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Celle par qui tout arriva ! (Per Quam peccata erant)

Chapitre 1

La confession

Erotique

Avertissement :



À ceux et celles qui liront cette saga. 



Ce nouveau texte est avant tout le résultat d’un pari. 



Un pari dans lequel j’ai tenté de combiner fiction et réalité historique d’une époque qui m’est chère. 



C’est pourquoi, si vous désirez lire un texte ne contenant que des scènes de sexe, ne vous attardez pas sur celui-ci. 



Le site regorge d’auteurs de talents et de parutions qui feront votre bonheur plutôt que ces chapitres qui seront, aussi par la force des choses, dédiés à d’autres moments servant à faire avancer l’Histoire avec un grand H. 



On m’a souvent fait le reproche, d’écrire "trop de mots" pour enfin arriver aux scènes "intéressantes". 

C’est peut-être vrai ?



Cet avertissement ne sert donc également à m’excuser auprès des lecteurs pour mon style qu’ils trouvent trop lent mais qui ne peut se satisfaire que d’une mise en place précise et claire des situations tout comme des protagonistes. 



D’autant plus que je vais faire intervenir, ci et là, des expressions, des personnages réels ainsi que des situations parfaitement plausibles pour l’époque que j’ai choisi. 



Je souhaite sincèrement que quelques-uns parmi les lecteurs y trouveront leur compte en terme de lecture, de plaisir(s) et d’excitation intellectuelle. Que les autres me pardonnent, la déception de cette lecture ne sera que le résultat de mon incompétence à les satisfaire. 



Bonne lecture. 



AlexisPC.



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                                          807 Ab Urbe Condita, ante diem tertium Idus October



On m’appelle Caius Antius Quarto.



Mon statut devrait m’empêcher de m’adresser directement à vous, quelques soient mes raisons ou mes motivations.



Je ne le peux pas !



Je ne le dois pas !



Mais je n’ai jamais été lâche au point de renoncer à la Vérité, qui doit diriger nos paroles et nos actes en toutes circonstances de notre passage sur Terre. Et ce, quelques soient les circonstances que nous vivons si nous désirons vivre en rectitude, selon les lois établies par les dieux.



Je risque simplement une mort lente et cruelle pour oser ce que j’entreprends aujourd’hui. Mais les faits que je relate sont tellement incroyables et d’une telle gravité, que les générations futures ne voudront pas le croire. Mais que Jupiter et Apollon m’en soient témoins et me privent du Campus Elyseum si je mens.



Je suis né dans la servitude et je fais partie de la caste des esclaves !



Je suis servus.



Ma vie misérable et ce statut de non-existant aux yeux des biens-nés vont me permettre de vous relater les faits dont j’ai été le témoin privilégié, caché aux yeux de tous et protégé, durant toute ma vie, par ce statut de misère car je suis celui auquel personne ne prête vraiment attention autour de moi mais qui a un accès illimité aux plus profonds secrets de ceux qu’il sert par sa présence devenue essentielle.



Qui suis-je pour les nantis et ceux que la naissance a favorisé si ce n’est un accessoire aussi commun qu’un vase ou une toge auquel on ne prête pas vraiment d’attention  ?



En ce jour funeste, notre Empereur, Claudius Tiberius Drusus, est mort. 



Vesta, notre déesse protectrice du Foyer, a quitté l’Urbs. Et à sa suite, les dieux eux-mêmes !



Rome est en deuil !



En langage profane, nous sommes le 13 octobre de l’année 54 après la naissance de celui que les chrétiens appellent Le Messie et L’Empereur Claude est mort !



Rome, la cité miracle, est en proie à l’agitation et au chaos. Son Guide, son rector, est mort empoisonné. Et ma vie est, à présent, en danger. Car je fus témoin de ces faits et le pantin des Parcae, nos divinités maîtresses de la destinée humaine.



Mais je conçois que vous ne pourrez comprendre mon récit si je n’en fais pas une histoire cohérente et linéaire. 



