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la belle et le troll

Chapitre 1

Divers

Perchée au sommet des remparts de la tour ouest du château de Ranelroc, la jeune noble Clara de Montréal observait avec intérêt la longue colonne de fantassins qui remontaient l’abrupte colline, en direction des remparts. À leur tête se trouvait son père, le duc Boris. Cela émouvait toujours autant la jeune femme de voir son père chevaucher fièrement, la lance au poing, l’étendard vert et or du duché claquant dans la brise derrière lui.



Le vieux seigneur, qui avait fêté ce printemps-là ses soixante ans, revenait d’une campagne dans les terres sauvages du Nord, contre les monstres des forêts noires de Badarih. La noble remarqua qu’il avait avec lui bien moins d’hommes. Elle fut effarée quand elle réalisa que leur duché avait perdu au moins trois cents soldats. Des femmes, des mères et des sœurs allaient pleurer les morts dans les jours à venir. L’odeur de l’encens de prière allait flotter sur la ville proche et le château pendant des jours. Bien que la grande femme au corps mince ne soit pas indifférente à la douleur de ses gens, seul son père comptait pour elle. Qu’il revienne vivant, en plus de victorieux, était un cadeau merveilleux pour elle. Surtout que son anniversaire approchait à grand pas. Dans sept jours, elle allait fêter ses dix-neuf ans. Le premier jour de Rouge-feuille, juste à la fin des moissons.



Au printemps, dès que la neige avait libéré les cols des Épines du Dragon, le roi avait ordonné aux neuf duchés d’Éredris de rassembler chacun mille hommes. De nouveau, le roi du plus grand royaume humain voulait tenter de nettoyer les régions nordiques des terribles êtres primitifs et sanguinaires qui les peuplaient. Le père de Clara avait donc dû prendre la route du Nord, avec six cents fantassins, deux cents archers et une centaine de cavaliers. Même Chelnos, son magicien, l’avait accompagné. Clara avait donc passé tout son été dans une profonde solitude.



Depuis son enfance, elle avait peu d’intérêt pour les activités des dames nobles, comme la couture et le potinage. Elle préférait de loin, chevaucher ou tirer à l’arc avec son père. Sans lui auprès d’elle, la jeune dame sombrait vite dans la mélancolie. Seul Chelnos savait la divertir avec ses inventions bizarres et ses enchantements merveilleux. Les autres dames voyaient en elle, une femme à l’esprit dérangé par d’étranges lubies, et les garçons étaient effrayés par cette fille plus aventureuse qu’eux. Seuls Boris, Chelnos et Tarlen le chef de la garde, comprenaient sa soif d’action.



Clara se hâta de dévaler les marches de la tour pour être devant les portes quand son cher père allait les franchir. Un grand nombre de petits nobles et de bourgeois se pressaient déjà dans la cour. Quand le duc franchit enfin l’arche de la muraille, tous l’acclamèrent avec cœur, agitant leurs étendards et des bouquets de noirciel, les fleurs symbolisant la victoire. Malgré l’agitation, Boris ignora la foule en liesse, cherchant du regard la silhouette élancée de sa fille. Le duc s’écarta du chemin pour laisser ses troupes passer, scrutant la masse de gens à la recherche de la chevelure auburn de sa fille. Il la vit alors fendre la foule, sa longue cape émeraude voletant derrière elle. Elle portait le pendentif de saphir de sa mère qu’il reconnaîtrait entre mille. Il sauta de sa selle et saisit sa fille dans ses bras puissants, la serrant avec joie contre son torse en armure.


— Oh ma fille, comme cela est bon de pouvoir de nouveau te prendre dans mes bras ! Par le Seigneur et la Dame, ton absence durant tous ces mois a été une torture.

— C’est un soulagement partagé, père. Je craignais que vous ne soyez pas là à temps pour mon anniversaire.

— Je t’avais promis d’être là. Tu sais que je respecte toujours mes promesses. Et j’ai quelques cadeaux pour toi.

— Vraiment ? Quoi ? demanda la dame, impatiente.

— Hé hé, tu verras cela ce soir, après le dîner. D’abord, je dois m’assurer que mes soldats reçoivent leur solde et leur permission. Ils les ont tous méritées. Et je dois envoyer leur part du butin aux familles des absents…

— Je comprends. Va, père. Mais reviens vite me trouver. Je bous d’envie de t’entendre me conter tes victoires.



