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De Benoit à Julie

Chapitre 4

Encore plus bas

Travesti / Trans

Beep beep beep beep


— Hummm !!!


7h00 le réveil sonne.

Mal réveillé, je l’éteins d’une main incertaine.

J’étends les bras, m’étire, m’assois sur le côté du lit, je suis vaseux.

Mes yeux s’ouvrent difficilement, vision brouillée.

Eclaircissement... jupe rose


— Haaa, merde !!!!


Tout me revient d’un coup.

Le café, la honte, les réactions de mon corps.

En rentrant, j’étais tellement fatigué que je me suis jeté sur le lit sans prendre le temps de me déshabiller, du coup je me réveille... en fille.

Je me lève d’un coup de reins, bien décidé à arracher ces trucs.

Mais dès que je suis debout, me revient la douceur des collants. Je fais quelques pas, pour entendre le crissement, sentir la jupe tourner autour de moi, et bien évidemment, mon sexe se met de la partie.

Je me dis que ça n’est pas grave. Je suis seul, personne ne peut me voir, alors je marche un peu plus, j’accentue le frottement des deux jambes du collant, je me mets à trouver ça ... excitant.


— Bon sang qu’est-ce qui m’arrive ?


J’ai envie de voir. Je soulève ma jupe par-devant, penche la tête. Je vois mon sexe tendre la toile de la culotte, une petite goutte apparaît qui tache le devant.

Du coup, ça m’excite encore plus et je me caresse les jambes de ma main qui ne tient pas la jupe. J’adore cette sensation, c’est électrisant. La goutte grossit, je porte ma main sur mon sexe, le recouvre et commence à me caresser doucement. Je ne me branle pas, non, je me contente de caresser en accentuant le frottement du collant et de la culotte sur mon sexe. Quelle sensation ! C’est fort, doux, je n’ai jamais connu ça avant. J’explose dans la culotte et le collant.


Il est peut-être temps de vous parler de ma vie sexuelle...

Ou plus précisément de l’absence de ma vie sexuelle...


Non, je n’ai jamais touché une fille, tout au moins pas de la façon que vous pensez. Le fait que j’ai un petit sexe m’a toujours donné un sentiment d’infériorité. Je ne me suis jamais senti capable d’honorer une fille et de la satisfaire sexuellement. Alors plutôt que de décevoir, et paraitre une fois de plus ridicule, et bien, je ne fais rien, je me contente de regarder.

Dès le collège, la première fois que j’ai pris une douche avec les autres garçons après le sport, je me suis senti inférieur. Depuis ça a été la course aux excuses pour ne plus me montrer nu devant les autres et éviter les moqueries.

Quelques-uns ont essayé, Cha les a vite calmés. C’est devenu la terreur de la cour de récré.

Elle s’est même fait punir plusieurs fois à cause de moi. Elle a acquis une réputation de cogneuse sans raison. A cause de moi. J’ai voulu aller me dénoncer, pour qu’elle ne soit pas punie, mais à chaque fois, elle me disait :


— Ce n’est rien Ben, quelques heures de colle pour mon petit amoureux, ce n’est rien du tout.


Oui à l’époque, on pensait qu’on était amoureux, qu’on finirait ensemble, mariés avec des gosses.

Cha n’avait pas encore fait son « coming out ». Le jour où on a compris, elle et moi on s’est serrés fort dans nos bras et on a pleuré, et on s’est juré de ne jamais se quitter, quoiqu’il se passe.

De ce jour où Cha a compris qu’elle était lesbienne, et que moi je ne pourrais jamais contenter une fille, et que de toute façon la seule fille qui m’intéressait c’était Cha, et bien ma vie sexuelle s’est résumée à l’onanisme (mot savant pour dire que je me contente de me faire plaisir seul...).


Je ne regrette pas, c’est comme ça, je me dis que c’est par amour pour Cha, de toute façon je n’ai pas de gros besoins.

Bien sûr Cha a des aventures, mais je sais que c’est moi qu’elle aime ; peut-être pas de la bonne façon, peut-être pas comme on le voudrait, mais c’est toujours vers moi qu’elle revient. Et c’est toujours moi qui ai sa préférence. Quand ses copines deviennent trop pressantes ou trop exigeantes, plutôt que de me laisser, elle préfère rompre avec.