Les idées se mélangent dans ma tête et il me faut faire des efforts considérables pour les mettre en ordre. "Languentis aevi", comme l’avait prononcé mon ami, l’affranchi Phèdre, dans son dernier opus. Mon grand-âge et la souffrance que fut ma vie de servitude ne me permettent plus de garder l’esprit clair en permanence. Mes souvenirs s’entre-mêlent et, comme ma vue, s’évanouissent dans l’éther un peu plus chaque jour que font les dieux. Je pense que je subis les affres de la Fortune et que mon heure est proche. Ce témoignage sera probablement le dernier de ma longue existence.



Laissez-moi d’abord, non par vanité mais pour que l’Histoire reconnaisse mes mérites, me présenter ainsi que l’époque à laquelle je fais référence. Car il n’est rien de plus désagréable que la fausse modestie, signe pervers de l’ambition et de l’orgueil, gloriole personnelle et inutile dans un monde comme le mien fait d’obéissance immédiate et de soumission totale.



Je suis né sous le règne de notre premier Imperator. J’ai vu Octave en tant qu’Augustus de Rome. Le maître absolu, possédant l’imperium, gage de son pouvoir et de son autorité souveraine.



Les années étaient belles et heureuses. Rome rayonnait sur le monde par sa culture, son génie, ses armées et son langage fleurit et subtil. J’étais, à cette époque, fils d’un esclave instruit. Il avait été le précepteur de la famille de Germanicus, généralissime et héritier présomptif de Tibère. J’ai donc vécu dans un milieu aisé, recevant une éducation qui aura été mon sauve-conduit durant ma longue existence, côtoyant ses enfants et grandissant avec eux.



En y réfléchissant, il me semble que tout débuta durant cette période. Qu’un homme seul puisse atteindre un tel degré de pouvoir et de puissance a dû être considéré par les dieux comme un outrage à leur propre divinité intouchable.



Car, c’est depuis ce temps que le déclin s’est amorcé, pour notre malheur à tous.



Certes pas tant en termes de territoires, de richesses ou de conquêtes, mais plutôt de morale, de connaissances et de respects que cela soit des coutumes ou de nos ancêtres, exemples moraux que nous aurions dû suivre plutôt que de rechercher, en vain, l’abrutissement des masses. 

"Panis et Circenses" – du pain et des jeux - tel est la seule loi suivie par l’immense majorité de hommes et des femmes de cette cité aujourd’hui. La facilité plutôt que le labeur, la distraction plutôt que la réflexion, le plaisir permanent en lieu et place des corvées et des tâches journalières. J’ose espérer que votre époque échappe à cet appel à la récréation et aux divertissements plutôt qu’à l’application ou à la concentration dans le travail pour faire progresser l’humanité vers le Sublime. Mais connaissant parfaitement à présent la paresse innée à l’humain, j’en doute terriblement.



Notre anéantissement a commencé en ces temps pourtant bénis. Comme si un certain niveau de démocratie, de droits et de libertés engendrait et enfantait invariablement un déclin de l’intelligence, du sens critique et du respect de certaines valeurs pourtant au fondement même de ce que nous sommes.



Aujourd’hui, la méfiance, la délation, le mensonge, l’intimidation, la tricherie sont lois. Tromper, mentir, chercher le profit plutôt que la Raison, rechercher le pouvoir, alors qu’il doit être donné, quelques soient les obstacles et enfin se trahir soit même pour un peu de lumière sont devenus les Lois de la Cité. 



Des notions sombres et froides alors que Rome est Chaleur, Lumière et Vie.



Ainsi, il n’est pas rare, en ce jour, qu’une femme possède son propre harem pour peu qu’elle soit fortunée et puissante. Combien sont-elles à s’abandonner aux bras et aux sexes puissants d’esclaves venus de Numidie connu pour la taille de leurs attributs mâles ? Un homme peut, s’il le désire et en possède les moyens, détenir des centaines d’esclaves mâles comme femelles dont il fait ce que bon lui semble. Y compris les plus basses besognes comme s’en servir lors d’orgies qui sont la mode suprême de l’aristocratie. 



J’ai vu, de mes yeux vus, Agrippine la Jeune, concubine de notre regretté empereur, se livrer corps et âme, au bon soin de plusieurs hommes pourtant de condition précaire. J’ai vu le faible détrousser le riche et l’esclave posséder sexuellement son maître. J’ai vu des sœurs fécondées par leurs frères, les mères se livrer aux fils et les pères posséder les filles.



