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Chroniques pénitentiaires d'une rebelle 1

Chapitre 9

Lesbienne

9 Un dimanche pas comme les autres

 

La tension peine à retomber huit jours plus tard, au point que la considération de certaines commence à m’agacer. L’abstinence a prévalu toute la semaine, il fallait au moins ça pour récupérer, même Christelle a pu dormir tranquille. Cat me tourne encore autour, curieuse impression de déjà vu ; cependant, contrairement à la première fois, elle affiche ses intentions en public. La rumeur d’un sentiment à mon égard est peut-être fondée. Quoiqu’il en soit, je l’évite, une déception me suffit, et profiter de la situation ne m’intéresse pas dans la mesure où je suis incapable de répondre à son penchant.

– Marvault, Maillard, vous êtes prêtes ?

Le silence se fait pesant au rez-de-chaussée. On se redresse en tirant une gueule de circonstance, agacées en apparence d’être une nouvelle fois de corvée. Pire, la demi-journée de travail supplémentaire est devenue une journée complète de 10 à 21 heures ; la Haute Administration pénitentiaire aime quand c’est carré, y compris dans le domaine de la punition. Les autres, détenues et matonnes confondues, imaginent que le directeur nous en veut personnellement pour demander à la surveillante en chef de nous faire baver ainsi tous les dimanches.

En réalité, lui aussi est tombé dans le panneau. Tenir les comptes de l’économat histoire de nous torturer les méninges, voici l’excuse, il en fallait une. Le dictateur s’est fait un malin plaisir d’accepter ; l’idée de maltraiter une révolutionnaire l’aide peut-être à bander, le salopard. Un logiciel s’occupe de la comptabilité, personne n’en sait rien, qui oserait fouiller l’ordinateur personnel de la surveillante en chef à son domicile, sous quel prétexte d’abord. Pendant ce temps, Christelle et moi on se complait dans notre rôle de préceptrice particulière, surtout avec une élève aussi douée.

– Dépêchez-vous, mesdames, vous allez être en retard.

Aucun risque, la matonne nous précède jusqu’au bureau de l’économat situé derrière le réfectoire, où notre complice charge déjà les données comptables sur une clé USB. La copie sera rendue demain, l’illusion est parfaite, ses collègues pourront en témoigner le cas échéant.

– Allez, le travail attend.

On s’empresse de lui emboîter le pas dans le dédale de couloirs vides obturés par des portes verrouillées à intervalles réguliers, soumises en apparence, direction le bâtiment administratif. La surveillante à l’entrée se redresse dans un garde-à-vous approximatif, cheffe d’un bloc de détention équivaut au grade de lieutenant ; l’ensemble du personnel est soumis à la discipline militaire au pénitencier, une armée privée qui n’a de comptes à rendre qu’à l’administration qui la paie. Le directeur peut plastronner, il reste un simple exécutant, un colonel aux pouvoirs limités.

– Bonne journée, mon lieutenant.

La surveillante en chef rend son salut à la subordonnée qui s’empresse de noter notre passage sur le cahier de présence. L’ascenseur me rappelle Gaby encore une fois, quelle nana surprenante, sa bonne humeur me manque. À coté de ça, j’espère que Vallin en bave au mitard. Si je lui demandais gentiment, la surveillante en chef accepterait de me laisser seule avec elle cinq minutes ? Vaut mieux pas, j’ai certainement eu beaucoup de chance la première fois.

 

♀♀
 

L’examen prévu dans quatre mois, le programme s’intensifie. Axelle, qui a décrété l’usage du prénom sans jamais abandonner le vouvoiement en marque de respect, vient d’effectuer quelques séries d’exercices physiques concoctées par Christelle avant d’aller prendre une douche, nous laissant seules au salon. On reste concentrées sur la correction des devoirs, la confiance se mérite, se partage aussi, la surveillante a gagné la nôtre. Récompense de nos efforts ? La satisfaction de sortir de la routine, des repas délicieux, la possibilité de boire un peu d’alcool.

– Alors, vous en pensez quoi ?

C’est le cinquième dimanche dans l’appartement de fonction, le premier où je la vois délivrée de cet uniforme noir qui inspire la crainte aux détenues du bloc A. Les cheveux bruns défaits sur les épaules, les traits détendus, Axelle serait méconnaissable sans la mâchoire carrée qui souligne un caractère trempé. Belle, aucun autre mot ne convient à l’apparition dans l’encadrement de la porte su salon, belle et bigrement provocante. Elle rajuste son peignoir de bain d’une main fébrile, l’échancrure sur la gorge appétissante se referme trop tôt, dommage.