Drôle de couple non ???

Je sors du petit nuage où m’a jeté la jouissance, plus forte que d’habitude, la situation et la tenue ont amplifié les sensations. Je suis un peu hébété, surpris par la puissance de mes réactions, mais aussi par le fait que cela me plaise, la tenue, ces sensations-là. Je ne me suis jamais projeté dans ce genre de délire. A vrai dire, je ne me suis jamais projeté dans aucun délire. Ma masturbation habituelle est mécanique, juste libératoire quand le besoin se fait sentir. Je n’ai jamais été attiré par des images de filles, ou d’autres d’ailleurs. Alors que ce soit moi en fille qui me produise ces effets, c’est perturbant. Je ne me suis jamais senti attiré par les hommes, je ne me pense pas homosexuel.


Il faut que je me secoue, je vais être en retard pour mon cours.

Mon cours !!! Aïe, que va penser de moi M. Lagrange ??

L’angoisse me prend. Sur le coup, il n’a pas paru très perturbé, je dirais même qu’il a plutôt bien géré les choses, mais ce matin, ne va-t-il pas me faire des réflexions ?

Je décide que cela ne sert à rien de se prendre la tête tout de suite, et qu’il vaut mieux que je me dépêche.

Rapide douche, habillage, je vais laisser les affaires de fille ici, pour les laver ce soir, je ne peux pas les ramener dans cet état.

En route...


Devant chez M. Lagrange, je sonne et j’attends.

Une voix de l’intérieur.


— Entre, c’est ouvert !


Je prends une grande respiration, j’espère que mon prof ne va pas se moquer de moi, faire des remarques ou que sais-je.

Il est dans la pièce où nous travaillons d’ordinaire, assis derrière son bureau, la tête baissée, sans doute en train de corriger des copies, ou tout au moins annoter quelque chose.

Je n’ose pas aller plus loin, je reste sur le pas de la porte, je ne sais pas ce qui me retient.


— Entre Benoit, allons, tu as l’habitude pourtant.


Il me parle, la tête toujours baissée.

J’entre, je reste debout, je sais que j’ai l’air idiot, mais je ne sais plus quoi faire, je me sens rougir.

Il doit sentir que quelque chose ne va pas, il lève la tête.

Je crois qu’il comprend au premier coup d’œil.


— Hoo, je vois, tu es gêné par ce qui s’est passé hier...


Je pique du nez.


— Bien, alors je crois qu’il faut que nous ayons une petite conversation tous les deux. Entre et assieds-toi à ta place.


Sans lever la tête, je m’avance et repousse la chaise où j’ai l’habitude de m’assoir et me laisse tomber dessus, je n’ose toujours pas relever le nez.

Il s’assied en face de moi, même avec ma tête baissée, je le devine.


— Bien Benoit, il faut qu’on parle.


Devant mon absence de réponse, il insiste :


— Benoit ???


Sa voix est douce, je le sens plein de sollicitude, presque inquiet.


— Benoit mon grand, ça ne va pas être facile de parler si tu ne veux pas me regarder.

— ...

— Tu veux qu’on parle Benoit ?


Je secoue la tête, pas la peine de remuer le couteau dans la plaie.


— Pourtant il va bien falloir, tu ne peux pas rester dans cette situation.


De quelle situation parle-t-il ?


— Bon, je suppose que c’est à moi de t’expliquer certaines choses.

— Benoit, j’ai bien vu que la situation te plaisait, tu n’as pas pu le cacher, tu sais.

— Tu n’as pas à avoir honte, comme je te l’ai déjà dit, il y a beaucoup de garçons qui aiment s’habiller en fille.


Je reste obstinément tête baissée.

Il continue d’une voix très douce, persuasive, il essaye de me convaincre :


— Benoit, tu n’es pas le seul.

— Ecoute, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer deux choses :

— La première c’est que tu as aimé ça, porter des affaires de fille.

— La seconde, c’est que tu n’es disons...


Il semble chercher ses mots


— ... pas très bien membré.