Il me faut vous avertir que si ces notions et ces pratiques vous sont intolérables, horribles ou infâmes pour votre moralité, votre religion ou vos pensées, ce récit ne peut vous toucher au cœur. Car seuls les esprits ouverts et éclairés pourront comprendre ce témoignage d’une époque que je souhaite révolue pour le futur des Hommes en dépassant ce que leur vie quotidienne leur dicte de faire ou les chemins qu’ils doivent suivre pour vivre en harmonie avec leur esprit. La Lumière éclaire les voies les plus sombres, surtout l’Esprit humain. Mais les obtus, les fanatiques, les hystériques de la Croyance Unique ne pourront me comprendre et surtout, toucher du doigt ce témoignage de mon époque.



Depuis la mort de l’Imperator Tibère, plus rien ne va. 



Les actes les plus vils sont récompensés et les actes les plus nobles vilipendés. La Vérité est morte sous les assauts de la Fourberie et des Mensonges.



Alors que j’entrais dans ma cinquantième année, j’ai été le témoin de l’arrivée au pouvoir sur le Palatin, d’une femme sublime. Probablement la plus belle qu’il m’ait été donné de contempler durant ma longue existence.



Elle se nommait Julia Agrippina Minor. 



Elle vous est probablement connue sous le seul nom d’Aggripine. Pardonnez-moi si j’oscille entre les deux orthographes de ce nom, mais comme je vous l’ai dit, je tenterai de rendre ce récit le plus simple possible, mais par la faute de ma langue natale ou de mon âge, il m’arriva de passer de l’une à l’autre sans vraiment m’en rendre compte. 



J’espère simplement que ce nom est passé à la postérité et devenu pour vous synonyme d’ambition, d’avidité, de pouvoir absolu et de manipulations. Cela signifiera que son nom est passé dans l’Histoire sous des mots synonymes d’infâmie.



Elle était la descendante directe de l’Auguste. Je peux en témoigner. Petite fille adoptive de Tibère, notre second empereur et sœur de Caligula, le troisième empereur. Sa destinée était donc écrite par les dieux. C’est ainsi qu’il m’est permis de penser qu’ils se jouent constamment de nous.



Elle épousa l’Imperator Claude et lui donna un fils, Lucius Domitius Ahenobarbus. Vous le connaissez probablement mieux sous son surnom.



Néron !



Si les dieux le veulent, il sera bientôt à son tour Imperator. Car telle est la volonté de sa mère. Mais je ne serai probablement plus de ce monde le jour de son avènement car mes forces m’abandonnent lentement mais avec une régularité qui me permet sereinement d’attendre mon dernier souffle prochain. Et j’ose écrire que j’en suis heureux car cet homme n’apportera que la ruine définitive de Rome par sa folie et ses ambitions ridicules. Il se veut poète, il ne sera qu’un tyran paranoïaque. 



Il me faut donc remonter le temps afin de me souvenir de ceux qui ne sont plus là. Tout comme je dois me rappeler comment étaient ceux qui sont encore présents auprès de moi. Il me semble que c’était une autre vie tant les événements se sont succédés. Mais la vie est linéaire et se termine toujours de la même façon, pour le puissant comme pour le faible. 



J’ai connu Agrippina alors qu’elle était présente au palais sous le règne de son frère aîné, l’empereur Caligula. 



Elle était jeune, magnifique, sublime, orgueilleuse, ambitieuse et vaniteuse. Mais elle était surtout sans scrupules.



C’est par elle que tout débuta. 



C’est par elle que la fin arriva. 



C’est par elle que tout s’écroula !



                                                                                                                   791 Ab Urbe Condita, Palatinus, Roma



— Caius ? Caius ? Veux-tu bien arriver plus vite lorsque je te l’ordonne, esclave !



La voix de mon Maître ne manifestait pas son mécontentement. J’étais son esclave mais surtout son ami. Nous avions grandi ensemble, dans les ors et le faste de la cour impériale, sur le Palatinus, l’une des sept collines de la Rome la plus ancienne, celle au pied de laquelle Romulus et Remus, Pères de notre Cité, furent nourris par la Louve avant d’être recueillis par le berger Faustulus et son épouse, Lavinia.



