Du reste, c’était bien alors que nous faisions l’amour, que le téléphone portable d’Antoine nous avait dérangé ce lundi soir-là. Il n’avait pas décroché et le son caractéristique de la messagerie nous apprenait que le correspondant venait de laisser sa voix dans la boîte vocale.


J’avais une fois de plus eu un orgasme qui me projetait dans une sorte d’euphorie comme je n’en avais jamais connue. Et bien longtemps après que je me sois remise de mon immense jouissance, mon nouvel homme avait trifouillé dans son portable. J’avais vu à sa mine que d’un coup, il se sentait préoccupé.


— Un problème mon chéri ? Une mauvaise nouvelle dans ta messagerie ?

— ... hein ? Ah non ! Juste un coup de fil inattendu.

— Pas grave alors ?

— Non ! C’est simplement quelqu’un qui ne me parlait plus depuis longtemps qui se manifeste.

— Ah ! Je suppose que c’est quelqu’un qui revient de ton passé ? C’est vrai que nous n’avons guère eu l’occasion de nous parler de notre précédente vie.

— Je crois que je vais devoir revenir sur certains points, pour que tu n’aies jamais de mauvaises surprises.

— ... ? Parce que je devrais en avoir ?

— Myriam et moi avons un fils, Loïc.

— Tu as un fils ? C’est lui que tu ne voyais plus depuis longtemps ? Il t’a appelé et tu devrais t’en réjouir, non ?

— Ben... il a pris fait et cause pour sa mère. Il m’a contacté parce qu’il dit regretter et qu’il est seul en métropole. Mon ex-femme est institutrice à Fort de France.

— ... je crois avoir vaguement entendu cela, oui ! Mais pas que tu avais un garçon. Il a quel âge sans indiscrétion ?

— Vingt-deux ans depuis... octobre. Et il aimerait que nous passions les fêtes ensemble.

— Et où est donc le problème ? À moins que ça t’embête de me présenter à ton fils ? Ce serait pour moi une bonne chose de connaître un peu ta famille et ton garçon, non ? À moins que... tu préfères que je ne sois pas présente pour vos retrouvailles ? C’est cela ? Dis-le-moi, je comprendrais, tu sais bien !

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— Mais non ! Que vas-tu penser ? C’est seulement qu’il n’a pas toujours été très tendre pour moi. Et que je suis un peu crispé.

— Les fêtes sont un moment de grâce et de partage. Vous pourrez faire la paix tranquillement ici ! Il fait quoi ton fils, au juste ?

— Je n’en sais trop rien. J’ai eu beaucoup de difficulté à garder le contact. Sa mère n’est pas étrangère à notre brouille. Elle a si souvent mis de l’huile sur le feu. Mais je crois qu’il est à la fac de médecine.

— À Paris ? Tu pourrais l’inviter à venir passer les fêtes de fin d’année avec nous. Une façon comme une autre de connaître un petit bout de toi, à travers cet enfant qui te revient.


Aussitôt dit, rapidement fait, Antoine non sans quelques inquiétudes envoya donc une invitation à son gamin. Dire que je n’étais pas stressée serait mentir. Pas question cependant de faire part à mon bienveillant mari de mes craintes, infondées sans doute. Et les jours qui nous séparaient de son arrivée n’arrangeaient en rien mon état d’esprit fébrile. C’était donc le vingt-et-un décembre, environ une heure après le départ d’Antoine pour son bureau, que la sonnerie de l’entrée m’avait fait sursauter.


Je venais de sortir de ma douche et plutôt légèrement vêtue, je repassai par la case « chambre » pour enfiler une robe de chambre. Puis sans trop savoir qui pouvait venir en milieu de matinée me faire un coucou, j’ouvris la porte. D’un coup, c’était comme si je prenais une grande claque dans l’estomac.


— Bonjour ! Je suis bien chez monsieur Bianchi ? Antoine Bianchi ?

