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Beau-père

Chapitre 2

Rêve d'un soir d'été

Erotique

Les jours qui suivent, l’amant de Maryse est de plus en plus souvent présent à la maison. Il est affable, rigolo par certains côtés. Ma mère est lumineuse dès qu’il est proche d’elle. Puis elle ne se cache plus vraiment pour le relécher ouvertement. L’amour fait faire des imbécilités à tout âge ? Je n’en reviens pas. Je surprends souvent les gestes déplacés qu’elle lui prodigue alors qu’elle imagine sans doute que je ne vois pas. Curieusement, ça me dérange de moins en moins et la nuit, parce que Julien les passe pratiquement toutes sous notre toit, je perçois les bruits sourds de leurs ébats.

Des pas dans les escaliers m’avertissent que maman arrive dans mon nid. Là, je suis plongée le nez dans un bon bouquin et depuis mon retour, elle a pris l’habitude de frapper de petits coups dans la porte avant d’entrer. Je viens donc de poser mon livre, m’attendant à ce que le visage de cette maman joyeuse apparaisse dans l’encadrement de l’ouverture. Elle cogne d’une manière discrète pas tout à fait identique à ses précédentes arrivées.


— Oui ! Entre maman !

— Perdu ! Ce n’est que moi, jeune femme. Désolé de te déranger dans ton antre, c’est Maryse qui m’envoie.

— … Ah !

— Oui, nous aimerions t’emmener avec nous.

— Avec vous ? Où donc allez-vous ?

— Au cinéma et comme tu es toujours enfermée ici, nous avons pensé que ça pourrait te plaire de changer d’air.

— Je ne voudrais pas être dans vos pattes… vous avez surement des choses à vous dire, enfin, vous n’avez surement pas besoin d’un chaperon ou d’une chandelle.

— Que voilà de grands mots. D’une part, qui te dit que ça ne me ferait pas plaisir que tu sois dans mes pattes, comme tu dis ? Dans celles de ta mère, je n’en sais rien. Mais dans les miennes… j’imagine bien… et puis je ne suis pas ton ennemi. Je veux bien concevoir qu’il n’est pas facile de voir un étranger prendre la place de ton père. Mais tu ne crois pas que pour le bonheur de ta maman, tu devrais enterrer la hache de guerre ?

— Mais je ne suis pas en guerre contre elle.

— Bien sûr ! Mais contre moi, oui ! Elle le sent et mon Dieu, tu devrais lui faire plaisir ne serait-ce qu’une fois.

— … ? Et d’après vous, je devrais faire quoi pour qu’elle soit « heureuse » comme vous savez si bien le dire ?

— Réchauffer nos relations. Tu es polie, mais si lointaine… distante serait plus juste. Tu crois qu’elle ne le ressent pas ?

— Votre petit numéro de « câlinerie piétonne »… vous croyez vraiment que si elle l’apprenait elle n’en serait pas offusquée ? Ça ne vous dérange pas de tripoter la mère et la fille, sous les tables.

— Allons ! Crois-tu qu’elle ne soit pas au courant ? Je sais tout de toi. Que tu es encore vierge, que tu as sans doute peur des garçons, ou plutôt du loup des hommes ! Et je pense qu’elle aussi se fait du souci de tes peurs. Je ne lui ai jamais caché que j’aimais les femmes… toutes les femmes tant qu’elles sont majeures et d’accord.

— Vous imaginez vraiment que j’étais d’accord quand vous me faisiez du pied ?

— Il te suffisait de retirer ta jambe, ce que je te l’accorde, tu as fait au début. Mais ensuite… et tu penses véritablement que la main qui te frôlait la cheville… c’était la mienne ? Réfléchis simplement une seconde ou deux ! C’est bien que nous ayons toi et moi cette discussion. Au moins, ça met les choses à plat !

— Vous me prenez depuis le début pour une sale voyeuse ou je ne sais quoi de plus pervers encore.

— Ça… c’est seulement là ! Dans cette caboche de jeune dame. Je veux bien croire que tu es fâchée… mais ça sent surtout une jalousie mal placée, ton affaire.

— Jalouse ? Moi jalouse ? Mais de quoi grand Dieu ? Vous n’êtes pas le centre du monde, vous savez.

— Évidemment. Mais le bonheur de ta mère te perturbe et quelque part t’insupporte. Les idées que tu ranges là-dedans ont besoin d’être un peu dépoussiérées… qu’en dis-tu ?