Le duc tint un instant sa fille à bout de bras, la contemplant des pieds à la tête. Clara fut étonnée de voir de la nostalgie briller dans ses yeux.


— Ta mère disait la même chose chaque fois que je revenais d’une bataille. Plus tu grandis et plus tu lui ressembles. Bon sang, voilà que je deviens sentimental ! Je me fais trop vieux pour tout ça. Bon, je te laisse. Mes troupes et les esclaves m’attendent.

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— Des esclaves ? répéta la noble, interloquée. Tu n’en as jamais achetés avant…

— Le roi me les a offerts. Tu le connais, je ne pouvais pas refuser sans l’offusquer. Ils seront sûrement très utiles. Un troll fait un excellent travailleur pour les mines ou les usines. Je les ai laissés au village, dans un enclos. Je vais les mettre en vente dès demain. Les dirigeants de la guilde du charbon vont se les arracher.



********************


Arûnzir avançait péniblement le long du chemin poussiéreux. Les lourdes chaînes d’acier qui entravaient ses poignets et ses chevilles nuisaient terriblement à sa progression. Malgré l’épuisement, le vétéran troll releva la tête et regarda avec haine les murs de pierre de la forteresse humaine. Il allait bientôt franchir l’arche de ce lieu étrange et contre-nature. Il ne parvenait pas à comprendre comment les Peaux-Pâles parvenaient à vivre autant dans un si petit espace, sans faune ou flore autour d’eux.



Ce peuple violent aux mœurs barbares avait réussi à briser son corps, mais pas sa volonté. Il jouait le vaincu depuis sa capture humiliante, mais entendait bien trouver un moyen de regagner sa liberté et ses terres. Il n’avait plus ses armes et ses berserkers. Son chaman avait été abattu d’une flèche dans le dos. Mais il lui restait sa force et surtout, son esprit. Il devait parvenir à comprendre ce peuple insensé pour trouver une faiblesse à exploiter. Le temps et une apparente soumission seraient ses outils. Un jour, il serait de nouveau libre et il aurait sa vengeance. Il suffisait d’être patient et bon acteur.



Il aurait dû mourir avec les autres membres de son clan. Étant le chef de guerre, c’était son devoir de défendre la vie des siens, jusqu’à la mort si nécessaire. Mais le sorcier avait usé de son art occulte sur lui et une poignée d’autres mâles, les paralysant jusqu’au coucher du soleil. Ils s’étaient retrouvés entravés par des chaînes enchantées pour être incassables. Au début, il avait tenté de se libérer et de tuer quelques soldats humains. La morsure du fouet et les sorts de douleur du sorcier avaient fini par lui faire comprendre qu’une telle tactique était vaine. Arûnzir avait alors décidé de jouer les esclaves soumis, en attendant le bon moment pour agir.



Il avait d’abord cru pouvoir compter sur la dizaine de ses congénères qui l’avaient accompagné durant sa longue marche vers le sud. Mais ils étaient tous restés au village, en bas de la colline. Il était le seul de son peuple qui allait à la forteresse ennemie. Le petit sorcier humain, Chel-machin, avait relié la chaîne du prisonnier à sa selle, le traînant tel un chien vers les portes. Arûnzir redoutait de devenir son esclave personnel. Comme tous les membres de sa race, il craignait la magie. Seuls les chamans, qui étaient touchés par les êtres de l’Intangible, savaient manipuler cette force.



Arûnzir avait vu de ses yeux, les terrifiants pouvoirs du sorcier humain. Il avait carbonisé un prisonnier qui avait tenté d’étrangler le chef des guerriers Peaux-Pâles, celui qui portait l’armure rutilante, Boris. Ce nom maudit enrageait le troll chaque fois qu’il l’entendait. Il avait vu le chef passer par le fil de l’épée au moins douze de ses berserkers. Il aurait normalement respecté un guerrier aussi talentueux. Mais le seigneur humain avait aussi fait enfermer les enfants de son clan dans une maison, avant d’y mettre lui-même le feu. Le chef troll rêvait de lui tordre le cou, ou de l’empaler lentement sur une pique.



Quand ils pénétrèrent enfin dans la cour intérieure du château, le sorcier s’arrêta et descendit de sa monture. Il la confia à un palefrenier et tira le prisonnier troll à sa suite. Ce dernier était à la fois ébahi et dégoûté par ce qu’il voyait. L’endroit était gris, sans la moindre trace de verdure. Seuls les étendards et les vêtements ajoutaient un peu de couleur à la morne grisaille des murs de pierre. Et l’odeur âcre des chevaux, des chiens et des hommes était ici si intense, qu’elle agressait l’odorat sensible de l’imposant humanoïde. Les gardes portaient tous des armes splendides et des armures de mailles scintillantes. Les réalisations des meilleurs forgerons trolls ne pouvaient rivaliser avec celles des humains.



