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Carol, belle et dangereuse

Chapitre 1

Lesbienne

1 Improbable alliance


— Réveillez-vous, Chase, les fédéraux veulent vous parler.


Moi qui m’attendais à un petit sermon des familles sur l’inutilité de la violence, les flics me sortaient le grand jeu ; depuis quand le F. B. I. se mêlait des histoires de bagarre sur le campus universitaire ? Le temps de lever la tête en direction de la voix, un type aux cheveux grisonnants se planta devant la table, la moitié du regard sévère, l’autre cachée derrière un bandeau sur l’œil gauche qui le faisait ressembler à un pirate du XVIIème siècle. Une jolie brune congédia l’officier d’un sourire commercial puis referma la porte de la salle d’interrogatoire.


— Je m’appelle Will Carter, voici ma coéquipière Jude Price. Nous allons vous faire passer un test.


Professionnelle pendant l’installation du matériel électronique sur la table, la femme se sentit fébrile en bardant ma gorge de capteurs, sensation qui suscita mon intérêt. La douceur des doigts réveilla une furieuse envie de plonger dans la chemise blanche échancrée, de saisir à pleines mains les petits seins arrogants, je ne pus m’empêcher de humer son parfum léger au passage. Cette connerie de bagarre m’avait excitée, j’avais besoin de compenser, j’aurais dû m’en douter.


— Détecteur de mensonges ?


Mon souffle dans son oreille eut l’effet d’une caresse, l’intonation volontairement sensuelle de ma voix l’envoûta. Agent du F. B. I. ou étudiante, aucune femme ne résistait à mon pouvoir de séduction. Les hommes ? Ils ne m’intéressaient simplement pas.


— En quelque sorte, ce n’est pas douloureux.

— Je vous fais confiance, Jude.


Carter tira sa coéquipière en arrière d’un geste brusque, l’éloignement fit à peine retomber la tension érotique.


— Ça suffit ! Vous êtes accusée de coups et blessures sur trois garçons au cours de la soirée organisée à l’occasion de la remise des diplômes.


Ma parole, il aimait s’entendre parler pour faire des phrases aussi longues.


— Ces salopards manquaient de respect à une fille.


Le soupir de l’agent prouva qu’il se moquait de la victime.


— Possible, l’enquête devra le prouver. Il n’empêche, envoyer le fils d’un sénateur à l’hôpital n’est pas un bon moyen de passer inaperçu, ça fait un moment que nous avons l’œil sur vous.

— Difficile d’avoir les deux dans votre cas.


Will Carter apprécia moyennement mon sens de l’humour, il entama la lecture d’un dossier à voix haute.


— Emily, fille de John et Norah Chase domiciliés à Acton en Californie. D’après vos papiers, vous venez d’avoir 20 ans.

— Bravo, mon vieux, vous savez lire.


L’agent jeta un œil à l’écran, inutile d’avoir fait de longues études pour comprendre que l’appareil enregistrait mes réactions au stress.


— Vous avez été renvoyée de plusieurs lycées pour indiscipline. Auriez-vous des problèmes avec l’autorité ?

— Non, seulement avec l’hypocrisie. Un jeune peut conduire à 16 ans, se faire tuer à la guerre à 18, mais il lui en faut 21 pour boire de l’alcool. Pourtant, je parie que je tiens mieux le coup que vous. On essaie quand vous voulez.


Décidément, Carter n’appréciait pas mes talents de boute-en-train, quant à moi, je détestais entendre ma vie réduite à quelques lignes sur un dossier.

♀♀

Oui, je venais d’Acton, un patelin du conté de Los Angeles, le trou du cul du monde à quatre-vingt-cinq kilomètres de la deuxième ville des États-Unis. Je ne comprenais pas pourquoi mes parents avaient choisi de vivre à l’écart, on ne recevait jamais personne à part les sœurs de ma mère toujours aux petits soins. Maman faisait du télétravail, elle se contentait de saluer de loin les voisins qui la prenaient pour une excentrique. Les courses au supermarché, les réunions à l’école, tout ce qui obligeait à rencontrer du monde, c’était la corvée de papa.