Julien en disant « Là-dedans » me tapote de l’index sur le front. Il s’est négligemment assis sur le bord de mon lit, tout près de moi. Je ne bronche pas bien que cette promiscuité me pèse bizarrement. Sa main vient de retomber sur sa cuisse qui frôle la mienne. Et quand et pourquoi est-ce que je ne réagis pas lorsqu’il se saisit de mes doigts ? Son visage est si proche de ma joue. J’ai la sensation très nette que si je bouge, ça va déraper. Et pourquoi vient-il de me parler de ma cheville, de la main qui l’a touché au cours de notre première rencontre ?

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Qu’est-ce qu’il a dit au juste ? Je frémis à ces mots : « Mais ensuite… et tu penses véritablement que la main qui te frôlait la cheville… c’était la mienne ? » Ça voudrait dire que si ce n’était pas lui… non ! Je ne peux pas croire ces sornettes. Il se sert de maman pour manigancer un sale coup ? Il est donc bien pire que je ne peux le croire ? Et pendant que mon cerveau se met en ébullition, Julien pose carrément… sa bouche sur la mienne. Il garde ma main dans la sienne et aussi incroyable que ça puisse paraitre, je réponds favorablement à la pelle que me roule… l’amant de ma mère !


Le reste se déroule dans une sorte de ouate feutrée et d’une douceur inimaginable. Lorsque ses lèvres et sa langue se retirent, je suis pantelante et ivre d’attente. Je ne sais pas ce qui m’arrive. Mes bras tentent, dans un sursaut de retenir ce type qui veut se redresser. Bien sûr qu’il a compris et il me laisse faire. Finalement il a ce qu’il voulait. Je viens de faire la pire boulette de ma courte existence ? Voler le copain de maman ? Mais c’est plus fort que moi. Je tremble en l’embrassant de nouveau. Et comme il s’est relevé, tout mon corps a suivi le mouvement.


Je suis calée contre sa poitrine d’homme et il ne peut ignorer que je frissonne. Mais il ne fait rien pour me maintenir là où je me love, toute seule. Et son murmure me résonne dans la tête.


— Alors ? Qu’est-ce que je réponds à Maryse ?

— À maman ? À propos de quoi ? Je…

— Tu nous accompagnes ou pas au cinéma ?

— Ah ça ? Je… je n’en sais rien.

— Écoute ! Ça ne peut que bien se passer ! Et puis… c’est simplement une question d’équilibre ma jolie. Ne te fais pas prier et rejoins-nous à la cuisine.


Qu’est-ce qui me surprend le plus ? Que je me sois laissée embrasser par ce type ? Que j’aie surtout aimé cela ? Que je ne me sois pas véritablement souciée du mal que je pouvais faire à maman en bécotant son amant ? Un mélange détonant de tout ceci ? Sans aucun doute ! Et ce qui m’atterre le plus dès qu’il a le dos tourné, c’est bien qu’en un tour de main je saute dans des vêtements de sortie. Et c’est bien avec une sorte de rage au ventre contre la bécasse que je suis, que je dévale les marches pour… les retrouver dans la cuisine où patients, ils m’attendent sagement.


C’est maman qui me parle de suite, dès que je débouche dans leur champ de vision.


— Je suis heureuse de voir que tu nous accompagnes. Ma grande fille est jolie comme un cœur. La vie est belle, n’est-ce pas ?

— Maman !

— Bon les filles ! On y va si nous ne voulons pas rater le début de la séance ?


Nous suivons donc le chauffeur qui se dirige déjà vers l’extérieur. Et lorsque nous commençons à rouler doucement, Maryse se retourne vers l’arrière du véhicule où je suis installée.


— Tiens ma chérie ! Frotte tes lèvres avec ce rouge ! Une touche de couleur pour rehausser l’éclat de ton teint… tu es si belle.

— On dirait deux sœurs ! C’est vrai que vous êtes… deux amours, Mesdames !


Ma main tremblante se saisit de l’objet et je fais comme elle le dit. Je sais, je sens que dans le rétroviseur, le pilote de la voiture saisit tous mes faits et gestes. Étrangement, ça me rassure qu’il me regarde. C’est l’unique raison qui me fait me positionner au milieu de la banquette que j’occupe ? Pas si certaine que dans mon esprit brouillon, je ne sois pas en train d’aguicher plus que la normale, le gars au volant. Pourquoi est-ce que j’agis de la sorte ? Maman s’en aperçoit-elle ? Et une musique douce monte dans mon cerveau… Une petite voix qui me susurre… « petite salope » !