Il y avait dans la cour quelques vendeurs, leurs étals couvert de victuailles. Le ventre désespérément vide du troll gargouilla à la vue du gibier fraîchement abattu. Mais sa faim fut vite effacée par sa rage quand il remarqua tous les nobles gras, vêtus de soieries, qui flânaient dans la cour. Parfumés et bien nourris, plein de vanité et de richesse, ils représentaient tout ce que le chef de guerre détestait chez les Peaux-Pâles. Il dut faire un immense effort pour ne pas égorger le noble poudré le plus proche. Il baissa le regard, fixant ses orteils, et continua à suivre docilement le sorcier.



Celui-ci le mena vers une jeune humaine. Bien que grande pour une femelle de sa race, le troll la trouva trop maigrichonne. Sa peau rosée et ses cheveux couleur feuille morte le laissaient indifférent, mais pas sa généreuse poitrine, galbée comme il l’aimait. Sa robe légèrement décolletée laissait entrevoir la peau tendre et satinée de l’humaine. Elle avait aussi une bouche pulpeuse, presque invitante. Et ses grands yeux humides et sombres, pourvus d’iris ronds, avaient un côté exotique. Avec une certaine perplexité, il réalisa qu’il la trouvait séduisante. Enfin, pour autant qu’une humaine puisse être attirante pour un troll. Et elle sentait bon. Un parfum piquant et naturel, plein de jeunesse et d’énergie.



********************



Clara fut estomaquée quand elle vit Chelnos approcher en tenant en laisse un imposant troll. L’humanoïde mesurait une tête de plus qu’elle, et au moins le double de son poids. Fascinée par le prisonnier, elle le détailla avec insistance. Il avait un corps musclé à la perfection, couturé de cicatrices qui se chevauchaient. Sa peau d’un vert sombre était mouchetée d’écarlate sur les épaules, le torse et les omoplates. Ses mains à six doigts étaient pourvues de griffes courtes, noires comme le charbon. Des cornes torsadées de bouc perçaient ses tempes et il avait de minuscules lobes d’oreilles. Elle trouva remarquable ses grands yeux turquoise, avec un iris noir étoilé. Clara trouvait que son visage aux traits durs, primitifs, n’étaient pas dénué d’un certain charme brut et viril. À l’exception de sa crinière de lion, dorée comme le soleil, il n’avait pas le moindre poil sur le corps. Son seul vêtement était un pagne de toile brune.



Clara sentit le rouge lui monter aux joues quand elle réalisa qu’elle pouvait apercevoir son sexe épais au travers le fin tissu. Alors qu’il avançait vers elle, suivant avec docilité le sorcier, elle vit qu’il la regardait aussi, avec une intensité qui la perturba. Il semblait la déshabiller des yeux. Jamais un homme du duché n’avait osé la regarder ainsi. Elle rapporta vite fait son attention sur Chelnos.


Le petit sorcier chétif, vêtu de pourpre et portant son ridicule chapeau orange, lui présenta son esclave en souriant comme un gamin qui vient de recevoir un chiot en cadeau.


— Regardez ce que j’ai ramené de mon voyage dans le Nord ! clama le magicien de sa voix graveleuse.

— Il est… impressionnant. Grand comme une tour et bâti comme une montagne. J’avais lu des récits sur eux, mais c’est le premier que je vois. Sont-t-ils tous ainsi ?

— Presque. Celui-ci est un des plus imposants du lot. C’est pour ça que je l’ai pris. Une paire de bras forts me sera utile dans ma tour.

— Mais… va-t-il comprendre tes ordres ? demanda la noble.

— Je parle votre langue, dame, répondit le troll, d’une voix assourdissante. Je me nomme Arûnzir, du clan Double-Dagues.

— Tu ne dois parler que si je t’y autorise ! s’écria Chelnos, offensé.

— Inutile de t’emporter mon ami, lui lança Clara. Je préfère qu’il s’exprime. Mieux vaut ça qu’un mur de silence. Faire la conversation à un serviteur muet devient vite ennuyeux.

