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Chroniques pénitentiaires d'une rebelle 1

Chapitre 10

Lesbienne

10 Je veux tout

 

– Désolée, Marvault, je dois la reprendre.

C’est la première fois qu’une matonne s’excuse, ça ne rend pas la chose plus facile. Je lui tends les quatre feuillets, les larmes aux yeux.

– J’espère que vous en recevrez bientôt une autre, ajoute-t-elle en refermant la porte de la cellule.

Hier samedi, j’ai enfin reçu un mot de maman, accompagné d’une longue lettre de ma sœurette chérie, fière de passer en CM2 à la rentrée ; l’écriture travaillée rappelle les dictées que je l’obligeais à faire.

Malheureusement, l’interdiction de garder des effets personnels s’applique aussi au courrier. J’ai eu de la chance quelque part, en pleine semaine, le temps m’aurait manqué de la relire une dernière fois ce matin. Une maigre consolation en réalité, ma perception du monde change après des mois d’enfermement. C’est difficile de parler de vision car on ne peut avoir qu’une vague idée de la vie à l’extérieur, j’ai perdu la notion du temps, sauf qu’aujourd’hui c’est le dimanche 31 juillet pour tout le monde. J’en ai raz le bol d’échafauder des hypothèses.

Et si nous, révolutionnaires, étions à côté de la plaque ? Et si le destin de l’humanité était l’anarchie, le chaos ? En quoi l’ordre imposé serait meilleur que le nihilisme prôné par des philosophes du 19ème siècle ? Royauté, dictature, démocratie, même carnaval, on n’a jamais vu un dirigeant sacrifier son bonheur à celui des gens dont il a la charge. Le peuple reste le peuple, corvéable à merci, assujetti, infantilisé pour permettre à une poignée de s’enrichir toujours davantage, l’histoire nous l’enseigne, ça devrait être la matière principale à l’école.

Parfois, de plus en plus souvent, je m’imagine ermite sur une île déserte connue de ma seule ma petite Manon, où elle viendrait me visiter de temps en temps. On passerait la journée sans parler de rien, du moins rien de sérieux, à se gaver de fruits sucrés, à se promener sur le sable fin, à se baigner dans les eaux limpides d’un lagon bleu vert. Puis, après une nuit à rire, elle s’éloignerait à bord d’un esquif creusé dans le tronc d’un robuste baobab. Je rentrerais dans ma hutte, évacuer le vague à l’âme dans l’écriture et me saouler de vin de baies sauvages jusqu’à son prochain passage.

Christelle, en véritable amie, se charge seule du nettoyage de la cellule, pas très sale il est vrai, j’ai la tête ailleurs. Les portes seront bientôt déverrouillées, on se mettra en rang dans les coursives sur les deux étages du bloc A, il ne sera plus temps de se complaire dans des pensées négatives, l’émotivité est synonyme de faiblesse, pas seulement en taule. Les matonnes réclameront un silence qui ne sera que partiel, les détenues continueront à murmurer les rumeurs du jour ; enfin, le long serpent rouge étirera ses cent-cinquante anneaux en direction du réfectoire.

 

♀♀
 

Brioche dominicale, le moral remonte à peine sur l’échelle de la misère morale. Le nouveau rôle de la coiffeuse anime toutes les conversations ou presque, jamais elle n’a eu autant de demandes en une journée. L’intéressée s’en amuse, tant mieux. J’ai le sentiment d’avoir accompli un acte important pour mes compagnes de misère, même si aucune ne connaitra mon rôle dans cette histoire à part Christelle. Peu importe, le fait d’imaginer ces foufounes rafraîchies me suffit, je préfère ça à l’épilation intégrale.

– Maillard, Marvault, estimez-vous heureuses, pas de corvée aujourd’hui.

Putain non ! Pourquoi ? C’est évident, Axelle s’en veut d’avoir cédé à la tentation la semaine dernière, une détenue dans le lit de la surveillante en chef, ça fait désordre, elle ne prendra jamais le risque de succomber une deuxième fois. Dommage, c’était bien, mais je refuse de subir les conséquences d’un choix autre que le mien. Cat me dévisage, un sourire plein d’espoir aux lèvres. J’ignore cette dernière, la nouvelle incarcérée depuis trois jours fera l’affaire, encore une blonde, pas une beauté fatale, cependant, la timidité ajoute à son charme. D’autres l’ont repérée, j’ai intérêt à me bouger.

– Va la voir, susurre Christelle par dessus son bol de café.

