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Citrus - Yuri

Chapitre 4

Lesbienne

4 Retour à la réalité

 

Incroyable mais vrai ! Ce n’était pas l’orgasme du siècle bien sûr ; cependant, Mei ne pouvait le nier, elle avait prit beaucoup de plaisir sous les doigts de sa petite sœur. Avec un naturel attendrissant, une sensibilité à fleur de peau, une délicieuse ingénuité, Yuzu s’était montrée moins égoïste que la froide Harumi, bien plus douce aussi. Révélation, simple hasard, envie passagère ou prise de conscience, il était certainement trop tôt pour tirer des plans sur la comète. Pourquoi un instant de bonheur entraînait-il toujours une justification psychologique ? Ce questionnement imbécile concernait-il uniquement les nanas ou aussi les mecs ?

– T’en fais une tête ce matin, remarqua Harumi de surveillance à l’entrée devant la grille, ton week-end s’est bien passé ?

L’internat fermé en fin de semaine, la charge de travail au bureau des étudiantes s’en trouvait allégée le lundi, excepté celui de la rentrée ; les sœurs avaient donc fait un bout de chemin à pied. Yuzu, dévorée par l’envie de savoir, avait abreuvé Mei de questions. Elle avait raconté ses terribles moments de solitude dans une maison vide, les absences à répétition d’un père qui refusait de prendre sa part de responsabilité dans les affaires familiales. Alors, peu importait l’absence de vocation, ses envies personnelles, la petite-fille devrait prendre les rênes de l’entreprise le jour venu, un sacrifice imposé soi-disant essentiel à la survie de l’empire Aihara.

– Trop bien.

– Mouais, grommela Harumi un peu jalouse de l’humeur de la présidente, ta frangine aussi à l’air sur un nuage, vous avez fait quoi ?

Pas question d’aborder les souvenirs intimes, Mei évoqua sans entrer dans les détails de leur folle nuit la gentillesse de sa nouvelle famille, le samedi au parc Maruyama, le pique-nique, puis le dimanche à cuisiner avec sa belle-mère et sa demi-sœur, le plaisir de mener enfin une vie normale, de pouvoir parler, de se savoir écoutée.

– Retombe les pieds sur terre, Mei, t’as des responsabilités. Le monde merveilleux des Bisounours n’existera jamais, sauf peut-être dans l’esprit ramolli de Yuzu. Ne laisse pas cette anarchiste bousiller ton avenir.

Harumi l’avait compris dès leur première confrontation, la petite sœur tombée du ciel représentait un danger.

– Je vais m’en occuper ce soir, cette garce a besoin d’apprendre la soumission. T’es avec moi ?

– Non !

La violence du propos fit se retourner une poignée d’étudiantes étonnées, Mei préféra baisser d’un ton.

– Fous-lui la paix ou c’est fini entre nous. Je suis sérieuse.

 

♀♀
 

– Eh bien, t’as l’air d’avoir passé un super week-end.

– C’est le cas, gloussa Yuzu rêveuse, une joue sur sa table.

« Oh oui ! Un week-end merveilleux, au point que je ne sais plus quoi en penser, ou plutôt à qui penser. C’est la cata. » La jeune fille se redressa, soulagée d’avoir su garder sa pensée secrète encore un peu.

– Et toi, ton rencard ?

Le sourire se figea sur la bouche aux lèvres fines, Himeko avait espéré échapper aux questions. Peine perdue, sa copine voulait les détails, tous les détails.

– Eh ! c’était une entrevue, pas un rencard.

– On s’en fout, raconte.

– Bin... Ils sont arrivés samedi un peu avant midi. De vrais snobs, je te promets. Dans la famille « m’as-tu vu », le père a passé un bon quart d’heure à parler de la bouteille de champagne qu’il avait ramenée pour l’apéro, du cépage, de la vinification. Mes parents l’écoutaient par politesse, moi pas du tout. Par contre, sa femme était en adoration, une véritable illuminée dans un sanctuaire shinto, une de ces bourgeoises qui passent plus de temps à se maquiller qu’à se laver. L’horreur !

– Et le mec, à quoi il ressemble ? Il est cool ?

– Bof ! Un grand échalas ni beau ni moche. Tu ne devineras jamais ce qu’a osé faire ce con. Quand maman est arrivée avec le champagne dans un seau à glace, il m’a servi d’autorité un verre de jus de mangue. Sans demander mon avis, tu te rends compte, avec un putain de sourire condescendant. Quel culot ! j’allais pas laisser un inconnu me dire ce que je devais boire ou ne pas boire dans ma propre maison.

À entendre Himeko se révolter contre la condition féminine exécrable dans le Japon moderne, à la voir si jolie en colère, Yuzu sentit sa poitrine se serrer.

– T’as fait quoi ?

– Devine ! Comme il avait pas encore bu, je lui ai refilé le jus de fruit et j’ai sifflé sa coupe de champagne cul sec.

