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Chroniques immortelles

Chapitre 1

Divers

Si vous avez lu mon histoire « L’héritier de Protée », vous me connaissez déjà. Je m’appelle Christine Gautier, née Jacques Gautier, soixante quinze ans à l’époque de ce récit mais n’en paraissant que vingt cinq. Vous y retrouverez les acteurs et l’environnement de l’histoire originale.  Pourquoi alors avoir commencé une autre histoire au lieu de poursuivre l’histoire initiale ?


Dans « L’héritier de Protée », je raconte mon vécu, ma progression au sein de l’univers des immortels,  cette histoire constituant le noyau dur de mon univers. Mais j’ai vécu d’autres aventures en liaison avec ce noyau dur, mais indépendantes, des sortes d’add-on qui ne sont pas nécessaires à l’intrigue principale et peuvent constituer des histoires seules à part entière, et qui parfois lui succèdent.


Ce chapitre se passe au cours de ma première année en tant qu’immortelle, plus précisément vers la fin du mois d’octobre, soit prés de quatre mois après le début de mes aventures. Durant ce temps, je poursuis mes découvertes, alternant les séjours entre Mikro Kea et ma vie courante à Digne.


Mais on vient aussi me rendre visite depuis la Grèce. Antinea (Athéna je le rappelle), la fille de Kostia (Zeus) est venue à plusieurs reprises. Je l’adore. C’est mon amie, ma confidente, plus encore peut-être, et la première immortelle que j’ai rencontrée après Alex. Je lui fait découvrir la région, on sort en boite, on rigole, on baise, on s’amuse bien. Le seul qui fait la moue, c’est Alex parce que quand elle est là, je l’ignore presque totalement !


Je possède sur les hauteurs du coté de La Javie une petite maison en bois, une ancienne bergerie que j’ai restauré en une sorte de chalet d’estive. L’endroit est calme est isolé à souhait… pour ce que nous avons à y faire. En cette fin d’octobre, il y a déjà eu quelques chutes de neige et il fallu faire la fin de la balade à pied, heureusement avec un beau soleil. Nous reprenons des forces dans la plus grande pièce du chalet.


Enfin… des forces, si j’ose dire ! Devant la cheminée ou on a allumé un bon feu, on a étalé des « peaux de bêtes », des couettes, des fourrures, toutes garanties cent pour cent acrylique. Et on se roule dedans. On se retrouve avec la même fougue à chaque retrouvailles. On se bizouille, on s’embrasse goulûment. Nos corps nus s’embrasent sous nos caresses mutuelles. On se bouffe la chatte, en soixante neuf ou pas. On croise nos jambes, nos chattes en contact frottant l’une contre l’autre. On jouit comme des folles. On est jeunes, on est ardentes, on est heureuses, on est belles !!!


J’ai longtemps été étonnée de la sexualité débridée des immortels. A croire que chez eux, enfin je devrai dire chez nous, rien ne peut se faire sans une séance de baise torride ! Je m’en suis ouverte un jour à Kostia qui m’a expliqué ceci :


— En fait c’est tout simple Christine. Pour toi, de quoi a fondamentalement besoin un corps humain ?

— Eh bien… manger, boire…

— On a uniquement cinq besoins essentiels à satisfaire, comme tous les autres mammifères. Manger, boire, dormir, jouer et nous reproduire. Or chez les immortels, nos sensations, nos perceptions, nos sens, nos facultés et nos appétits, tout est exacerbé. Tout ce qui accompagne ces cinq besoins est annexe.  Quand nous buvons, quand nous mangeons, nous percevons infiniment plus de saveurs que le commun des mortels, si tu peux me passer l’expression. Eh bien sur le plan sexuel c’est pareil... ce qui au passage explique pourquoi tu finis par perdre connaissance après avoir joui plusieurs fois !


Exacerbés c’est le mot… Après avoir joui plusieurs fois (et frisé la perte de conscience), on se restaure rapidement. On reprendrait bien là ou on en était avant, mais… on n’est pas venue pour çà. A peine le dernier quartier de pomme avalé, Antinea m’entraîne à l’extérieur sur la petite terrasse de pierre. Je précise que nous sommes à poil depuis le matin, et heureusement que l’endroit est désert car les voisins auraient de quoi se rincer l’œil.


— Allez hop ! A quatre pattes, me lance Antinea, ne fait pas ta timide !

— C’est pas de la timidité, dis-je en me mettant en position, Je me demande comment je vais m’en tirer. C’est la première fois tu sais ?

— T’inquiète pas, çà va bien se passer, répond-elle en se mettant à quatre pattes à coté de moi. Tu vas être juste un peu déboussolée au début, mais ensuite çà ira tout seul. Prête ? Un, deux… trois ! Et hop !


Un frisson me parcourt de la tète aux pieds… Oh cette sensation ! Ma vision change d’un coup. Les couleurs, mais surtout l’angle qui doit soudain être de deux cent soixante dix degrés. Je me retrouve perchée sur des petits sabots au bout de pattes fines, mais alors fines ! Et je tremble légèrement, je n’ose pas bouger.


