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Confessions immorales

Chapitre 1

Divers

Le grillage reste clos. Marianne attend sagement à genoux. Puis lorsque le portillon s’ouvre enfin elle a le cœur qui bat. De l’autre côté, il s’est assis et débite sa formule sans état d’âme particulier, absorbé seulement par sa mission. Sur ses épaules l’étole violette, signe de la réconciliation. Alors avant d’ouvrir la bouche et d’écouter sa brebis égarée, le bon berger, embrasse la croix en psalmodiant une prière.


— Bonjour !

— Bonjour mon père ! Pardonnez-moi, mais j’ai beaucoup péché…

— Dites-moi tout, sans rien omettre.

— Ça risque d’être long mon père.

— Dieu sait prendre patience, ma fille. Je vous écoute ! Dieu entend vos péchés et s’apprête à les absoudre.

— Alors…


— xxxXXxxx —


Il est assis derrière le treillage et la femme est à genoux ! Elle se résout après bien des mois à ce geste simple. Venir raconter à ce prêtre anonyme ces choses qu’aujourd’hui, il va juger horribles… mais… ! Le curé sur son siège marmonne et Marianne croit entendre :


— Je vous écoute.


Alors elle se lance dans un monologue ponctué de courts silences.


— Mon père, tout a commencé, il y a… quelque temps. J’étais encore en classe et déjà je lorgnais les garçons, ceux avec qui j’allais en cours jusqu’en troisième. Après celle-ci et depuis plus de trois ans, j’étais interne et je les voyais passer dans la rue, sous les fenêtres de notre dortoir.

— Ah ? Rien que de plus normal ma fille ! Ce n’est pas pécher que de regarder passer des garçons.

— Sans doute ! Mais mes pensées n’étaient en rien chastes ou pures et le soir dans mon petit lit… je me perdais dans des manœuvres que beaucoup jugeraient coupables.


Le prêtre écoutait, revenant parfois d’un mot sur le récit, se laissant aller à se faire préciser quelques détails. Mais aucun commentaire désobligeant, juste une oreille à qui l’on pouvait tout confier sans crainte de voir ces petites erreurs rapportées ici ou là !


— Mais quand vous dites : « des manœuvres que beaucoup jugeraient coupables », de quel genre de manigances voulez-vous parler ?

— Eh bien, mon père, mes mains devenaient filles du diable et parcouraient des endroits de mon corps que l’église considère comme tabous. Elles me donnaient une sorte de plaisir interdit dans lequel je me vautrais complaisamment.

— Ce n’est aux yeux de notre seigneur que pêché véniel et bien pardonnable. Avez-vous d’autres choses plus graves à me dire ?

— Oui ! Mon père… Au bout de quelque temps, une de mes camarades de dortoir, dont je tairai le nom par respect pour elle, s’est aperçue de mon petit manège. Il lui avait suffi de voir ces cernes qui ornaient mes yeux au lever pour deviner. Alors un soir, une ombre s’est glissée dans le couloir de mon dortoir. Et cette jeune demoiselle est venue me rejoindre dans mon lit.

— Et que s’est-il passé ?

— Au début rien ! Ou plutôt… nous avons fait chacune de notre côté nos petites affaires. Mais au bout de quelques nuits, alors qu’elle me retrouvait une fois de plus, nos mains ont changé de camp et se sont faites plus câlines. Seulement c’était sur le corps de l’autre que nos doigts partaient en excursion et je dois vous avouer que le bonheur de ces attouchements nous comblait.

— Cette demoiselle est déjà venue se confesser ?

— Je ne pourrais pas en jurer mon père…

— Ça ne fait rien ! Continuons voulez-vous !

— Oui… un soir alors que nos menottes réchauffaient nos corps et s’infiltraient partout sous les draps, nous avons adjoint à celles-ci, comme ça par jeux, nos bouches. Et ces baisers d’un goût spécial sont devenus des habitudes. Nous nous embrassions de plus en plus et nos lèvres trouvaient toujours d’autres endroits sur nos peaux pour se couler et se répandre en milliers de petits frissons.

— Jamais vous n’avez songé que c’était contraire à nos préceptes ? Aux commandements de notre église ?

— Nous n’avions que ce plaisir en tête mon père et bien loin de nous l’idée même du mal. Nous aimions ces moments de partage et d’amour que nous cachions sous nos draps d’étudiantes bien élevées.

— Mais les gardiennes ?

— Les pionnes vous voulez dire ? Nous n’en avons vu qu’une seule qui nous a surprises dans nos actions.

— Ah… tout de même !

— Oui mon père, mais…

— Parce qu’il y a un mais ? Elle ne vous a donc pas punies ni châtiées ?

