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Conte: la Grâce de Noël

Chapitre 1

Son Altesse Royale et la loyale Damoiselle

Histoire médaillée
Divers

Il était une fois, dans un lointain royaume de Montérégie…


[Note de l’auteur :

Il me fait plaisir, dans le cadre du concours Un conte de Noël organisé par le Marquis, de vous présenter à nouveau Alicia et Sophie. Après avoir vu les deux novices se révéler l’une à l’autre à l’époque de la Révolution tranquille au Québec dans Secrets de couventines, les voici à nouveau, dans un cadre médiéval cette fois-ci, alors qu’elles feront, je vous le souhaite, à nouveau frémir vos cœurs.

Avec, en cette Saison, tous mes vœux de bonheur!]


***

Décembre était bien amorcé mais sur les Maskoutains il n’avait pas encore neigé. À l’approche de Noël, ce n’était pourtant pas coutume. Ce petit royaume situé au cœur de la Montérégie aurait déjà dû connaître la fébrilité des préparatifs des Fêtes de fin d’année.

Mais cette année, tout se déroulait comme si la Saison était déjà passée.


Quelque peu désespérés, le sage roi Jérôme et son épouse la reine Jasmine qui régnaient sur près de cinquante mille sujets voyaient avec morosité leur royaume se diriger vers des festivités sans éclat ni gaieté. Certes, les Maskoutains vivaient depuis des décennies dans la paix et l’harmonie, gagnées au prix de conflits dont leurs souverains dirigeants avaient jadis été vainqueurs. Là donc ne se trouvait pas la raison de leur malheur.


Son Altesse Royale la princesse Sophie, la fille unique de Leurs Majestés bien-aimée de tous, en était la cause, de par ses humeurs.


Chez les Maskoutains, Noël avait toujours été la Fête de l’Amour et de l’Acceptation, pour tous une occasion de célébrer dans la joie et l’allégresse.

Mais quand le cœur de la Princesse était empreint de vive tristesse, toute la nature et le Royaume s’en ressentaient, assurément. C’était l’étrange destinée de ce monde si étonnant!

Nul oiseau n’avait donc de chant pour égayer la vie des paysans. Les terres demeuraient dénudées de leur blancheur hivernale et les quelques décorations accrochées çà et là dans le village peinaient à étinceler comme il était d’usage et à ébahir les regards des gens de passage.


Le bouteiller du Roi avait beau avoir rempli les caves du château d’hydromel et du meilleur vin, toute la cour s’étant préparée à faire bonne ripaille autour de tables garnies de succulentes volailles!

Toutes ces prévoyances n’y faisaient cependant rien.


Le Royaume entier exhalait ainsi la morosité et l’abattement, depuis le palais royal jusqu’à ses derniers retranchements.

Seule dans sa chambre occupant la tour de pierres construite qu’elle habitait, Princesse Sophie à la fenêtre soupirait, jetant un morne regard sur sa forêt de cyprès. La jolie rouquine, cruellement assoiffée d’amour, se languissait pour une âme sœur, la venue de quiconque acquerrait son cœur.


Là donc se trouvait le malheur!


Il y avait bien deux semaines, pourtant, et ce à la Sainte-Catherine, que le Fou du Roi, voyant à ses heures, avait joué sonatine, annonçant à la Princesse l’avènement de ce bonheur!

Mais l’espérance se faisait longue, pénible et déprimante, et tout le Royaume des Maskoutains en pâtissait de façon inquiétante.


Un bachelier ou un damoiseau me suffirait, bien qu’un chevalier de fière allure, sur l’heure, me comblerait d’un immense bonheur! se disait, en brossant sa rousse chevelure, Sophie en son for intérieur.


La jeune femme vingtenaire lissa sur elle sa longue robe d’étoffe avant de s’abandonner à ses demoiselles de compagnie qui se présentèrent puis amorcèrent sa préparation pour la nuit.


Aurai-je pour Noël l’objet de mon désir ardent? Pourquoi, mon cœur, attends-tu si longtemps?


Les journées se succédaient donc, monotones et sans éclat, et pourtant Noël approchait à grands pas!

Malgré tous leurs efforts, le Roi et la Reine ne parvenaient à égayer leur tourterelle. Pastourelles et autres prestations de ménestrels n’avaient de cesse, quant à elles, de tenter de redonner le sourire, en vain cependant, à icelle.


Damoiselle Alicia, dont la tâche était en tout temps de l’accompagner, savait plus que quiconque partager la douleur de sa protégée. Compatissante dans sa fonction d’office auprès de Son Altesse, la femme aux cheveux d’ébène et aux longues tresses se gardait bien toutefois d’ingérence dans la vie de celle à qui elle devait allégeance.