— J’ai mes collègues, le duc et mon corbeau si j’ai envie de tailler une bavette. D’ailleurs, je vais devoir vous laissez, ma Dame. Je dois avoir une montagne de parchemins de correspondance sur mon pupitre. Je vous reverrai demain, si possible. Viens, esclave.



Le troll emboîta le pas à son maître sans rechigner. Pourtant, son regard s’attarda un moment sur la jeune Clara. Elle le regarda partir avec l’esprit un rien troublé. Alors qu’elle contemplait son dos large et musclé s’éloigner, une idée saugrenue mais amusante germa dans son esprit. Un sourire espiègle étira subitement ses lèvres et elle se hâta vers la bibliothèque, pour y chercher des livres sur les trolls.


********************


Clara adorait dîner au crépuscule, avec son père, dans l’intimité des appartements ducaux. Le repas était assez copieux, composé de poulet rôti, de jambon froid et de sauces succulentes. Ils avaient un peu de vin coupé d’eau pour faire descendre le tout. Tout en savourant leur repas, ils bavardèrent, rattrapant leurs nombreux mois de retard. Mais Clara remarqua bien vite que son père rechignait à lui parler de leur campagne. Apparemment, cela avait d’avantage été un génocide de masse et un pillage de grande envergure. Au dessert, il finit cependant par céder et lui raconter comment la guerre c’était déroulée.


— En fait ma fille, le roi semblait plus intéressé par les richesses. Les rivières qui coulent en Badarih depuis les Épines du Dragon regorgent d’or. Les trolls parviennent facilement à travailler ce métal mou. Ils ont tous un grand nombre de parures, d’instruments et de statuettes fait dans ce métal si rare en Éredris. Et tu connais bien la fascination du roi Vernel pour cette matière.

— Elle l’obsède, tu veux dire. C’est un métal sacré, lié à l’éclat du soleil. Il semble croire qu’en avoir beaucoup autour de lui le rend plus pur et noble, je suppose.

— Mais ce n’est pas sa pire lubie, renchérit le duc. Vernel voit les humains comme parfaits. Les elfes sont tolérables à ses yeux, mais des êtres comme les trolls sont une abomination pour lui. Voler leur or et les réduire en esclavage ne lui pose donc pas le moindre problème de conscience.

— Apparemment, cela ne te dérange pas non plus, répliqua Clara, d’un ton critique. Pourtant tu m’as toujours semblé détester l’esclavage, père. Il n’y a presque aucun esclave au château.

— C’est vrai. Mais les trolls sont tellement… différents. Et puis, je suis lié à mon roi par mes serments. Seul lui, pourrait rendre l’esclavage illégal, et cela n’arrivera jamais. C’est beaucoup trop rentable d’avoir des humains de Ketesh, des elfes d’Elwydrydd et des trolls de Badarih comme travailleurs sans salaire. Je ne suis pas obligé de l’approuver, bien sûr. Mais je ne peux pas m’opposer à sa volonté. Il ordonne et j’obéis.

— Je comprends. Et je sais bien que le butin rapporté est conséquent après une campagne en Badarih. J’ai vu les coffres être déchargés des chariots et portés dans la chambre forte du Trésor, cet après-midi. Il y en avait tellement…

— Un trésor fabuleux, mais taché de sang, répliqua son père d’une voix brusquement mélancolique.



En silence, le duc se leva et alla à la fenêtre, contemplant sans le voir le soleil orangé. Troublée par le mutisme soudain de son père, la jeune dame se leva et vint à ses côté, posant une main compatissante sur son épaule. Il tourna un regard chargé de souffrance vers sa fille. Elle fut ébranlée par cette vision.


— Cette année a été la plus sanglante, lui murmura Boris. Le roi prenait soin de s’assurer qu’aucun troll ne survive à un assaut sur un village. Chaque clan était éradiqué, méthodiquement. Il adorait nous voir abattre les femelles et les jeunes. Prends par exemple le dernier village. Il m’a forcé à enfermer les enfants dans une maison, et à y mettre moi-même le feu. Il se marrait pendant que ces gamins brûlaient en gueulaient de douleur. Une autre fois, j’ai dû décapiter vingt femmes et lui rapporter les têtes. Il a une collection de centaines de crânes. Il va les faire incorporer à la muraille de son palais, qu’il a dit. Et tous les autres ducs ont été obligés de faire des choses aussi macabres et répugnantes. Les esclaves, c’est juste un bonus pour lui. Le duc de Beruaigle a osé refuser de massacrer des adversaires sans défense et de prendre des esclaves. Le roi l’a fait fouetter devant ses troupes. Trente coups de cravaches. Tuer dans la fureur de la bataille ne me dérange pas. Mais les meurtres gratuits…

— C’est… abominable, répondit sa fille, sincèrement choquée. Je ne savais pas que ce serait aussi affreux.