Ça me fait chier d’abandonner ma complice, mais la nature commande, du moins la mienne, pas question de résister à l’appel de la chair. Je m’empresse de changer de table après avoir débarrassé mon plateau. Sa codétenue assise près d’elle accepte gentiment de se pousser. La remise en place de Laval, ma métamorphose physique, l’acharnement supposé de la surveillante en chef à mon encontre, l’exploit contre Vallin ajouté à une réputation de révolutionnaire, tout cela marque les esprits. Dommage que j’aie si peu de penchant pour le culte de la personnalité.

– Salut, moi c’est Louise.

Le regard bleu vacille, elle ne s’attendait pas à un assaut aussi direct. L’attribution de la cellule ne doit rien au hasard d’après la surveillante en chef, par raison de sécurité ; il y a peu de chance que l’oie blanche se retrouve enfermée avec des obsédées. Par contre, elle a des yeux et des oreilles, un minimum de neurones en état de marche, comment ne pas se douter de ce qui attend chacune d’entre nous à son arrivée. L’enfermement a souvent des conséquences sur les comportements qu’on pense inimaginables dehors, voici le moment d’ouvrir les yeux.

– Julie.

– Sans indiscrétion, t’es là pour quoi ? Laisse tomber, rien ne t’oblige à répondre.

La séduction m’amuse davantage que la drague, je refuse d’endosser le costume du mâle de remplacement, d’autres le font mieux que moi. Non, j’assume le fait de coucher avec des nanas comme le ferait une lesbienne véritable, d’y prendre du plaisir. Phase ou révélation, peu importe, ça durera ce que ça durera.

– J’ai mis le feu à la boutique de mon patron.

– C’est malin, t’es au chômage maintenant.

La dédramatisation par l’humour, je tiens l’idée de Christelle, ça fonctionne ma foi, du moins d’habitude.

– Je travaillais en alternance chez un boulanger, il passait son temps à me harceler.

Mouais ! Avec moi, le salopard se serait vu affublé de tous les noms d’oiseaux de la littérature populaire.

 

♀♀
 

Couac à la sortie du réfectoire, une inconsciente nous a enfermées dehors. Les rares sportives qui faisaient de l’exercice pendant la promenade sont calmées par la canicule, tout juste s’accordent-elles un tour de la cour à pas lents, la plupart profitent de l’ombre du mur, agenouillées ou assises sur le sol, on se serre au fur et à mesure que le soleil gagne du terrain, comme des otaries entassées sur une plage se pressent les unes contre les autres à l’avancée de la marée haute. C’en serait presque comique si ce n’était pas aussi désagréable, tous ces corps accumulés provoquent de la chaleur.

– Désolée mesdames, mettez-vous au frais à l’intérieur.

Enfin ! La seconde matonne de service vient de s’attirer la sympathie de la majorité, du coup, ça redevient enfin respirable dehors. Julie, assise en tailleur face à moi, reprend une couleur naturelle, pâle pour une blonde.

– Tu devrais demander une dispense de sortie à la toubib, et une crème pour ta peau. Ça va vite devenir intenable.

– On m’enverra promener.

– L’administration pénitentiaire prête beaucoup d’attention à la santé des détenues, question de rendement. Tu devrais essayer, ça ne coûte rien.

– Une surveillante pourrait me faire une dispense ?

Holà ! arrête de paniquer, petite demoiselle, je viens de dire que... Merde ! J’ai oublié le grand jeu de la toubib le jour de la vaccination, ses codétenues l’ont prévenue, de quoi effrayer une non initiée.

– Sois tranquille, c’est juste de la provocation, elle fait ça à tout le monde.

– Oui, je vois bien comment certaines me regardent, pas besoin d’avoir fait beaucoup d’études. Je suis obligée de coucher avec une de ces femmes pour avoir la paix ?

Julie a oublié d’être bête, c’est certain. Je me sens conne, conne et surtout misérable d’avoir voulu profiter de sa naïveté, la claustration ne justifie pas tout. J’ai désormais un statut au bloc A, autant le faire valoir.

– Non, viens me trouver s’il y en a une qui te dit le contraire.

Le visage s’éclaircit sous l’épaisse tignasse blonde coupée court, les convictions font de la résistance au début.

– Pourquoi elles agissent comme ça ?

Punaise, mon truc c’est l’histoire, pas la psychologie.

– Tu as un petit copain dehors ? Tu couchais avec ?

– On peut se toucher soi-même, je comprends, surtout après des années, mais « le » faire avec une autre fille, beurk, c’est dégueulasse. J’oserai jamais.