Caligula, fils de Germanicus, était depuis toujours mon maître.



J’étais celui que son père lui avait attaché pour grandir avec lui jusqu’à sa majorité puis me revendre avec usure, profitant des bienfaits de l’éducation que j’avais reçue par ses bons soins afin d’obtenir un excellent prix pour ma personne. Mais il en avait, finalement, décidé autrement et m’avait gardé au service de son aîné. Connaissant ses moindres secrets, ses moindres pensées, ses vices les plus cachés mais aussi son ambition et son caractère, j’avais bien trop de valeur pour que Caligula me laisse partir vers d’autres cieux. Mais je me plaisais à penser qu’il me conservait aussi par amitié.



Même si, j’en suis bien conscient, ce mot lui semblait de plus en plus étranger.



— Pardonnez-moi, Maître. Je reviens des appartements de votre épouse et lui faisait porter du vin. Elle ne se sent pas bien.



— Cette pauvre Lollia Paulina n’aura vraiment été qu’un fardeau, me répondit le divin empereur Caligula. Elle ne m’aura servi qu’à asseoir mon pouvoir et à me donner un semblant de plaisir quelques jours durant. 



— Elle souffre de fièvres aiguës et de douleurs au ventre, selon ses médecins.



— Cela ne m’intéresse pas, Caius ! Je t’ai appelé pour m’entretenir avec toi de l’organisation de notre soirée, pas des souffrances imaginaires de mon adorable épouse. Tout est-il prêt ? Me demanda-t-il, une pointe de dégoût dans la voix à l’énoncé des maladies dont souffrait sa compagne officielle.



— Tout est prêt, divin César.



— Mes sœurs ont-elles été quémandées ?



— Elles sont déjà sur le Palatin. Elles attendent vos ordres.



— Bien ! Comme j’ai raison de te faire encore confiance. Jamais tu ne me déçois ! Fais-leur savoir que je désire tout d’elles ce soir. Elles seront ma clé pour obtenir la soumission définitive de l’armée et surtout du général de la garde prétorienne. Ce vieux filou rêve toujours d’usurper une partie de mon pouvoir. Ce soir, il mangera dans ma main. Ou plutôt dans la chatte de l’une de mes catins de sœurs. Il pourra même choisir les trois s’il le désire, je m’en moque. Ces femelles désobéissantes me seront, pour cette fois, utiles. Il n’est rien qu’un homme ne refuse lorsqu’il a une paire de seins dans les mains et sa queue dans une chatte bien humide.



— Altesse ! Ne craigniez-vous pas que le peuple en arrive à vous détester pour utiliser ces pratiques qu’il juge digne des barbares de Germanie ?



— « Oderint, dum metuant » ! me répondit-il impératif.



Cette phrase m’a fait frémir.



Et j’en frémis encore.



Comme si elle avait été l’Oracle d’un avenir meurtrier. Que notre empereur agisse comme bon lui semble, certes. Mais là, nous dépassions tout ce que le monde civilisé pouvait connaître. Le pouvoir corrompt donc bel et bien les meilleurs d’entre nous. En me répondant cela, l’Empereur montrait son vrai visage.



Le pouvoir à tout prix.



« Qu’ils me haïssent pourvu qu’ils me craignent ! », venait-il de m’annoncer froidement. Un homme divin ne règne pourtant pas par la Peur mais par la Justice. Ainsi, par cette déclaration, notre empereur laissait Éris, déesse du Chaos, suppléer Thémis, déesse de la Justice et bras de Jupiter, pourtant protecteur de notre Empereur.



Mais mon statut m’empêche de commettre le sacrilège de prononcer à haute voix ces questionnements envers mon maître. Elles m’enverraient directement rejoindre mes ancêtres malgré mon statut plus que privilégié auprès de lui en comparaison des gens de ma caste.



Je ne pus que m’incliner et obéir aux ordres formulés. César venait de parler !



