Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 5 127 fois
  • 71 J'aime
  • 6 Commentaires

Changement professionnel

Chapitre 13

Au placard

SM / Fétichisme

J’appréhendais maintenant mes soirées avec Julie. Je quittai le bureau tard ce lundi. Il devait être vingt-et-une heures lorsque j’arrivai à la maison. Julie était au salon, juste habillée d’un tee-shirt et d’une petite culotte, vautrée dans un fauteuil. Elle tenait à bout de bras son smartphone et était en communication vidéo. Me voyant, elle fit patienter sa correspondante :

-    Excuse-moi Myriam, Fabien vient d’arriver. Je lui donne une ou deux consignes et nous reprenons notre conversation…

Elle se tourna vers moi.

-    Fabien, tu es gentil de nous préparer quelque chose à manger. Un truc rapide, je commence à avoir faim.

Tandis que je me rendis à la cuisine, elle quitta le salon pour aller s’isoler dans la chambre. Elle ne voulait sans doute pas que j’assiste à sa conversation. Je me demandais bien ce qu’elles pouvaient tramer toutes les deux. C’était probablement contre moi. En tout cas, je ne leur faisais plus confiance.

Nous prîmes le repas à la cuisine. Julie me fit comprendre que Myriam lui avait déjà raconté ce qui s’était passé au bureau. J’avais préparé deux assiettes, mais comme je n’avais pas faim, je ne touchai pas à la mienne.

-    Tu ne manges pas, m’interrogea-t-elle ?

-    Non, je n’ai pas faim.

-    C’est vrai que tu es bien nourri au bureau, fit-elle en riant, tout en récupérant mon assiette.

-    Ah, ah, c’est vraiment très drôle, intervins-je sur un ton las.

-    Tu as perdu ton sens de l’humour ?

-    Non, je suis fatigué. Je crois que je vais aller me coucher.

-    Tu attendras que je t’en donne la permission. Et qui va débarrasser la table ? Tu ne crois pas que c’est moi qui vais le faire.

Julie jouait à plein son rôle de maîtresse et me traitait comme son larbin. Elle ne semblait prendre conscience de ma présence que lorsqu’elle avait besoin d’un service. J’avais espéré que sa journée de travail la ramène dans le monde d’avant, celui dans lequel nous étions un couple normal, chacun attentionné à l’autre. Espoir déçu : elle ne s’était pas radoucie. Je me demandais quel rôle pouvait jouer Myriam dans sa conduite. Les autres soirées furent de la même eau. Julie gardait une distance, une froideur qui, par contrecoup, me poussait à m’éloigner d’elle.

Julie ne changea pas uniquement d’attitude. Elle changea sa coupe de cheveux, accentua son maquillage, mit de faux-cils. Elle privilégiait systématiquement les vêtements moulants et décolletés, du type de la fameuse robe rouge qui avait tout déclencher. Sa lingerie s’enrichit de guêpières, de bas résille, de culottes et soutien-gorge en cuir et même de harnais.  Elle essayait chaque soir devant moi les nouveaux éléments de sa garde-robe. Elle s’acheta aussi de longues bottes en cuir, qu’elle m’obligea un soir à baptiser en les léchant ; elle me commanda ensuite de m’allonger nu sur le sol froid et me piétina le corps de tout son poids. Elle se fit tatouer sur la fesse droite une forme d’écusson dans lequel était figurés en croix un fouet et une cravache au-dessus d’une inscription en lettres gothiques « A Antoine ». Elle se fit épiler le pubis, percer les tétons et les lèvres de son sexe pour y faire pendre des anneaux. Elle portait aussi, ajusté à la taille de son cou, un collier de cuir épais muni d’une boucle métallique. J’imaginais que cette transformation répondait au fantasme d’Antoine qui voyait en Julie une pute de plus sur laquelle il pouvait se livrer à ses penchants sadiques. Julie se laissait modeler sans aucune réserve. J’aurais voulu l’alerter sur la dérive que je craignais, mais comment pouvais-je le faire alors qu’elle m’avait réduit au silence et qu’elle ne semblait, telle une adolescente, ne vouloir vivre que l’instant présent.