— Tu comprends maintenant pourquoi je suis revenu avec quelques trolls dans mes bagages. Je ne porte pas vraiment ses créatures dans mon cœur, mais je déteste faire souffrir une créature vivante. Ils devraient avoir une vie supportable ici, je crois. Je ne peux pas vraiment les relâcher.

— Parlant des esclaves trolls, j’ai justement une demande à te faire, père. J’en veux un. Celui que Chelnos a ramené avec lui.

— Heu… mais, pourquoi vouloir subitement un esclave, surtout un troll ? demanda le duc, interloqué par la demande de sa fille. Une jeune servante te serait bien plus utile.

— Je veux en savoir plus sur eux, expliqua la belle dame. J’ai été fascinée par son apparence, ce matin. Je le veux. Et puis, il pourrait me servir de garde du corps, ou de porteur, même.

— Chelnos ne sera pas content, tenta d’argumenter le père.

— Dis-lui que c’est un de mes cadeaux d’anniversaire, répliqua Clara, intraitable. Allez père, fais-moi plaisir !

— D’accord ! céda Boris, maintenant amusé par la ténacité de sa fille. Je vais envoyer un garde le réclamer.

— Parfait ! Merci papa ! Dis-lui de l’amener dans mes quartiers après le repas. Et qu’il s’assure qu’il ait pris un bain. Il m’a semblé un rien crasseux ce matin.

— Hmmm, ouais, très bien. Mais si jamais ce sauvage te cause des ennuis, je le fait pendre par les couilles au-dessus d’un feu.

— Ne t’inquiète pas. Je sais comment m’attirer les faveurs des autres, rétorqua la jolie humaine, un sourire mystérieux aux lèvres.


********************


Arûnzir manqua éclater de rire quand il vit la demeure de Chelnos. Sa tour de mage était une construction bancale en briques, que le guerrier aurait qualifiée de ruine. Pourvu de meurtrières en guise de fenêtre et d’une étroite porte en acier, l’endroit ressemblait d’avantage à une ancienne fortification ratée qu’a une demeure de magicien. L’intérieur n’était guère mieux. Sombre, humide et plein de courants d’air. Sitôt arrivé, son maître le guida jusqu’à la plus haute pièce de la tour. Là, ils entrèrent dans une vaste salle circulaire qui occupait tout l’étage. L’endroit servait à la fois de laboratoire d’alchimie et d’observatoire astronomique. De longues tables couvertes d’alambics occupait le centre de la pièce, et des armoires de verre remplies de pots d’ingrédients cachaient les murs incurvés. Un télescope sur trépied en cuivre, monumental, était posé près de la plus grande fenêtre. Sans hésitation, le sorcier le tira jusqu’à un coffre de bois vert, couvert de runes cabalistiques. Il l’ouvrit à l’aide d’une clé dorée suspendue à son cou. Il fouilla dans son contenu hétéroclite et finit par en sortir un collier rigide, fait dans une matière cristalline noire. Il le ferma autour du cou de l’esclave. L’objet se referma sans bruit. Aucune trace de jonction n’indiquait qu’il était possible de l’ouvrir. Inconfortable, le troll tâta de ses griffes l’étrange instrument qui enserrait son cou.


— Ceci est un collier de contention, lui expliqua Chelnos dans un troll parfais. Tant que tu le portes, il t’est impossible de faire du mal à un humain. Si tu es assez téméraire pour le faire, tu souffriras. Il t’empêche également d’attenter à ta vie. Si tu essaies de te suicider, tu souffriras. Même chose si tu refuses d’obtempérer à un ordre donné par un humain. Obéis, reste tranquille et tu vivras longtemps et en bonne santé. Résiste-moi et tu finiras par connaître une mort atroce. Avec cet objet magique autour du cou, tu n’as pas vraiment le choix. Tu as bien compris ?

— Oui, maître, répondit le troll qui contenait à grande peine la rage causée par l’injustice de sa situation. Je vous obéirai, sorcier.

— Parfait. Je vais te retirer tes chaînes, puis te montrer où tu vas dormir. Ensuite, tu vas allumer un feu dans mon bureau et faire un peu de ménage dans la tour. L’endroit est trop négligé depuis le départ de mon dernier apprenti.