– Je parle du devoir, Louise, pouffe-t-elle les bras croisés dans une dérisoire tentative de protection, car tirer sur le haut écarte les pans du vêtement sous la ceinture.

Euh... oui, j’en étais où... Arrête de te fendre la poire en douce, Christelle, la situation est assez embarrassante comme ça.

– Pas mal, 15/20, je vous aurai donné 17 sans la remarque sur le besoin du retour à une éducation gratuite pour faire baisser la délinquance dans les quartiers populaires, un point de vue vachement subversif de la part d’un futur flic. Je le dis dans votre intérêt, il faut savoir garder ses opinions pour soi, je sais de quoi je parle. Ou alors lancez-vous en politique, on finira codétenues avec de la chance.

Consciente de mes efforts, aussi de mon trouble, Axelle se sauve en direction de la cuisine d’où elle revient peu après avec un pack de six bières blondes. À boire, vite ! Il y a le feu dans ma poitrine.

– À titre personnel, Louise, quelles sont vos impressions ? Soyez franche, tout ça reste entre nous.

Des mots, comment avoir la certitude de ne pas me retrouver devant le conseil de discipline pour tentative de subornation d’un agent de la force pénitentiaire. Merde, je l’ai dit plus haut, la confiance se partage. Toutes les anomalies qui participaient à la défaillance évidente de l’ancien système judiciaire sont gravées dans ma mémoire. Zones de non droit, trafics en tous genres, violences répétées envers les femmes, peines non effectuées, sans oublier que l’instruction de certaines affaires prenaient des années par manque de personnel et de moyens, un cocktail explosif qui devait finir par leur éclater à la gueule.

En ce sens, le code pénal de 2035 a répondu à certaines attentes avec la mise en place de la perpétuité réelle pour les meurtriers, la castration chimique contre la récidive des crimes sexuels, et l’application effective des peines. Inutile de pondre de nouvelles lois, il suffisait d’appliquer celles existantes. Les zones de non droit nettoyées, la police a mis un terme aux trafics sur le terrain. Entre parenthèses, les interventions militaires dans les pays producteurs de drogue ont failli provoquer la troisième guerre mondiale. Non, je ne peux pas lui dire ça.

– J’ai adoré. Vous me rappelez un auteur du 19ème siècle, Émile Zola.

– Je ne le connais pas.

Évidemment, l’intégralité de son œuvre fait partie de la littérature interdite depuis la réforme de l’éducation nationale, comme celle de Voltaire, de Rousseau, de Camus, de Malraux, de Simone de Beauvoir, de Boris Vian. Sans la censure, la plupart seraient peu à peu tombés dans l’oubli depuis longtemps.

 

♀♀
 

– Qu’est-ce qui cloche alors ? Pourquoi les prisons sont pleines ?

La discussion se poursuit à table devant une excellente salade fraîcheur ; le vinaigre balsamique dans la sauce, ça change tout, le rosé frais incite à la détente. Axelle pose les bonnes questions, je la sens concernée par la détérioration de la situation, la hausse sensible de la petite délinquance chez les jeunes, la multiplication des actes d’incivilité. Ou elle cherche à m’occuper l’esprit ; les matonnes du bloc A sont forcément au courant de mes débordements sexuels.

– Réformer, c’est bien, à condition de ne pas modifier les règles du jeu au cours d’une partie. Les gouvernements n’ont aucune ligne de conduite claire, la politique suit la loi des marchés. Le coup de la carotte et du bâton ? Encore faudrait-il que la carotte soit accessible, et appétissante.

– Oh ! la bouteille fait la gueule, me coupe Axelle, je vais en chercher une autre.

Le joli petit cul s’éloigne, encore une provocation gratuite aux effets immédiats, une boule qui n’a rien de désagréable prend vie dans mon ventre.

– Tu devrais peut-être y aller mollo.

La remarque de Christelle me surprend, je déteste détourner le regard d’un spectacle aussi plaisant.

– C’est elle qui a presque tout bu...

– Je ne parle pas du vin.