— Oh non ! Et je me dois de confesser que nous l’avons elle aussi pervertie sans doute. Elle nous a fait venir dans sa chambre, loin de nos dortoirs. Nous nous attendions à ce châtiment exemplaire dont vous semblez croire qu’il s’avérait nécessaire. Mais…

— Mais ?

— Dès qu’elle nous eut fait quelques remontrances, elle nous demanda à mon amie et à moi de nous mettre le ventre sur la table ! Le but de cette opération étant naturellement de nous infliger à toutes deux une correction méritée. Mais cette dame finalement devant nos derrières offerts, s’est sans doute ravisée et ce ne sont que quelques claques sur les fesses qui nous furent distribuées. Une fessée qui a ensuite dégénéré en un autre jeu, plus… intime.

— Que voulez-vous dire ?

— Que notre surveillante avait, elle aussi, des envies saphiques refoulées et que nous nous sommes retrouvées toutes trois dans un théâtre gestuel inhabituel.

— Mais encore ?

— Nos bouches, au lieu de n’être que deux, se sont multipliées et nos baisers en trio sont devenus quotidiens. Nos doigts rencontraient aussi des formes analogues aux nôtres, et nous avons passé des nuits bien loin des choses de notre Sainte Église.

— Pas une seule fois vous n’avez songé que c’était mal ?

— Mal mon père ? Mais c’était pourtant si bon ! Puis cette solitude, cet isolement de nos jours ! Nous retrouvions un certain équilibre à vivre ainsi des heures magiques. Nos jeunes esprits s’accommodaient fort bien des diableries bougrement agréables que nous nous prodiguions sans malice.

— J’ai du mal de vous suivre… Pourquoi mon enfant avez-vous attendu aussi longtemps pour venir vous confesser ?

— Mais… mon père… je ne savais pas que c’était seulement pécher que d’aimer son prochain et en cela, je suivais les lois de notre Sainte-Mère Marie et de son fils.

— Bien sûr ! Bien sûr, mais tout de même.

— Je peux continuer ou dois-je arrêter là ?

— Non ! Je vous écoute et ne vous interromprez plus ! Allez-y ma fille !


De l’autre côté du claustra, le prêtre respirait plus fort. Il était toujours assis, mais il remuait sans cesse. Ses mains se cramponnaient à l’étole mauve, celle de l’accommodement. Mais quelque part en lui, la jeune fille dans l’isoloir avait allumé un grand feu. Elle reprenait son récit sans se préoccuper de ce que l’homme de Dieu pouvait en penser.


— Une autre de nos amies s’est aussi jointe à notre petit trio. Nous avons alors passé toutes les quatre, la plus belle des années de notre scolarité dans notre internat. Nous nous entraidions la journée, nous rapprochions la nuit et nous interchangions les rôles.

— Vous n’avez pas fait d’autres disciples tout de même ?

— Ben… malheureusement si mon père.

— Rassurez-moi ! Vous êtes toujours vierge ?

— Étrange question mon père ! Mais j’avoue que nous n’avions pas vraiment les attributs pour que cela change, vous savez. Nous autres les filles sommes faites…

— Oui ! Oui ma fille ! Continuez sans vous perdre dans ce genre de paramètres, de considérations.


Encore un long silence et les genoux endoloris, la jeune femme, dont le prêtre, ne devinait que partiellement les traits, cherchait ses mots. Quand elle reprit enfin le fil de ses idées, le bon père semblait un peu moins agité.


— Nous avons toutes joué à ces jeux qui nous offraient plaisir et volupté, sans nous soucier une seconde de ce que notre éducation chez les sœurs nous autorisait ou nous interdisait. La licence et les câlins rendaient nos jours plus faciles à supporter. Les autres filles aussi se sont donc mises à vibrer sous des doigts qui ne leur appartenaient pas toujours.

— Mais c’est monstrueux de pervertir ainsi tout un pensionnat. Vous avez beaucoup à expier ma fille.

— Je me dois donc d’avoir si honte ? Pourtant Dieu ne devrait-il pas n’être qu’amour et avoir un peu de clémence pour une pauvre fille qui n’a fait que transmettre un zeste d’humanité à tant d’autres de ses consœurs ?

— Comme vous y allez ! Entrainer dans le stupre et le déshonneur tout un pensionnat ne vous semble pas un péché ? Une faute inexpiable ? Alors pourquoi êtes-vous venue ce soir me confesser tout ceci ?