Le guerrier troll fut soulagé d’être enfin débarrassé de ses fers. Et sa chambre, dans le sous-sol, était fraîche et sombre, avec une couche assez confortable. Le bureau surchargé du magicien était affreusement bas de plafond. Il devait rester penché en permanence dans la pièce. Il alluma vite fait une bonne flambée dans le foyer de pierre noire. Il passa ensuite le reste de la journée à nettoyer les quatre étages de la tour, suivant les directives que Chelnos lui donnait au fur et à mesure. Quand le crépuscule approcha, le mage le laissa enfin en paix. Il eut droit à une généreuse portion de ragoût de bœuf aux légumes. Il mangea sa gamelle assit sur le sol, près de la table où son maître dégustait son repas en triant son courrier. Le troll faisait la vaisselle quand un soldat du duché vint frapper à la porte, porteur d’un message important. Irrité par cette interruption, le sorcier alla lui-même accueillir le messager. Il reconnut Azazel, un des sergents de la garde.


— Désolé de vous dérangez à cette heure, mage, mais le duc m’envoie vous réclamer votre esclave.

— Quoi ? Mais… pourquoi ? Il ne semblait pas avoir le moindre intérêt pour lui ou ses semblables durant notre retour. Pourquoi en veux-t-il un maintenant ? Et surtout, pourquoi le mien !

— Tout ce que je sais, c’est que dame Clara en a fait la demande à son père. Un cadeau pour son anniversaire, je crois.

— Hein ? dit le sorcier, stupéfait. Pourquoi voudrait-elle subitement un esclave, un troll de surcroît ?

— Aucune idée, rétorqua le sergent. Je dois lui amener dans ses appartements. Après lui avoir fait prendre un bon bain, ce qui ne sera pas du luxe, à vue de nez. Vous n’allez quand même pas braver un ordre de votre duc, sorcier ? demanda le militaire sur un ton menaçant.

— Non, céda le magicien contrarié. Je suppose que je vais devoir me trouver un autre serviteur. Troll, suis ce garde.



Arûnzir avait suivi la conversation avec un grand intérêt. Changer de maître n’était pas pour lui déplaire. Et il devinait que la dame Clara devait être la grande humaine qu’il avait vue le matin même. Il sentait que sa compagnie allait être plus plaisante que celle d’un vieillard pratiquant les arts occultes. Il emboîta donc le bas au sergent sans attendre, curieux de savoir pourquoi cette humaine voulait un esclave comme lui. Surtout dans ses appartements après la tombée de la nuit…



********************


Clara leva la tête de l’assommant volume qu’elle lisait. On venait de toquer à sa porte. Elle alla ouvrir sans attendre. Elle se retrouva face au sergent Azazel, qu’elle connaissait bien. Derrière lui se tenait l’imposant troll, la peau encore luisante d’humidité après son bain froid. Elle remarqua immédiatement son collier de contention et fronça les sourcils, contrariée. Elle détestait ces objets, utilisé aussi bien sur les esclaves que sur les prisonniers. Ils étaient certes utiles, mais elle aurait préféré pouvoir lui faire comprendre qu’elle lui faisait confiance.


— Voilà votre troll, ma Dame, lui dit le soldat sur un ton formel.

— Merci Azazel. Laissez-nous. Je vais pouvoir m’en charger.

— Heu, est-ce bien prudent, dame Clara ? Vu sa carrure, s’il lui prend l’envie de…

— Il porte un de ces colliers d’asservissement, coupa la noble. Il ne peut donc rien me faire sans mon autorisation. Allez, rompez sergent.



Le militaire claqua des talons et s’effaça pour laisser le troll entrer dans les appartements sombres de la dame. Puis il referma la porte derrière le mastodonte. Arûnzir détailla rapidement la pièce. Petite et chaude, avec un mobilier simple et de bon goût. Un lit vaste, des divans moelleux et un âtre de marbre rempli de braises rougeoyantes. Quelques bougies fournissaient un faible éclairage. Puis il porta son attention sur l’humaine. Son sang s’enflamma alors.



Elle portait une longue robe bleue, moulante au point d’épouser son corps comme une seconde peau. Après toutes ses semaines sans toucher une femme, cette vision manqua le rendre fou. Confus, il sentit son sexe durcir légèrement à la vue de ce corps splendide, à la taille fine et aux seins bien ronds. Il apercevait même ses mamelons tendre le satin fin de sa robe. Ses cheveux soyeux cascadaient sur ses épaules et elle portait des bracelets d’or comme unique parure. Chez les siens, une femme portant une telle parure cherchait un mâle pour avoir du plaisir. Le savait-t-elle ? Sa stupéfaction augmenta encore quand elle s’approcha si près de lui que sa forte poitrine frôla son torse. Clara lui fit une moue charmante et le renifla.