Lorsque nous retrouvâmes Antoine dans sa villa le premier week-end, la transformation de Julie n’en était qu’à son début. Antoine la complimenta malgré tout quant à l’évolution de son look : un look de princesse, disait-il. Il ajoutait qu’il était impatient de voir achever sa transformation.

Le second week-end, la transformation de Julie était achevée. Antoine, satisfait du résultat, l’incita à rester nue. Chacun méritait de voir sa princesse dans toute sa splendeur. En guise de parure, il fit pendre quatre petites chainettes : l’une reliait de manière lâche les deux anneaux de son sexe, une autre ceux fixés à ses tétons, deux autres, plus tendues, faisant le lien côté droit et côté gauche entre l’anneau du sein et l’anneau du sexe. Antoine se plaisait à tirer sur les chainettes lorsqu’il se frottait à Julie. La traction n’était pas toujours tendre : Julie serrait quelquefois les dents pour supporter la douleur ; ses yeux parfois même s’embrumaient de larmes.

Le déroulement de ces deux week-end fut analogue au précédent, sauf que, maintenant, je n’étais plus considéré comme un invité. J’étais assigné au même rôle qu’Amos, celui de serviteur. Amos avait troqué sa culotte métallique pour une nouvelle cage de chasteté. J’en étais soulagé, car je me sentais responsable de ce que Myriam lui avait fait subir lors du précédent week-end. Malgré tout, nos relations avec Amos ne s’amélioraient pas. Il vivait, à tort ou à raison, mon irruption dans son domaine comme une intrusion, une concurrence. Sans doute, avant mon arrivée, se sentait-il valorisé d’être le seul serviteur.  Au prétexte de l’ancienneté, il décida qu’il était le chef et que je devais lui obéir. Il avait toujours quelque chose d’important à me faire faire et m’expliquait comment procéder. Je lui reconnaissais de réelles compétences dans l’art de tenir la maison : lui obéir me semblait donc naturel. Comme Julie partageait maintenant sa chambre, Antoine décida que la chambre que nous occupions, Julie et moi, jusqu’ici pouvait être libérée pour le cas où des amis débarqueraient à l’improviste. Je partagerais désormais la chambre d’Amos. A proprement parler, la chambre d’Amos était plutôt un entrepôt en sous-sol dont les murs étaient en ciment brut sans peinture. La lumière naturelle y parvenait par un soupirail qui donnait sur la cour d’entrée. Un WC à la turque sans aucune intimité avait été installé dans un angle. Un pommeau d’arrosage fixé à hauteur signalait qu’il servait également de douche. A proximité se trouvait un lavabo au-dessus duquel était accroché un miroir. Le reste du mobilier était constitué d’un matelas nu à même le sol, d’une armoire métallique, d’une petite table et d’une chaise. Seul un plafonnier hublot apportait l’éclairage complémentaire. Il était piloté par un seul interrupteur, positionné au niveau de la porte d’entrée. Amos qui m’avait accompagné pour mon installation me donna des consignes strictes à respecter pour que notre cohabitation ne soit pas conflictuelle, notamment concernant l’utilisation des sanitaires : il ne nous était plus autorisé d’utiliser d’autres toilettes ou salle de bains dans la maison ; pour ne pas se déranger mutuellement, il n’était pas question non plus d’utiliser les toilettes après l’extinction des feux  ; il fallait veiller à la propreté de l’endroit après chaque passage ; Le soupirail devait rester ouvert pour que les odeurs désagréables puissent se dissiper rapidement. Il m’expliqua que nous disposions chacun d’un sac de couchage. Qui devait être rangé chaque matin dans l’armoire. Nous ne disposions pas d’oreiller. Amos m’assigna la place du lit côté couloir. Heureusement, il ne s’agissait que de passer une nuit ou deux de temps en temps dans cet endroit sinistre avec un cohabitant hostile.