Peu avant mon douzième anniversaire, j’eus droit à une longue discussion « entre femmes », enfin, on me demanda surtout d’écouter. D’après ma mère et mes tantes un peu théâtrales à l’occasion, ma nature allait évoluer, mes sens se développer. Ouais, même à Acton, les filles n’ignoraient rien de ces phénomènes, je les observais depuis quelque temps dans la glace. On m’annonça alors que je ne serai plus une petite fille ordinaire, mais un succube. C’était quoi un succube ? Un malade, comme ma mère forcée de rester loin des gens ? Elle n’avait rien d’un monstre, pourtant. On me promit que j’obtiendrai bientôt des réponses.


Ah ça, j’en ai eu des réponses, d’autres questions aussi. Contrairement aux copines, la puberté ne m’apporta pas que des seins et quelques poils, mes sens se développèrent à une vitesse folle. À 12 ans, je n’eus aucun mal à comprendre que les femmes dans notre famille étaient mutantes de mère en fille, dotées de pouvoirs physiques, intellectuels et psychiques extraordinaires. Je ne devais pas en parler ou des hommes viendraient nous chercher, maman et moi.


Il y eut bien des petits accrocs au lycée avec des garçons furieux de voir une nana les battre à la course ou à la lutte ; on me renvoya plusieurs fois pour des bagarres que je gagnai toujours. Le plus drôle, c’était encore de les humilier sur le plan intellectuel, de leur montrer la puissance de l’esprit. J’intégrai le Caltech à 16 ans, du jamais vu à l’université au premier rang mondial dans le domaine des sciences. L’étude de la chimie moléculaire devait m’apprendre à contrôler mes pouvoirs.


Un peu plus tard, à l’occasion d’un nouveau conseil à Acton, maman jugea utile de me prévenir ; mes pouvoirs allaient encore s’accroître le jour de mes 18 ans. Jusqu’où restait un mystère, jamais un membre de la famille n’avait voulu savoir, car les facultés s’accompagnaient d’une contrepartie difficile à gérer. Le terme d’hypersexualité me fit rire, le désir était une notion vide de sens pour moi, et à voir les comportements douteux des étudiants à la fac, ça me convenait très bien.


Devant l’insistance maternelle, une tante m’enseigna des techniques de méditation qui devaient me permettre de contrôler mes pulsions. Ça revenait à mettre mes pouvoirs en cage, je me promis de redoubler d’efforts à l’université. Des années plus tard, j’avais avancé dans mes recherches en isolant le gène mutant ; malheureusement, la hantise de faire du mal m’interdisait de rompre la barrière psychique censée contenir ma véritable nature. C’était frustrant côté libido, mais nécessaire à la sécurité publique.


♀♀


— Nous savons qui vous êtes, Emily, ou plutôt ce que vous êtes.


Aïe ! La mimique de Jude Price prouva une réaction de l’oscillateur sur l’écran de contrôle, Carter s’estima en position de force.


— Après une enfance normale, votre génome s’est trouvé modifié à la puberté, faisant de vous une jeune fille douée d’étranges prédispositions physiques et psychiques.


L’œil unique de l’agent disait qu’il était sûr de son fait. Comment ? J’avais pourtant pris mes précautions.


— Vous êtes une mutante, Emily, un succube qui se nourrit de l’énergie sexuelle de ses partenaires, vos capacités grandissent en faisant l’amour. L’étude de la chimie moléculaire au Caltech vous a permis de les contrôler.


J’aurais voulu que ce soit le cas. Un peu plus forte, l’esprit un peu plus vif, j’étais loin de pouvoir exprimer mes superpouvoirs, encore plus loin de savoir les maîtriser. À ce stade, Will Carter donnait l’impression d’en savoir plus que moi.


— Faut arrêter de voir des films de science-fiction.

— Ne me prenez pas pour un con, mademoiselle Chase, la partie est terminée ! Nous suivons l’avancée de vos travaux depuis deux ans grâce au programme de contrôle des universités mis en place dans le cadre de la loi anti-terroriste. Vous imaginiez qu’une étudiante pouvait utiliser le matériel de pointe du CALTECH à des fins personnelles sans attirer l’attention ?


C’était donc ça, les ordinateurs du labo étaient truffés de mouchards. Le coup de poing sur la table m’impressionna moins que l’hypothèse de finir aux mains d’une agence gouvernementale. Le F. B. I. ayant d’autres problèmes à régler, les cow-boys de la CIA avaient flairé ma trace.


— Je veux voir un avocat.


Avec un peu de chance, un professionnel du droit trouverait la faille dans le jeu de ces salopards, et me sortirait de ce merdier.