A coté de moi, Antinea s’est elle aussi transformée en biche… Ou plutôt en chevrette, femelle du chevreuil puisque c’est sous cet aspect que Antinea a décidé de me faire vivre mes premiers instants sous l’apparence d’un animal. C’est elle évidement qui a provoqué chez moi cette transformation, les immortels du second cercle comme moi n’en ont pas la faculté. Par contre je peux redevenir humaine de ma propre volonté si c’est nécessaire.


— Youpie ! me lance t-elle.


Elle part au galop, fait plusieurs tours sur la neige, quelques sauts de cabri et revient vers moi alors que je n’ai pas bougé d’un sabot !


— Allez, lance-toi, me dit-elle. Rappelle toi tes premiers pas quand tu étais bébé humain ? Non ; mauvais exemple... Pense au Bambi de Walt Disney !

— Si je me casse le museau, je te fais pan-pan !


Timidement, j’avance une patte… puis une autre, puis encore une autre. Je dois ressembler à un nouveau né. Je fais quelques pas, manque de tomber, marche à nouveau. Étrangement, l’instinct animal qui m’habite prend rapidement le relais. Au bout de quelques minutes, je marche presque normalement. Mais d’ici là, trotter est une autre histoire. Quand aux galops et aux sauts, on verra plus tard.


Antinea m’entraîne à sa suite. Nous nous dirigeons vers la forêt de sapins toute proche. Je découvre des sensations inconnues. La vision je l’ai déjà dit, mais les sons, les odeurs… les envies. Je réalise que lorsque nous « parlons », l’écho ne nous revoie pas des paroles humaines, mais de légers bêlements. Je me surprend même à…


— Antinea, j’ai envie de brouter de l’herbe !

— Hihihi !


Nous continuons notre promenade. On débouche dans une petite clairière. Et là…


— Tu sens ? me dit-elle.

— Tu parles, çà sent la bique !

— Ooooh… quel beau garçon…

— Un quoi ???


Je découvre avec surprise un chevreuil mâle à la lisière de la clairière. Il nous a vue et nous regarde d’un air qu’on pourrait qualifier d’intéressé. Sans hésitation, Antinea se dirige vers lui, elle lui tourne autour, elle le flaire. J’en crois pas mes yeux, elle est littéralement en train de lui faire du gringue ! Ce n’est pourtant pas la période du rut, mais je sais que des accouplements tardifs ont lieu à cet époque de l’année.


Le mâle a compris qu’il se trouvait devant une femelle en chaleur, une occasion à ne pas manquer. Timidement, il se met à la suivre de prés cherchant à déterminer le degré de réceptivité de la femelle, pendant que l’espiègle biche fait semblant de se dérober… mais en le laissant se rapprocher à chaque fois un peu plus. J’y crois pas...


— Antinea, tu ne vas tout de même pas… oooooooooh !


Stupéfaite, presque outrée, je vois le mâle lui prodiguer quelques coups de langue sur son vagin. Et soudain, elle s’arrête, baisse la tète, les yeux mi-clos. Le mâle la chevauche, la pénètre… la féconde. Puis il la libère. Aussitôt, Antinea se met à gambader, revient vers moi, me donne un petit coup de langue. Le chevreuil la suit.


— Waouh ! C’était super ! Ça c’est un mâle, quelle virilité ! Tu devrais essayer ?

— Hein, çà va pas non ? Le seul animal qui m’a défoncé, je te rappelle que c’est ton père, et j’en ai encore un souvenir douloureux ! Qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? Au large ! Je… je suis lesbienne !


Le chevreuil me regarde avec un intérêt non dissimulé. S’il approche encore, je lui met un coup de sabot ! Mais soudain il s’arrête, lève la tète… et quitte la clairière en trois bonds.


— Ben… qu’est-ce qui lui prend ?

— Je ne sais pas, répond Antinea. On aurait dit que…


Soudain mon amie faire un bond désordonné en l’air, retombe lourdement sur le flanc dans la neige. En même temps, le fracas d’une détonation frappe mes oreilles ! Un coup de feu, c’était un coup de feu ! On lui a tiré dessus ! Et elle s’agite, secouée de spasmes nerveux et de tremblements.


— Antinea ! NON !!!


Dans la seconde qui suit, je reprend instinctivement ma forme humaine. Je bondis vers elle. C’est à peine si j’ai le temps de voir derrière un fourré un chasseur stupéfait relever son fusil. Je découvre l’effrayant spectacle : mon amie secouée de spasmes dans la neige qui se teinte de rouge, son flanc déchiré, ses yeux qui se révulsent. Elle est en état de choc, inconsciente, gravement atteinte.


— Oh, non, non, non !!! Antinea ! Est-ce que tu m’entends ? Guéris-toi, vite, vite !


Il devrait lui suffire d’une pensée pour se guérir. Mais il faut qu’elle soit consciente... et elle ne l’est pas ! Ne sachant que faire, je m’assoie dans la neige, la prend dans mes bras. J’ai des larmes aux yeux, j’essaie de l’encourager, je réalise que je suis en train de la perdre, Et je pleure. Je pleure d’une rage impuissante, je ne peux pas la guérir, je n’en ai pas le pouvoir, seuls les fondateurs l’ont. Mon amie va mourir, Athéna va mourir ici, bêtement, dans mes bras !