Il ne m’était pas interdit d’accéder à la terrasse, au salon ou aux chambres, mais tout me faisait comprendre que je n’y avais plus ma place, que je devais me faire discret lorsque je n’étais pas sollicité par une demande. D’ailleurs, lorsque j’apparaissais en terrasse pour le service, tout le monde m’ignorait. Pendant les repas que nous continuions de prendre ensemble, il allait aussi de soi que je ne devais intervenir dans la conversation que si j’y étais sollicité, ce qui n’arrivait que rarement.

Je ne pouvais m’empêcher de constater que mes conditions de vie se dégradaient toujours plus. Que me restait-il, sinon mon travail, la fierté d’avoir enfin pu montrer mes réelles capacités professionnelles. Cela valait-il encore le coup d’accepter toutes ses humiliations. Oui, peut-être, si Julie était de mon côté. Mais y avait-il encore un espoir ? Pour le savoir, je décidai de jouer mon va-tout et de lui en parler au retour du deuxième weekend.

-    Maîtresse, puis-je m’entretenir avec vous d’une décision lourde que je m’apprête à prendre ?

Mon ton sentencieux inquiéta Julie. Elle fit tomber son masque froid et m’écouta.  

-    Je vais donner ma démission à Antoine. Je ne peux plus continuer ainsi. Antoine et Myriam nous manipulent. Il nous dresse l’un contre l’autre. Vous vous éloignez de moi, sans que je ne puisse rien faire. J’accepte que notre relation change. Vous être soumis ne me gêne pas. Mais, par le jeu pervers de Myriam, j’ai l’impression de vous perdre. Alors, à quoi bon. Quitte à vous perdre, autant partir et recommencer à zéro. Bien sûr, si vous acceptez de me suivre, nous partirons ensemble.

-    Fabien, le jeu est peut-être allé trop loin. Je vais en parler à Antoine. Tu sais qu’Antoine t’apprécie réellement, il s’est démené pour toi car il a mis beaucoup d’espoir en toi et il ne voudra pas te voir partir comme un ingrat.

-    Oui, sans doute. Mais je suis à bout. Il faut que quelque chose change, que le cours de ma vie s’inverse. J’ai l’impression de glisser vers l’abime. Ma décision est prise, j’en parlerai demain à Antoine.

-    Je te rappelle qu’Antoine à la clé de ton étui et que si tu le braques, il ne sera pas prêt à t’en libérer. Laisse-moi plutôt lui parler. Fais-moi confiance, je parviendrai à le convaincre.

-    Mais quand lui parleras-tu ?

-    Dès que possible. Evidemment, je peux lui en parler dès demain par téléphone, mais je préfère le faire de vive voix. Le mieux serait peut-être lors du prochain weekend, si tu en es d’accord. Il vaut mieux être patient et ne pas précipiter les choses. Ce serait bête de perdre tout ce qu’il y a de positif dans notre aventure par un faux-pas. Je te rappelle que nous avons encore une bonne partie de l’emprunt à rembourser.

Je souscrivis à sa stratégie, ce qui conclut notre conversation. Je me félicitai de notre échange. D’une part, j’étais fier d’avoir pris une initiative courageuse qui tendait à démentir les propos d’Antoine quant à mon incapacité à me rebeller et à ma soumission naturelle. Tout jusqu’ici me convainquait du contraire. Toutefois, cette première victoire était relative : je n’avais agité qu’une menace ; la mettre à exécution était une autre paire de manche ; je ne m’étais confronté qu’à Julie ; face à Antoine, la partie était autrement plus périlleuse. Le chemin de la reconversion était long encore. Je devais aussi reconnaître que la motivation première de ma révolte n’était pas la revendication d’une émancipation de l’autorité d’Antoine, mais plutôt la protection de Julie face aux manipulations de Myriam ou d’Antoine.

