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Bérénice

Chapitre 25

Travesti / Trans

49.

Damien ressassa pendant tout le trajet de retour l’invitation de Pierre Granberg. Comment avait-il pu le percer à jour aussi facilement ? Les détails étaient trop précis pour n’être que le fruit d’une simple observation. Et puis que faire ? Accepter l’invitation et se montrer en tant qu’Alice ? Qu’en seraient les conséquences ? Au pire, il pourrait perdre ce client.

Inacceptable !

Autant mettre la clé sous la porte. Cette dernière réflexion lui prendre conscience qu’il lui fallait trouver d’autres clients. Question de survie. Mais d’un autre coté, Pierre ne semblait pas avoir de mauvaises intentions. Juste de la curiosité.


La semaine continua. Damien restait perdu dans sa marche à suivre.

La veille du rendez-vous, il reçut un mail de Pierre Granberg. Encore une fois, il insistait pour faire la connaissance de son assistante et en profita pour lui demander son prénom. Mais ce qui interpella Damien ce fut la phrase mentionnant quelques surprises dont une qui pourrait être très agréable. Phrase qui n’était pas faite pour le rassurer.


Il dormit très mal cette nuit là, songeant encore et encore à ce qu’il allait faire. Il fut tenté de demander Bérénice ce qu’il devait faire, mais c’était elle qui l’avait mis dans cette situation. Pas question donc qu’elle en profite pour aller plus loin dans sa perversité.

Mais Pierre Granberg était le client et le client a toujours raison. Damien n’était pas très chaud à devenir Alice pour les besoins de son métier, pourtant il le fallait. C’était du moins ce qui semblait le plus logique.


Le mail lui donnait l’adresse de l’hôtel, l’Ibis où il était déjà descendu avec Bérénice. Encore elle… Et le restaurant n’était pas loin.

Il se demanda s’il devait y aller en fille ou se changer sur place. Finalement, il se décida pour la première option. Ça ferait moins de bagages et comme sa valise de fille était déjà prête, il n’y avait peu de risque qu’il oublie quoi que ce soit.

Il passa la matinée à se préparer, ne put rien avaler au déjeuner et prit la route en milieu d’après-midi.


Alice croisa Marjorie qui partait promener Manon. Elle en profita pour l’inviter, elle ou lui, pour un apéritif la semaine suivante. Elle n’eut pas le courage de refuser.


Elle arriva à l’hôtel largement en avance. Le réceptionniste lui donna la clé sans faire le moindre commentaire. Elle s’installa et décida de prendre un bain pour se délasser. Elle ferma les yeux et s’endormit. Elle se réveilla en sursaut et constata que l’heure avait tourné bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Et pour le coup, elle était franchement en retard.

— tant pis, se dit-elle. Il faut savoir se faire désirer.

Elle s’habilla rapidement mais prit son temps pour se maquiller. Elle prit son sac, ramassa son téléphone, constata qu’elle avait trois appels en absence et autant de SMS. Elle répondit à l’un d’eux, rassurant ainsi Pierre et sortit de la chambre.


Elle se hâta dans la rue éclairée par les lampadaires ; sa jupe et ses talons l’empêchaient de courir. Elle arriva au restaurant avec une bonne demi-heure de retard. Le maitre d’hôtel l’accompagna jusqu’à une table où un couple discutait, un verre de vin à la main.

— ah, enfin ! dit la femme en se levant.

Alice la regarda, une lueur d’inquiétude dans ses yeux.

— je pense que vous faite… commença Alice à l’adresse du maitre d’hôtel qui s’éloignait déjà.

— non, il n’y a pas d’erreur. Je suis Ludivine et voici mon compagnon, Anthony. Ou plutôt Pierre Granberg et son épouse Sylvie, termina la femme à voix basse.

Alice se laissa tomber sur sa chaise.

— étonnée ?

— le mot est faible. Mais je comprends mieux maintenant comment vous avez deviné ce que j’étais.

— tu as tout compris. Mais à propos, je ne sais toujours pas comment je dois t’appeler.

— Alice.

— c’est très joli, dit Anthony.

— je te dois des explications, dit Ludivine en ouvrant la carte. D’ailleurs, tu prends ce qui te fait plaisir, c’est moi qui invite. Et ne te gêne pas par rapport au prix.

Alice et Anthony ouvrirent les cartes à leur tour. Anthony referma la sienne aussitôt. Son choix était fait depuis longtemps.


— je vais te raconter comment on en est venu à échanger nos rôles, continua Ludivine.

C’était il y a quatre ans maintenant, pour le nouvel an. Nos meilleurs amis nous avaient proposé de les accompagner au réveillon du Nouvel an. Mais ce réveillon était une soirée déguisée et le thème était « Il est Elle, Elle est Il ». Autant dire que je n’étais pas très chaud à l’idée de me déguiser en fille. Mais Sylvie avait trouvé l’idée amusante. Alors je me suis laissé faire. On a fait appel à une maquilleuse de cinéma et le résultat était au-delà de nos espérances. C’est fou ce qu’on peut faire avec du maquillage. Lorsqu’on est arrivé chez nos amis, ils ne nous ont pas reconnus et pendant la soirée, on nous a accusés de ne pas avoir joué le jeu. C’est dire !

