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Citrus - Yuri

Chapitre 3

Lesbienne

3 Le festival

 

Maman ou belle-maman, Nuriko préférait la première option moins solennelle. Yuzu approuva, la tradition allait pour une fois dans le bon sens ; de son côté, Mei acquiesça d’un large sourire, satisfaite.

– C’était délicieux, vraiment.

– J’espère, il m’a fallu l’après-midi pour tout préparer.

Les effluves de cuisine provenaient d’habitude des plats livrés ou achetés au coin de la rue. Sous le charme, la jeune fille flatta la main de la nouvelle épouse de son père. La tutoyer était facile, l’appeler maman viendrait avec le temps.

– Tu m’apprendras à faire le ramen ?

– Bien entendu, gloussa la mère de famille ravie. La recette n’a rien de compliqué, il faut juste de la patience.

Nurikoavait passé la semaine à penser aux possibles réactions de Mei, de la jalousie à l’indifférence, ou un rejet pur et simple ; mais non, la jeune fille supportait plutôt bien l’installation d’une belle-mère et d’une demi-sœur dans la maison qui l’avait vue naître. L’apparente froideur du week-end dernier avait disparu au profit d’une bonne humeur contagieuse.

– Ça ne te ressemble pas de rester silencieuse, Yuzu. Des soucis ?

Cette dernière rassura sa mère d’un signe de tête. La raison de son étonnement ? Voir Mei aussi sereine, détendue, loin de sa rigidité coutumière. Les responsabilités à la fac et la présidence du bureau des étudiantes l’obligeaient peut-être à se composer un autre visage en public, un masque. Elle décapsula la bière blonde d’un coup fourchette avant de tendre la canette à son aînée.

– T’en veux une ?

Mei accepta sans hésiter. Souvent seule dans la grande demeure au cœur du quartier résidentiel de Kyoto, il lui arrivait de boire jusqu’à l’excès pour contrecarrer l’ennui mortel du week-end, les dimanches servaient à récupérer. Évidemment, personne ne connaissait son petit vice caché.

– Merci. T’as le coup de main.

– Ouais, un peu, maman m’a appris. Je suis plus douée au décapsulage de bière qu’à la cuisine.

Nuriko sourit, personne ne viendrait lui reprocher son laxisme vis-à-vis de la loi qui interdisait la consommation d’alcool aux moins de 20 ans. En fait, son bonheur était de surprendre la complicité entre les filles, un excellent présage.

– Mei, tu pourrais amener Yuzu au parc Maruyama demain, les jeunes aiment bien s’y retrouver. Moi, j’ai rendez-vous à Fukui pour signer mon contrat, un poste de pigiste au bureau local du journal Asahi.

Deux heures de voiture pour venir à bout des 152 kilomètres qui séparaient les deux villes, Nuriko risquait de rentrer tard.

– Ne m’attendez pas. Rassurez-vous, j’aurai tous mes week-ends.

 

♀♀
 

Les sœurs en avaient convenu, les rites de l’université Owada devaient rester secrets, de même que certains écarts de conduite. Cependant, rien ne pouvait empêcher Yuzu de penser, ou plutôt de fantasmer. Dans la baignoire à remous, l’image de la jolie Himeko revenait la hanter, et pas seulement son visage poupon. L’inimaginable évité de justesse par deux fois, ne restait que des regrets, une envie irrépressible de calmer cette foutue excitation qui la minait depuis le bizutage.

– Je peux ?

Le sourire attendrissant de Mei dans l’entrebâillement de la porte désarma la jeune fille, lui opposer un refus aurait été idiot.

– Bien sûr.

La sœur, ce mot sonnait merveilleusement bien à l’oreille de Yuzu, se débarrassa de son kimono et se fit une place dans la baignoire. La tension de la semaine passée à la fac avait disparu.

– Tu crois que des nanas couchent ensemble à l’université ?

La question directe surprit à peine Mei. Sa cadette pouvait se montrer grande gueule, révoltée, rêveuse au point d’en oublier parfois les tristes réalités et les énormes attentes de la société nipponne, tout cela n’enlevait rien à sa vive intelligence, à son sens aigu de l’observation. D’ailleurs, c’était bien ce qui effrayait Harumi. Sa copine craignait d’être dépassée, de perdre son pouvoir basé sur la crainte.

– C’est un rite de passage en première année, les anciennes prennent les nouvelles en main. Il s’agit surtout de brimades, d’une incitation à se rapprocher de leurs camarades de promotion. Après, ça arrive ou pas, personne ne les oblige.

Mei préféra fuir le regard de sa sœur. Jamais Harumi n’avait été aussi pressante avec des étudiantes depuis sa nomination au bureau, excepté pour l’amener du côté obscur du désir, l’initier au sadomasochisme plus ou moins hard. Elle avait profité de sa faiblesse, de sa solitude, et l’avait modelée en esclave obéissante.

– Tu dois te méfier, la vice-présidente a jeté son dévolu sur toi. Je la connais, rien ne l’arrêtera avait d’avoir obtenu satisfaction, ça risque de ne pas te plaire.