Mouais, on en reparlera dans quelques temps.

– La plupart ne couchent pas ensemble car elles sont lesbiennes, elles ont simplement besoin de rapports humains, le sexe en fait partie.

C’est d’ailleurs tout ce qui reste à la beaucoup ; les sourcils froncés, Julie réfléchit, preuve qu’elle est vivante.

 

♀♀
 

Ô surprise ! La blondinette débarque dans notre cellule après le déjeuner, poussée par le besoin de discuter un peu ; la main tendue comme à la terrasse d’un bistrot surprend ma complice.

– Je m’appelle Julie.

– Et moi Christelle, répond celle-ci abasourdie en acceptant le geste amical.

Sans gêne, la visiteuse se pose sur la chaise. Sa timidité ? Déjà de l’histoire ancienne, on sent la nana curieuse de comprendre l’univers dans lequel un juge l’a précipitée, par manque de compassion certainement, ou par solidarité masculine envers le boulanger. Que ce salopard abuse de sa position n’a choqué personne, que la pauvre ait tenté à plusieurs reprises de porter plainte n’a servi à rien, cinq ans pour incendie volontaire, et au pénitencier comme elle a osé critiquer la sentence en public à l’audience. C’est vache, c’est la triste réalité de l’existence en 2061.

– Il parait que t’as distribué des tracts contre le gouvernement. Quel courage ! Nous, au lycée professionnel, on parlait souvent de faire quelque chose, des copains ont même tagué des murs une nuit. Les flics ont renforcé les patrouilles, alors ça s’est calmé. Tu y crois, toi, à la révolution ?

– Ce ne serait pas un mal, le concept de la révolution perpétuelle.

L’intervention me surprend, c’est la première fois que Christelle aborde le sujet que j’évitais afin de ne pas la mettre mal à l’aise.

– C’est quoi cette histoire ? Je connais la révolution permanente de Karl Marx, mais la révolution perpétuelle...

– Rien n’est acquis, soupire la copine en s’asseyant sur sa couche les mains croisées sous le menton, le meilleur des systèmes sera dévoyé un jour ou l’autre. Les Français en ont déjà fait les frais plusieurs fois, non ?

Exact, comme les voleurs ont toujours un coup d’avance sur la police, certains savent malheureusement détourner les institutions à leur profit, quelles que soient les mesures de protection mises en place.

– Comment tu ferais ?

Julie suit l’échange bouchée bée, arbitre d’un match de tennis surréaliste dans lequel je me contente de renvoyer la balle.

– Imagine une révolution qui ne s’arrête jamais, que le peuple reprenne les affaires en main à intervalles réguliers, sans laisser quiconque s’installer durablement aux postes clés, avec une assemblée constituée de nouveaux élus à chaque fois. Aucune exception, aucun passe-droit, sans terreur mais sans faiblesse. Au lieu de voter pour une clique de politiciens dont on sait qu’ils deviendront véreux un jour ou l’autre, on fait le ménage. Mieux vaut des amateurs honnêtes que des professionnels pourris pour gérer le pays. Du moins, c’est mon avis.

Et tout ce petit monde payé au salaire minimum, ils ont assez d’avantages pour tenir le temps d’un mandat. Oh merde, Christelle, ça valait le coup de subir tout ça rien que pour te connaître. La révolution perpétuelle, une refonte permanente de nos droits et de nos devoirs pour tirer cette putain de société de l’enlisement, un Comité de Salut Public sans cesse renouvelé avec des amateurs éclairés qui ne font pas de la politique un métier pour le profit, tu m’épates, je suis fière d’être ton amie.

 

♀♀
 

Christelle vient de bouger, poussée par le besoin de se dégourdir les jambes après des heures de débat aussi constructif que passionné. Elle a caressé gentiment ma joue avant de quitter la cellule, un geste maternel souligné d’un prometteur « On y arrivera, ma belle ». Je nage dans le bonheur, c’est con de le dire vu les circonstances présentes ; pourtant, l’espoir me transporte. Ces cinq ans ne seront pas perdus, on peut apprendre en taule, il suffit d’ouvrir son esprit et ses oreilles, de tomber sur les bonnes personnes aussi, l’expérience me servira de tremplin.

