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Chroniques immortelles – Avis de tempête

Chapitre 5

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Une histoire érotique écrite par

Fantasme
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— Christine, dépêche-toi ! Tu vas être en retard !

— J’arrive maman !


Digne, préfecture des basses Alpes. Caserne de gendarmerie « Novellini ». Printemps 1957.


Je me dépêche de m’habiller avant d’aller à l’institution Sainte-Marie, chez les sœurs ursulines. (Cet établissement est fictif : NDLA). Je suis en classe de terminale et j’espère bien avoir mon bac. Je suis une très bonne élève. L’an dernier, j’ai reçu le prix d’honneur, le prix de français et celui d’histoire. J’adore l’histoire ! J’espère, si je réussis mes études, devenir professeur dans cette matière et qui sait, peut-être archéologue ?


Je passe mes socquettes, mes bottines par-dessus, enfile ma jupe plissée, boutonne mon chemisier et passe mon pull pour finaliser l’uniforme du lycée. J’attrape mon cartable et je rejoins ma mère dans la cuisine. Elle est en train de lire du courrier. Le facteur est déjà passé.


— C’est des nouvelles de Roger ? Il va bien ?

— Oui, tout va bien pour lui, répond ma mère. Il dit que c’est calme dans son coin.


Roger c’est mon beau-père. Il a épousé ma mère alors que j’avais dix ans. Mais il est gentil. On s’entend bien tous les deux. Il est gendarme mobile, mais il n’est pas là. Il est en déplacement en Algérie ou il y a des « événements » comme on dit. En ce moment il est en poste à Lagouhat, une ville dans le Sud algérien, loin de la zone des conflits.


La radio en parle peu, mais chez les gendarmes on sait que ça chauffe à Alger et dans toute la Kabylie. Je ne comprends pas bien ce qui se passe là-bas, mais il y a des rumeurs qui disent qu’il y a de nombreux morts et que les gouvernements successifs sont un ramassis d’incapables. On murmure même que certains aimeraient que le président Coty nomme le général De Gaulle comme président du conseil, parce qu’avec lui, ça serait pas pareil !


— Tu as fini de déjeuner ?

— Oui maman !


J’engloutis la dernière bouchée de mon croissant. Je mets mon manteau et coiffe mon béret. Ma mère va me conduire chez les sœurs en voiture, parce qu’il ne fait pas très beau aujourd’hui. On a une Simca « Aronde » bleu nuit. Elle est magnifique. J’espère en avoir une toute pareille un jour ! Je veux passer mon permis de conduire moi aussi. Maman et Roger ont promis de me l’offrir dès que je serai majeure. Vingt et un ans ! Encore trois ans, ça va être long.


— Je te rappelle que je travaille tard ce soir à l’hôpital, reprend ma mère. Sois bien sage en rentrant. J’espère qu’il ne pleuvra pas.

— T’inquiète maman, ça ira, j’ai ma capuche, je risque rien, dis-je en lui faisant la bise.



Avril 2017. Île de Mikro Kea à une soixantaine de kilomètres au sud-est d’Athènes.


La jeune femme est inerte, les yeux dans le vague perdus vers l’horizon. Assise dans un fauteuil en osier installé sur la terrasse d’un des bungalows, elle est indifférente à tout ce qui se passe autour d’elle.


— Bonjour Christine ! Lui lance l’homme. Il fait beau aujourd’hui, hein ? Tu sens le soleil comme il chauffe ? Tu n’as pas trop chaud au moins ? Non... Ça a l’air d’aller. Tout à l’heure je te mettrai le parasol. Je t’apporte ton déjeuner : chocolat, jus d’orange, pain au miel. C’est bon n’est-ce pas ?


Christine ne répond pas. L’homme s’assoit à côté d’elle, présente un bol à ses lèvres.


— Ton chocolat, bois-le... Là c’est bien, comme ça à petites gorgées. Un morceau de petit pain maintenant ? Allez, ouvre la bouche... C’est ça. Mâche bien avant d’avaler.


Christine se laisse faire docilement. Elle obéit aux ordres de son compagnon, mais ne manifeste aucune émotion, le regard toujours vers le large.