– Oh merde ! J’aurais voulu être là. Et comment ça s’est fini ?

– Le père a serré les dents, la mère a failli nous faire une crise cardiaque. Il faut dire que la mienne ne s’en laisse pas conter. Enfin bref ! Je pense que papa a laissé tomber l’idée de me choisir un mari.

On aurait dit que madame Suzuki avait gentiment attendu la fin de la confession pour entrer dans la classe.

– Bonjour mesdemoiselles. Les souvenirs du week-end attendront, ouvrez vos livres à la page 143.

En douce sous le bureau, Yuzu colla sa jambe contre celle de Himeko. Cette dernière lui renvoya un clin d’œil complice.

 

♀♀
 

En une semaine, les jeunes filles avaient trouvé leurs marques à l’université Owada, elles avaient tiré les leçons d’une immersion parfois difficile dans un univers complexe ; l’internat pouvait vite devenir un enfer, surtout avec une responsable d’étage nommée Harumi Matsuda, capable de terroriser les étudiantes d’un simple regard. Yuzu aurait pu parler des travers de la vice-présidente, mettre l’accent sur son esprit tordu qui la poussait au sadisme, évoquer son goût immodéré pour l’usage de la badine, mais non, le temps du bain servait à la détente.

– Alors ! Comment ça s’est passé avec ta sœur ?

La question revenait naturellement sur le tapis, toutes attendaient les révélations de celle qui était censée savoir.

– Vraiment super. Samedi, on a pique-niqué au parc Maruyama, puis dimanche on a passé la journée à faire de la cuisine avec maman.

Ses camarades se moquaient de ce genre de détails, davantage inquiètes du regard de la présidente sur la nouvelle promotion que de son attitude dans sa famille recomposée, bonne ou mauvaise ; surtout, il fallait éviter certains détails de la vie intime de sa sœur, inutile d’ajouter à la confusion. Yuzu prit le temps de la réflexion, une exception qui en mit certaines au supplice.

– Mei est quelqu’un de bien. Si elle paraît froide, c’est à cause de ses responsabilités. Franchement, entre ses obligations familiales et son travail au bureau des étudiantes, il faut avoir les épaules solides pour supporter autant de pression à 19 ans. Je pensais pas dire ça après un seul week-end, mais je l’admire.

Yurika semblait moins convaincue. D’accord, Mei Aihara avait interrompu la séance de bizutage la semaine dernière, peut-être à cause de la présence de sa sœur, pour ne pas devoir rendre des comptes ensuite à leur mère.

– Mouais, elle laisse quand même la vice-présidente faire de nous ses jouets, j’espère que ça n’ira pas plus loin.

Yuzu inspira profondément.

– Mei m’a assuré qu’on n’a rien à craindre, je la crois. Les anciennes nous asticotent, c’est la tradition, il faut laisser passer l’orage.

La retenue inhabituelle de leur camarade en laissa plus d’une pensive, la porte de la salle de bain s’ouvrit sur un silence circonspect.

– Très bien, mesdemoiselles, il est temps de regagner vos chambres. Je vous souhaite une bonne nuit.

Harumi disparut aussi vite qu’elle était arrivée, sans éclat ni tapage. Le passage éclair de la vice-présidente troubla les jeunes filles.

 

♀♀
 

Leur domicile trop éloigné de l’université Owada au nord-est de Kyoto, face au canal qui menait au pied du chemin de la philosophie, certains professeurs logeaient sur place, un avantage en nature gracieusement offert par la direction. En fait de générosité, leur présence dans les appartements de fonction au rez-de-chaussée de l’internat dissuadait les plus téméraires de faire le mur. Les jeunes filles aussi rêvaient de s’amuser, surtout celles dont la famille se montrait intransigeante sur l’éduction. L’arrêt de bus situé à une centaine de mètres présentait une belle opportunité d’évasion.

Madame Fukuda, professeur d’anglais à l’austérité notoire, entrouvrit la porte ; une silhouette se dessina dans la pénombre, Harumi avait évité d’allumer les lumières dans le couloir par souci de discrétion. Elle fut invitée à entrer d’une révérence à 30 degrés, davantage une marque de respect qu’un salut poli, à croire que la prof se déchargeait de son autorité au profit de l’étudiante. Cette dernière se contenta d’un hochement de tête en guise de réponse.

– Je vous attendais, maîtresse. Un peu de thé ? Votre bain est prêt.

Imperturbable, la jeune fille gagna la salle de bain près de la chambre à coucher. Au grand regret de sa disciple, elle semblait pressée ce soir, mais le plaisir serait peut-être au rendez-vous.  

– C’est trop chaud, gronda-t-elle avant d’avoir vérifié la température de l’eau dans la baignoire, je vais devoir te punir.

Connaissant le traitement particulier qui l’attendait, un rituel incontournable de leur relation, Madame Fukuda dévoila ses rondeurs généreuses de quadra, le regard bas. Elle savait que son éducatrice appréciait le spectacle d’un corps nu livré à ses caprices, que le voyeurisme la mettait en transe.