— oOo —


La perversité d’un être déteint-elle forcément sur son entourage ? Maman est de plus en plus subjuguée par son gaillard. Et je dois bien admettre que je ne suis pas loin de lui emboiter le pas sur ce chemin. Mince alors ! Je n’aurais pas misé un sou sur ce revirement de situation. L’impression très nette que mon cerveau ne m’obéit plus tout à fait et que je fais l’exact contraire de ce qu’il décide. Les yeux qui me fixent dans ce bout de miroir ne sont plus inamicaux, ou plus vraisemblablement, ce sont les miens de quinquets qui les supportent mieux.


Personne ne parle dans l’habitacle dont seul le ronron du moteur trouble le silence. Le complexe cinématographique est là, qui pointe ses longs murs. La billetterie où se bousculent les gens pour acheter une place nous accueille en bout d’une file qui me semble interminable. Je vois les amoureux qui se donnent la main. Tout cela dégouline de bons sentiments et me colle mauvaise conscience. De temps à autre, Julien ou maman tourne la tête, histoire de voir si je ne me suis pas paumée dans le hall ?


Il y a dans ces regards une complicité que je ne m’explique pas. Surtout dans ceux du copain de Maryse. Et des pensées de moins en moins chastes se bousculent au portillon de mon esprit en délire. Est-ce qu’il bande déjà pour elle ? L’a-t-il baisée avant de venir au cinoche ? Va-t-il oser la tripoter dans la salle ? Des imbécilités à la pelle qui vont et viennent, qui soudain me tourmentent et avec elles, des trucs dont je ne suis pas fière. Je trouve qu’à deux mètres derrière le zig, il a un beau cul !


Ce genre de considérations ne me ressemblent pas d’ordinaire. Je reste d’habitude très calme et là… mon sang bout dans mes veines. Qu’est-ce qui m’arrive bon sang ? « Jalouse » ? C’est bien de cela qu’il m’a traité ? De Jalouse ? Je ne crois pas l’être. Ou alors… envieuse de voir ce bonheur qui transpire dans tous les mouvements de cette mère qui a rajeuni, comme si c’était possible. À moins que ce ne soit moi qui vieillisse à leur contact. Je me moque éperdument du titre du film, je ne suis là que pour faire plaisir à maman !


Une autre petite voix intérieure me salue d’un gentil : « menteuse » et je veux me persuader qu’elle a tort. J’atterris dans la rangée la plus élevée des sièges en gradins. Un velours rouge d’une douceur exquise sur laquelle je m’assois à la droite de Julien, Maryse ayant d’office opté pour son flanc gauche. Il s’est penché vers moi. Un instant, je me demande ce qu’il veut. Pas encore m’embrasser ? Pas ici, pas devant maman tout de même ? Et puis non !


— Tu veux une glace ? Des popcorns ? Je vais me chercher une boisson.

— Maman prend quoi, elle ?

— Un esquimau voyons !

— … ?


Une allusion à ce passage de la première nuit, derrière la porte ? Salaud va ! Sympa de me rappeler que je sais comment elle s’en sert… de sa bouche. Je m’entends bêtement répondre.


— La même chose qu’elle, alors !

— Gourmande… ça viendra bien un jour, non ?


A-t-il dit ces mots-là ? Ou n’est-ce que mon esprit enfiévré qui les émet ? J’avoue que je n’en sais plus rien. Maman lui sourit alors qu’il dérange toute l’allée où nous sommes installées, pour nous faire plaisir. Ses yeux restent un moment accrochés dans les miens et je la sens comme anxieuse. Mais c’est peut-être et toujours une vue de mon cerveau qui n’en fait qu’à sa tête. Quand elle tend la main par-dessus le siège vide de son nouveau compagnon, je fais dans l’autre sens un trajet identique avec mon bras.


Nos doigts se rejoignent, s’enlacent. C’est aussi son visage qui fait un bout de chemin dans ma direction. Elle veut donc me dire quelque chose à l’oreille ? Quoi de plus naturel que d’écouter ce qu’elle a à me dire ?


— Je t’aime ma chérie. Merci d’être venue avec nous. Tu ne peux pas savoir comme je suis contente. Je crois que tu plais à mon Julien.

— Hein ? Que je lui quoi ?