— Je t’en supplie Antinea, reviens à toi, je ne veux pas te perdre ! Tu ne peux pas partir comme çà. Guéris toi, je veux que tu guérisse !


J’ai hurlé ! On a du m’entendre à des kilomètres. Dans mes bras, la biche se détend soudain… Elle ne tremble plus… Oh non… Je m’effondre en larmes, mon visage dans sa fourrure. Et puis… et puis je sens soudain la transformation. Antinea reprend sa forme humaine ? Elle me regarde en souriant, encore secouée, mais bien vivante.


— Détend toi Christine, je vais m’en tirer sans mal.

— Oh Antinea, j’ai eu si peur !!!


Je me jette sur elle, prend son visage à deux mains. Je la couvre de baisers, je suis comme une folle, à l’image de l’immense peur que j’ai ressenti. Je ris et je pleure en même temps. Quel bonheur !


Profitant d’une pause, elle regarde autour de nous. Je découvre le chasseur à quelques pas de nous, médusé. Il y a de quoi !


— Qu’est-ce qui s’est passé ? Demande Antinea. C’est lui qui m’a tiré dessus ?

— Je l’avais oublié celui-là !


Je bondis sur l’homme en grondant. En une fraction de seconde, j’ai pris l’aspect de ce mélange de vampire et de loup-garou dont Hadès m’avait affublé lors de cette fameuse nuit. Saisie d’une folie meurtrière, je le saisis à la gorge, le renverse, m’apprête à lui lacérer le visage avec les griffes de l’autre main.


— Christine, non ! Arrête !

— Laisse moi Antinea, que je lui tranche la gorge !

— Ne fais pas çà, tu n’as pas le droit!

— Mais il a failli te tuer !

— Je sais… Laisse moi faire.


Avec regret, je relâche mon étreinte me relève… et reprend mon aspect humain. Antinea aide l’homme se relever. Il a eu la peur de sa vie. Il claque des dents, et il a mouillé son pantalon. Elle le regarde alors profondément dans les yeux. Je reconnais ce regard, elle va prendre le contrôle de son esprit.


— Écoute moi bien,  dit-elle. Tu vas reprendre ton fusil et rentrer chez toi. Tu vas oublier ce qui c’est passé ici. Tu a fait ta tournée et tu n’a pas trouvé de gibier.

— Oui, et une fois rentré, tu raccrocheras ton fusil et tu ne chasseras plus jamais de ta vie !

— Oui d’accord, çà aussi, conclut Antinea avec un petit rire.


Nous regardons l’homme descendre les pentes sans se retourner. Pour lui, ce qui vient de se passer n’a jamais existé... Je prend Antinea dans mes bras. Je tremble encore de cette immense peur qui m’a secouée,


— Mon Dieu, quelle peur j’ai eu ma chérie. Quand je t’ai vue baignant dans ton sang sans pouvoir rien faire, je… j’ai cru mourir moi même !

— Alors c’est que mon heure était venue. Nous sommes immortelles, pas éternelles tu te souviens ?

— Heureusement que tu as pu te guérir. Je n’aurai pas supporté de te perdre.

— Je ne me suis pas guérie. J’étais inconsciente. Ça m’était impossible, C’est toi qui l’a fait.

— Quoi ???


Mais qu’est-ce qu’elle me dit ? Je reprend en bégayant.


— Mais… c’est impossible ? Je n’ai pas ce pouvoir ? Seuls toi et les fondateurs pouvez agir sur d’autres personnes !

— Et pourtant, tu l’as fait…


Elle me regarde en souriant, mi-étonnée, mi-admirative. Elle le sait et moi aussi, quelque chose s’est passé en moi, qui m’a fait aller au-delà de ce que je suis capable…


— Je m’en fiche ! Tu es vivante, et cela seul compte !


Je me jette sur elle, je l’embrasse comme une morte de faim. Je la bascule, la fait tomber. Je suis comme une folle, je l’embrasse partout. Pas un centimètre de peau ne m’échappe. Je me saoule d’elle, de son corps, de son rire, quel bonheur !


Drôle de spectacle pour un spectateur non averti : deux filles à poil qui s’ébattent dans la neige en pleine forêt en se roulant des pelles, çà ne ne doit pas se voir tous les jours !


Le soleil s’est couché, les premières étoiles apparaissent dans le ciel. La nuit tombe. Antinea m’a entraînée sur le toit du chalet. Et Je suis remplie d’appréhension.


— Tu as peur ?

— Ben… c’est pas naturel ce truc ! Et puis on est vraiment obligée d’être des chouettes pour çà ?

— Il n’y a pas mieux pour un premier vol de nuit. Allez, suis moi ! Waouh, hou, hou, houuuuuu !


Alors, le cœur battant, à sa suite je déploie mes ailes et plonge dans le vide.

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