De quoi alors, d’étaler les idées qui m’ont valu cinq ans de taule ? C’est plus fort que moi, le système est pourri de l’intérieur, le monde est devenu une immense machine à fric depuis l’invention de la monnaie, ça ne date pas d’hier. Et on devrait dire merci à genoux pour les quelques miettes qu’on nous accorde ?

– Non, idiote, arrête un peu de la mater comme si une aventure était possible entre vous, tu ne dragues pas une détenue à la promenade dans la cour, là, c’est la surveillante en chef au cas où tu ne l’aurais pas remarqué.

Avant tout, je vois un canon plutôt réceptif vêtue d’un peignoir de bain, alors excuse-moi d’ignorer tes conseils de sagesse, ma vieille. Il n’y a plus de statut sans uniforme, et rien d’impossible sans statut.

– Oui, mais toi, tu as encore ta combinaison rouge sur le dos.

D’accord, Christelle marque un point.

– Je peux savoir ce qui vous amuse ?

Axelle se penche par dessus mon épaule pour remplir les verres, elle aurait pu le faire  de n’importe où autour de la petite table ronde. La position me donne l’accès direct aux seins sous le tissu. Oh merde ! Comment regarder autre chose. Heureusement, Christelle garde ses idées froides.

– Tout le monde, du directeur aux détenues en passant par les surveillantes du bloc A, nous imagine trimer comme des dingues sur un problème de compta. On est en train de rouler plus de cent-soixante dix personnes dans la farine sur ce coup.

– De parfaites comploteuses, exulte Axelle en reprenant sa place, j’avoue que c’est... excitant, indépendamment de l’aide que vous m’apportez.

L’hésitation rend l’aveu sulfureux.

 

♀♀
 

– Au fait, Louise, j’ai l’autorisation de mettre en place ce dont on a discuté il y a quelques temps. Au niveau de l’hygiène intime, vous vous souvenez ? Si on allait faire un essai dans la salle de bain.

Bien entendu, balancer des poils pubiens sur le canapé du salon serait dégueulasse. Je me tourne vers Christelle occupée à regarder la télé, le regard suppliant. Pourvu qu’elle comprenne mon désir d’isolement.

– Allez-y sans moi, le film m’intéresse. Ça ne vous ennuie pas ?

– N’hésitez pas à vous servir une bière ou deux.

La proposition d’Axelle ressemble à de la gratitude, elle s’empresse de passer le petit couloir sombre jusqu’à une porte entrouverte. Punaise ! L’architecte ne s’est pas creusé la cervelle, on dirait la salle de bain de notre cellule. Ah non, aucune chainette ne retient la brosse à dent, un plexi ferme l’entrée de la cabine de douche.

– Déshabillez-vous et asseyez-vous, demande la surveillante d’une voix détachée en fouillant l’armoire à pharmacie.

J’aurais préféré qu’elle s’en charge, tant pis. La combinaison tombe sur le carrelage, moi sur la chaise, les nerfs en pelote.

– Ça ne va pas être simple.

Axelle vient de se retourner vers moi, une drôle de tondeuse longiligne dans la main. Pourquoi se marre-t-elle comme ça.

 – Vous pourriez enlever votre culotte, par exemple, ce serait un bon début.

Ah oui, zut !

– Excusez-moi.

Le rire devient sourire, elle m’aide cette fois, j’essaie de contrôler ma nervosité face à ce premier contact.

– Détendez-vous, Louise, c’est une simple tondeuse à barbe que m’a prêtée une amie esthéticienne. On le fait comment le pubis ? La longueur est réglable.

Agenouillée devant moi, Axelle garde un calme quasi professionnel. Je me serais fait des idées quant à un éventuel intérêt ?

– Choisissez, j’ai confiance.

– On va tenter un joli dégradé alors, s’exclame-t-elle enjouée après vingt secondes de réflexion. Si c’est raté, ça repoussera. Et au niveau de la fente ? Court comme un duvet à mon avis, ça mettra votre intimité en valeur.

Arrêtez de discuter, par pitié ! On ne va pas se comporter comme des nunuches tout l’après-midi, j’ai envie d’autre chose.

 

♀♀
 

– Alors ?

La main sur mon ventre tout le temps de l’opération, c’était sympa ; maintenant, Axelle époussette ma foufoune en prenant son temps, on dirait qu’elle regrette que ce soit déjà fini. Ses doigts insistants au plus près de mon intimité raniment mon désir.