— Oh regarde là-bas ! Tu vois le voilier ? C’est l’Imoca de Paolo avec lequel il veut courir la route du rhum l’an prochain. Tu le vois ? Et à côté, un des pétroliers de Kostia. Tu te rappelles de Paolo ? De Kostia alors ? C’est pas grave, ça va te revenir. Ah, tu as bien mangé. Allez, viens avec moi à présent, je vais faire ta toilette.


Il la prend par la main, la fait lever. Elle le suit docilement à l’intérieur du bungalow comme un automate. A peu de distance, depuis la maison principale, Antinea, Kostia et un autre homme assistent à la scène. Antinea s’est appuyée contre un pilier, l’air abattu. Une profonde tristesse se lit sur son visage. Elle a revêtu une simple tunique, bien loin des tenues sportives qu’elle affectionne. Elle n’est pas coiffée, négligée, et ses cheveux volent en désordre sous le vent léger. La séduisante déesse protectrice d’Athènes est bien loin de l’image qu’elle donne d’habitude...


— Comment est-elle aujourd’hui ?

— Il n’y a pas de changement papa, répond la jeune femme avec lassitude. Elle est comme ça depuis que nous l’avons ramenée de Suisse, inerte, sans réaction, apathique. Elle est là mais... elle n’est pas là. Nous nous relayons auprès d’elle Alex et moi. Elle se laisse faire, elle se laisse mener à droite, à gauche. On la fait manger, on la toilette, on veille sur elle, mais elle ne réagit à rien. Je suis désespérée...

— Oui, je comprends. Il y a un lien très fort entre vous deux. Tu l’aimes n’est-ce pas ?

— Je... j’aime tout le monde papa, tu le sais bien. Mais Christine... c’est pas pareil. Je serai prête à donner ma vie pour elle, même à prendre sa place au Tartare si c’était nécessaire... Oui... Je l’aime. Je n’ai jamais voulu tomber amoureuse, parce que ça fait mal quand l’autre est ailleurs, et là... ça me fait très mal !


Kostia se tourne vers l’homme qui les accompagne.


— Asclépios, tu l’as examinée. Toi qui es le meilleur médecin de toute l’histoire de l’humanité, tu en dis quoi ?

— Tout vient de ce qu’elle a vécu au Tartare, répond l’homme. Avec ce que j’ai pu récolter sur place comme témoignages, les vôtres, et le peu que j’ai pu apprendre en examinant Christine, c’est son empathie naturelle qui a tout déclenché.

— Son empathie ?

— Oui. Il est clair qu’elle a éprouvé de la pitié pour les damnés du Tartare. Sans en avoir conscience, elle a ouvert son esprit, s’est connectée au leur, peut-être pour les soulager, leur venir en aide. Mais ce faisant, c’est l’inverse qui s’est produit. C’est elle qui a partagé leurs souffrances à tous. Ce qu’elle a dû vivre est... innommable. Antinea, tu me l’as dit, tu l’as senti, elle a voulu mourir mais tu l’en a empêché. Alors dans un dernier réflexe désespéré, elle a érigé une barrière psychique autour de son esprit. Elle s’est coupée de tout et s’est réfugiée dans un monde imaginaire, des souvenirs de sa jeunesse, probablement parce que c’était une période où elle se sentait totalement en sécurité. Elle s’y est enfermée et ne peut en sortir.


Antinea s’affale sur l’épaule de son père, passe ses bras autour de son cou.


— C’est ma faute papa ! Jamais je n’aurai dû l’amener là bas. Mais je voulais qu’elle sache ce qu’elle risquait en tuant un autre immortel. Je ne voulais pas risquer de la perdre.

— Non ma chérie, c’est la mienne. Je n’aurai pas dû l’amener à Paris. Nous comptons beaucoup sur elle, elle évolue tellement vite. Mais j’ai fait une lourde erreur, car elle ne maîtrise pas ses pouvoirs et s’est laissée déborder par eux. C’était trop tôt, elle n’était pas prête. Je suis désolé...


Kostia se retourne vers Asclépios.


— Comment peut-on la sortir de là. Tu as contacté Ouranos ?

— Oui, mais comme je m’y attendais, il a refusé d’intervenir. Il m’a simplement déclaré : « Christine reviendra d’elle même quand le moment sera venu ».