La jeune femme s’était de nouveau interrompue sous le sermon hostile du bonhomme. Elle avait simplement levé les yeux vers cette cloison ajourée derrière laquelle le visage du prêtre était rouge. Colère ou autre chose ? Difficile de juger d’une manière efficace au travers d’un dispositif de séparation


— Alors ma fille ? J’attends vos explications…

— Et bien mon père… nous avons toutes pris goût à nos jeux de plus en plus poussés. Et pour en revenir à cette confession celle que je vous fais ce soir…

— Oui ? Allons ma fille, un effort ! Le secret sera bien gardé. La confession n’est qu’un échange entre vous et notre Seigneur ! Je n’entends, ne vois rien et suis juste son représentant.


Encore une longue plage blanche pesante qui entourait les deux-là ! Celle à genoux et celui assis de l’autre côté d’un mur de silence matérialisé par une paroi de bois.


— C’est… mon père, c’est difficile à exprimer ce que je veux que vous entendiez.

— Jésus n’en sera que plus heureux. Dites-moi toutes vos fautes, elles vous seront pardonnées.

— Même les pensées impures que j’ai en cet instant ? Celles-là aussi seront pesées, jugées et pardonnées ?

— La confession reste solennelle et intangible. Dès que vous avez dit un seul mot dans le confessionnal, c’est aux pieds de Dieu que vous vous agenouillez. Je ne suis que son oreille, et vous pouvez tout dire. À travers moi, il peut tout entendre aussi, et le pardon vous est assuré.

— Merci alors mon père.

— Encore faut-il que vous cessiez toutes vos pratiques délictueuses avec vos camarades de classe et qu’elles aussi viennent ici pour rendre compte de leurs péchés.

— Ceux passés, je ne doute pas qu’elles viennent les expier. Mais ceux à venir, car c’est aussi et surtout pour ceux-là que j’ai été désignée.

— Désignée ma fille ? Mais comment cela, par qui, et surtout dans quel but ? Expliquez-vous ! Vous êtes bien venue dans ce sens ?

— Oui… mais… serais-je disculpée de vous avouer nos noirs desseins ?

— Que pourriez-vous avoir à vous reprocher de pire que ce que vous avez déjà avoué… ?

— Eh bien ! C’est-à-dire que mes amies et moi avons voté pour désigner l’une d’entre nous.

— Une ambassadrice, c’est ce que vous voulez me laisser penser ?

— Un peu mon père ! Oui, le mot choisi est le bon. Je suis là pour négocier, en quelque sorte.

— Vous m’intriguez ma fille. Mais au point où nous en sommes, un peu plus… un peu moins ! Ainsi l’addition sera complète et l’ardoise effacée. Enfin pour vous parce que je ne peux donner l’absolution que lors des confessions et vos… amies devront, si elles le jugent nécessaire, venir me trouver.

— En fait mon père, je suis chargée de vous amener à elles… Mais auparavant, je me dois de vous raconter pourquoi.

— Curieuse déclaration en vérité ! Je suis tout ouïe. Allons-y, confiez-moi donc votre secret.


Un temps mort encore. L’homme et la jeune fille toujours dans les mêmes positions face à face avec pour témoin une grille et un fronton de bois, semblaient camper sur des positions diamétralement opposées.


— Il vous faut avancer ma fille. D’autres de mes ouailles font le pied de grue pour la rédemption de la confession. Continuez ! Voulez-vous… que l’on en finisse.

— En finir mon père ? Mais je pense que ça ne fait que commencer. Et ce qui vient n’est guère simple à narrer.

— … allons un peu de courage.

— Et bien puisque vous insistez… nous, mes compagnes et les pionnes, nous avons décidé de connaitre un autre plaisir.

— Ne me dites pas que vous voulez…

— Si mon père ! Le plaisir de la chair. Et pour ce faire nous avons besoin de l’attribut qui nous manque, bien entendu.

— Mais… ! Je ne suis pas sûr de comprendre.

— Ah ? Vous me demandez donc de vous mettre les points sur les I, Monsieur le Curé ?

— Deux fois plutôt qu’une ma fille.

— Donc nous avons envisagé de trouver un homme pour connaitre la félicité suprême, celle vers laquelle toutes les jeunes filles tendent, celles dont toutes rêvent. Et… mon Dieu combien c’est difficile à exprimer.

— Bon sang, ayez au moins le courage de vos actes et de vos pensées. Je ne pourrai jamais dire à personne ce que vous me révélez.

— Oui ? C’est bien sans doute pour cela que je suis venue dans cette église ce soir, mon père.

— Pourquoi surtout avoir choisi celle-là plutôt qu’une autre ma fille ?

— Il y a beaucoup de raisons à ce choix mon père.

— Lesquelles ? Je vous prie !

