Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 6 687 fois
  • 75 J'aime
  • 5 Commentaires

Cohésion d'entreprise

Chapitre 3

Travesti

— Allez la marmotte, debout !


Elodie ouvrit les volets. Un soleil blafard envahit le salon. Je me frottai les yeux, regardai mon portable. Neuf heures.

Je la retrouvai dans la tenue où je l’avais laissée. Elle me fit la bise pour me dire bonjour.


— Je te laisse aller te doucher pendant que je prépare le petit-déj’. Tu prends quoi ?

— Café au lait. Ou ce qu’il y a.

— Café au lait alors. Tartines ?

— Tartines, parfait.


Nous petit-déjeunâmes en tenue d’Adam et Eve. Je commençai à m’habituer.


— Je vais t’apprendre à enfiler des collants. Tu verras, c’est pas compliqué. Faut juste faire attention pour ne pas les filer.


Elle me donna une petite boîte et ouvrit la sienne. C’était un collant noir en lycra, plutôt fin.


— On ne met pas de slip ?

— Pas la peine. Le collant est doublé.


Joignant le geste à la parole, elle me montra et je la copiai. Première jambe. La deuxième.


— Pas mal ! dit-elle. On dirait que tu as fait ça toute ta vie.

— La chance du débutant sans doute.


Je m’habillai enfin. Le voile du collant était très agréable. Elodie passa une jupe longue et chaussa des bottines aux talons hauts et épais. Un haut noir transparent offrait une vue imprenable sur sa poitrine généreuse enveloppée dans un soutien-gorge noir. Grosse, mais diablement sexy.

En ce moment sur XStorySnap… (touchez pour voir)


On passa la matinée et le début de l’après-midi à Montparnasse. J’essayai plusieurs jeans qui me collaient à la peau, mais aussi une jupe, des hauts décolletés dans des matières que je n’avais pas habitude de porter. Et enfin les fameuses chaussures. D’abord une paire de bottes aux talons de huit centimètres et une paire d’escarpins aux talons fins et encore plus hauts.

La vendeuse ouvrit des yeux comme des soucoupes lorsqu’Elodie annonça que c’était pour moi.


— Tu gardes les bottes aux pieds ? demanda Elodie.

— D’accord, répondis-je, sachant très bien que la question était plus un ordre qu’autre chose.


La vendeuse, toujours aussi médusée, encaissa ma carte bleue et je sortis du centre commercial plus grand que je n’y étais entré.


— On va manger ? J’ai faim, dit Elodie.


On entra dans une crêperie. J’offris le déjeuner. Puis, conformément au planning, nous rentrâmes.


— Ça commence plutôt bien, dit Elodie. Et je trouve que tu ne te débrouilles pas trop mal avec tes talons.

— Je trouve aussi. Je m’étonne moi-même.

— Je te laisse te changer, dit-elle en me tendant le jean et un haut en dentelle.

— Tu peux rester ici, tu sais, ajouta-t-elle alors que j’allais dans la salle de bains.


Je me contentai de sourire.

Elle m’installa près de la table du salon et s’attaqua à mon visage. Fond de teint, poudre, crayons. Puis me coiffa. Elle m’aspergea de son parfum et passa un collier autour de mon cou, un bracelet à mon poignet.


— Parfait ! Plus-que-parfait même. Bluffant !


Elle m’entraîna vers la chambre. Je me vis en fille. Une vraie fille, pas un travelo.


— Joli travail. Bravo.

— Merci. L’épreuve de vérité maintenant.


Je passai le petit manteau acheté une poignée d’heures plus tôt, et Elodie me donna un de ses sacs à main.


Nous sortîmes dans la rue. Elodie m’observait du coin de l’œil. On marcha sur l’avenue du Maine. On s’arrêtait devant les boutiques. Puis à la terrasse d’un café pour faire une pause. Nous rentrâmes enfin.


— Tu as l’air particulièrement à l’aise pour quelqu’un qui sort en fille pour la première fois.

— C’est grâce à toi. Tu as su mettre en confiance.

— A d’autres ! Ne me prends pas pour une conne.

— Bon, bon, d’accord. J’avoue. Ce n’est pas la première fois que je m’habille en fille.

— Nous y voilà ! Allez, raconte !