— Il t’adore… c’est déjà comme si tu étais sa fille.

— … ?


Embrasse-t-on ses propres enfants sur la bouche ? Je ne peux pas lui raconter cela, pas question de lui faire de la peine. Et puis lui avouer aussi que… pour les deux ou trois autres baisers, ils sont de mon propre chef ! Pas sûre qu’elle l’admette et qu’elle me le pardonne. Je ne tiens pas à me fâcher avec cette maman qui s’est dévouée tout au long de ces années qu’elle a traversé seule. Alors je laisse tomber et me range à son avis.


— Tant mieux maman ! Si ça se passe bien entre vous, je ne vois pas ce qui pourrait me déranger moi !


Sa réponse s’affiche muettement sur ses lèvres. Un sourire radieux et nous voyons les personnes occupants les sièges à ma droite qui l’une après l’autre se redressent. Ce sont nos esquimaux qui atterrissent dans nos mains. Julien tient aussi un « Perrier-citron ». Il me frôle trop pour que ce soit honnête et reprend sa place. Les informations et la publicité qui précèdent le film s’achèvent sur le noir quasi total de la salle. Puis le logo de la MGM et au centre de celui-ci, son lion éclate dans un rugissement violent. Sur la toile, c’est le début du film.


Je plonge dans les images et me perds dans les recoins d’une histoire plutôt captivante. J’évite surtout de détourner mon attention vers les jeux de mains de ce couple que Julien et maman forment. Elle occupe le dernier siège contre le mur de la salle. De ce côté, il n’y a pas d’allée pour regagner le fond de l’immense pièce et la porte de sortie. Lui est positionné de trois quarts par rapport à ma mère et je le soupçonne de la caresser sans vergogne. Je ne suis certaine de rien bien entendu, mais pourquoi se gênerait-il puisqu’apparemment elle lui est toute dévouée ?


J’ai sucé ma glace et je ne sais pas quoi faire du bâtonnet de bois que je tiens. Finalement, mon sac à mes pieds fera l’affaire et devrait recevoir l’encombrant objet qui est si mince pourtant. Je me baisse donc pour fourrer le truc dans une poche et c’est en me relevant que je m’aperçois de mon erreur. Ce n’est pas le type qui tripote maman, mais bel et bien l’inverse. Elle a calé sa tête contre son épaule et dans l’obscurité de l’endroit, elle a sorti la trique du bonhomme. Je vois les mouvements manuels qu’elle donne à son poignet. C’est bien sûr très furtif, et je reprends rapidement ma posture initiale.


Le dos appuyé au dossier de mon fauteuil, je tente d’oublier cette vision incroyable de la main de maman qui astique le manche du guignol. Lui sait que j’ai vu à coup sûr. Il vient de se tordre le cou pour me faire une sorte de clin d’œil. Aussi con que ça puisse paraitre, je pique un fard que personne ne devinera jamais. Et je cherche un dérivatif dans la scène que distille le projecteur. C’est l’instant que choisit le monsieur pour empaumer mon genou. Impossible d’échapper à cette patte qui me chauffe soudain jusqu’au-dessus de la cuisse. De ma menotte je fais mine de repousser l’assaillante tenace.


Elle résiste et les doigts lissent la zone de peau interne à cette parcelle que ma robe ne couvre pas. Et tel un serpent, voici que la main grimpe doucement, millimètre par millimètre vers le plus profond de ma cuisse que retient prisonnière l’accoudoir du fauteuil. Difficile de ne pas subir ces tentacules qui grimpent trop haut, trop hâtivement. Et avec cette patte, le reste du bras aussi est là, qui vient retrousser le tissu rendant visible bien plus haut que la décence ne devrait l’autoriser, la blancheur de cette jambe que je ne peux plus cacher ou retirer.


Malgré une autre tentative pour rejeter l’insupportable paluche, je ne réussis qu’à la faire dériver plus bas sur ma peau dénudée. Et lequel des doigts atteint le premier, la limite de dentelle de mon sous-vêtement ? Je n’en sais rien, mais ce dont je me rends compte, c’est qu’à partir de là, je cesse de lutter. Vaincue ? Apprivoisée ? Je ne me pose plus de question de cet ordre, et bien sûr la bastille semble se rendre. Il ne peut que constater… que je suis très, très humide. Il ne doit que subodorer que ce sont bien ses attouchements qui me font cet effet…


Je resserre mes deux cuisses, comme pour faire fuir la guerrière qui de haute lutte conquiert la place. Et mon mouvement malheureux ne fait que précipiter les évènements. Le résultat escompté n’est indubitablement pas celui obtenu. Je n’ai fait que rapprocher les visiteurs indésirés de leur cible. Et ils me le prouvent en longeant ce sanctuaire que personne d’autre que moi n’a encore parcouru. Franchement, je suis totalement à la merci de ces inquisiteurs qui palpent, cherchant une entrée que ma culotte ralentit. Pour combien de temps encore ?