— Si on était les méchants, Emily, rien n’empêcherait un collègue de se prétendre de l’aide judiciaire, les flics du campus sont faciles à berner. Je pourrais vous faire interner d’office, ou vous arrêter en prétendant que vous représentez une menace directe pour la sécurité des États-Unis. Nous vous offrons un partenariat.


Will Carter connaissait sa leçon par cœur, j’aurais bien eu besoin d’une assistante technique pour savoir quand il disait la vérité, ou quand il essayait de m’embobiner.


— Vous venez me mettre en cage pour pratiquer vos expériences de nazis ?

— Personne n’en sortirait gagnant, nous vous proposons un travail. Venez avec nous, Emily, vous pourrez avancer dans vos recherches, nos moyens sont supérieurs à ceux d’une université.


À bien y réfléchir, un deal temporaire avec la CIA pouvait m’être profitable, j’avais envie de savoir de quoi j’étais capable. Une fois cet objectif atteint, il serait toujours temps de leur fausser compagnie. Et puis cet énergumène semblait tout ignorer de la transmission du gène mutant ; résister, c’était mettre ma famille en danger.


— On va où ?


♀♀

Je commençais à me faire chier après deux semaines sur la base de South Shell Peak dans les confins du Nevada, un camp d’entraînement réservé aux forces spéciales et aux équipes actions des agences de renseignement. Force physique, acuité mentale, réflexes, coordination des mouvements, aptitude cognitive, mémoire visuelle et sensorielle, rien n’était laissé au hasard, les tests effectués sous surveillance médicale servaient à définir mon potentiel.


— Qui reste impossible à prédire avec le peu de données dont je dispose, médita le docteur Thouvier, les yeux rivés sur les résultats de l’analyse de sang. Les données sont instables, l’enzyme mutante engendre une régénération cellulaire accélérée qui perturbe le taux hormonal.

— Pour faire simple ? s’énerva Will Carter.


Merci Jude Price d’avoir laissé l’interphone connecté, rien de ce qui se disait dans le centre d’examen séparé de la salle d’exercice par une baie vitrée ne m’échappait. Le borgne me tournait le dos, je devais me fier à l’intonation de sa voix dans l’écouteur. Quant à Thouvier, il donnait des cours au CALTECH comme consultant, ce salopard jouait sur deux tableaux.


— Le taux d’œstrogènes est lié à ses performances. Vous la poussez pour connaître ses limites, elle a besoin de récupérer en accumulant de l’énergie, comme les sportifs de haut niveau se nourrissent des sucres indispensables à leur organisme. Donnez-lui ce dont elle a besoin, cette fille pourrait vous épater.

— On peut s’attendre à quoi dans le cas contraire ? demanda Will Cooper ,préoccupé.

— Sentant ses pouvoirs décroître, elle pétera les plombs. Je ne voudrais pas être dans les parages le jour où ça arrivera. N’oubliez pas qu’Emily peut soumettre un individu ordinaire à sa volonté par simple contact de la peau, c’est une bombe à retardement.

— Si j’ai bien compris, docteur, vous me demandez de lui permettre d’assouvir ses pulsions. Elle va transformer la base en un gigantesque lupanar.

— Certainement, soupira le professeur pour mon plus grand plaisir, mais je crains que vous n’ayez le choix, ou vous ne la tiendrez jamais en laisse.


J’aurais voulu voir la tête de Carter en apprenant les recommandations du toubib. En revanche, l’idée de jouer le jeu de la CIA me plaisait de moins en moins, les pontes de l’Agence n’attendaient certainement pas de moi que je plante des fleurs dans le désert du Nevada. Mieux valait ouvrir l’œil, et le bon. Jude pourrait peut-être m’en apprendre davantage sur la finalité de leurs intentions.

♀♀

Les ordres étaient les ordres, le serveur du mess des officiers abandonna la bouteille de whisky sur le comptoir. Un balaise de la police militaire régla son café en me défiant du regard, la décision venue « d’en haut » l’interpellait ; j’avalai une rasade d’alcool cul sec par pure bravade.


— Vous permettez ?


L’abus d’eau de toilette me dérangea autant que l’empressement de l’individu imbu de son grade de lieutenant-colonel, de sa position de mâle dominant. Tant qu’à faire, Will Carter aurait dû exiger que les hommes me foutent la paix. L’officier de la police militaire rectifia sa tenue puis se dirigea vers la sortie.


— Le pays est dans la merde, maugréa-t-il au passage à voix basse.