— Euh... oui ! Oui bien sûr ! Vous devez être Loïc, son fils !

— ... Oui ! Et vous sa nouvelle épouse je présume ?

— Tout à fait ! Mais entrez, ne restez pas sur le pas de la porte. Antoine va être content de vous retrouver. Excusez ma tenue, mais je ne m’attendais pas à votre visite. Votre papa ne m’avait pas prévenue de votre arrivée ce matin.

— Je ne savais pas moi-même quand j’allais venir ni seulement si j’allais oser le faire.

— Ah bon ! Vous aviez peur que je vous mange ?

— Non ! Pas du tout, mais nos relations n’ont jamais été ce que je qualifierais de « cordiales » et encore moins familiales.

— Vous avez vos raisons, il a les siennes et je ne me mêlerai jamais de ces moments qui n’appartiennent qu’à vous et à lui... et à votre maman. Je ne suis avec Antoine que depuis environ une année et votre existence ne m’est connue que depuis... votre appel.

— Je comprends et ne vous reproche rien. À lui non plus, j’ai pu apprendre à mes dépens combien maman pouvait être odieuse avec les gens qu’elle prenait en grippe. J’ai connu aussi des épisodes dans ma jeune vie, assez... déplaisants. Des crises, des cris, des engueulades parfois très musclées.


Le jeune homme, une réplique exacte de son père, était debout dans l’entrée et nous échangions des banalités, voire quelques secrets dans lesquels je n’avais aucune envie d’entrer. J’avais donc balayé d’un revers de main les doutes et surtout je mettais de côté mes incertitudes, mes peurs pour recevoir le mieux possible ce garçon qui me semblait avoir la tête bien sur les épaules. Il était calme, bien qu’un peu paumé de se retrouver face à une inconnue. Je n’en menais à vrai dire pas large non plus.


— Je peux vous offrir une boisson chaude ? Café, chocolat, thé ?

— Vous avez une bien jolie maison. Ce serait possible que je dépose mes bagages dans un endroit...

— Oh, pardon ! La chambre d’amis est pour vous. Venez, suivez-moi, je vais vous y mener.


Il reprit sa valise plantée sur le carrelage de l’entrée et m’emboîta le pas. Je sentais ses yeux peser sur mes reins, fort heureusement recouverts par la robe de chambre providentielle passée juste avant de le faire entrer. Mais ça me faisait tout bizarre d’être ainsi suivie par un portrait craché de mon mari, avec vingt piges de moins en somme. Dans la chambre, je lui laissai découvrir la salle de bain attenante et repartis vers la cuisine avec la ferme intention d’avertir son père de son arrivée.


J’avais déjà le portable dans la main lorsque Loïc s’est repointé dans mon champ de vision.


— C’est mon père que vous appelez ?

— Oui... Je vais l’aviser de votre présence chez nous !

— Oh, s’il vous plaît, n’en faites rien ! J’aimerais lui faire la surprise... à son retour. Il rentre bien pour le déjeuner ?

— Bien sûr. Je... vous avez raison. C’est fou comme vous lui ressemblez. On dirait lui... en plus jeune.

— Je veux bien accepter un petit café, comme vous me l’aviez si gentiment proposé.

— Un café ? Ah oui, pardon ! Où ai-je la tête ?


Je me suis alors retournée vers la cafetière et la dosette avait laissé échapper un arôme puissant alors que le breuvage bouillant coulait dans la tasse. Pourquoi étais-je aussi émue ? Impossible à dire. Je m’efforçais de ne rien laisser transpirer de ce trouble inouï qui m’envahissait depuis que ce jeune homme était dans la maison. Curieusement, cet émoi sans nom était un reflet d’un autre de même nature qui m’avait conduite au mariage.