Julie me sourit, estomaquée par ce qu’elle vient d’entendre ; la misère sociale n’est pas une fatalité, surtout quand on vient d’un milieu défavorisé. Je sens en elle la volonté de faire bouger les lignes, un peu pour son confort personnel, mais surtout pour avoir le sentiment de servir un idéal, de se savoir partie prenante d’une cause dont l’intérêt nous dépasse. Révolutionnaire en herbe ou simplement désireuse de corriger l’injustice dont elle a été victime ? Qu’importe, elle sera sans aucun doute des tagueurs la prochaine fois, le renforcement des patrouilles de flics ne l’effraiera plus.

– Qu’est-ce qu’elle faisait dehors ?

– Commissaire de police à la brigade criminelle.

C’est marrant, je n’ai plus envie de voir en Christelle une vulgaire fliquette obnubilée par la répression, ce qu’elle n’a jamais été d’ailleurs.

– J’aimerais être en cellule avec vous !

L’admiration dans son regard me dérange un peu, il est temps de calmer la nouvelle avant qu’elle nous fasse remarquer.

– Pas si sûr, on couche ensemble, tu pourrais être tentée.

Déglutition difficile, éclair de panique dans les yeux bleus, rosissement des joues, un reste d’éducation fait de la résistance. La soumission à l’homme est une constante dans les quartiers populaires, l’homosexualité féminine considérée comme une aberration, la remise en cause de l’ordre établi depuis l’aube des temps. Bien sûr, les lesbiennes ont le droit de se marier entre elles, d’adopter des enfants et même d’en faire avec la procréation médicalement assistée ; toutefois, les acquis du 20ème siècle ont encore des détracteurs, plus virulents au fur et à mesure qu’on dégringole de l’échelle sociale.

Julie descend la fermeture de sa combinaison lentement, sans trembler, le zip devient assourdissant dans le silence de la cellule dont la porte béante sur la coursive incite à se rincer l’œil. Le visage fermé reflète l’acceptation de l’inéluctable, de la plus implacable des lois au pénitencier, on n’obtient rien sans contrepartie, jamais, ce serait un signe de faiblesse que je ne peux pas me permettre. Elle le sait malgré son manque d’expérience de la vie en détention, par instinct. La blondinette possède les qualités nécessaires à la survie, c’est une évidence.

 

♀♀
 

La poitrine menue m’interpelle, on dirait presque celle d’un mec. Les tétons saillants dans les minuscules aréoles roses sont la seule touche féminine du tableau. La combinaison rouge glisse sur le ventre plat, les hanches très larges en amphore résistent, le vêtement finit par achever sa chute. Les premiers poils blonds apparaissent au-dessus de la culotte qui s’envole à son tour, une visite à la coiffeuse pour arranger l’épaisse broussaille sur le pubis ne serait pas du luxe.

Oubliées les certitudes annoncées dans la matinée, Julie attend inerte, prête à s’offrir en sacrifice. Ça me dérange, hors de question d’abuser de la situation, je reste de marbre malgré la tentation de la déniaiser. Alors, encore plus lentement que pour elle, histoire de se donner peut-être une dernière chance de faire marche arrière, elle me déshabille prudemment, mais sans trembler. Le regard vide, inexpressif, m’empêche de ressentir la moindre excitation, la pauvre n’a aucune envie de baiser, encore moins avec une femme, elle va le faire quand même.

Statu quo dans la cellule, Julie observe mes atouts, en se demandant comment s’y prendre ; elle a raté les petits jeux entre copines au lycée, ou les mecs ne lui en ont pas laissé le temps de profiter d’exercices pratiques au cours desquels la volupté se révèle. Je suis prête à l’envoyer chier tellement la situation m’énerve, quand elle ose poser une main sur ma poitrine. Enfin !

– Ils sont beaux, tes seins.

Je vais finir par croire que c’est la vérité à force d’entendre ce compliment. Petit à petit l’attouchement devient caresse malhabile, on va entendre l’appel du soir avant d’arriver aux choses sérieuses à ce rythme, à ce manque de rythme plutôt. J’écarte les jambes, espérant l’amener à comprendre les règles élémentaires du jeu. Merde ! On est foutues pareilles, c’est facile. T’as bien dû te tripoter le minou au moins une fois dans ta misérable existence !

Oh-oh ! Julie s’agenouille devant moi. Décidée à m’accorder une petite masturbation salutaire ? En embrassant mes seins qui sait, ce serait le pied, j’adore la sensation d’une langue sur mes tétons, les sentir bander dans la bouche d’une nana. Ce n’était pas le cas avec les mecs, c’est marrant de voir comment les stimuli changent selon qu’on couche avec l’un ou l’autre. Quelque soit son choix, je saurai m’en satisfaire.