Et la lumière revient qui me sauve de l’outrage. Le film est en deux parties bien distinctes et une espèce d’entracte vient de faire refluer à vitesse grand V les visiteurs. Un geste sec aussi sur ma gauche qui m’apprend que maman camoufle aussi le plus rapidement qu’elle le peut la tige qui est à l’air. Pour ce faire, elle colle carrément sa veste sur le pieu dressé. Et nous sommes tous les trois figés dans des postures où l’on nous donnerait à chacun, le Bon Dieu sans confession.


— Tu aimes ça ?


De quoi me parle Julien ? De l’histoire pour laquelle je suis encore sur ma faim ou pour… son excursion vaginale interrompue ? Je baisse les yeux. Ma mère a tout de même perçu la question de son mâle.


— Tu aimes le film, ma chérie ? Tu ne t’ennuies pas trop avec les deux vieux que nous sommes ?

— … !


J’ai dans l’idée de lui demander si son ménage ou plus justement son manège a bien fait reluire le manche du pinceau ! Je m’abstiens pour ne pas lui faire savoir que j’ai vu, que j’ai compris. Le tissu de sa pelure sur le bas ventre de son mec fait encore un angle assez significatif. Il bande toujours l’animal ?


— Et vous ? Vous aimez ce qui se passe ici ?


Mes mots spontanés traversent l’espace, bien que prononcés presque à voix basse. Ils n’ont aucune résonnance particulière chez cette maman que je découvre de plus en plus dépravée. Par contre, je reste persuadée que pour son jules, il en est tout différemment. Dans la demi-obscurité, ses yeux brillent d’une lueur jaune. Un loup aux abois qui n’espère que la retombée de cette luminosité agressive pour revenir à ses jeux de pervers. Et après une page de pub, la salle est de nouveau plongée dans cette nuit propice aux effleurements.


La première à reprendre ses activités illicites, c’est bien Maryse. Mais cette fois elle plie son buste d’une telle manière que je devine que ce n’est plus sa main qui câline l’objet. Julien ne montre rien de son état d’excitation avancé. Il a de la ressource le gaillard. Et sa main fit un retour remarqué sur ma cuisse. Il n’a pas tâté trop longuement. Délibérément, j’ouvre plus grand l’espace. Après tout, il m’a mis les sens à l’envers et ce n’est pas en minaudant que je vais y changer quoi que ce soit. Alors, au diable les apparences et la bienséance.


Il va droit au but cette fois. Je sens bien l’index facétieux qui écarte les ailes du papillon de nuit. Aucune hésitation non plus pour que les phalanges flirtent avec une entrée pas vraiment possible. C’est assez étrange ! Je n’ai absolument aucune crainte. Il ne va pas me déflorer avec son doigt ? Et puis si c’est le cas… qui va s’en plaindre ? Certainement pas la principale intéressée, je dois dire. Mais non ! Le finaud se contente de tourner sur le devant d’une scène qui pleure… d’envie. Et je sens que son corps se raidit pendant qu’il retire sa patte prestement.


Pourquoi me délaisse-t-il aussi brutalement ? Je trouvais bien plaisants les atermoiements du lutin sur moi. Ça y est ! Je viens de piger. Du bout de sa langue, maman lui donne le coup de grâce. Elle s’enfonce bien plus normalement dans son siège et Julien fouille avec difficulté dans sa poche. Il en extrait un paquet de mouchoirs jetables… il faut maintenant nettoyer les salissures ? Apparemment il s’occupe de cette basse besogne seul. Maryse a fait le boulot et lui doit éponger l’outil ! J’en ai le sourire. Enfin, pas pour un long moment…


En effet, ce saligaud sait que j’ai compris. Alors sa semence qui macule le kleenex atterrit dans… le creux de ma main. Et le sourire de triomphe du gazier me laisse pantoise et rouge comme une pivoine. Une fois de plus, il se penche vers moi.