Se pouvait-il que tout bascule de nouveau pour ce presque gamin ? Je m’en défendais absolument, mais lui n’arrêtait plus de me scruter, et plus il me regardait, plus je me sentais... agitée. Le mot, du reste, ne reflétait guère ou alors très mal, ce remue-ménage qui s’imposait à mon corps, et accessoirement à ma tête. Il était Antoine sans totalement l’être et, atout supplémentaire, une jeunesse qui en imposait.


De plus, alors que je me baissais pour déposer sur le bois verni de la table sa tasse de café, ma robe de chambre mal ajustée sur le haut s’entrouvrit sur mes deux poires mal contenues. C’était comme si deux rayons de soleil me brûlaient la peau dans ce corridor formé par l’écartement de mes seins. Et Loïc rougissait d’une manière impossible à dissimuler, à tel point que l’empourprement de son visage ressemblait à un phare guidant les marins perdus.


Je ne savais plus trop où j’habitais, et lui encore moins. C’est donc pour tenter de déminer le terrain que je me hasardai à lui poser une question... parfaitement idiote.


— Vous avez besoin d’autre chose ?

— ... ?


Comment aurait-il pu me répondre ? Bien entendu qu’il avait besoin d’autre chose, et pas la peine d’être une devineresse pour le savoir. Quant à moi, j’avais une suée qui faisait monter des gouttelettes sur mon front. Ce jeune homme, comme son père un an et quelques mois plus tôt, venait d’allumer une sorte de grand feu dans mon corps. Merde ! Comment m’en sortir ? Le mieux était sans nul doute de prendre la fuite. Et pour ce faire, il me fallait trouver un bon prétexte. Celui d’aller m’habiller fut le seul qui me vint à l’esprit.


— Bon ! Je vais mettre quelque chose sur mon dos. Ce n’est pas une tenue pour recevoir ses invités.

— Je... je vous trouve très bien, moi, comme ça !

— ... ?


Pas sûre que ça plaise beaucoup à mon mari, et accessoirement à son père de savoir que je devais aguicher son rejeton.


— Je vous laisse quelques minutes. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis tout près ! Appelez-moi ! D’accord ?

— Euh... oui, oui bien entendu. Prenez votre temps, Madame... je peux vous demander votre prénom ?

— Mon... mon Dieu, c’est vrai... c’est Léa ! Je me sens si confuse... Léa...

— Ne le soyez pas ! Je trouve que papa a beaucoup de chance. Oui, vous êtes très belle et sympathique. Merci de votre accueil !


Merde. Je vacillais presque en me dirigeant vers notre chambre à coucher. Je ne marchais pas droit, comme enivrée par je ne sais quel sortilège, et il devait le voir. La porte à peine repoussée, je dus m’appuyer contre celle-ci pour me remettre de mes émotions. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, et après un temps incroyablement long pour me calmer j’ai en quatrième vitesse attrapé une robe dans ma penderie. Un pull de laine pour le haut, et du coup je me rassérénai quelque peu.


— xxxXXxxx —


À quel moment avais-je senti qu’un truc n’était plus normal ? Sans doute lorsqu’en passant ma tête dans le col du pull, complètement engoncée dans les manches, la laine qui me couvrait le visage, un bruit bizarre m’avait alertée. Sans que je comprenne comment, le bas de mon tricot était tiré d’une façon étrange. Je sursautai alors que mon crâne était encore coincé dans le trou serré qui refusait de céder le passage. Lorsqu’enfin je parvins à me dégager, ce fut pour me retrouver nez à nez avec le sosie de mon mari.


Il se colla immédiatement à moi et sa bouche vint écraser la mienne. Mes bras toujours prisonniers du vêtement dont le rempart devenait mon pire cauchemar. J’aurais pu, j’aurais dû, plus facile à dire qu’à faire après coup, garder les mâchoires closes, repousser le jeune homme. Mais ce qui s’était déjà produit des mois plus tôt avec son père se renouvelait avec une force et surtout une intensité délirante. Je répondis donc à ce baiser fougueux sans me rendre vraiment compte que je mettais les pieds dans un engrenage dont je ne sortirais plus jamais indemne.