– Pas mal pour une amatrice, vous avez expérimenté sur votre amie esthéticienne ?

Axelle se redresse, souriante malgré ses genoux malmenés.

– Non, sur moi.

Je m’en doutais, du moins je l’espérais. La provocation ultime fait exploser la boule que je traîne dans mon ventre depuis le déjeuner.

– Je peux voir ?

Une légère hésitation pour la forme, elle pose un pied au bord de la chaise puis écarte les pans du peignoir.

– J’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois, il ne reste plus grand chose, j’ai rattrapé le coup avec des ciseaux. Ça vous plait ?

Non, Axelle n’a pas pu balancer cette phrase au hasard, surtout d’une voix si rauque. Le vêtement baille au dessus de la ceinture, les seins en poire tombent, je pourrais les retenir d’une caresse, sous l’arrondi du bas-ventre à peine voilé de poils noirs, la fente nue baille un peu, une invitation à la luxure.

– J’ai envie de mettre ma langue dedans.

Je viens de jouer mon va-tout, ça passe ou ça casse. Attendre une réponse, prendre le risque qu’elle m’envoie bouler ? Certainement pas au point où on en est. Je pose mes lèvres sur le fruit défendu, la pêche veloutée s’ouvre par magie, je veux la goûter avant qu’elle reprenne ses esprits.

– Hummm...

Les chairs libèrent leur liqueur amère presque aussitôt, elle en avait vraiment envie. Dans mon empressement à me régaler de cette chair délicate, j’effleure le clitoris par inadvertance, Axelle tressaille.

– Comme ça !

Merde ! Elle suffoque déjà, pressée. Tant pis, je déniche le bouton durci du plat de la langue, guidée par son désir, je l’aspire. Le résultat ne se fait pas attendre. Le ventre en avant pour mieux s’offrir, Axelle relâche le surplus de pression dans un feulement en moins de deux minutes chrono. Ce n’est certainement pas l’orgasme du siècle, mais le plaisir est sincère.

À peine remise, la belle me relève, la chaise tombe dans la précipitation, un bruit d’enfer se répand au-delà de la salle de bain, du couloir aussi. Elle m’entraîne par la main dans sa chambre sans un mot. La pression de ses doigts sur les miens suffit à traduire son désir.

 

♀♀
 

Axelle me sourit tendrement, blottie dans mes bras, légère comme une plume d’écrivain délivrée de son encre vitale, laissant une main batifoler au hasard de ma nudité, sauf aux endroits sensibles de mon corps en attente d’exubérance. C’est si exaspérant que ça devient insupportable.

– Je n’ai jamais fait « ça » avec une femme.

Je veux bien la croire. Il faut dédramatiser ou l’aventure va s’arrêter là, et je rentrerai en cellule frustrée.

– On est sur un pied d’égalité, je n’ai jamais couché avec une gardienne de prison, il y a une première fois à tout.

La phrase, balancé sur un ton à la limite de la méchanceté, résume ma tension nerveuse. Je saisis son poignet pour amener la main sur mes seins.

– Le mieux est de faire à l’autre ce qu’on aime, les caresses, aussi avec la bouche, il n’y a rien de plus naturel.

Je ne vais pas lui sortir le manuel de la parfaite lesbienne chapitre après chapitre. Axelle se décide enfin, les gestes empruntés deviennent francs. Son regard reste rivé au mien quand elle ose un coup de langue sur un téton, j’approuve d’un sourire. L’encouragement muet la rassure, la bouche se referme sur la pointe de mon sein qui s’empresse de pointer, fier. C’est délicieux, je l’amène à pincer l’autre entre ses doigts, même réaction, c’est encore meilleur. Qu’elle se débrouille maintenant.

La belle s’attarde, je la fusille du regard, agacée par tant de retenue. Elle s’engage dans une multitude de baisers sur mon ventre, à l’orée de ma toison, c’est gentillet ; toutefois, j’ai envie d’autre chose. Sa langue investit mon nombril, m’incitant à encore un peu de patience, surtout qu’un doigt effleure ma fente d’un geste équivoque. Son regard ne me quitte pas.

C’en est trop, je ne veux pas me contenter d’une petite branlette maladroite. Axelle a été trop loin pour reculer, ma main sur sa tête l’oblige à descendre, sa résistance ajoute à mon excitation. Si elle n’avait pas envie, rien ne l’empêcherait de se dégager. Non, elle veut être dominée, sans doute pour justifier son propre désir.