— En fait tu as tout à fait un format de fille : petit, mince, de belles fesses, les traits fins.

— Tu sais, il ne faudrait pas grand-chose pour que tu passes aisément pour une fille dans la rue.

— Une jolie tenue, un peu de maquillage, une perruque et le tour est joué.


Cela claque comme un fouet.

Je relève la tête et en le regardant dans les yeux, je crache :


— JE NE SUIS PAS UNE FILLE !!!!!!


Cela ne l’impressionne pas, il continue de sourire en me regardant.


— Benoit, tu n’es pas né fille certes, mais tu en as tous les aspects.

— Réfléchis, regarde-toi :

— Comme je te l’ai dit : petit, fin, belles fesses, de beaux yeux, des cils longs que beaucoup de filles t’envieraient, pas beaucoup de poils, j’ai pu le vérifier hier, un sexe, disons quasiment absent...

— De plus, on ne peut pas dire que ta démarche en général soit très ... virile, au contraire on dirait que tu survoles le sol.

— Mais je ne suis pas une fille.


Ma phrase se finit dans une espèce de coassement, on dirait une grenouille.

J’ai l’impression que même moi je ne suis pas convaincu et que ses arguments commencent à faire mouche.

Malgré moi, cela commence à cheminer dans ma tête :

Ce plaisir que j’ai ressenti hier

Celui de ce matin

Peut-être a-t-il raison

Je tente une dernière défense :


— C’est une maladie ? Ça se guérit.

— Non poussin, ce n’est pas une maladie ;

— Autrefois certains le pensaient oui, parlaient d’une déviance, de perversité, mais aujourd’hui les gens comme toi sont considérés comme normaux, à part par quelques imbéciles, mais les choses évoluent.

— Simplement tu n’es pas né du bon sexe c’est tout.

— Je peux ajouter quelque chose ???

— Allez-y de toute façon ...

— En fait deux questions :

— La première : as-tu déjà couché avec une fille ?


Je pense qu’il lit la réponse sur ma figure.


— C’est bien ce que je pensais.

— La deuxième : crois-tu que ton amie Charlotte ne comprendrait pas ????


C’est comme une gifle que je viens de recevoir, mais avant que je puisse dire un mot, il poursuit :


— Si j’ai bien tout compris, tom amie est lesbienne, elle a fait son coming-out depuis longtemps ?

— Oui.

— Penses-tu être moins courageux qu’elle ?

— Ca n’a rien à voir.

— Crois-tu ??

— Je ne sais pas.

— Moi je sais, il faut beaucoup de courage pour accepter ce que l’on est. Et je pense que tu es quelqu’un de courageux.


Les idées tournent dans ma tête. Je ne sais plus du tout où j’en suis. Je pense à Charlotte, à ce qu’elle est, à ce qu’elle a subi et supporté. A nous. A ce qui ne sera jamais « Nous ». J’abandonne lâchement la partie :


— Que faut-il que je fasse ??

— Rien de spécial, juste que tu me fasses confiance.

— Tu veux bien ?

— Mais... ???

— Ne t’en fais pas, il se trouve que je connais bien les gens comme toi, il m’est déjà arrivé de m’en occuper.


Cela éveille mon intérêt, l’abattement n’aura pas été long.


— Ha bon ?

— Oui ne t’en fais pas, je vais t’apprendre ce qu’il faut faire, comment il faut le faire, tu verras tout va bien se passer.


Je pique du nez sur la table.


— Benoit ??? Tu veux bien ??


Cela passe à 100 à l’heure dans ma tête, je revois les images d’hier, celles de ce matin.

Les années à poursuivre Cha, les moments intimes avec elles, ses copines, le fait que je ne serais jamais ce qu’elle a besoin que je sois. C’est surtout ça qui me décide. Je ne serais jamais l’amant de Charlotte. Pour le moment, ma vie ne m’a emmenée à pas grand-chose. Après tout, qu’est-ce que je risque ? Comme un écho, il dit :


— Après tout, qu’est-ce que tu risques ?

— Ecoute, je te fais une proposition...


Je me redresse, le fixe dans les yeux, je suis tout ouïe :


— Quoi ?