Alicia n’était pas de sang royal mais non plus roturière et, malgré sa jeunesse, occupait depuis toujours auprès de la Princesse une fonction, à l’usage, qu’aux hommes on ne laisse : garde du corps et de sa sécurité maîtresse. Deux raisons avaient motivé le Roi à ainsi favoriser ce choix, la première étant que les deux jouvencelles étaient liées d’une amitié éternelle, la Reine entretenant même depuis jadis une liaison clandestine et complice avec Dame Sonia, la mère d’Alicia.


La fière allure physique de la protectrice de Sophie, d’autre part, ainsi que sa maîtrise des arts martiaux faisant d’elle une redoutable archère de même qu’une cavalière hors pair, avaient de plus scellé l’édit royal consacrant la fonction de celle devant défendre Son Altesse en toute occasion.


Princesse Sophie était depuis longtemps redevable envers de tout temps son amie, sa très fidèle Ali. C’était à moult reprises que celle-ci, vaillante et jeune femme dans la vingtaine également, avait su tirer sa digne compagne d’un mauvais pas menaçant, une fois, entre autres, alors que des brigands avides d’ébats s’étaient retrouvés embusqués dans les bois, ayant dans le secret fomenté le projet de porter atteinte à l’honneur de la jeune ingénue, abandonnant finalement celle-ci sur la mousse, l’honneur toutefois sauf, bien que presque nue.


Atteints de flèches avec adresse tirées par l’archère, deux des truands s’étaient alors rapidement fait occire, le dernier, ce fumier, étant parvenu avec empressement à s’enfuir.

Alicia avait ainsi été la première à reprocher à son obligée sa naïve témérité de vouloir seule s’aventurer, sans être accompagnée, aussi loin des sentiers.

Bien que Noël approchait à grands pas et que l’absence de tapis neigeux préoccupait de plus en plus le village pour ne pas dire le royaume tout entier, la brave cavalière ne pouvait faire mourir dans sa mémoire le doux baiser que lui avait alors apposé sur les lèvres à cet instant, et ce en guise de remerciement pour l’avoir sauvée, la jeune et jolie écervelée.


De retour sur sa monture, et filant à vive allure, le couple avait ensuite le palais regagné, Ali par la rouquine tendrement enlacée, sa tête sur son épaule si doucement appuyée.

Ces simples et inoffensifs gestes avaient à ce moment fait tressaillir quelque chose au cœur des entrailles de la jeune guerrière. Le seul souvenir de cet événement lui tirait encore à l’occasion de nouvelles sensations, féminines et pas du tout amères!


L’accès aux appartements privés de la Princesse demeurait toutefois interdit à la musclée, jeune et dévouée Ali. Pour ma fille, vie publique et privée, d’une même personne, ne doit faire l’apanage, avait déclaré le bon Roi qui était très sage, ayant désiré qu’ainsi en fût l’usage. C’était donc avec tristesse mais aussi dans un esprit d’abnégation que la fière et jolie archère confiait, à leur attention, sa protégée aux demoiselles de compagnie qui l’attendaient dans ses appartements, afin de la pomponner et de la bichonner allègrement, comme il se devait pour une femme destinée à devenir la plus grande Dame.


Belle Alicia aurait tant aimé pouvoir assister à ces bains discrets, et ce pour des raisons dont seul son cœur gardait le secret!


Dérogeant aux règles établies, elle s’était toutefois, un soir, approchée, telle une souris, de la porte entrebâillée de la chambre afin de se délecter de la scène agréable entourant les ablutions vespérales. La jeune damoiselle avait alors pu observer tout à sa guise la beauté si sublime et la nudité exquise de celle faisant sa vile convoitise, pestant intérieurement par moment lorsqu’une des servantes de fonction entourant Son Altesse lui occultait partiellement les mignonnes petites fesses dont la vue envoûtante alourdissait tout en tiédeur sa cotonnade intime d’une si douce humeur.


On raconte que le beau corps de la pucelle était paré d’encor innocentes mamelles dont les menus tétons rosés durcissaient sous des doigts de fée. S’étant levée debout hors des eaux afin de compléter sa toilette intime, la Princesse exposait tour à tour aux yeux bénis de la grande coquine un fessard si mignon, si délicat, digne de faire damner évêques et potentats, puis finalement une séduisante féminité au lainage discret et aux couleurs de feu d’où s’échappait, telles des gouttes de pluie après l’ondée, une eau limpide à la lavande parfumée.