— Ouranos... Murmure Kostia. En voilà un qui ne changera jamais.



Arrivée à l’institution Sainte Marie, je retrouve avec plaisir mes amies : Mireille, Bernadette et Magali.

Mireille est un peu plus jeune que moi, elle est en première. Bernadette et Magali sont plus âgées que moi et en sont à leur première année pour être institutrices. Bernadette est fiancée et elle devrait se marier l’an prochain. C’est la raisonnable de notre petit groupe. Quant à Magali, comment dire... C’est tout le contraire, une coquine. Elle couche, si vous voyez ce que je veux dire. Elle est vachement délurée. Elle est toujours à nous raconter des histoires croustillantes qui nous rendent toutes rouges de confusion, mais en même temps qui nous excitent tellement ! Bref, elle fait tout ce que la morale et les bonnes mœurs réprouvent sévèrement... et que nous rêvons d’imiter secrètement ! Et ce matin-là, comme d’habitude, on parle de garçons...


— Ne me dis pas que tu as couché aussi avec lui ???

— Mais si, répond Magali en rigolant. Attendez : si vous saviez ce qu’on a fait !

— Raconte !


Instinctivement, on s’est rapprochées. On ne veut pas en perdre une miette !


— Eh bien on s’était déshabillés pour faire l’amour...

— TU étais toute nue ? interrompt Mireille. Oh la vache !

-... Mais avant de me sauter dessus, continue Magali, il a mis sa tête entre mes cuisses et...

— Et quoi ?

— Il m’a léché la chatte !


Nous avons un mouvement de recul. J’ai du mal à imaginer la scène.


— Ooooh, mais c’est sale !

— Oui, mais alors, qu’est-ce que c’est bon, vous pouvez pas savoir ! J’avais des frissons partout !

— Ça c’est un truc que je pourrais jamais faire, dis Bernadette avec une moue de dégout.

— Attends, reprend Magali. Je t’ai pas encore dit le meilleur. Après évidemment, on a fait l’amour...

— Mais tu n’as pas peur de tomber enceinte ?

— Non, parce que je veux que les garçons se vident dehors, et justement...

— Il l’a pas fait ?

— Si, mais... il m’a demandé de... prendre son sexe dans ma bouche !

— Quoi ? Ah non, là c’est vraiment trop dégueu !

— C’est comment un zizi de garçon, c’est vraiment si gros qu’on le dit ? Quel goût ça a ?

— C’est... légèrement salé, sans plus, assez dur, mais tu as juste l’impression de sucer une grosse saucisse de Toulouse !

— Arrête, je vais gerber, dit Bernadette.

— Et alors, il s’est passé quoi ensuite ? reprend Mireille.

— Eh bien je l’ai sucé comme il me disait de le faire quelques minutes, et tout d’un coup...

— Quoi ?

— Il s’est vidé dans ma bouche !

— Ooooh !

— Ooooh...

— Ooooh, non...

— Ooooh dites, ne faites pas les timides, çà a un goût bizarre mais ce n‘est pas si mauvais. Et puis, je suis sure que vous le ferez aussi un jour. Toi Bernadette, avec ton fiancé, depuis le temps... Non ?

— Ah non. On s’embrasse avec Philippe mais c’est tout, répond Bernadette. Je veux être vierge jusqu’au mariage.

— Moi j’ai jamais embrassé de garçon, soupire Mireille.

— Et toi Christine, tu en es où ? Me demande Magali. On a bien vu comment tu réagis quand tu vois Alex ?


Je deviens toute rouge. Alex est élève au petit séminaire juste à côté. Il habite dans une maison pas très loin de l’entrée de la caserne. Il est beau, il est mignon, il a un sourire qui me fait craquer ! Et puis il est gentil. Ça nous est arrivé souvent de rentrer ensemble puisque le chemin que nous empruntons pour l’école est le même. On se connaît depuis plusieurs années, depuis qu’on est gamins. J’ai déjà été invitée chez lui par ses parents plusieurs fois. C’est mon ami. Mais depuis quelque temps... c’est différent. Les filles me regardent avec des yeux brillants. Je suis percée à jour alors je me jette à l’eau.


— Arrêtez ! Vous êtes bêtes... C’est un bon copain et... Eh bien oui, je l’ai embrassé...