— Voilà, c’est les vacances, tu le sais, il reste une douzaine de jours avant la rentrée, toi et moi sommes coincés ici.

— Je te propose ceci : pendant ces douze jours, tu habites ici, tu vis en fille. Je m’engage à te fournir ce qu’il te faut pour le faire. Je te donnerai des conseils et te ferai aider s’il le faut. Bien sûr nous continuons les cours, mais tu seras en fille au lieu d’être en garçon. Si quelque chose ne va pas, si tu sens que la situation t’échappe ou que tu n’es pas bien, tu le dis, on en parle, et s’il faut on arrête.

— Qu’est-ce que tu en dis ?


Il y a des fois dans la vie où on arrive à un tournant, je ne le savais pas à ce moment-là, mais presque sans réfléchir, si ces mots sont sortis de ma bouche, je ne suis pas encore certain aujourd’hui que ce soit moi qui les ai prononcés.


— D’accord, je vous fais confiance.


D’un coup, la décision est prise, je suis le premier surpris en fait, mais je sais que je ne reviendrai pas en arrière, pas tout de suite du moins, j’ai douze jours devant moi.


— Bien !!!


Il a un grand sourire, se redresse sur sa chaise.


— Je suis fier de toi ma chérie.


Il m’a appelé « ma chérie », ça me fait drôle d’un coup, mais je m’aperçois que ce n’est pas désagréable. On ne m’a jamais appelé « chéri » que ce soit au masculin ou au féminin.

Un petit frisson me descend le long du dos.


— Bien, alors on va commencer par le principal.


Je me demande ce qu’il veut dire


— Quoi ?

— Le prénom chérie, le prénom, tu ne peux pas vivre en fille en t’appelant Benoit allons !!!


L’évidence me saute à la figure effectivement. Je n’avais pas pensé à ça.


— As-tu une idée ? Une préférence ?


J’avoue que non, je secoue la tête.


— Bien que dirais-tu de ...


Il lève les yeux au ciel, semble réfléchir, porte le doigt à son menton.


— Voyons !!! Hier je t’ai trouvée bien jolie en fille.

— Humm, jolie, humm, jolie... Julie...


Et en me regardant :


— Julie, que dirais-tu de Julie ?


Le prénom tourne dans ma tête, il me plaît en fait, je le prononce, le jauge, j’ai l’impression de le faire tourner sous ma langue, un peu comme lorsque mon père goûte le vin.


— Julie ? je veux bien !!

— D’accord alors Julie bienvenue chez moi, dit-il dans un éclat de rire en me tendant la main.


Encore abasourdi, je lui tends la main et nous nous la serrons.

Puis il se lève.


— Bien, maintenant jolie Julie, il faut passer à l’étape suivante, allons dans la chambre de ma fille.


Je me laisse guider, je suis sous son influence, un peu abasourdie par ce qu’il m’arrive.

L’un derrière l’autre, nous montons cet escalier que je connais déjà et pénétrons dans la chambre.


— Bien Julie, deuxième chose, tu ne peux pas rester habillée comme cela.


En se retournant vers moi.


— Je suppose que tu n’as pas ramené les affaires d’hier ???


A la pensée de l’état des affaires en question, je repique du nez en rougissant.


— Hoooo, je vois !!!! ce n’est pas grave ma chérie, mais ça ne fait que confirmer ce que nous pensions n’est-ce pas ???

— Oui monsieur.

— Bien alors que va-t-on trouver cette fois ???


Et il se met à fouiller dans les tiroirs de la petite commode.

Au bout d’un instant, il sort de nouveau une paire de collants, mais blancs cette fois-ci, une petite culotte blanche et le soutien-gorge assorti, se dirigeant vers l’armoire, il inspecte les tenues posées sur les cintres et choisit une robe rose avec un petit col rond blanc, très sage.


— Voilà, je crois qu’on a ce qu’il nous faut.

— Allez, plus qu’à te changer ma puce.

— Vous croyez que le soutien-gorge est nécessaire ????

— Bien sûr ma puce, cela va t’aider à entrer dans la peau d’une vraie jeune fille.


La robe va rejoindre le reste des affaires sur le lit.

Il sort de la chambre en disant :


— Je t’attends en bas, prends ton temps jolie Julie...