Nous étions dans notre chambre à coucher à Antoine et moi, et emportée par son élan passion je me retrouvai sur le lit. Lui me tomba littéralement dessus et ses pattes couraient le long de mes cuisses sur lesquelles ma robe, dans l’affolement, était remontée très largement. Et je ne pouvais plus rien cacher de l’état d’excitation qui m’habitait véritablement. Ses doigts avaient déjà franchi la barrière de dentelle et s’évertuaient à entrouvrir mon sexe suintant de mon envie.


Passive, consentante, mais sans mouvement, j’ai laissé faire. Et fatalement nous avons fini par l’irréparable. Il m’a prise là, avec sa force de jeune adulte, avec sa fougue de type sûr de lui. J’y ai trouvé un plaisir trouble, et si l’étreinte était soutenue, elle ne dura pas très longtemps. Juste pour Loïc le temps de se satisfaire, sans aucune précaution. Nous n’avons jamais cherché des préliminaires bien inutiles, ou qui m’auraient sans doute permis de reculer.


Non ! Nous avons plus baisé que fait l’amour, et si mon corps a bien été comblé, il n’en était pas de même pour mon esprit. Dans mon crâne j’imaginais déjà la pire des catastrophes. Comment Antoine allait-il réagir de se savoir trompé doublement ? Par moi, cette femme qui jurait l’aimer, mais aussi par ce fils pas encore retrouvé vraiment ! Tout s’embrouillait dans mon cerveau et quelques larmes coulaient sur mes joues.


Le jeune gars, debout face à moi, tentait bien de calmer cette fureur qui s’intensifiait, s’insinuant partout en mon être. Je ne lui en voulais pas à lui ; enfin, pas vraiment. Dans cette histoire, j’étais la seule, l’unique coupable, et je me révoltais contre ma propre chair si faible qui venait sans raison de céder au plus vil des désirs. J’aurais dû... oui, mais voilà, comment revenir en arrière ? Anéantie, oui ! Il s’agissait bien de cela !


Ce foutu pull avait joué un mauvais rôle aussi en m’emprisonnant dans sa laine perfide. En était-il plus coupable ou responsable pour autant ? Bien sûr que non ! Alors pourquoi ? Je n’étais pas en manque de sexe non plus, ayant fait l’amour lors de la soirée précédente avec Antoine. À vouloir trop expliquer l’impossible, j’en devenais folle... de rage. Et désarmé devant moi, désolé peut-être, le gaillard avec son pantalon pas seulement retiré complètement s’attendait à mes foudres.


— Nous... nous n’aurions pas dû... Antoine ne doit jamais savoir...

— Je... suis désolé, je ne sais pas ce qui m’a pris ! J’ai eu un coup de sang.

— C’est bon ! On va faire comme si rien ne s’était passé, voulez-vous ?

— Ben... je ne sais pas si j’en serai capable.

— Comment ça ? Il va bien falloir pourtant.

— Vous voulez que je quitte votre maison ? Je ne suis pas certain de pouvoir me retenir, vous êtes si...

— Je suis surtout la femme de votre père. Il a suffisamment souffert de votre absence pour ne pas encore supporter ma bêtise.

— Je... j’avoue que vous êtes désirable et qu’il était difficile de résister. De plus je ne suis pas capable de vous dire que je saurai ne pas renouveler ce moment.

— Retournez dans la cuisine ou votre chambre. Jamais Antoine ne doit savoir ce que nous venons de faire. Je compte sur vous !

— Je... bien entendu, je ne vous mettrai jamais dans l’embarras.