Ainsi, ce soir encore, le Palais serait le théâtre de ces orgies dont les Romains sont de plus en plus friands. Surtout les Romains aisés, citoyens de poids de la plus grande cité du monde. Caligula en serait le chef d’orchestre et chacun des participants, hommes d’influences et de pouvoirs, lui seraient redevables de ces plaisirs multiples dont ils allaient se rassasier à volonté et jusqu’à l’écœurement, repus de nourriture et de sexe, d’orgasmes parfois aidés de substances médicinales censées favoriser la virilité et l’assouvissement des fantasmes les plus vils.



Mon Maître m’avait fait requérir les plus belles putains de l’Urbs. Celles dont les talents étaient connus et reconnus depuis Subura, le quartier populaire le plus mal famé, jusqu’au Palatin. Elles étaient nombreuses et peu farouches. Chacune possédant ses spécialités et ses talents. Toutes plus belles les unes que les autres, présentes pour maintenir le plaisir et favoriser l’érotisme de la soirée. Elles joueraient de leurs corps pour exciter les hommes et les femmes, caressant leurs seins, dévoilant leurs sexes, exhibant leurs postérieurs et jouant entre elles pour le plus grand plaisir visuel et sonore de l’assemblée présente.



Mais celles qui seraient inévitablement les attractions de la soirée, n’appartenaient pas à cette caste. Elles avaient grandi avec l’Empereur et votre serviteur. Je les connaissais depuis toujours, pour avoir vécu à leurs côtés des rives de la Mosellae depuis l’Augusta Treverorum en Germanie jusqu’à Rome. Je pense que vous nommez aujourd’hui cet endroit Trèves, sur la Moselle, en ce pays vous appelez aujourd’hui "Allemagne". Leur père, Germanicus, passa pour la dernière fois la Porta Nigra pour se rendre à Rome à l’appel de l’empereur Tibère et jamais nous n’y retournèrent. Elles vécurent alors dans la capitale de l’Empire et en apprirent rapidement les us et coutumes afin de survivre dans ce monde de rapaces et de corruption.



Julia Drusilla et Julia Livillia seraient certainement admirées et convoitées pour leur beauté et leur rang. Après tout, les sœurs ainées de l’Empereur offertes aux envies et désirs des plus hautes personnalités, c’était une soirée à ne pas manquer.



Mais ce serait la plus jeune et la plus belle d’entre elles qui recueillerait les éloges les plus hautes. Comment résister à la beauté, au charme et à la grâce de Julia Agrippina ?



Que les dieux me pardonnent mais je ne peux m’empêcher de l’imaginer. Des cheveux bouclés couleur des bois, des yeux noirs effilés perçants les âmes, un cou gracile et élancé, une gorge profonde et saillante dont le sillon naissant chemine au milieu de deux collines grasses et pleines, ne laissant pas la place à l’imagination, des hanches faites pour enfanter et une croupe parfaitement dessinée par un fessier ferme et lisse. Vénus s’est réincarnée dans cette femme dont la beauté est sans égale dans l’Empire et au-delà. 



Elle est belle, sublime, et son corps est une arme dont elle est parfaitement consciente.



Les esclaves de sexe féminin, qui ont accès à ses appartements privés, la décrive comme la plus belle parmi les belles. Comme je l’expliquais, les dieux reproduisent ce qu’ils connaissent.



Par contre, et je pense être le seul à vraiment la connaître, elle n’a pas de cœur, pas d’âme ni le moindre scrupule. Sous sa beauté physique se cache l’esprit le plus noir mais aussi le plus intelligent que je connaisse. Elle est redoutable, perçant les âmes et sondant les cœurs jusqu’aux moindres recoins avec une facilité déconcertante. Elle m’a déjà fait subir ses foudres pour avoir deviner ce que son esprit avait osé imaginé.



J’en frémis encore. Car si son corps est une arme, son esprit est le général de son armée. Rien ne peut lui résister grâce à sa facilité à déceler la moindre faiblesse, la moindre fissure dans une âme ou la plus subtile hésitation de coeur. 



Mais elle peut aussi se montrer généreuse, douce et patiente. Mais le prix à payer pour une telle attitude est toujours élevé. Car ce qu’elle donne d’une main, elle le retire au centuple de l’autre.



Vous l’aurez compris, c’est par cette femme que le malheur s’est produit. Jouet des dieux pour nous punir de notre insolence à vouloir les égaler ou satyre des Enfers, venu pour nous mettre à l’épreuve. 