Et me voilà seul, ou seule, je ne sais plus trop.

Je dois prendre une décision.

Je peux encore faire demi-tour, je redescends et je dis que j’arrête.

Mais si je me change, une nouvelle vie commence pour moi, peut-être...

Après tout, c’est seulement pour 12 jours.


— Allez Benoit bouge !!!


Non, Julie bouge, je me morigène

Le répète plusieurs fois :


— Julie ... Julie... Julie.

— Tu es Julie !!!


La méthode Coué doit marcher...

Je me sens une nouvelle force, et c’est décidé que j’enlève les vêtements de Benoit pour enfiler ceux de Julie.

Comme hier, je retrouve la douceur des collants et cela provoque une petite réaction.

Moindre, on dirait que je commence à m’habituer déjà.

Je passe la jolie robe qui me va à ravir et je trouve une nouvelle paire de ballerines dans l’armoire. Elles sont blanches cette fois, avec des fils d’or.

C’est Benoit qui a monté l’escalier.

C’est Julie qui le descend.

J’en suis parfaitement conscient.

Consciente devrais-je dire.

Je me dirige vers le bureau, y entre.

M. Lagrange avait dû reprendre ses corrections. Il est de nouveau absorbé par ses annotations.

Il m’entend tout de même arriver et relève la tête. Un sourire illumine sa figure.


— Et bien voilà notre petite Julie, tu es merveilleuse ma chérie.


Il se lève et tourne autour de moi.

J’avoue que cela ne m’est pas indifférent, je sens son regard d’homme sur moi.


— Bien, bien, pas mal du tout, tu vois que tu es faite pour ça.

— Bien sûr il y a encore quelques petites choses à améliorer, mais franchement tu m’épates.


Alors je ne sais pas ce qui me prend, mais je me mets à faire une petite révérence en relevant les côtés de ma robe, en baissant la tête et en pliant un genou.


— Merci monsieur.

— Ho ?? Bien, très bien, je sens que tu vas apprendre vite ma chérie.


Je ne savais pas à ce moment ce que ce geste signifiait pour lui.


— Allez maintenant au travail, nous avons du retard.


Je m’assieds à ma place et nous reprenons le cours, comme si rien ne s’était passé.

J’avoue que je me replonge vite dans les études et que j’oublie rapidement la façon dont je suis habillé, cela devient naturel, cela ne me gêne plus.

M. Lagrange m’appelle souvent Julie, et si je suis surpris au début, je prends vite l’habitude de répondre à ce nouveau prénom. Je soupçonne aujourd’hui qu’il faisait exprès de m’appeler souvent pour que je m’habitue.

La matinée passe très vite, à midi, nous mettons la table et faisons réchauffer un plat tout prêt.

Tout en mangeant, M. Lagrange m’interroge :


— Alors comment ça va, tu t’y fais ?

— Oui Monsieur ça va.

— Bien, tu regrettes ?

— Non Monsieur.

— Très bien, tu vois que tu es faite pour ça.

— Oui Monsieur, (et c’est vrai que je commence à penser que je suis fait/faite pour ça, que je n’ai vécu que pour ce moment-là)

— Bien, donc cet après-midi nous allons avancer un peu plus.

— Avancer Monsieur ?

— Oui chérie, ça ne te gêne pas que je t’appelle chérie n’est-ce pas ?

— Non Monsieur.

— Bien, vraiment tu es parfaite.

— Enfin presque, comme je te l’ai dit tout à l’heure, il faut encore progresser un peu.

— En quoi Monsieur ?

— Et bien tu verras, c’est une surprise, j’ai invité une amie à venir s’occuper de toi, elle ne va pas tarder à arriver.

— Une amie, mais ...


Je commence à paniquer, je m’étais imaginé que ces douze jours devaient se passer ici, sans voir personne.


— Ne t’en fais pas, c’est quelqu’un de confiance, tu comprendras vite pourquoi. D’ailleurs, elle ne devrait plus tarder.


Et justement sur ces entrefaites, la sonnerie de la porte d’entrée résonne.


— Ne bouge pas chérie, je reviens.


Et il quitte la pièce.

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