— Oh, il n’y a rien d’exceptionnel. Comme beaucoup de travestis, j’ai commencé ado en piquant les fringues de ma mère. D’abord, pour voir ? Et ensuite par goût. Quand j’ai commencé à travailler, j’ai pu me constituer une garde-robe. Mais par contre, les rares sorties que j’ai pu faire c’était le soir. En fait, et ça c’est vrai, c’est la première fois que je sors en plein jour.

— Tu es gay ?

— Non. Pas du tout. Même si parfois, je serai assez tenté pour essayer avec un mec.

— OK. Pourquoi tu ne nous as pas dit que tu étais déjà ... habitué.

— Et comment veux-tu que j’annonce un truc pareil, sans être pris pour un taré ?

— C’est pas faux. Finalement, quand Samantha a dit que les hommes allaient devoir se déguiser en femme, tu as dû sauter de joie.

— Tu n’imagines pas... Par contre, je ne m’attendais pas à ce que tu sois nommée pour être ma coach.

— Tu regrettes ?

— Pas le moins du monde. Grâce à toi, j’ai fait un bond en avant.

— Tu veux changer de sexe ?

— Non. Enfin pas pour l’instant.

— Le fait que tu sois déjà habitué à être une fille change pas mal de choses, dit Elodie. Ça te dirait de sortir ?

— Où ?

— En boîte !

— Pourquoi pas ?

— Super !


Elle prit son téléphone et appela une copine.


— Coucou. Finalement, mes plans ont un peu changé et je suis dispo ce soir. C’est toujours OK pour aller en boîte ?

— ...

— Je peux venir avec une copine ?

— ...

— Super ! Place de la République, comme d’hab’ ? Vingt heures ?

— ...

— Bisous. A toute.

— Et voilà. Musique brésilienne, ça te branche.

— C’est pas ce que j’écoute. Mais pourquoi pas ?

— Bon, tu l’auras compris, on va d’abord retrouver une copine, Marie-Laurence, et ensuite on ira au Favela Chic. C’est un restau boîte de nuit. D’autres amis nous rejoindront là-bas.

— OK. Je te suis.


Elle me demanda de me raser à nouveau et refit mon maquillage, plus prononcé. Puis de mettre la jupe et les escarpins. Les premiers pas dans la rue furent un peu moins assurés. Les douze centimètres de talons ne s’apprivoisaient pas comme ça. Elodie, elle, n’avait aucun problème avec les chaussures qu’elle m’avait montrées la veille et qui n’avaient rien à envier aux miennes en termes de hauteur.


Nous retrouvâmes Marie-Laurence Place de la République, près de la statue qui avait été le témoin de si nombreuses manifestations.

Marie-Laurence était un petit bout de femme, à la peau café au lait. Je compris un peu le pourquoi du choix de la boîte latino.


— Marie, je te présente Emma. Emma, Marie. Marie-Laurence est une copine de BTS. Elle vient de la Guadeloupe.


Je haussai un sourcil à l’évocation de mon prénom féminin, sujet qu’on n’avait pas du tout évoqué. Elodie l’avait choisi sans demander mon avis. Emma. C’était joli aussi. Au moins autant que le Sophie pour lequel j’avais opté.


— Enchantée, dis-je en faisant la bise.

— Emma est une collègue de travail.


Nous rejoignîmes à pied le club. Une petite dizaine de personnes était déjà là. Elodie fit les présentations, sans toutefois trahir ma vraie personnalité. Mais je ne fis pas longtemps illusion et la vérité fut dévoilée. La soirée reprit son cours. J’étais Emma, il n’en était pas autrement. Et tout le monde s’en foutait. J’ai même dansé ! Un comble pour quelqu’un qui fuyait les boîtes de nuit, et restait dans son coin lors des fêtes de famille.


Nous rentrâmes au milieu de la nuit, raccompagnées en voiture par Pascal qui, parce que j’étais une fille d’apparence, me fit la bise en espérant me revoir très bientôt.


— Tout s’est bien passé, dit Elodie. Et tu as été adoptée. Enfin, je dirai plutôt qu’Emma a été adoptée.

— Pourquoi Emma ?

— C’est un prénom que j’aime bien.


On se démaquilla ensemble avant de retrouver la nudité chère à Elodie.


— Bonne nuit Emma.

— Bonne nuit Elodie. Merci pour cette journée et cette soirée. Je me suis beaucoup amusée. Tes amis sont très sympas.

— C’est vrai qu’ils sont sympas.

Diffuse en direct !
Regarder son live