— Ah, tu sens bien meilleur après ce bain, Arûnzir. Et tu as encore plus fière allure.

— Je, vous, heum… pourquoi m’avoir fait venir ici ? demanda le troll perturbé par la sensualité affichée de l’humaine.

— J’ai envie d’avoir un troll. Tu me seras utile. Comme porteur ou garde du corps. Je suis très généreuse envers ceux qui me servent bien. Considère-moi comme ton amie plutôt que ta maîtresse. Je suis certaine que nous allons bien nous amuser toi et moi.



Elle tendit alors la main et lui caressa la joue avec une tendresse qui le choqua. Le simple contact de ses doigts fins sur sa peau l’électrisa. Elle se dressa sur la pointe des pieds, passa ses bras autour de son cou et déposa un baiser gourmand sur ses lèvres. Sans réfléchir, il répondit en l’embrassant à son tour. Elle se pressa alors contre lui et la chaleur de son corps vint réchauffer sa peau nue.



Toujours troublé par l’étrangeté de la situation, il réalisa bien vite que son corps appréciait apparemment le toucher de l’humaine. Sa verge gonflée était si dure qu’elle semblait vouloir déchirer son pagne. Quand elle sentit le membre dressé s’appuyer contre son bas-ventre, la noble réalisa les dimensions intimidantes de l’objet. Émoustillée et curieuse, elle cessa d’embrasser le troll et posa sa main sur la verge. Stupéfaite par la taille monumentale de la queue qu’elle sentait sous ses doigts, elle hésita. Elle n’était pas certaine de pouvoir prendre un tel morceau de chair.



Arûnzir glissa alors sa main sous sa robe. Elle sentit ses doigts épais caresser sa chatte, puis glisser avec insistance sur sa fente. Elle soupira d’aise quand il fit rouler son clitoris entre son pouce et son majeur. Elle s’appuya contre son corps massif, se délectant de ses caresses tout en stimulant son membre au-travers du pagne. Puis il introduisit un doigt en elle, furetant et s’enfonçant si loin qu’elle en gémit. Le guerrier releva sa robe et elle écarta instinctivement les cuisses, facilitant son accès à sa vulve qui mouillait de plus en plus. Elle finit par baisser le pagne du troll et prendre sa verge en main. Elle le contempla avec un mélange d’effarement et d’envie. Il était relativement court, mais si large que ses doigts ne pouvaient en faire le tour. Son gland rond et violacé avait un diamètre si impressionnant qu’elle craignait de le prendre en elle. Pourtant elle souhaitait tenter sa chance.



Avec lenteur, elle commença à masturber son partenaire. Celui-ci approuva son geste en l’embrassant voracement. Puis, tout en continuant à la caresser et l’embrasser, il la poussa vers le lit, jusqu’à ce que l’arrière de ses genoux heurte le matelas de plume. Se sentant alors à l’étroit dans sa robe moulante, elle la retira vite fait et la jeta au sol. Sans attendre, Arûnzir saisit ses seins lourds dans la coupe de ses mains, titillant ses mamelons des pouces. Il voulut ensuite l’étendre sur le lit, mais elle résista, les yeux braqués sur la verge rigide qu’elle tenait toujours en main.


— Attend Arûnzir, dit la noble, indécise. Je ne sais pas si je peux prendre ça en moi…

— N’aie pas peur, Peau-Pâle. Je vais d’abord m’assurer que tu sois bien humide. Puis je vais te prendre en douceur. Nous avons tout notre temps, dame Clara.