Il a quitté la chambre presque aussi discrètement qu’il y était apparu. Et moi, je restais là avec cet immense poids sur la conscience. Un mauvais rêve qui me poursuivrait longtemps, toujours sans doute. Il me faudrait vivre avec ce tourment, et surtout le voir face à moi puisqu’il avait les traits de mon mari... en bien plus jeune. La fin de la matinée m’a paru interminable. Et lorsqu’enfin, sur le petit chemin qui mène de la route à la maison, la voiture d’Antoine entra, je tremblais de peur.


Dès qu’il eut franchi la porte, il aperçut le jeune homme, et je lus dans ses yeux une sorte d’incrédulité.


— Loïc ! Mais comment est-ce possible ? Tu ne devais pas arriver que demain ?

— Oui... mais bon, marre de la solitude, et l’envie de te voir, j’ai avancé mon arrivée.

— ... tu as donc fait la connaissance de Léa ?

— Oui... Elle m’a gentiment accueilli et nous avons attendu sagement ton retour. Tu as... enfin, vous avez une bien jolie maison.

— Oui... je veux tout savoir de toi, de ta vie. Ça fait si longtemps... Tes études, tu vas bien ?

— Ne t’inquiète pas... je suis heureux, et encore plus de te retrouver. Merci à vous, Léa, de m’avoir gardé mon père en forme.


Je devais avoir la rougeur d’une tomate bien mûre. Mes yeux fuyaient ceux de mon mari. Mais lui, finalement, absorbé par ces retrouvailles, ne remarquait rien d’anormal. Comment du reste aurait-il pu une seule seconde imaginer ce qui était arrivé ? N’avais-je pas rêvé tout simplement cet épisode avec le jeune homme ? Son aplomb m’interloquait. Il restait maître de la situation, et c’était moi, l’adulte, qui tremblait de partout. Cette trouille qu’un mot échappât à ce fils de retour me paralysait.


À tel point que je dus me reprendre rapidement sous peine de me montrer tellement paniquée que ça en deviendrait louche. Nous avons alors déjeuné avec au-dessus de ma tête cette épée de Damoclès en suspens. Mais les deux hommes parlaient de choses lointaines, d’un passé dans lequel je n’entrais pas. L’heure de repartir au travail arriva trop rapidement à mon goût, et le baiser d’Antoine sur le bout de mes lèvres avait un relent de désespoir.


Dans mon dos, la reproduction en chair et en os de celui qui posait sa bouche sur la mienne laissait traîner sur mes reins ses yeux chauds. Son père, emporté par l’élan de sa joie de revoir sa progéniture, n’a pas tiqué. Il ne s’est vraisemblablement rendu compte, fort heureusement, de rien. Loïc et moi de nouveau dans la cuisine, je ne savais comment me contenir.


— Je suis content de vous connaître, Léa. Et papa est amoureux, ça se sent, ça se voit aussi.

— S’il vous plaît ! Vous voulez bien ne pas revenir sur le sujet ?

— Pourquoi ? C’était si déplaisant de faire l’amour avec moi ?

— Vous appelez ça faire l’amour ? Nous avons baisé une fois, et c’était une grossière erreur. Elle ne doit jamais faire souffrir Antoine ni se renouveler.

— C’est drôle ! J’ai l’impression que vous en parlez pour exorciser la chose ! Je suis un si mauvais amant qu’il vous faille à tout prix évacuer ce moment de tendresse ?

— Arrêtez ! Bon sang, je ne sais pas comment vous faire comprendre que je n’aurais jamais dû... céder à vos avances. Je regrette ce qui s’est passé, et je ne tiens absolument pas à ce que mon mari en souffre.

— Vous pensez à ma souffrance à moi ? Vous ne pouvez pas imaginer une petite minute que je puisse... être tombé amoureux de vous ? Vous êtes la plus belle femme qu’il m’ait été donné de voir et de tenir dans mes bras.

— ... ? Vous êtes fou ? Ma parole, vous êtes fou !