Ainsi, mon maître, Caligula, avait fait préparer les grandes salles du Palatin ainsi que la palestre. Dans quelques instants, les premiers invités franchiraient la porte du Palais impérial et voyageraient entre les jardins et les tables dressées avant de rechercher l’intimité de quelques coins plus sombres pour les moins téméraires.



Après vérification des menus et l’approvisionnement en vins divers de la cave du divin empereur, dont un cru exceptionnel des pentes du Mont Vésuve, je pus accueillir discrètement nos arrivants. Je n’irai chercher et importuner l’empereur que plus tard, s’il daignait seulement faire une brève apparition.



Je ne vous décrirais pas l’arrivée de ces nantis, d’un classicisme et d’un ennui mortel.



Mais je m’attarderai néanmoins sur celle de la cible de mon Maître pour qui cette soirée avait été spécialement organisée.



Le général Caius Dracus Sabinus, chef suprême de la garde prétorienne, n’est pas un homme que l’on oublie. 



Il est grand, fort comme un taureau et doté d’un appétit légendaire à la fois pour les plaisirs de la table et les plaisirs de la chair. Accompagné de son épouse, Livia Felicia Africanus, descendante directe du grand Scipion, vainqueur de Carthage, l’orgueilleuse cité, ils forment un couple aussi disparate que surprenant au premier abord. Elle est, en effet, aussi menue qu’il est puissant. Mais ce serait faire preuve de naïveté que de la croire soumise. Il suffit de la regarder pour comprendre que c’est son militaire de mari qui lui obéit et non l’inverse. On raconte que leurs pratiques sexuelles sont les pires de la Cité. Que rien ne leur fait peur et qu’ils pratiquent toujours en accord avec l’autre. On raconte qu’ils vont, selon leurs désirs pervers, jusqu’à mutiler leur victime ou la rendre infirme pour le reste de ses jours. Ils sont tout simplement l’abjecte évolution des dérives de cette cité dont je vous ai fait part. Et j’ai peur qu’ils ne fassent des émules très rapidement, tant notre Rome adorée ploie sous le joug des pratiques les plus viles !



Cette femme portait ce soir-là une tunique rouge sang, dont la transparence frôlait l’indécence. Ses seins, plutôt imposants pour une femme de cette taille, se balançaient au rythme de son pas, les tétons transperçant déjà le fin voile de pudeur qu’elle portait, attirant les regards discrets des participants déjà présents. Elle suivait, à bonne distance, son mari, qui cherchait déjà l’une ou l’autre proie pour commencer sa soirée de stupre et de luxure. D’origine patricienne, cette femme avait également une coutume plutôt étrange pour les romaines. Elle coupait très court les poils de son sexe, permettant à tout un chacun d’admirer la grâce et la volupté de ses charmes alors que nos femmes gardent souvent une forêt boisée sur le pubis.



Leur entrée fut fracassante.



Car personne n’ignorait les desseins de notre Maître à tous, y compris cet homme orgueilleux et fier.



Mais j’étais probablement le seul à savoir que le combat était terminé avant même d’avoir commencé.



Le seul, hormis l’Empereur.



Tandis que Séléné, déesse de l’astre nocturne, apparaissait dans le ciel étoilé, je m’encourus auprès de mon Maître pour lui faire mon premier rapport.



Je le trouvais couché sur son grand lit, entouré de trois jeunes femmes occupées à satisfaire les désirs et les caprices sexuels de l’empereur. Sans arrêter le moins du monde sa besogne, il m’écouta déclarer l’arrivée de tous les invités, leur satisfaction quand aux mets et aux vins et leur amour inconditionnel pour l’Empereur.



Tandis qu’il martelait la croupe d’une jeune fille en la prenant par les hanches, enfonçant avec vigueur sa verge tendue entre les fesses de sa compagne de plaisir dont les soupirs d’aise se faisaient de plus en plus présents, il ricana en m’entendant déclamer ma litanie habituelle tandis qu’elle haletait sous les assauts de son Maître. Il n’était pas dérangé par la copulation à laquelle je devais assister malgré moi, habitude qu’il avait prise depuis son plus jeune âge. J’avais été présent à presque tous ses premiers assauts. Je n’en étais même plus ému, malgré la virilité étincelante dont il faisait preuve à chaque fois.