La jeune noble abdiqua donc et elle s’étendit sur le moelleux matelas de son lit. Son imposant amant s’agenouilla entre ses cuisses qu’il écarta, posant le creux de ses genoux sur ses épaules. Puis il posa sa bouche avide sur sa fente. Elle lâcha un petit grognement de plaisir quand il entama une vigoureuse succion de son bouton, le massant entre ses lèvres. Puis elle sentit une langue longue, large et épaisse s’introduire en elle, encore plus loin que les doigts du troll. Elle en hoqueta de surprise quand elle se mit à s’agiter comme une anguille dans son tunnel, stimulant divinement les parois de son intimité. Elle saisit la tête du troll et la pressa furieusement contre sa vulve en haletant de satisfaction. Il l’amena jusqu’aux portes de l’orgasme, mais cessa de la dévorer juste avant. Elle lâcha un cri de protestation. Il l’ignora, se mit au-dessus d’elle et posa son gland turgescent contre sa fente maintenant dégoulinante de cyprine et de salive. Il utilisa tout son poids pour parvenir à faire lentement entrer sa queue noueuse en elle. Clara écarquilla les yeux de stupeur, estomaquée par la dimension inhumaine de la verge qui écartait terriblement grand son intimité. Elle dut se mordre la lèvre pour ne pas hurler.


— En douceur, troll, je ne… oooh, tu es trop gros Arûnzir, ça ne va pas tout entrer…



Il entra entièrement en elle, jusqu’à ce que ses testicules viennent toucher ses fesses satinées. Elle planta ses ongles dans les avant-bras du troll, ne parvenant pas à retenir un cri où douleur et fierté se mêlaient. Elle n’arrivait pas à croire qu’un membre d’une telle taille soit tout en elle. Le guerrier entama ensuite un va-et-vient lent, sans doute pour laisser le temps au chemin intime de l’humaine de s’adapter aux dimensions de sa tige. Chaque fois qu’il ressortait, elle ressentait un mélange de soulagement et de regret.



Il prit bien soin d’aller aussi loin en elle qu’il le pouvait, tout en accélérant progressivement la cadence de ses mouvements de hanches. Doucement, la douleur que Clara ressentait se mua en un plaisir ténu, puis en des vagues d’exaltation qui la parcoururent. Elle passa les jambes autour de la taille épaisse du monstre et osa même lui donner une fessée pour l’encourager. Elle devinait à son front en sueur et sa mâchoire crispée qu’il faisait de gros efforts pour ne pas jouir. Elle sentait d’ailleurs sa propre jouissance approcher. Il se redressa sur les genoux, saisissant un de ses seins tièdes dans sa grande main, triturant le téton. De son autre main. Il pressa du pouce le clitoris de sa compagne.


— Mouaouh ! C’est de mieux en mieux, guerrier. Si j’avais su que les trolls étaient aussi bons, j’en aurais trouvé un plus tôt ! Allez, plus fort, plus loin.

— Tu n’es pas la première compagne que je baise, Peau-Pâle. Mais aucune n’était aussi étroite… Raaa, je ne vais pas tenir encore longtemps à ce rythme, dame Clara.



Elle hurla soudain et planta de nouveau ses ongles dans la peau résistante du troll, le corps parcouru de frémissements. Il sentit avec délice et surprise le vagin de sa noble compagne se contracter rapidement autour de son membre. Son orgasme proche se déclencha abruptement. Il savoura la divine sensation de sa queue se vidant, enserrée dans le tunnel chaud et moite de l’humaine. Les deux partenaires restèrent un long moment enlacés, l’un dans l’autre. Puis Arûnzir se retira de sa compagne et roula à ses côtés. Celle-ci se blottit contre lui, posant sa main sur son cœur.


— Ouf. Merci troll. J’en avais besoin depuis si longtemps.

— Je… suis encore un peu sous le choc, dame Clara. Je n’aurais jamais cru pouvoir prendre autant de plaisir avec une humaine. En fait, la simple idée qu’une humaine puisse s’intéresser à un troll me paraissait absurde. Plus maintenant.

— Je ne suis pas raciste et pleine de préjugée, contrairement à beaucoup de ceux de ma race. Je t’ai trouvé attirant ce matin. Et je suis une meilleure maîtresse que ce vieux mage. Tu apprendras bien vite que tous les humains ne se valent pas. Si je le pouvais, je te rendrais volontiers ta liberté. Mais les lois du royaume sont claires : un esclave reste un esclave jusqu’à sa mort, ou si le roi le libère.

— Intéressant. Mais je vois mon esclavage à votre service comme bien moins pénible maintenant. Dois-je rester ici, dans vos appartements ?

— La petite porte au fond, près de l’étagère, mène à l’ancienne chambre de ma nourrice. Il y a un grand lit pour toi. Mais tu peux rester ici. Les nuits son froides ces temps-ci, et tu es si chaud.



Il la saisit dans ses bras musculeux et déposa un doux baiser sur son front. L’humaine et le troll s’endormirent ainsi, l’un dans les bras de l’autre

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