D’autre part, j’avais retrouvé une écoute chez Julie. Elle semblait toujours tenir à moi. Le reste de la soirée et de la nuit conforta mon espoir. Elle se montra tendre, attentionnée. Lorsque nous nous mîmes au lit, elle me demanda de la masser à l’aide d’une pommade apaisante. Je constatai que son dos, ses fesses et ses cuisses étaient couverts de nouvelles marques laissées par la cravache d’Antoine. Je remarquai aussi que, conséquence d’un tirage répété et sans tendresse sur les chaines qui y étaient reliées, les lèvres de son sexe ainsi que ses tétons étaient particulièrement douloureux ; la peau était rougie tout autour des anneaux. Je m’appliquai à la masser longuement et délicatement, espérant lui faire passer la douleur qui symbolisait le joug d’Antoine. La laver de ces marques était une manière de la récupérer, de lui faire redécouvrir aussi les bienfaits de mon amour. Elle s’abandonna à mon massage. Complètement détendue, elle s’endormit entre mes bras.

Sur le conseil de Julie, j’acceptai de reprendre le travail comme si de rien n’était. Il fallait maintenant préparer un voyage à Jakarta qui devait durer huit jours. Au programme, il était prévu de rencontrer successivement trois clients. Le départ était prévu le prochain dimanche. Pour l’organisation des soirées d’Antoine, Myriam m’avait donné les coordonnées d’une agence capable de fournir trois call-girls qui accepteraient de se relayer pendant le séjour. C’était déjà une tâche en moins à remplir. En outre, en cas de défection de l’une d’elle, l’agence garantissait une solution de remplacement. Le risque de devoir servir moi-même de doublure était donc exclu. J’en étais soulagé, bien que, pour être honnête, je le regrettais aussi.  Antoine ne m’avait pas demandé de service sexuel depuis la fameuse signature du contrat spécial, il n’aurait pas besoin de m’en demander davantage lors de notre voyage en Indonésie puisqu’il serait servi par les call-girls. Il se désintéressait de moi, maintenant qu’il m’avait à sa main. Je me sentais comme un amant qu’on jette pour s’intéresser à autre chose. C’était une humiliation supplémentaire. Au moins, en étant son objet sexuel, j’avais l’impression d’avoir une part dans le ménage à trois que nous formions Julie, lui et moi.

Quant à la partie professionnelle du séjour, le montage des dossiers ne présenta pas de difficultés particulières. Antoine se montra plutôt satisfait de mes propositions. Parallèlement, Je devais aussi préparer un dossier de financement pour un client sénégalais qui avait prévu de venir en France après notre retour d’Indonésie. Antoine me l’avait présenté comme un personnage politique influent dans son pays ; client de longue date, il était devenu quasiment son ami. Antoine insistait pour que je traite en priorité sa demande. Ce dossier supplémentaire augmenta significativement ma charge de travail d’autant qu’il fallait me familiariser avec le droit des marchés publics de plusieurs pays africains. Cela me contraignit à finir tard alors qu’à nouveau, j’avais hâte de retrouver Julie le soir pour la câliner. Le mardi, je rentrai sur les coups de vingt-deux heures. Surprise agréable pour moi, elle m’en fit même le reproche. Elle se languissait encore de moi. Aussi, je fis l’effort, en dépit du travail, de rentrer plus tôt le lendemain, mais, cette fois-ci, c’est elle qui se fit attendre. Je pensai d’abord qu’elle voulait se venger de mon retard de la veille, mais la nuit avançant, je me mis à imaginer avec inquiétude d’autres scénarios. Je n’osai pas l’appeler car je n’étais pas sûr d’en avoir le droit. Certes, mon statut de soumission n’était plus aussi clair depuis notre échange du lundi, mais je ne voulais pas risquer de la braquer contre moi par une initiative malheureuse. Quant à m’informer auprès d’Antoine ou de Myriam, c’était trop humiliant. Je restai au salon à l’attendre. Lorsqu’elle rentra enfin, il était trois heures du matin. Elle m’apparut défaite, le corps fourbu.

-    Ah, tu n’es pas couché, s’étonna-t-elle d’une voix fatiguée tout en se recomposant une posture plus maîtrisée ! Tu ne m’attendais pas pour manger, j’espère ?