Alors que les deux autres filles se caressaient mutuellement sur l’ordre de César, il éjacula bruyamment dans le sexe offert dans un râle de satisfaction puissant puis, délaissant un instant sa conquête, se tourna vers moi dans toute sa majesté encore tendue. Il me sourit en tournant le regard vers les deux femmes, profita du spectacle offert. L’une caressait ses seins avec des gestes amples, tirant sur ses tétons saillants tandis qu’elle profitait de la langue de sa compagne de jeux qui s’immisçait entre ses cuisses ouvertes ainsi que deux doigts pénétrant son vagin humide de son plaisir. Mon maître m’ordonna de la rejoindre et il me montra, en souriant, la langue pénétrer les chairs offertes et luisantes aux côtés des doigts inquisiteurs. J’eus le plus grand mal du monde à contenir ma propre excitation à ce spectacle tellement plaisant pour le regard masculin. 



Mon maître ne s’en formalisa pas, me permettant de profiter des largesses de ses conquêtes depuis toujours. Il n’avait, en effet, pas été rare qu’il m’impose de copuler à ses côtés pour maintenir l’excitation de ses compagnes tandis qu’il besognait l’une d’entre elles, la rendant ainsi prête à son assaut futur.



Le bassin de la première se rua soudain à la rencontre de cette bouche vorace, des soupirs d’aise et de plaisirs se faisant alors entendre dans la pièce. Les râles de plaisirs et les soupirs aigus résonnaient à mes oreilles et encourageaient les participants à plus de bestialités et plus de force. Chacune y allait de ses sons si excitants et si motivants pour les oreilles. Son orgasme ravagea ses traits et elle s’écroula, satisfaite, au milieu des coussins moelleux du lit impérial.



— Écoute moi bien, vieux chenapan ! Je me moque de ces abrutis. Tu sais exactement ce que je veux, alors ne me ment pas et dis-moi cette vérité que je veux entendre.



Je déglutis, pour me donner le courage de parler mais aussi envahi par la crainte de ce que j’allais dire car notre Maître était réputé pour ses colères et ses décisions cruelles. N’avait-il pas fait exécuter un chevalier qui, clamant son innocence lors de son exécution, avait été amené près de l’empereur qui lui avait fait couper la langue et renvoyé au supplice, cette fois en silence ? Il pouvait se montrer d’une cruauté sans égal. Je n’en menais donc pas large, malgré ma position de favori auprès de lui. Mais son ordre ne se discutait pas.



— Maître ! Vos sœurs ne sont pas encore arrivées.



— QUOI ? Hurla-t-il de colère. ET POURQUOI ? OSERAIENT-ELLES DÉFIER MES ORDRES FORMELS ?



— Non, Maître ! Je pense, les connaissant, qu’elles attendent le moment propice pour apparaître. Elles sont entièrement dévouées à votre Majesté. Elles ne vous feront pas défaut ce soir.



— Je l’espère pour elles. Sinon, je les envoie pourrir dans le pire lupanar militaire de l’Empire. Assure-toi que tout se passe comme prévu et surtout ne me déçois pas. L’enjeu est trop grand !



— Il sera fait selon vos désirs, Maître ! Dis-je en reculant et en me courbant tous les deux pas pour saluer l’Empereur qui avait entamé l’assaut de sa seconde femelle de la soirée, sans plus me prêter la moindre attention. 

Elle criait déjà de bonheur, ce qui me parut un peu prématuré et ne me disait rien qui vaille sur son avenir. Car si notre Empereur aime la soumission de ses concubines, il n’en reste pas moins un homme attaché à ses qualités de mâle. Et lui mentir sur ce sujet est toujours funeste pour celle qui s’y risque !



Je courus aussi vite que mes vieilles jambes me le permirent pour atteindre les appartements des trois sœurs de Caligula afin de les presser à répondre à l’invitation impérative de leur frère et empereur, persuadé qu’elles étaient prêtes à obéir sans détour.



Mais rien ne me préparait à ce que j’allais découvrir ni à la soirée qui débutait !


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