La voix tremblotante reflétait la peur, Yuzu frissonna en remarquant des zébrures sur les jambes relevées de sa demi-sœur.

– Cette salope te frappe ?

– C’est superficiel, blêmit Mei tiraillée, on y prend du plaisir.

Il fallut une minute de réflexion à la jeune fille pour comprendre.

– Alors vous deux... Elle te domine, tu te soumets, et vous prenez votre pied comme ça. Excuse-moi de trouver ça bizarre, carrément dégueu. T’as jamais pensé à la larguer ? Trouve-toi une copine sympa, installez-vous à Tokyo où on vous foutra la paix.

La capitale administrative, très cosmopolite, servait souvent de refuge aux gays et aux lesbiennes. Les rapports homosexuels entre adultes étaient légaux au Japon, malheureusement, aucune loi ne condamnait l’homophobie.

– Ce n’est pas si facile.

♀♀
 

La station de métro Higashiyama servait de plaque tournante aux amateurs venus en nombre assister au Hanami, parfois de très loin, hors des frontières ; l’anglais devenait presque la langue officielle.

– Ils sont cools les touristes, mais à quoi bon nous piquer l’espace pour déplier leurs foutues cartes, tout le monde sait qu’ils veulent aller au parc.

La remarque d’une franchise absolue fit sourire une mamie de retour du marché, Mei en revanche éclata d’un rire sonore.

– C’est pareil chaque printemps, le cerisier pleureur au centre du parc devient la plus grande attraction de Kyoto. Il faut le voir au moins une fois dans sa vie.

Craignant un mouvement de foule, Yuzu s’accrocha au bras de sa sœur. À trop rêver pendant le trajet, elle en avait oublié de prendre des repères. Les jeunes filles gagnèrent l’entré du parc Maruyama prise d’assaut, où les visiteurs affamés se pressaient devant les stands des marchands de sardines grillées et de boulettes de poulpe frites. La cadette soupira, rassurée.

– Bien vu d’amener notre bouffe, je nous imagine pas faire la queue.

Pour la première fois depuis longtemps, Mei se sentait vivre, prise d’une irrépressible envie de profiter de l’instant sans se poser de questions, des suivants aussi. Elle entraîna Yuzu à l’ombre d’un sakura entouré d’une corde maintenue par des piquets.

– On a le droit ?

– Normalement non, mais tout le monde s’en fout aujourd’hui. La police vérifie qu’il ne reste aucun déchet au pied des arbres, c’est tout. On peut même se taper des bières, à condition de ne pas nous saouler. Les marchands n’ont pas le temps de vérifier les cartes d’identités de toutes façons, et il y a des touristes qui ont le droit de boire de l’alcool à 18 ans, les Français par exemple. J’aimerais aller à Paris en vacances. Papa est d’accord, tu penses que maman nous laisserait partir ?

La tirade digne d’un discours démontrait l’euphorie de Mei. Yuzu fusilla du regard les jeunes hommes qui s’apprêtaient à passer sous la corde pour les rejoindre, moins captivés par l’observation des cerisiers que par l’opportunité de draguer. Le jeu ne valait pas le risque de se faire interpeler, les apprentis séducteurs allaient laisser tomber quand un aboiement les rattrapa.

– Eh les mecs ! Vous avez un pack de bières à vendre ?

 

♀♀
 

Deux bières chacune dans l’après-midi, les autres offertes à des nanas de passage, il en aurait fallu davantage. Sur le chemin du retour, Mei avait acheté trois pièces de bœuf de Kobe ; leur mère serait contente d’avoir un délicieux morceau de viande à se mettre sous la dent en rentrant. Le vin venait de la cave du père, un grand cru dont Yuzu abusa, au point de se sentir légère, libérée.

– Comment ça se passe entre nanas ? Avec les mecs, je sais, j’ai déjà maté des films porno sur Internet. J’imagine qu’elles se contentent pas de se lécher la fente.

Il n’y avait souvent rien d’autre à voir que des coups de langues superficiels, rapides, des sollicitations trop directes des clitoris. Dans la vraie vie, aucun véritable plaisir à attendre de ces quelques attouchements appelés à tort caresses.

– C’est bien plus profond, au sens propre comme au figuré. Et puis on a des doigts, il n’y a pas que le cunni...

– Le quoi ?

Le mélange d’insolence et de naïveté troubla Mei, elle n’aurait jamais dû permettre à sa sœur de boire autant.

– Le cunnilingus, c’est quand tu lèches un minou, l’intérieur est hyper sensible. T’as déjà fouillée ta vulve avec un doigt avant de te l’enfiler, et bien une langue, c’est encore meilleur. On s’embrasse aussi, on se caresse partout, on se masse corps contre corps. Une nana peut jouir de plein de façons différentes.