-    Mais, où étais-tu ? Avec qui ? Je me suis inquiété.

-    Qui t’a autorisé à me poser des questions et à me tutoyer ? Ce n’est pas parce qu’il est trois du matin, que tu peux te lâcher. Excuse-toi et allons nous coucher !

-    Je m’excuse, Maîtresse. Mais c’est parce que j’étais vraiment inquiet pour vous.

-    Tu n’as aucune raison, ajouta-t-elle en allant vers la chambre. Je suis libre de sortir sans avoir à te prévenir et je suis suffisamment grande pour que tu n’aies pas à t’inquiéter.

Elle s’effondra habillée sur le lit. Je lui demandai l’autorisation de la déshabiller et de la mettre sous le drap. Elle ne répondit pas mais se laissa faire. Son corps sentait le sexe à plein nez. En ôtant ses habits, je découvris de nouvelles marques sur son corps alors que les précédentes marques commençaient à peine à s’estomper. Ses seins, son sexe notamment étaient striés par ce qui semblait être les marques d’un fouet. Sans lui laisser la possibilité de refuser, j’allai chercher la pommade pour calmer le feu qui devait embraser toute sa peau. Je défis d’abord les satanées chaînes que je jetai au sol de colère.

-    Est-ce Antoine qui vous a fait cela, Maîtresse ?

-    Non. Antoine n’a rien à voir avec ça.

-    Alors qui ?

-    Un ami de Myriam.

-    Un ami de Myriam, l’interrogeai-je incrédule ?

-    Oui… Enfin, pas vraiment un ami, une connaissance dans ses réseaux SM. Elle s’est proposée de m’initier et ça m’a excité.

-    Maîtresse, je trouve que ce jeu atteint un degré dangereux pour votre corps.  Les marques ne sont pas anodines.

-    Garde tes impressions pour toi et continue de me masser. J’ai des amants pour me démonter et toi pour me retaper. C’est parfait !

Julie ne voulait pas entendre mes inquiétudes. Il était inutile d’insister pour l’heure. Je la laissai s’endormir, retournai au salon pour éteindre les lumières. Son sac à main était resté ouvert sur le sol de l’entrée. Je le pris pour aller le poser sur un guéridon. La curiosité me poussa à regarder ce qu’il contenait. J’espérais trouver un indice me renseignant sur ce qu’elle avait fait de sa soirée. Le sac contenait une liasse de billets pour un total autour de deux-mille euros.  Elle n’avait même pas pris la peine de ranger cet argent dans le portemonnaie. Que venait faire ici tout cet argent ? Se pouvait-il que Julie ait monnayé ses services ? Quel était le rôle de Myriam dans cette affaire ? Un rôle de maquerelle ? Cela expliquerait pourquoi elle connaissait autant d’adresses de call-girl, pourquoi aussi elle semblait si peu impliquée dans le secrétariat d’Antoine. Son poste était sans doute une façade qui cachait des activités de proxénétisme dont Antoine était bien sûr complice. Mais quel intérêt Antoine qui gagnait très bien sa vie dans son métier aurait-il à participer ou même simplement à couvrir une activité illicite ? Non, mon imagination m’entrainait probablement trop loin. Malgré tout, je sentais la nécessité, si je voulais protéger Julie, de faire quelques investigations. Je devais percer le mystère des activités de Myriam en allant fouiller dans son bureau, ses armoires et la mémoire de son ordinateur. Je saurais enfin si ces activités étaient répréhensibles on non. Après tout, il ne serait peut-être pas inutile de trouver quelques éléments compromettants. D’ailleurs, je pourrais en faire autant avec Antoine. Le rapport de force n’avait guère été jusqu’ici à mon avantage.  Avoir quelques billes en main pourraient me permettre de le rééquilibrer. Bien sûr, l’espionnage n’était ni dans mes valeurs, ni dans mes compétences. Je ressentais le fait de m’y adonner comme une trahison. Il me fallait aussi être prudent. Que m’adviendrait-il si j’étais surpris ?