— Waouh ! Comment ça s’est passé ?

— Ça s’est passé au bal des Rameaux. Il m’a invité à danser, et puis pendant une chanson, on s’est retrouvés dans un coin et je sais pas pourquoi, je me sentais bien, j’ai la tête qui tournait, on s’est embrassé.

— Oh la chance !

— Avec la langue ?

— Non Mireille, pas avec la langue ! Quand même ça se fait pas.

— Alors c’est pas un vrai baiser, fait Magali avec un haussement d’épaules.


Pour le coup, je suis vexée. Frustrée. Elle me gâche mon plaisir.


— Je... sais pas comment faire pour embrasser un garçon, dis-je stupidement.

— Mais c’est facile ! Répond Magali. Tu colles ta bouche sur la sienne, tu écartes les lèvres, et avec ta langue, tu essaies de toucher la sienne. Ensuite, c’est comme si tu essayais d’enrouler ta langue autour de la sienne, et alors... waouh !


La cloche annonçant le début des cours interrompt cet échange et met un terme à mon trouble. Je n’ai pas osé leur dire que j’ai senti l’humidité de ses lèvres sur les miennes, et que ça m’a mis dans tous mes états, au point que je me suis retrouvée avec ma culotte toute mouillée ! Et depuis, je n’ai qu’une envie, c’est embrasser à nouveau Alex... mais cette fois avec la langue !


La matinée de cours se passe dans la routine. Mais ma matière favorite c’est l’histoire et j’attends avec impatience le début de l’après-midi. C’est alors qu’une de mes camarades me fait un rappel...


— Mais on n’a pas cours cet aprem’ ? Il y a Monseigneur l’évêque qui vient visiter l’institution !

— Oh ! J’avais oublié !!!


Bon... Vu que j’ai l’autorisation de ma mère, il ne me reste plus qu’à rentrer à la maison après avoir mangé à la cantine. Houlà, le temps est menaçant. De lourds nuages gris sombres arrivent à toute allure. Ça sent l’orage. Et je tombe sur Alex à la sortie.


— Bonjour Christine, tu n’as pas cours cet après-midi ?

— Non. Et toi non plus ?

— Hé non. Les curés viennent aussi à l’institution pour la visite de l’évêque. Du coup, je rentre chez moi.


Nous prenons le chemin du retour en devisant gaiement. Deux kilomètres à pied, c’est rien. Sauf que la météo se dégrade à une vitesse stupéfiante et un de ces orages méditerranéens éclate soudain nous noyant sous un déluge d’eau. Nous sommes presque devant chez lui, lorsque ça se transforme en grêle !


— Aïe ! Putain, ça fait mal ! Ouille !

— Viens t’abriter chez moi, me lance Alex, sinon on va mourir.


Nous nous précipitons haletants dans sa maison. Oh misère, quelle dégringolade !!! On se retrouve dans l’entrée, transis, trempés jusqu’aux os. Je tremble de froid...


— Oh mon Dieu, je suis toute mouillée !

— Va dans la salle de bain et prend un peignoir de ma mère dans le placard. Si tu veux, il y a une armoire séchante à l’entrée. Tes fringues y seront sèches en une heure.

— Merci.


Il m’accompagne dans la salle de bain, prend une serviette et s’éclipse dans sa chambre. Je ferme la porte et me déshabille. Mon manteau est à tordre ! Tous mes vêtements sont trempés jusqu’à ma culotte et mon soutien-gorge. Je les essore et les met dans une panière, m’essuie et me sèche soigneusement. Puis je passe un des peignoirs de sa mère, un joli petit peignoir dans le rose, fermé seulement par une ceinture en tissu éponge. Seulement... Je suis un peu troublée. Il n’est pas très pudique, mais c’est le plus « habillé » que j’ai trouvé. Tant pis ! Mais... après avoir hésité, je remets ma culotte. Elle est humide, mais je me sens un peu gênée d’être toute nue sous le peignoir. Si ma mère apprend çà !


Je sors de la salle de bain en finissant de me sécher les cheveux. Alex s’est changé lui aussi. Il a mis un simple survêtement de sport.


— Tes parents ne sont pas là ?