– Lèche-moi !

L’ordre claque dans la chambre, ma main ne lâchera sa prise que mon plaisir assouvi. La langue lisse mon intimité de bas en haut. Je suis au supplice.

– Mets la dedans.

Axelle s’invite dans ma moiteur, ce n’est pas trop tôt. Au plissement des yeux, je devine que l’amertume de mes sécrétions la surprend, ça rend l’instant plus jouissif encore. Mes doigts enfoncés dans sa tignasse, elle ne peut plus m’échapper. La langue commence à se mouvoir, si maladroitement que c’en est meilleur. Ses doigts cherchent mon clitoris dans l’espoir d’une délivrance rapide.

Non, je refuse une conclusion aussi banale, pas question de la laisser s’en tirer à si bon compte, ce moment m’appartient. Je m’installe à califourchon sur sa bouche pour la dominer, physiquement et moralement, au risque de tout perdre. Tant pis, cette putain d’excitation devient torture.

Axelle n’aime pas le goût particulier de mon intimité, mais elle n’a d’autre choix que de faire avec, l’entendre déglutir augmente mes sensations. La bouche en ventouse, la langue me fouille, me comble, sa seule échappatoire est de me faire jouir, je tire un malin plaisir de la situation. Le temps s’arrête.

Enfin, après avoir repoussé l’inéluctable plusieurs fois, sentant qu’Axelle prend du plaisir à m’en donner, je me laisse aller. Penchée en avant, je lui offre mon bouton sensible qu’elle s’empresse de taquiner, la sollicitation m’entraîne irrésistiblement vers le point de non-retour. C’est fort, violent, j’ouvre les yeux sur un orgasme puissant avant de ne plus rien voir.

 

♀♀
 

J’ai joui, aucun doute, des circonstances davantage que du cunnilingus malhabile, peu importe, seul compte le résultat. Axelle entretient le contact, ébranlée, tiraillée entre la fierté de m’avoir donné du plaisir et la remise en question de ses certitudes d’hétéro. Elle a le choix contrairement aux détenues, alors faire l’amour à une femme jusqu’à l’amener à l’orgasme la dérange.

Mes mains se portent par réflexe à sa poitrine, puis ma bouche. Elle ne me repousse pas, je gobe une aréole, le téton trahit bientôt un nouveau désir. Je vais la faire durer cette fois, m’accaparer chaque parcelle de ce corps épanoui, la tuer de plaisir, l’amener à me supplier de l’achever, m’abreuver de son miel à la source jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une goutte.

Christelle nous observe, adossée au chambranle de la porte, elle va se masturber en me voyant brouter le minou de la surveillante en chef.

 

♀♀
 

On se sépare sur un score de parité, deux orgasmes partout, Axelle semble y prendre goût. Le plus déstabilisant, c’est l’instant d’après. D’habitude au bloc A, chacune remet ses fringues en vitesse, retourne sur sa couche, ou à la limite se laisse aller au sommeil contre l’autre, baiser sert de soupape contre un trop-plein de pression provoqué par les conditions de vie. Quand deux détenues ont la chance de partager des sentiments et la même cellule, l’administration leur colle une troisième dans les pattes.

Cette fois, je découvre une tendresse inhabituelle, la volonté affichée de prolonger la communion. C’était comment à l’extérieur ? Je ne sais plus, sans doute pas assez bien pour marquer ma mémoire au fer du souvenir impérissable. La proximité d’Axelle tend à me rendre l’envie des belles phrases, elle m’inspire. Il n’y a ni combinaison rouge ni uniforme noir dans cette chambre, uniquement deux femmes qui viennent de se donner l’une à l’autre. Il n’y avait aucune tension à évacuer, juste un désir commun à satisfaire, conséquence d’un respect mutuel.

Je pourrais me glorifier d’avoir soumis une surveillante en chef du pénitencier pour femmes de Nantes à mes caprices de petite gouine, de la savoir désormais sexuellement dépendante d’une détenue, ce serait trop glauque.

 

♀♀
 

Le sommeil me tombe dessus aussitôt rentrée en cellule, je suis crevée, peu importe. Il me tarde déjà de retrouver Axelle dimanche prochain, rien d’autre ne compte.

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