Ce que sa sœur venait de dire ressemblait à une promesse, le plus merveilleux des programmes pour passer la soirée. Maintenant, insister dans cette voie risquait d’avoir l’effet inverse de celui voulu, à moins de trouver le carburant adéquat. Elle remplit deux verres de saké, Mei essaya de la retenir.

– Ce n’est pas raisonnable.

– Rassure-toi, j’ai pas envie d’être saoule ou malade. J’ai lu quelque part que l’alcool à petites doses est un relaxant.

 

♀♀
 

Après le bain, Yuzu s’était naturellement invitée dans la chambre de sa sœur. Le mot bien en vue sur la table de la cuisine, « Ne pas déranger », devait empêcher leur mère de se montrer trop curieuse. Nuriko vivait avec son temps, sensible au besoin de liberté de la jeunesse, elle respecterait leur intimité.

– Tu fais quoi ?

Mei s’attendait à regarder tranquillement la télé, sa cadette blottie contre son épaule ; une émission de variétés aurait pu les séduire, un reality show ou un film. À la limite, le sommeil les aurait surprises, abruties par la richesse de leur première journée ensemble. La nuit aurait scellé un avenir radieux au sein d’une famille recomposée, la certitude de ne plus jamais ressentir le poids de la solitude.

Le regard de Yuzu gagnait en profondeur, son kimono glissa sur des épaules rondes. Mei, incapable de réfléchir, admira le tableau, le cou gracile, les seins merveilleusement galbés, les aréoles sombres, le ventre plat percé d’un nombril profond, la taille fine, les hanches à peine évasées, et cette toison peu fournie de poils lisses qui laissait deviner la volonté de mettre la fente en valeur.

– Tu me fais quoi, là ? répéta d’une voix éraillée la jeune fille plus troublée qu’elle n’aurait voulu l’admettre.

Complètement désinhibée, perdue dans la nébuleuse d’un désir inconnu, pressée de savoir, Yuzu chercha la bouche de sa sœur.

– Embrasse-moi.

La demande ressemblait à une prière, sans volonté de soumission ou de domination, Yuzu voulait découvrir les voies mystérieuses du plaisir, ressentir l’étrange volupté de l’amour, devenir une femme. Quoi de plus normal à 18 ans. Mei se surprit à apprécier la tendresse de l’instant présent. Trop tard pour éprouver des remords, il s’agissait d’éviter les regrets, elle prit la bouche offerte.

 

♀♀
 

Mei aurait pu se contenter d’embrasser Yuzu, de lui offrir en prime quelques caresses sur les seins pour assouvir sa curiosité, de soulager la tension accumulée par un plaisir superficiel du bout des doigts. Non, cette nana pleine de vie, cette sœur arrivée dans sa vie par hasard, méritait mieux qu’une simple branlette en guise de somnifère.

Alors Mei avait réveillé chacune des terminaisons nerveuses de la tête aux pieds, elle avait amené sa cadette à prendre conscience de son corps, elle lui avait révélé l’étendue de sa féminité. Elle l’avait poussée au comble de l’impatience, aux frontières de la folie, à se cramponner au drap, à la supplier.

Enfin, la jeune fille avait consenti à la gratifier de son premier cunni. Elle avait léché le fruit défendu, découvrant la vulve trempée, s’invitant dans les chairs roses luisantes d’une mouille délicieusement parfumée, alternant les coups de langue appuyés à l’entrée du vagin, plus légers sur le vestibule sensible.

Plusieurs fois Yuzu s’était sentie partir, prête au grand voyage. À chaque fois, Mei en avait décidé autrement, décidée à la tourmenter. Que ce tourment méritait d’être vécu au bout de la nuit, à l’infini. Puis, jugeant l’instant venu, sa sœur avait débusqué le clitoris saillant pour le masser du plat de la langue. Et là, rien n’aurait pu retenir le tsunami, ce plaisir intense qu’elle avait approché si souvent sans jamais l’atteindre. L’intensité de la jouissance s’était exprimée dans une longue plainte à peine audible.

 

♀♀
 

L’embrasser, Mei adorait prolonger ainsi la communion ; Harumi refusait toujours de lui offrir ce plaisir innocent. La profondeur du baiser, sa saveur particulière, laissa Yuzu incrédule. C’était le goût de sa mouille, et non, ça n’avait rien d’écœurant.

– La vache ! Quel orgasme ! C’est ton premier ?

Aucun doute, sa sœur voulait dédramatiser la situation. Pourquoi ? De la honte ou de la peur ? La jeune fille saisit un sein pointu, en apprécia la fermeté, agaça le téton pour le faire durcir. De son autre main, elle trouva la conque humide de désir, l’investit d’un doigt sans hésiter.

– Tu ne devrais pas..., gronda Mei ébahie.

– Chut.

Yuzu baisa sa sœur sans violence, lisant dans ses grands yeux la montée du plaisir, l’envie de s’abandonner, de savourer cette présence qui la comblait. Encore trop novice pour saisir les subtilités de son geste, elle dénicha le bouton de chair et le le taquina du pouce, jusqu’à l’issue improbable. Mei s’abandonna, heureuse.

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