J’attendais une branlette, la tête glisse entre mes cuisses. L’énorme surprise me laisse pantoise, la moindre réaction de ma part briserait l’enchantement. Elle veut me brouter le minou ? Sans doute pas, mais elle va le faire quand même, comme un rite de passage, un bizutage indispensable. J’ai ressenti la même chose, peut-être qu’elle aussi y prendra goût. Peu importe, c’est son problème, pas le mien.

La langue remonte le long de ma fente. C’est agréable sans plus, la léchouille trop superficielle risque de faire retomber mon excitation. Je lui ouvre mon intimité afin de l’amener à s’appliquer. Julie n’a plus le choix, elle fouille ma grotte, ça devient bon, je me mets à l’affût du clapotis de la langue en moi tellement je suis humide. Se sachant observée, elle n’ose pas grimacer de peur de me décevoir.

 

♀♀
 

On est loin de l’apothéose ; cependant, le petit plaisir a fait retomber la tension. Julie me dévisage, en attente du verdict, les bras ballants, on dirait une étudiante ni heureuse ni inquiète de l’examen d’entrée dans une nouvelle classe, consciente d’avoir donné son maximum. Elle a raison, il fallait oser mettre la langue là où plein de nanas refusent de mettre simplement le doigt. La bouche maculée de mes humeurs brille au soleil par la lucarne, ça me fait rire.

– Tu devrais t’essuyer, t’en as partout.

Elle le fait, toujours sans montrer d’émotion. Je pourrais lui demander de se rhabiller, mais j’ai envie de profiter un peu de ce corps inconnu.

– Je vais voir si tu peux changer de cellule, c’est sans garantie.

D’abord, il faudrait convaincre Christelle, c’est pas gagné. Bon ! On en est où, nous. Julie se contracte à ma première caresse, beaucoup moins à la deuxième, la troisième la détend pour de bon. Je sais par expérience que la qualité de son séjour dépend du plaisir qu’elle tirera de l’expérience. Sa bouche sent mes humeurs, je me risque à l’embrasser. Elle me rend mon baiser après un court instant d’hésitation. La violence de sa langue contre la mienne prouve l’innocence, pourquoi les novices imaginent que c’est différent entre nanas ?

 

♀♀
 

On roule sur la couchette, je prends le dessus. Mon regard est une nouvelle fois attiré par les seins minuscules, fascinants, des œufs au plat dans le langage imagé des ados, qui sont pour moi d’un érotisme fulgurant. Je les prends dans ma bouche tour à tour, en mordille les pointes, les lèche avec tendresse, la sensibilité de Julie me réjouit. Elle se met à onduler mollement.

Mon attention se répand comme un feu de brousse, désordonné, imposant, soucieux de tout ravager sur son passage. Toutes les nanas sont belles sitôt qu’elle s’abandonnent avec sincérité, je découvre minutieusement ce corps, le couvre de baisers par ci et de coups de langue par là, m’enivre de ses fragrances les plus subtiles. Rien ne m’échappe, on a le temps. Lascive, la blondinette s’en remet à moi, j’accepte la patience, elle ne presse aucun de mes gestes.

Enfin, certaine que Julie n’attend plus que cela, je soulève son bassin sans efforts. La tête et les épaules sur le lit, elle plie comme un jeune roseau tendre, et s’autorise un léger grondement quand mes doigts lissent sa fente sous la broussaille blonde, aussitôt marqués de son empreinte humide, prête, offerte sans pudeur. J’ai soif de sa liqueur, j’ai faim de ses chairs.

Je la butine tout doucement, comme un papillon hésitant sur une fleur inconnue. Julie mord sa lèvre inférieure, une silencieuse acceptation de son sort. Il ne s’agit pas pour moi de simplement la baiser, je veux lui offrir un souvenir impérissable. Tandis que ma langue s’égare dans la grotte moelleuse, j’investis le vagin d’un doigt. Elle est si serrée que j’hésite à en mettre un deuxième.

Crochetant mes phalanges en elle, je déniche le moindre secret de la vulve sensible. Julie pourrait simuler, les contractions du vagin prouvent le contraire. Elle entreprend soudain de manipuler son clito. J’ai hésité à y mettre la langue, la petite m’a devancée. Le grondement se fait plus rauque dans sa gorge, elle souligne chacune de mes caresses de sons suggestifs, mais se refuse à crier.

Quand elle se laisse aller au plaisir, un « hummmmmmm… » s’éternise comme une complainte qui ne veut pas mourir.

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