— Tiens… un petit bonus pour que tu saches combien ta mère est douée.

— Salaud !


Je lui murmure ce simple mot et en réponse j’ai droit à un sourire qui fait briller ses dents blanches dans un éclat de lumière dû à l’écran. Je ne bronche plus. Julien non plus et je suppose que maman de son côté reste désormais tranquille. Comment a-t-elle pu lui sucer son cigare alors que je suis toute proche ? Elle ne peut ignorer que je pouvais à tout instant remarquer son petit jeu risqué. Et la vérité toute bête me tombe dessus. Ces deux-là sont complices, totalement solidaires dans leurs dépravations permanentes !


— oOo —


Le trajet de retour se fait dans un silence pesant. Chacun campe sur ses positions ou souvenirs et amertume se mêlent allégrement. La conduite au volent est aussi affaire de souplesse. Et notre chauffeur est un maitre dans l’art de la bonne, mais également de la mauvaise conduite si j’en juge par la séance très spéciale de cinéma de la soirée. Réussir, à me faire pratiquement basculer dans le stupre, moi qui quelques jours plus tôt aurais bien jurée haïr ce type… un miracle ? Il en ressort que je suis sous l’emprise de ce phénomène ? Mon corps me trahit, tout comme cette maman qui se livre à des turpitudes éhontées.


Dès ma descente dans notre « chez nous », je prends rapidement congé des tourtereaux. Ma chambre, mon ile, mon refuge, mon abri. Un plaisir de venir m’y cacher. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Je m’y camoufle pour ne rien laisser deviner de ce qui m’irrite le corps en général et le bas-ventre en particulier. Je tire sur moi le drap, place mon oreiller sur ma caboche, pour oublier les bruits qui remontent de la chambre des amants. Le type fait tout pour faire crier sa copine et j’en sais l’unique raison.


Il est certain que je vais finir par craquer. Donc il insiste, et c’est par maman qu’il veut m’atteindre, j’en jurerais. Et qu’elle en soit consciente ou non, ne change rien à la perfidie de son matou. Il est fort, très fort. Rien ne peut détourner mon cerveau des images qui l’assaillent. Je les imagine qui se roulent des pelles, qui baisent, qui font des tas de cochonneries dont je ne sais pas seulement le début d’un mot. « Jalouse » ? Et s’il avait entièrement raison ? Le dernier rempart pour mes esgourdes, celui qui empêche une partie des gémissements de m’atteindre, git désormais sur le sol. Les seuls vêtements dont je ne me suis pas débarrassé en m’allongeant… eux aussi s’éclipsent.


Et je laisse ma main faire des passages sur ce qui a subi quelques attouchements dans la soirée. Je me masturbe comme si c’était l’unique solution à mon problème. Je joue encore les aveugles ? C’est bien vrai que c’est ma seule échappatoire à ce feu qui me dévore. Je trucide mentalement ce con qui s’envoie en l’air avec la personne que je ne pourrai jamais maudire. J’en serai quitte au lever pour changer mes draps. Froissés, ruinés par mes gestes de folle qui expie ses fautes dans une jouissance magistrale, je ne tente pas vraiment de retenir mes cris dans les plis de ces linges.


Malgré cela, pas moyen de trouver le sommeil. Mes sens sont trop tendus pour que mon corps fasse relâche. Et supplément désagréable, une soif dont je me passerais bien me met la gorge en feu. Il me faut aller au réfrigérateur pour y quérir le liquide salutaire. La danse des amours ne vient pas de la chambre comme je le pensais. Mais forcément du salon, devant lequel je n’ai d’autre choix que de passer. Ni elle ni lui n’ont pris la peine de fermer la porte, comme si je n’existais pas, quoi !


Cœur battant de peur d’être repérée et taxée de voyeurisme, je me surprends à courir pour passer devant le lieu de leurs ébats. Non, mais quelle crétine, quelle conne ! Ce sont des gloussements à m’en donner la chair de poule derrière ce panneau de bois. Ouf ! La cuisine, le frigo que j’ouvre sans plus de tergiversations. Et je m’assois une seconde pour me remettre de mes émotions. Je dois devenir un peu cinglée en constatant que ces gestes, des mouvements de la vie courante que je faisais avant l’arrivée de l’amant de maman, me deviennent compliqués.