Il arriva toutefois que Dame Chance osa sourire à la brave fille qui en son cœur celait un désir.

À une semaine à peine de la Nativité à venir!


Une nouvelle et mystérieuse maladie frappa d’un coup toute la belle compagnie entourant dans le privé Sa belle Altesse, laissant ainsi cette dernière dans la détresse.

Les demoiselles de fonction furent donc dans l’incapacité toutes de pourvoir aux ablutions de leur maîtresse bien-aimée.

Les apothicaires du Roi eurent beau tout essayer : aucune mixture ni concoction ni élixir ne purent les servantes guérir.

Et toutes, de se retirer en quarantaine, enjoindre se firent.

Oh, Princesse Sophie aurait très bien pu se passer des services de ses dames, n’eût été que pour un petit temps, mais le fait de sentir leurs mains si douces courir sur son séant constituait chez elle un plaisir tel qu’un dur Carême eût été pour elle mieux que d’être privée de ces touchers si soyeux.


Un édit spécial fut donc émis par le Roi, permettant à sa protectrice Alicia de faire momentanément office de demoiselle de compagnie, et ce jusqu’au retour de celles-ci.

Alicia vivement s’en réjouit, profitant de l’inattendue opportunité qui s’offrait à elle pour tenter de faire descendre en ces lieux l’Esprit de Noël, égayant les appartements princiers d’ornements et de parures du moment, car la tristesse qu’éprouvait la Princesse, toujours dans l’attente de l’âme sœur promise par l’audacieuse prédiction du Fou du Roi, avait jeté sur toute sa chambrée un immense désarroi.


Mais c’est le soir, à l’heure du bain, que Dame Chance à l’enchantement d’Alicia mit fin.


Accroupie contre le bassin d’eau, la brave et jeune vaillante prodiguait soins et douceurs sur sa maîtresse. Son cœur battant au galop, elle s’affairait avec grande tendresse, gant de crin à la main, à couvrir épaules, cou et dos de ses gestes sans fin. Gardant pour elle son secret presque honteusement, elle ne pouvait réprimer le si doux tressaillement que connaissaient ses entrailles à la vue de ce beau corps nu, mouillant abondamment ses dessous de tissu cousu jusqu’à craindre des effluves diffus.


Envoûtée par une telle grâce de beauté féminine, comme ses doigts s’attardaient sur un sein qui pointait effrontément dans sa main, c’est dans un geste totalement insensé qu’elle sentit ses lèvres bien apposées sur celles de sa belle protégée.


Sans doute surprise par l’imprévu du moment, la jeune rouquine ne réagit promptement, se contentant de fermer les yeux seulement, tout en goûtant aux lèvres l’embrassant. Au bout de quelques secondes, cependant, elle repoussa des bras sa séductrice violemment.


— Mais que faites-vous là, que diantre !? Comment…!? Comment osez-vous me traiter de la sorte, moi, votre future souveraine!?

— Mais, Votre Altesse, balbutia Alicia, je… j’ai … ce n’était qu’une tentation soudaine!


Sophie se leva prestement hors de la baignoire et, s’étant vite couverte, entra dans une colère noire.


— Votre gracieuse Altesse, je n’ai pu résister. Vous me voyez confuse… et sincèrement désolée.

— Vous n’avez aucun droit sur moi, eussiez-vous de longue date été mon amie! Ceci constitue un affront grave et qui se doit d’être honni!

— Moi… oser tenter de déshonorer Votre précieuse Altesse? Mais que nenni!

— Vous ne poserez pas ainsi la main sur moi, en impunité, de la même manière qu’un gentilhomme ferait, dans l’intimité! C’est contre nos mœurs, notre morale et aussi nos lois! Je ne peux, comme héritière du trône et en toute foi, laisser passer sous silence tel manquement de bienséance!


Sophie leva vers sa compagne des yeux tristes mais indignés, et c’est d’une voix plutôt basse qu’elle conclut pour terminer :


— C’est un abject et odieux geste de corruption signant la fin de notre vieille relation!


Se dirigeant ensuite vers la porte, rapidement qu’elle ouvrit de la sorte :


— Je suis donc dans l’obligation de dénoncer votre vile action, afin d’à votre égard sévir et d’affermir mon autorité à venir!


Puis, laissant secrètement couler une larme sur sa joue, elle s’adressa aux deux soldats postés au garde-à-vous, tout en haussant la voix d’un vibrant trémolo :


— Gardes! Arrêtez cette femme, jetez-la au cachot!

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