– Tourne-toi.

La soumise obéit, prête à recevoir la punition. Une violente claque sur les fesses la brûla, puis une seconde ; la douleur de la fessée excita la prof au point de tremper son intimité. L’odeur subtile la trahit.

– Tu mouilles sans ma permission, sale chienne.

– Je m’excuse, maîtresse.

D’habitude, la jeune fille prenait le temps de menotter son esclave les mains dans le dos, de lui infliger des châtiments corporels plus ou moins violents selon l’humeur du moment, de la rabaisser au rang d’animal de compagnie, de la promener dans la salle de bain à genoux ; les brimades savamment dispensées privaient la vieille de toute volonté. Alors, au comble de l’humiliation, la chienne docile venait quémander la permission de donner du bonheur à sa maîtresse. Celle-ci se contentait de soulever sa jupe en silence et de profiter de l’aubaine. Pour une hétéro convaincue, la prof d’anglais savait se servir de sa langue.

Une fois son plaisir assouvi, Harumi s’emparait du gode double de belle taille bien en vue parmi d’autres accessoires. Toujours à genoux, l’animal de compagnie attendait sa récompense. Le phallus entrait aisément dans le vagin lubrifié, l’anus se révélait plus difficile à forcer ; pourtant, la soumise acceptait la violence de la sodomie en silence, les dents serrées. Et quand sa maîtresse commençait à la baiser, la douleur disparaissait au profit d’une exquise sensation de plénitude. Elle, qui interdisait depuis des années à son époux de l’enculer, appréciait la double pénétration, jusqu’à l’extase.

– À genoux ! Lèche-moi.

La crainte de voir Mei mettre sa menace à exécution avait retenu Harumi ; dommage, soumettre la petite sœur devait avoir une saveur inégalable. Ce n’était que partie remise, le plaisir n’en serait que plus intense.

 

♀♀
 

L’ouvrage de philosophie tomba sur la table de travail, la page contenant la leçon du jour en prit un coup au passage ; Himeko, incapable de deviner les pensées de sa copine, sonda le regard brillant.

– Ça va ?

Yuzu, déchirée entre sa sœur et la jeune fille qui partageait sa chambre, s’était déjà sentie mieux. Admettre ses tendances lesbiennes était déjà une épreuve ardue au Japon, désirer deux nanas en même temps compliquait encore la situation. À vouloir ne blesser aucune, elle risquait de faire du mal aux deux, et de se retrouver seule.

– Oui, je suis bien avec toi.

Incapable de contenir son désir, Yuzu posa une main fébrile entre l’épaule et le cou, là où la peau douce échappait au kimono. Himeko refoula difficilement un frisson, il y avait un gouffre entre vouloir et oser. Au prix d’un effort surhumain, elle bondit sur ses pieds pour s’arracher au délicieux tourment du contact physique. Sa camarade l’escorta au minuscule coin toilette sans poser de question. Le brossage des dents se transforma rapidement en un furieux chahut, puis en franche partie de rigolade.

Le retour dans la chambre annonça la fin de la courte trêve, Himeko déroula la liste des applications sur son téléphone portable, histoire de se donner quelque chose à faire. La musique Reiki avait d’habitude certaines vertus apaisantes, beaucoup moins ce soir. À bien y réfléchir, un exercice compliqué vu les circonstances, la situation échappait à son contrôle depuis le retour dans la chambre après le bain. Elle aurait voulu se montrer audacieuse, prendre les devants ; peine perdue.

Abîmée dans sa réflexion, Yuzu choisit la fuite, une réaction inhabituelle. Elle gagna son lit.

– Ça te branche de passer le week-end à la maison ? Ma mère peut téléphoner à tes parents pour leur demander.

– D’accord, mais ça m’étonnerait qu’ils acceptent.

 

♀♀
 

Harumi absente, Mei profitait de l’occasion pour mettre en ordre certains dossiers qui méritaient une attention particulière ou un traitement urgent. Ses camarades du bureau des étudiantes occupées à maintenir une discipline stricte dans les dortoirs, la présidente devait accomplir les tâches administratives, un travail ingrat indispensable. C’était sans doute ce qui poussait sa coloc à refuser le poste, elle préférait faire régner la terreur que de perdre son temps devant un clavier d’ordinateur.

Restait à espérer que la tortionnaire rentrerait satisfaite de sa ronde, son vice assouvi, ou le répit risquait d’être de courte durée. Yuzu avait raison, elle devait se défaire à tout prix de cette relation toxique avant d’y laisser sa santé mentale. Si les traces de violence physique disparaissaient au bout de quelques jours, son âme conservait les cicatrices des mauvais traitements à répétition. Mei ne voulait plus être l’esclave dont Harumi profitait sans vergogne, il était temps de dire stop.

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