Incapable de savoir ce qui le dérangeait le plus de mon comportement ou de celui de l’adjoint au chef de corps, je me tournai vers la salle, décidée à ignorer ce dernier. Une jeune femme installée à une table près du comptoir me gratifia d’un clin d’œil complice. Visage lisse, regard franc, sourire avenant, voici qui m’intéressait davantage.


— Vous en voulez un autre ?


Merde ! Je n’allais pas laisser cet abruti foutre ma soirée en l’air.


— Désolée, bonhomme, pas les bons arguments.


Le quadra au crâne chauve me laissa passer, le badge de la CIA cousu sur la manche de ma combinaison de combat noire donnait à réfléchir. L’empressement de la brunette à me faire une place lui donna le coup de grâce.


— Mieux vaut mettre les points sur les i d’entrée dans le temple du machisme, où on ne s’en sort plus. Je m’appelle Anna.


L’intégration des femmes dans les forces spéciales prêtait encore à polémique, il suffisait d’entendre les remarques désobligeantes des soldats pour le savoir. Le sexisme prenait une autre forme dans les agences de renseignement, elles étaient conditionnées pour payer de leur personne selon la rumeur populaire. C’était mal me connaître que de croire que je pourrais coucher sur ordre, avec un mec s’entendait.


— Emily. On se tire ? Rien ne nous oblige à supporter ces gueules de déterrés, j’ai entendu des rires dans le baraquement d’à côté.


Le regard sombre brilla d’une lueur singulière, plus éloquente qu’un long discours insipide. On se plaisait, et pour des raisons différentes, aucune de nous ne voulait perdre de temps à se chercher.


— Le mess des sous-officiers, moins raffinés, mais plus honnêtes. Ou on va dans ma piaule, j’ai de la bière au frais.



Le temps de rejoindre le quartier des femmes, j’appris que le lieutenant Anna Shed quittait la base le lendemain, d’où son enthousiasme. Le sexe pour le sexe, sans prise de tête, ça me convenait. À peine la porte refermée, je la coinçai contre le mur, pressée de découvrir les trésors cachés sous la tenue de combat. Mais la belle n’entendait pas me laisser l’initiative, sa bouche cueillit la mienne. Toute à ce baiser passionné, je la laissai m’échapper, persuadée qu’elle me reviendrait bientôt.


Anna se déshabilla à la vitesse de la lumière, je l’imitai avant de la suivre jusqu’au lit aux dimensions réglementaires, l’armée n’avait certainement pas prévu ce cas de figure. On s’allongea face-à-face, seins contre seins, les yeux ouverts pour ne rien perdre de la montée impérieuse du désir. Parler ? On avait dépassé le stade de la séduction. Flirter ? Plus tard peut-être. J’envoyai une main en terre inconnue.


Sensible à mon inspiration, la belle me guida à travers la toison de son pubis, encore plus pressée que moi d’en venir à l’essentiel. La fente ouverte suintait d’impatience, je la fouillai d’un doigt, puis de deux, le regard noir s’illumina, la grotte s’humidifia. Je m’étonnai de la trouver aussi réceptive, comme si les vingt minutes passées entre le mess et l’arrivée dans le quartier des femmes avaient servi de préliminaires.


Une main se referma sur mon poignet, une invitation à me montrer plus intrusive encore, Anna était en manque. Enfin ou déjà, j’investis le vagin lubrifié à souhait, un long soupir salua la pénétration. On resta un instant sans bouger, son souffle court dans ma bouche renvoyait une haleine chargée. Malgré mon désir de goûter une autre saveur, j’acceptai de jouer selon ses règles.


Anna entama un mouvement de va-et-vient, se servant de mes doigts comme d’un jouet intime, elle voulait se masturber sur ma main. Dans ses yeux brillait le besoin d’évacuer un trop-plein de frustration, l’envie d’un plaisir primaire presque animal, on ferait l’amour ensuite. Ça me convenait, je dénichai le clitoris dans sa gangue pour le titiller du pouce.


Vite, bien trop vite, sa bouche s’arrondit, ses yeux se révulsèrent, j’assistai béate à la montée de son plaisir. Pressée d’en finir, elle accéléra encore le mouvement, le clapotis de mes doigts dans son antre résonna dans la chambre. Anna expulsa une longue plainte à peine audible, son vagin se contracta. La belle stoppa le va-et-vient, mais conserva mes phalanges en elle jusqu’à reprendre son souffle. Ce plaisir pris sur le vif la rendait plus désirable encore.

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