— Non, ils bossent. Ils ne seront pas là avant dix-huit heures. L’armoire est là, je te laisse faire ?


Il a eu l’air gêné. Il a regardé la panière sur laquelle trône mon soutien-gorge ! Et je me sens troublée moi aussi. Me voilà seule avec un garçon dans une maison, à peine vêtue, le genre de situation qui ferait pousser de hauts cris aux sœurs de l’institution ! Mais Alex se comporte en parfait gentleman. Il nous a préparé du chocolat et met la soufflante de l’armoire en marche dès que j’y ai déposé mes vêtements. Puis il allume le poste de radio, le règle sur radio Monte Carlo, et jette un coup d’œil à l’extérieur.


— Il y en a pour une bonne heure... On fait quoi ?

— Tu m’aides à faire mes maths ?

— D’accord. C’est quoi ?


Je suis nulle en maths. Il m’a souvent aidé pour faire mes devoirs. Dans cette matière, c’est un cador. En retour, je l’aide pour ses cours d’histoire et son français. Nous nous sommes installés dans sa chambre, à une table chacun sur un côté, et je me détends. Progressivement, j’oublie l’étrangeté de notre situation et me concentre sur mon problème.


— Factoriser X²-1 puis trouver les valeurs de X pour X²-1=0... Putain, j’y comprends rien ! J’ai jamais compris ce que voulait dire « factoriser »... Alex, tu m’aides ?


Il n’a pas répondu. Il me regarde, enfin non, il regarde à hauteur de ma poitrine. Il est un peu rouge. Surprise, je baisse mes yeux... et constate que mon peignoir bâille largement et expose un de mes seins à ses regards ! Confuse, je ramène précipitamment le tissu sur ma poitrine.


— Désolée, dis-je.

— C’est... pas grave. Et puis tu es tellement jolie que... euh, pardon, excuse-moi. C’est pas ce que j’ai voulu dire. Enfin si, tu es très jolie... Oh là là... J’ai pas fait exprès.


Je me sens morte de honte. Et en même temps... j’ai senti une onde de chaleur monter de mes reins et je sens que ma culotte qui commençait à sécher s’humidifie à nouveau... Je suis troublée. Quelque part j’ai adoré de le voir ainsi gêné. Et il l’est... Il cherche une échappatoire et c’est la radio qui lui en donne l’occasion quand elle commence à diffuser « la mer » de Charles Trenet...


C’est la chanson sur laquelle on a dansé ce fameux soir ou on s’est embrassés. Je suis troublée à nouveau. Et lui aussi. On a pensé à la même chose.


— Tu veux danser ? Me demande t-il.

— Oui, je veux bien, dis-je timidement.


Je suis aux anges ! Troublée, rougissante, tout ce que vous voulez, légèrement tremblante, mais en même temps c’est tellement bon. Il m’a donné la main et je me suis presque collée à lui. Il m’a mis un bras autour de la taille et me fait onduler. J’ai chaud ! J’ose pas me coller à lui ouvertement alors que j’en meurs d’envie ! S’il pouvait, s’il osait...


Il ose. Nos regards se sont croisés, nos visages se sont approchés, nos lèvres entrent en contact. Je chavire ! C’est un simple contact, mais qui me met dans tous mes états. Encore ! Comment elle disait Magali ? Je me lance. J’entrouvre mes lèvres... Putain j’oserai jamais ! Mais lui si ! J’ai un léger sursaut quand je sens sa langue s’insinuer entre mes lèvres, toucher la mienne...


Je perds le contrôle ! Je l’embrasse ouvertement, bouche largement ouverte, lance ma langue à la recherche de la sienne. Je me suis collée à lui, passe mes bras autour de son cou. Putain, c’est comme si j’avais toujours fait ça ! Il m’a prise par la taille, me serre contre lui. Je sens quelque chose d’incroyablement dur à travers son pantalon, quelque chose qui se presse contre ma chatte à travers les tissus. Oh mon Dieu ! Qu’est-ce que je suis en train de faire ??? Je suis haletante. J’ai chaud. Et puis merde, tant pis si je dois aller en enfer ! Je défais ma ceinture, laisse le peignoir s’ouvrir, dévoiler ma poitrine, mon intimité...