— La première est sans contestation possible sa proximité avec notre internat.

— Vous voulez dire que vous venez de l’école Sainte-Marie ?

— Oui !

— Il s’en passe donc de belles la nuit dans ses dortoirs. La directrice ne se rend donc compte de rien ?

— C’est-à-dire que… qu’il lui arrive parfois de… jouer aussi.

— Mais… mais… bon sang ! Qu’est-ce que vous me racontez ? Que me chantez-vous là ?

— Chut mon père… les bigotes qui attendent sur les bancs de notre église… elles ne doivent pas entendre.

— Oui, c’est bon ! Mais vous me parliez d’un choix et d’une désignation en qualité d’émissaire.

— J’y viens mon père, j’y arrive. En fait nous voudrions toutes sortir de nos études moins… comment dire ? Moins vierges qu’à notre arrivée.

— Vous n’envisagez pas tout de même de faire entrer des garçons dans les dortoirs ? La mère supérieure… elle ne doit surtout pas le permettre. Les seuls hommes autorisés à entrer sont les prêtres.

— Nous savons tout ceci mon père, nous en sommes toutes conscientes.

— Ouf ! Un moment, j’ai cru que vous alliez transgresser aussi cette règle. Ce péché, là, serait mortel.

— Oui ? Mais le prêtre qui vient lui, nous faire la messe… il a un droit d’entrée inaliénable et personne ne saurait lui reprocher quoi que ce soit.

— Pour dire la messe ou apporter les sacrements, ainsi que la parole de Dieu.

— Oui… oui bien sûr ! Mais il porte bien aussi un goupillon celui-là.

— Seulement pour l’eau bénite et pour oindre les lieux où les gens qui en font la demande.

— Considérons donc que c’est fait, que nous vous demandons de venir nous bénir.

— Je… je ne comprends pas ! Que voulez-vous dire ? Que vous voulez toutes être bénies

— Bien entendu mon père… pas toutes en même temps bien sûr. Nous savons bien que l’aspersoir ne tiendrait pas jusqu’au bout… nous sommes si nombreuses.

— … ? Attendez ? Je… je crois que nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde là.

— Pourquoi ? Dieu n’est-il pas qu’amour ? Et puis nous ne transgresserions aucune règle ni loi de notre Sainte Église. Vous êtes bien autorisé à aller où bon vous semble dans notre internat. Et puis vous aussi avez été choisi par nous toutes. Élu en quelque sorte… pour une bénédiction un peu spéciale, je l’avoue, mais votre… enfin votre… vous savez de quoi je parle, il est aussi un peu consacré. Non ?

— Vous ne pouvez pas me demander ça. Je suis prêtre… et mon Dieu, mais vous êtes des monstres.

— Comme vous y allez mon père. Nous sommes enfermées dans votre école et nous passons le temps comme nous pouvons. Mais sans doute que les journaux disent vrai ? Que vous les hommes de Dieu, vous savez vous accommoder du côté pratique de la chose avec surtout des ouailles masculines ? Nous voulions toutes nous rassurer et vous donner une chance de nous prouver que ce n’étaient que des ragots, ce que les journaux racontent.


Sur son siège le curé ne bronchait plus. Le claustra empêchait Marianne de voir la sueur couler sur son front. La crise d’apoplexie le guettait. Dans sa tête, toutes les cloches de Pâques semblaient s’être mises à sonner à la volée. Toujours à genoux, la jeune fille attendait qu’il daigne enfin lui signifier sa pénitence. Elle gardait le front baissé vers le plancher aux lames usées. Combien de genoux étaient venus lustrer ce bois hors d’âge ?


— Bien ma fille… vous irez prier la vierge Marie, puis réciter cent « Notre Père »…

— Merci mon père.

— Allez, ma fille dans la paix du Christ, priez pour moi et accomplissez votre pénitence.


Alors Marianne était sortie du confessionnal et cette fois dans les premiers bancs de l’église, à voix basse, la jeune fille rendait grâce à son créateur.


— Je te rends grâce, mon Dieu, de m’avoir pardonné mes péchés et reçu à nouveau dans ton amitié. Je te demande, par les mérites de ton Fils Jésus-Christ et de sa très sainte mère, la Vierge Marie, et de tous les saints, de suppléer par ta miséricorde à tout ce qui, par ma misère, a manqué de contrition, de pureté et d’intégrité dans cette confession. Je te redis que je prends la ferme résolution et les moyens de ne plus pratiquer « que » les péchés dont je viens de m’accuser. Merci de faciliter les autres en exauçant ma demande auprès de notre bon père !



… fin (provisoire) de l’histoire !

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