— Vous pouvez tout à fait comprendre que mon père soit fou amoureux de vous, qu’il ait envie de votre corps, qu’il vous couvre de baisers, mais que son fils, finalement la chair de sa chair, soit dans un même état vous paraît donc irréalisable ? Pourtant nous sommes du même bois, du même sang, et ça me paraît logique, finalement.

— Taisez-vous ! S’il vous plaît... nous, nous n’avons pas le droit de songer à pareille mésaventure. Ce n’est tout bonnement pas viable, pas vivable. Vous êtes... son fils ! Vous ne pouvez pas aimer une femme qui pourrait être votre mère.

— La différence réside bien là ! Vous ne l’êtes pas, ne le serez jamais, et il n’existe aucun lien de sang, pas d’attaches qui nous interdisent de nous aimer. L’âge n’a rien à faire dans cette histoire. Mon père vous aime, et je sais que ça peut vous paraître absurde, mais moi aussi je suis amoureux de vous. Vous êtes sa femme, pas ma mère, et personne n’appartient à personne. Il n’y a aucune loi qui nous condamne à refuser ce cadeau du ciel qu’est l’amour.

— Mais... moi, je ne vous aime pas ! Enfin, pas de cette forme d’amour dont vous parlez actuellement. Et puis vous êtes jeune ; toutes les filles du monde sont dehors, là, dans les rues, qui vous tendent les bras. Vivez votre vie et votre âge avec ces jeunesses qui vont forcément vous sourire.

— J’ai le droit de faire mes propres choix, et si celui qui domine c’est cette attirance pour vous ? Qu’y puis-je, en fait ? Les chats ne font pas des chiens, et si mon père vous aime, c’est que je suis si semblable à lui, en tous points, que les mêmes causes produisent sur moi des effets similaires, je ne pouvais que tomber amoureux de vous.

— Vous m’embrouillez avec vos beaux discours !

— Dites-moi, prouvez-moi que j’ai tort et je ne chercherai plus à vous séduire.

— ... ?

— Oui... jurez-moi que vous n’avez pas envie, là, de faire l’amour ! Soyez honnête ! La vérité ? Vous en avez envie, n’est-ce pas ?

— ... vous allez vous taire à la fin ?

— Sinon quoi ? Vous pensez que vous embrasser ne vaut pas le risque de prendre une gifle ? Si je m’approche, là ? Vous me collez une beigne ?

— S’il vous plaît... n’avancez pas... non... s’il vous...


Je n’avais de nouveau plus la possibilité de le faire reculer. Ses lèvres éteignirent mes dernières velléités de révolte. La pointe de la langue qui entrait en contact avec la mienne, l’entourait de son affection et me coupait le souffle. Ses mains avaient retrouvé le chemin sous ma jupe, et les doigts me tripotaient sans que je sois en mesure de crier au loup. Mais cette fois, il y mettait les formes, s’évertuant à prendre son temps. Quand m’a-t-il fait allonger sur le tablier de bois de la table de cuisine ?


Mon esprit ne tournait plus qu’au ralenti, et ses pattes, qui forçaient le passage, s’ingéniaient à faire descendre sur mes cuisses ma culotte qui attestait de ses dires précédents. Elle finit sa course sur le carrelage après avoir franchi le Rubicon et s’être délivrée de mes chevilles. Dans la fourche ainsi dégagée de toute entrave, il plongea alors son visage, et les sensations qui en découlèrent anéantirent mes derniers sursauts de remords.


J’ai serré contre moi ce corps plein de fougue qui recréait dans cette cuisine des mouvements d’homme. Ceux que son père pratiquait si couramment en ma compagnie, ceux qui n’étaient tous destinés qu’à nous donner un véritable plaisir partagé. Et la peur s’envolait au rythme de coups de reins qui m’envoyaient dans un univers parallèle. Ce Loïc avait tout d’un grand et j’étais toute remuée, transportée dans les mêmes élans que ceux rendus par son paternel.


— xxxXXxxx —


À suivre...

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