Peur de faire du bruit, de déranger, ou tout simplement la trouille de me retrouver nez à nez avec Julien ? Et de nouveaux frissons me parcourent l’échine en songeant que je suis descendue nue. Ce qui en soi ne devrait dans ma maison, poser aucun problème et pourtant… S’il arrivait là ? Comment est-ce que je ferais pour me sortir de cette impasse ? Faut-il vraiment que j’envisage une fuite rapide ? Quand je dis fuite, c’est plus déménager que mon cerveau enregistre. Le ver est dans le fruit… une fois dans la tête cette pensée m’obsède.


Suis-je restée longtemps sur cette chaise, à la table de la cuisine ? Bon ! Il me faut remonter me coucher. Et au salon, tout est calme maintenant. Ils ont enfin fini leurs galipettes ? Est-ce qu’il fait jouir maman ? Merde alors ! Me voici avec ce genre de réflexions qui me tournent dans le ciboulot. Jouir ! Qu’est-ce que ça peut bien me faire ? Bien sûr qu’elle prend son pied ! Et je dépasse la « zone rouge » sur la pointe des pieds. Il n’y a plus de lumière. En dorment-ils pour autant ?


Dingue cette manière qu’à mon palpitant de s’affoler sur deux mètres et de ne plus vouloir reprendre un rythme de croisière normal ensuite. Je souffle en m’alitant. La lampe ! L’éteindre et fermer les yeux… oui ! Mais de là à pioncer, il y a un fossé, que dis-je, un abime, que ma tête se refuse à franchir. Ruminer… pester ne sert pas à grand-chose. Oui, mais voilà, je ne commande plus rien de cette foutue vie. Je suis obnubilée par ce type. Et lui… c’est ma propre mère qu’il baise. J’en deviens vulgaire ! Me calmer vraiment devient une priorité absolue. Bien beau de le penser et c’est nettement plus difficile à réaliser.


Qu’est-ce qui m’arrive, bon sang ? Ce ventre qui, jusque-là n’a jamais rien demandé est une fois encore à quémander des câlins. Je me branle donc avec en toile de fond derrière mes paupières closes, la main qui monte et descend, une veste qui masque tout durant l’entracte et des doigts étrangers qui se faufilent sous ma culotte. Les images sont là, ancrées en moi, photographies d’un long moment agréable au possible. Et mes draps prennent cher, ils reçoivent le fruit de mes tripatouillages nocturnes.


J’émerge de ma nuit nauséeuse au son des cloches de l’église. Il pleut surement pour que leur tonalité semble si proche. L’ouverture de mes volets confirme mon impression. Un crachin ensevelit les environs sous sa bruine humide. Le miroir me renvoie le reflet de ma bouille grise comme le temps. Un effort pour un brin de toilette, et vêtue d’une robe de chambre bien peu seyante, ma descente vers la cuisine se fait avec une sorte de lassitude. Ils sont là ! Maman a un sourire long comme le bras. Lui… eh bien, je ne saurais dire ce qu’il pense. Ses quinquets s’attachent à me déshabiller ?


Peut-être que c’est mon état d’esprit qui me fait voir tout de travers. Mon café a ce matin lui aussi le gout des mauvais jours. Maryse comme d’habitude reste sautillante et joyeuse. Pas étonnant avec ce qu’elle a pris cette nuit… ça rend heureux le sexe ?


— Ça va ce matin ? Il flotte et nous qui comptions aller faire une balade en forêt… Tant pis, je vais aller faire deux ou trois courses, tu viens avec moi ?

— Pas trop envie de sortir sous la pluie, maman.

— Ce n’est pas bon de rester tout le temps dans ta chambre, ma chérie.

— J’ai un bon bouquin. Et puis… que dit la météo ?

— Je n’en sais rien. Ça devrait s’arranger en fin de soirée. C’est juste la queue d’un orage qui nous dégringole sur le nez.


Julien s’est abstenu d’ouvrir le bec. Il est assis face à moi, me dévisageant sans un mot. C’est toujours maman qui remet son grain de sel dans la conversation.


— Tu ne seras pas seule de toute façon. Julien veut ranger un peu les outils de ton père. Alors si tu as besoin de quoi que ce soit…

— Maman ! J’ai vingt-quatre ans, tu sembles l’oublier souvent.

— Oui. C’est que pour moi tu restes et demeureras éternellement mon « bébé ».


Elle rit aux éclats et se décide d’un coup.


— Ce n’est pas tout ça ! Je file au centre commercial. Julien, je peux prendre ta voiture ? La mienne est encore au garage !