Le sort de Julie primant sur toutes ces considérations, je décidai de commencer mon enquête dès le lendemain. J’attendis la pause déjeuner afin que Myriam et Antoine quittent leur bureau pour faire un premier repérage. Je me mis dans la peau d’un espion, un de ceux que l’on voit dans les films. Le bon espion ne laisse pas de trace, repère à cette fin les pièges qu’aurait pu placer sa victime pour le confondre. De ce premier examen, je ne retirai que peu d’information. Les ordinateurs étaient comme il fallait s’y attendre verrouillés par un mot de passe. Quant aux armoires, elles étaient fermées à clés. Leurs serrures n’étant pas standard, les clés qui ouvraient mes propres armoires, ne pourraient m’être utiles. Il me faudrait donc trouver le moyen de fouiller à d’autres moments. Le vendredi, Antoine étant à son club de golf, une occasion se présenta lorsque Myriam reçut un coup de fil et quitta subitement son poste pour sortir. A l’affut, j’avais laissé ma porte entrouverte. Je n’avais sans doute que quelques minutes : je me précipitai pour aller regarder dans son armoire. Les dossiers suspendus étaient identifiés par des étiquettes qui portaient toutes le nom de sociétés. Je pris l’ensemble en photo avec mon smartphone pour pouvoir étudier la liste des noms à mon bureau. Je regardai aussi le contenu d’un dossier qui était plus volumineux que les autres. C’était mon jour de chance. Il était constitué d’une liasse de cv de jeunes femmes. J’en pris un au hasard pour le photographier. Je rangeai le tout et m’apprêtai à retourner à mon bureau. A tout hasard, j’ouvris les tiroirs de son bureau. Un document de format A3 plié en deux avait été posé en dessus de pile. Je le sortis, le dépliai et constaté qu’il s’agissait d’une impression d’un tableau informatique ou figuraient une vingtaine de prénoms dans la ligne intitulée. J’en fis également une photo pour pouvoir aussi l’étudier au calme. J’arrivai à mon bureau soulagé de ne pas avoir été pris en flagrant délit. Myriam revient quelques minutes plus tard.

La récolte avait été bonne. Le CV n’était pas celui d’une cliente de la banque. Les informations qui y étaient consignées ne laissaient pas de doute sur les aptitudes de la personne. Une première rubrique fournissait, comme sur un CV ordinaire, une photographie du visage, un pseudonyme, Manon, en l’occurrence, un code de référence, l’âge, la ville d’activité, d’autres informations en langage codé qui pouvaient être une adresse et un numéro de téléphone ; les langues pratiquées étaient également précisées. Dès la deuxième rubrique, on passait à des informations sur la taille, le poids, les mensurations, des détails physiques et des indications quant au profil médical. Le tout était accompagné de deux photographies du corps nu, l’une de dos, l’autre de face. Ensuite, on détaillait les pratiques sexuelles, notamment celles qui avaient un caractère SM. Dans le cas de Manon, il était noté qu’elle acceptait les doubles pénétrations et les pratiques uro. Dans la dernière rubrique, on pouvait savoir la date de début de son activité, la fréquence, sa disponibilité, une note moyenne de satisfaction des clients et un tarif de sa prestation. Quant au tableau, dont la photo, mal cadrée et floue, ne permettait pas d’en connaître la colonne intitulée, ni de bien déchiffrer ce qui était inscrit dans les cellules ; toutefois, cela pouvait s’apparenter à un planning de réservation. Ces indices, en tout cas, militaient en faveur de mon hypothèse. Myriam semblait bien être impliquée dans un réseau international de prostitution. Il ne s’agissait à ce stade que d’une présomption, car le cv pouvait très bien ne servir qu’aux seuls besoins d’Antoine ; quant au tableau, je ne pouvais qu’extrapoler sa fonction, faute d’arriver à le déchiffrer complètement. Je devais réunir plus de preuves avant d’en parler à Julie. Dans l’attente, je devais tout faire pour l’inciter à prendre ses distances vis-à-vis de Myriam.

Diffuse en direct !
Regarder son live