Quelques semaines plus tard, Sylvie me dit qu’elle aimerait bien recommencer l’expérience, qu’elle avait apprécié de s’habiller en homme car c’était bien plus décontracté qu’en femme. Il faut dire qu’en étant directrice d’une agence d’hôtesse d’accueil, elle doit toujours être tirée à quatre épingles. Je lui réponds qu’elle n’a qu’à le faire mais me dit que ce serait plus amusant si moi, je m’habillais en femme. Et comme je ne peux rien lui refuser, j’ai accepté. On a passé notre premier week-end comme ça, les enfants étant chez les grands-parents. Puis on a fait un deuxième week-end, puis un troisième, etc. la maquilleuse nous donna les cours nécessaires et toutes les astuces utiles. On a fait notre première sortie en ville pour étoffer notre garde-robe. Puis on a mis nos enfants, notre fille ainée à douze ans et son frère, neuf ans, au courant. Au début, ils n’ont pas vraiment compris pourquoi on faisait ça. Mais à force, ils ont fini par s’y faire.

On a continué comme ça, sans problème. Je commençais même à m’y habituer à devenir Ludivine. Jusqu’au jour où Sylvie, ou plutôt Anthony m’annonce que désormais on ferait l’amour selon notre rôle. Sur le coup, je n’ai pas su ce qu’elle voulait dire. C’est quand je l’ai vu sortir un gode-ceinture que j’ai compris. J’allais être femme jusqu’au bout. Les premières fois n’ont pas été faciles. Douleur, énervement, colère. Puis un jour, s’est passé. Presque tout seul.

On a fait notre « coming-out » auprès de notre famille et de nos amis. Certains n’ont pas compris et ne nous ont plus fréquentés. Tant pis pour eux.

Pour le Nouvel An suivant, le thème était « courtisans et courtisanes ». Je te laisse deviner qui était qui. Le réveillon d’après, on n’a pas pu en être et pour le dernier, avec un thème « Disco », on a remonté le groupe Abba avec nos amis. Mais cette fois, la nuit s’est terminée à quatre, dans le même lit. Et ce fut la première fois que je me faisais prendre par un homme. Tout comme Sylvie connu sa première expérience entre fille. On n’a pas recommencé cette partie carrée, mais nos amis ne nous regardent plus de la même façon.

Voila, tu sais à peu près tout de note histoire. Et toi, comment s’est venu ?

50.

Alice raconta son histoire, n’omettant presque aucun détail.

— joli parcours, commenta Anthony.

— si on veut, mais j’avoue que je suis perdue. Pour moi, il n’était pas question qu’Alice intervienne dans ma vie professionnelle.

— ben voila, c’est fait, dit Ludivine.

— pourquoi ?

— parce que tôt ou tard tu y serais venue, crois-moi. En ce qui me concerne, si je pouvais, je viendrais travailler en femme. Mais ce n’est pas possible. Ça pourrait mettre en péril ma boite. Mais toi, tu es ton propre patron. Rien ne t’empêche de démarcher des clients en tant qu’Alice.

— mais ce n’est pas ce que je veux !

— aujourd’hui peut-être. Mais la semaine prochaine, dans six mois ? Regarde comment a évolué ta situation et les rapports que tu entretiens avec ton couple d’amis. Je veux t’amener à réfléchir sur toi et ce que tu peux être, ce que tu es surement mais sans le savoir.

— si je suis comme ça, c’est uniquement pour les jeux coquins avec mes amis. C’est tout.

— on en reparlera plus tard, si tu veux bien. Mais j’ai quand même une proposition à te faire.

Alice se raidit. Pourtant, lors de leur précédente entrevue, Pierre lui avait certifié que la bagatelle avec Alice ne l’intéressait pas.

— voila, si tu acceptes qu’Alice reprenne le contrat qui nous lie, je suis prête à la renégocier à la hausse. Bon, légère la hausse. Mais hausse quand même. Et je peux même te faire de la publicité.

Alice tomba de haut. Elle ne s’attendait pas du tout à une telle proposition. Proposition qui ressemblait beaucoup à du chantage.

— je ne te demande pas de me répondre de suite. D’ailleurs, je n’y tiens pas. Prends le temps de réfléchir. Normalement, on se revoir dans un mois. Si c’est Damien qui vient, alors je comprendrai que tu refuses ma proposition. Mais si c’est Alice …


Ils finirent le repas par un café suivi d’un digestif offert par le patron. Visiblement, il connaissait le couple et leur secret. Ils se séparèrent sur le trottoir en se faisant la bise.

— réfléchis à ma proposition. Elle est tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Et sans piège aucun.

— je vais le faire. Merci pour cette soirée, dit Alice. A dans un mois.