— Tiens ! Les clés sont là !


Et le feu follet disparait par la porte d’entrée. Son ami se lève et suit des yeux sa bagnole avec au volant celle qu’il a fait crier cette nuit. Il se tourne vers moi.


— Tu n’as pas peur de rester avec un vieux pervers ?

— … ? Je vais retourner dans ma chambre… vous savez où sont les outils, n’est-ce pas ?

— Une façon polie de me rembarrer ? À moins que la partie « chambre » soit en fait une invitation à poursuivre nos folies cinématographiques ? Qu’en penses-tu ? Tu as apprécié mes trop rapides caresses ?

— … Ça ne va pas ? Il y a un truc qui déconne chez vous ?

— Pas le moins du monde. Et tu ne t’es jamais dit que peut-être ta mère est d’accord avec moi ? Que nous jouons tous deux ?

— Un jeu bien dangereux à mon sens.

— Oui ? Mais j’ai senti aussi que tu n’étais pas aussi indifférente à ce que je t’ai fait. Je sais reconnaitre une femme qui a envie et tu mouillais hier quand je te touchais.

— Bon ! Cette conversation n’a pas lieu d’être. Je reviendrai quand maman sera de retour.


Je m’enfuis. Oui ! C’est le bon terme. Je me barre pour ne pas montrer le trouble qui m’envahit. Même les trémolos de ma voix sont perceptibles. Et je m’essouffle dans les quelques marches qui mènent à ma piaule. Mon lit… je m’y assois avec cette angoisse d’être seule dans la maison ! Je crains et espère tout à la fois… Alors quand le visage masculin apparait, je ferme les yeux. Je sais ce qui va se passer, le pressens, et l’appelle de tous mes vœux. Les trois ou quatre enjambées qui séparent l’arrivant de ma couche sont réalisées sans bruit.


Sur mes joues deux grandes mains se posent. Paumes douces à la chaleur étrange qui se diffuse à l’ensemble de ma jeune carcasse. Puis elles font un long chemin, parcourent un terrain inexploré alors que sous ma poitrine désormais dénudée palpite mon cœur affolé. Je ne bouge absolument pas et sais, sens bien que mes deux jambes sont largement ouvertes par ces deux pognes solides. Un autre souffle entre en contact avec ce qui nous différencie des garçons. Et celui qui est à la manœuvre est un expert, un maitre « es câlineries ».


Aux orties mes dernières craintes de douleur. Oubliées mes peurs de ce qui doit arriver. Et même l’image d’une Maryse souriante ne peut plus interdire à ce petit bout d’un étranger de venir s’enchevêtrer dans ce qui va me permettre de passer de l’état de jeune fille à celui de femme. Mes soupirs se mêlent à ceux plus rauques de ce mâle qui me possède. Et dans une sorte de brouillard, je me dis que mon séjour chez nous… devient curieusement agréable. Juste une brûlure, puis les couleurs d’un arc-en-ciel imaginaire viennent encombrer mon esprit…


— oOo —


La main douce qui me caresse le front appartient à maman. Elle est penchée au-dessus de moi et son sourire est comme un présent. Une autre ombre se profile derrière le corps de cette mère qui capte la lumière d’un soleil radieux. Bleu… le ciel est bleu comme mon avenir. Les lèvres de Maryse me touchent là où sa patte se tenait l’instant d’avant. Elle me parle ? Oui ! Une musique tendre, un son mélodieux.


— Alors… ma chérie… tu n’as pas trop souffert ?

— … !

— Nous avons toutes peur la première fois ! Tu n’as pas trop souffert ? Tu verras… la prochaine fois ce sera… magique.

— Maman… tu savais ? Tu sais ? Je t’aime…

— Mais moi aussi je t’aime ma chérie. Et pour partager ce genre de chose… il en faut de l’amour mon trésor ! Viens Julien… viens embrasser ma grande fille.

— Tes désirs sont des ordres Maryse. Je vous adore toutes les deux.

— Tant mieux mon amour… parce que dès ce soir nous serons deux pour tout partager…

— Humm !

— Qu’en dis-tu toi ma belle jeune femme ? Prête à renouveler l’expérience avec nous deux ?

— …


Je rêve sans doute. Mais le songe est si doux… les mains si câlines. Alors, je referme les quinquets, de peur de sortir trop vite de ce paradis aux accents si merveilleux !



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