Alex est dans le même état que moi. Il retire le haut de son survêtement. Oh mon Dieu qu’il est beau, ce torse musclé, ces abdominaux si bien dessinés ! Nos corps se frôlent. Ma poitrine vient au contact de son torse. Ca m’électrise ! J’ai peur !


Je perds la tête... Le lit. Là. Oui. Maintenant, je le veux ! Je m’écarte, me laisse aller en arrière, m’allonge sur le lit. Il s’allonge à côté de moi, puis m’enlace, m’embrasse à nouveau. Je suis au paradis ! Je mérite l’enfer... Au diable les conventions, les bonnes sœurs, l’évêque, qu’ils aillent au diable ! Alex a passé une de ses jambes entre les miennes, écarté ce qui reste du peignoir. Je suis quasiment nue. Je le devine qui est en train de baisser le pantalon du survêtement. Oh je veux pas voir ça, j’ai trop peur ! Et pourtant je le veux ! J’ai jeté un coup d’œil, je n’ai pas pu m’en empêcher. Ooooh c’est énorme ! Jamais il ne pourra là... c’est pas possible, c’est trop gros !


Et pourtant, j’écarte largement mes cuisses. Alex ne m’a pas quitté du regard, conscient lui aussi de l’importance du moment. Il se glisse entre mes jambes. Je le retiens d’un geste.


— Tu... tu me promets de faire doucement ? De ne pas me faire trop mal ? Et... et puis, je ne veux pas que tu te... vides en moi. Ne me fais pas un bébé !

— Promis ma chérie.


Je me contracte brusquement lorsque je sens son... engin toucher l’entrée de mon sexe. J’ai peur ! Il va me faire mal... Mais il reprend ses baisers. Et merde, advienne que pourra. Je l’attire, il me presse. Il va me faire mal, il va me faire mal, il va me faire mal...


Mais il ne me fait pas mal. Je suis partagée entre l’extase et la surprise. Je le sens me pénétrer lentement, progresser en moi, sa colonne de chair se glisser dans mes entrailles, générant à chaque poussée des cascades de sensations divines ! J’arrive pas à y croire, c’est trop bon ! Par tous les dieux, à croire que je baise depuis des années ! Qu’est-ce que je raconte moi ? Mais pourquoi commence-t-il à se retirer ? Ah non, il revient, ooooh...


Je suis au paradis. Il fait des mouvements d’avant en arrière m’occasionnant des frissons à chaque fois. Je l’attire contre moi, le serre fort, passe mes jambes autour de sa taille, je veux qu’il aille loin, plus fort, encore plus fort ! Des ondes de chaleurs mêlées à des frissons naissent au creux de mes reins, montent jusqu’à ma nuque, explosent dans ma tête toutes une peu plus fortes à chaque fois.


C’est comme si je percutais un mur ! Je pousse un cri, me redresse brusquement dans le fauteuil. C’est comme un soleil qui explosait ! Haletante, je me cramponne aux accoudoirs, à bout de souffle, je reprends mes esprits. Mais je... qu’est-ce que... Où est la chambre ? La mer ? Le soleil ? Ou suis-je ???


— Christine, qu’est-ce qui t’arrive ?


Éberluée, je contemple le paysage qui s’étend devant mes yeux.


— Alex ? Mais... ou sommes-nous ?... Mais c’est Mikro Kea ? Qu’est-ce que je fais ici ?

— Tu me reconnais, fait-il perplexe, tu te rappelles quoi ?

— Me rappeler ?


Un bruit de course se fait entendre. Antinea m’a entendu crier et vient voir anxieuse ce qui se passe.


— Christine ? Tu m’entends ?

— Bien sûr Antinea, que se passe-t-il ?

— Tu ne te rappelles pas ? Paris, la réunion des immortels, le Tartare ? On t’a ramenée de Suisse complètement inerte, tu es restée comme ça je ne sais combien de temps.


Les souvenirs reviennent à ma mémoire. Oh que oui, que je me souviens ! Mon regard vire au noir et mes poings se crispent.


— Où est cette salope d’Éris que je lui pète sa gueule ??? Dis-je furieusement.


Antinea éclate de rire !


— Ah ? Notre Christine est de retour !


Je suis de retour.


Mais je suis brisée...



Fin de l’épisode