— à dans un mois, dit Ludivine.


Alice les regarda partir bras dessus, bras dessous. Avec ses talons, Ludivine dépassait largement Anthony. Et l’inverse n’était plus vrai quand ils retrouvaient leur genre.


La vie de Damien bascula encore plus le week-end suivant à l’occasion du traditionnel repas familial qui se tenait tous les deux mois.

Sa sœur ainée, Nathalie, était venue de Paris et devait leur présenter son ami. Nathalie avait quitté a regret La Rochelle pour la capitale uniquement pour raison professionnelle. En fait pour suivre son mari qui avait un job d’informaticien dans une grande SSII. Mais le travail trop prenant et les déplacements de plus en plus fréquents que lui imposaient son travail avait eu raison de leur couple. Ils s’étaient séparés presqu’un an plus tôt. Quant à Nathalie, elle avait trouvé un travail d’assistante de direction qu’elle ne pouvait pas lâcher, quasiment certaine de ne pas retrouver l’équivalent dans sa région natale.

La surprise fut totale quand elle présenta son ami Alex. Le diminutif d’Alexandra.

— tu as viré goudou ? s’indigna Régine, sa mère.

— et oui, comme tu vois. Alex m’a beaucoup aidé après le divorce, elle m’a consolée, soutenue, aidée. Puis l’amitié s’est petit à petit transformée en amour. Moi l’hétéro convaincue, j’ai viré ma cuti.

— tu es heureuse ? demanda Régine

— très !

— alors s’est parfait.

Puisse tournant vers Alexandra :

— prenez soin d’elle. Et surtout ne lui brisez pas le cœur sinon, vous aurez à faire moi.

— pas de risque. Je l’aime et je ne veux pas la perdre.


Le déjeuné se déroula dans une ambiance bonne enfant. Seul Damien restait un peu en retrait, participant de loin aux discussions. Il avait encore en tête la rencontre avec son client et son étrange proposition.


— tu viens avec moi ? demanda Valérie qui sortait son paquet de cigarettes.

— je ne fume pas.

— moi oui. Allez viens.

Ils sortirent sous l’appentis qui les protégeait tant bien que mal des giboulées.

— bon, ta sœur a viré gouine, moi, je suis échangiste. Et toi ? C’est quoi ton secret ?

— moi ? Ben rien ! mentit Damien en rougissant.

— c’est ça, prend moi pour une conne !

— quoi ! C’est vrai !

Valérie lui prit la main droite et lui releva la manche.

— et ça ? dit-elle en montrant les traces de vernis, et tu as la peau très douce. Et tes sourcil aussi son joliment épilés. Mieux que les miens. Alors ?

Damien baissa les yeux.

— alors ?

— bon, oui, ça va ! grogna Damien. Je m’habille en femme. Mais ce n’est pas ce que tu crois.

— ah bon ? Et qu’est-ce que je devrais croire ?

— rien, cracha Damien.

— allez explique ! Tu es homo ? Parce qu’avec une frangine lesbienne, je ne m’étonne plus de rien

— non. C’est juste un jeu entre moi et … et ma maitresse. Et son mari aussi.

— ah ben si je m’étonne encore de quelque chose, dit Valérie effarée. Alors là, ça me troue le cul ! Et comment s’appelle cette femme ?

— Bérénice.

— comme la vendeuse en lin… non, ne me dit pas que c’est elle ?

— ben si.

— eh bien mon salaud, tu ne t’emmerdes pas. Tu sais que je l’ai initiée au broute-minou ? Mais ce n’est pas son truc.

— oui, je sais.

— et tu te fais … par son mari ?

— oui. Et par elle aussi.

— si on me l’avait dit, je ne l’aurais pas cru. Ah ben merde alors.

Valérie n’en revenait toujours pas. Elle écrasa sa cigarette à moitié fumée dans le pot de terre, à coté des autres mégots, dont certains étaient là depuis longtemps.

— dis rien à personne, supplia Damien.

Mais ça, c’était bien la dernière chose à demander à Valérie.


— eh ! Vous savez quoi ? demanda Valérie en entrant dans le salon.

Damien se fit tout petit. Et s’il avait pu passer sous le carrelage, il l’aurait fait.

Valérie relata les révélations de Damien.

— bah, au point où on en est, dit André le patriarche, sur un ton fataliste.

— tu n’as plus qu’à venir en fille la prochaine fois, renchérit Régine. Autant que l’on juge par nous même.

— si vous voulez, lâcha Damien résigné.


Il quitta sa famille le premier, à peine quelques minutes après l’annonce de sa double-vie.

— tu ne vas pas faire de bêtise ? lui demanda sa mère doucement

— mais non, t’inquiète pas.

— bon. En fait, on s’en fout de ce que tu fais, comment tu le fais et avec qui tu le fais. Du moment que tu y trouve ton compte et ton bonheur, ça nous suffit.

— merci maman, répondit Damien soulagé.

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