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La conversion de Laura

Chapitre 1

Erotique

La première chose qui détourna Laura de ses dévotions habituelles, ce furent les mots. C’est en lisant des poèmes de saint Jean de la Croix qu’elle perçut combien ceux-ci pouvaient permettre à l’âme de laisser sourdre ses émotions les plus vives. Elle n’y trouva d’abord qu’une occasion nouvelle de s’assurer de sa foi. Mais elle fut assez vite entraînée à lire davantage et autrement que ce que les Sœurs lui avaient appris à propos de la lecture, puis à transiger aussi avec les règles de l’emploi du temps qui s’imposaient à toute la Communauté. C’est ainsi qu’elle en vint, après une lente et longue évolution qui dura plus de deux ans, à envisager de ne pas prononcer ses vœux et à quitter la congrégation religieuse.


Laura était entrée dans la Communauté dans des circonstances assez exceptionnelles. Alors qu’elle était âgée de deux ans, ses parents trouvèrent la mort dans un accident de la route. La sœur de son père était alors la Supérieure de la Communauté et, au mépris de toutes les règles, elle décida que sa nièce serait élevée dans l’enceinte fermée des Sœurs plutôt que de rejoindre un orphelinat. C’est dire si Laura vécut dans l’ignorance du monde, de ses dangers et de sa diversité. Sa tante mourut alors qu’elle avait douze ans et ce fut la Sœur Marie-Ange qui devint Supérieure. Celle-ci poursuivit son éducation selon les souhaits exprimés par la défunte, laquelle souhaitait que sa nièce soit conduite jusqu’aux vœux qui feraient d’elle une membre à part entière de la congrégation.


— Tu es bien décidée à nous quitter, Laura ?

— Oui, ma Mère, bien décidée, répliqua celle-ci.


Sœur Marie-Ange regarda la jeune fille. Elle n’osait pas lui dire toutes les craintes qu’elle éprouvait. Laura venait juste d’avoir dix-huit ans. Sa beauté éclatante, ses longs cheveux noir bouclés, sa peau matte, sa silhouette maintenant tellement femme, tout incitait Sœur Marie-Ange à imaginer mille et un dangers qu’elle courrait dans le monde profane. Mais cela faisait tant de fois que Laura réaffirmait sa résolution.


— Soit, soupira la religieuse. J’ai reçu la dernière réponse que j’attendais. Je puis donc enfin t’annoncer que tout est arrangé : une cousine de ton père, que nous avons retrouvée, a accepté de t’accueillir chez elle. Elle t’attend dans cinq jours, le 12 juillet.

— Qui est-ce ?

— Elle est professeur dans un Lycée, ce qui constituera sans aucun doute un atout pour toi dans la suite de tes études.

— Et elle s’appelle…?

— Sylvie Grinon.


Ce soir-là, lorsque Laura fit sa toilette, elle se surprit à demeurer nue plus longtemps qu’il n’est nécessaire au sortir d’une douche. Il faisait chaud en ce début d’été et la fraîcheur de son corps lui sembla neuve. Une étrange impression de liberté, qu’elle associa à la nudité, lui remua l’âme. Habituée depuis sa plus tendre enfance à une hygiène scrupuleuse, elle mit son exaltation sur le compte du devoir accompli, son corps ayant bénéficié des soins que le respect qui lui est dû exige. Elle prit le temps de choisir tous ses vêtements et de les étendre sur le lit, toujours nue. Cette fois, le retard mis à se vêtir l’amena à s’interroger. "Serais-je complaisante ? Est-ce mal ?" Ce qui l’alertait, c’était ce petit malaise qui lui étreignait à présent l’estomac, un petit malaise anormal et cependant si agréable, un petit malaise qui irradiait vers le bas de son ventre… Elle avait appris que le corps pouvait être une voie facile vers le vice et que le plaisir était l’arme dont le Malin se servait pour y incliner les âmes faibles. Mais comment départager la conscience saine d’un corps légitimement bien traité et la pente vers le péché sur laquelle il pouvait entraîner ? Sans nul doute par la nature des sensations éprouvées. Et, ennemie résolue de l’hypocrisie, Laura devait admettre que le trouble qui l’envahissait n’avait aucun rapport avec la vertu. C’était une saveur tellement ambiguë, un délice tellement physique !


Elle se remémora ce qui lui était arrivé quelques semaines plus tôt. Le Père confesseur, que Sœur Marie-Ange avait chargé de sélectionner les lectures de la jeune fille, l’avait autorisée à lire un livre d’André Gide : "La Porte étroite". Lorsqu’elle avait lu ce passage du premier chapitre où Lucile Bucolin attire Jérôme contre elle et glisse la main dans sa chemise entrouverte, elle avait ressenti ce même trouble délicieux. Elle s’en était voulue. Comment admettre cet étrange plaisir alors que la scène relatée ne laisse aucun doute quant à la conduite indigne de Lucile Bucolin, tante de Jérôme qui plus est ? Quel curieux pouvoir ont donc les mots ! Ils parviennent à agir sur le corps à l’insu des intentions de l’âme. Lorsqu’elle se confessa, elle tut ce trouble qu’elle avait tant aimé. Et pour la première fois de sa vie, elle eut le sentiment d’avoir triché pendant un sacrement.


Laura se résolut enfin à s’habiller. Mais, une fois vêtue, elle conserva encore un certain temps la sensation de son corps nu emprisonné sous ses vêtements et perpétua ainsi ce délicieux malaise qui lui donnait un peu l’impression de fondre. "Quel péché bizarre !", se dit-elle. "A qui porte-t-il tort ? Il faut que j’y réfléchisse."


*     *     *


L’accueil de Sylvie Grinon fut très chaleureux. D’emblée, Laura éprouva énormément de sympathie pour cette jeune femme dynamique qui respirait le bonheur. Derrière ses lunettes à l’aspect un peu sévère pétillaient des yeux rieurs. Il sembla même à Laura que sa cousine la gratifiait d’un regard affectueux qu’elle n’avait jamais connu jusque là.


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— Voici ta chambre ! lança Sylvie. Tu pourras la décorer comme il te plaira et je t’aiderai, bien sûr, si tu le souhaites.

— Oh ! elle est très belle ainsi.

— Réfléchis ! Tu as peut-être envie qu’elle soit différente…

— Oh non ! s’écria Laura, confuse à l’idée de déranger la maison de son hôte.


Les petits yeux myopes fixèrent la jeune fille.


— Tu as quand même bien des envies ?

— Euh… Oui.


Laura comprenait mal la portée de la question, d’autant qu’elle était assortie d’un sourire étrange.


Sylvie s’assit sur le lit.


— Assieds-toi près de moi, dit-elle.


Elle souriait toujours, mais une certaine tension se lisait sur son visage.


— Tu sais… Je pense que tu as dû subir d’énormes contraintes, chez les Sœurs…

— Oh non !

— Laisse-moi parler ! Je veux simplement dire que les règles y étaient fort strictes et que tu vas pouvoir vivre ici de manière plus libre, en pensant davantage à toi…

— Mais les règles de la Communauté visent à rendre heureuses les…

— Je n’en doute pas, l’interrompit Sylvie, et je ne les critique pas. Mais, ici, tu es à l’extérieur et c’est ton propre jugement qui doit te servir de règle.


Elles restèrent un instant silencieuses. Puis, Sylvie reprit :


— Si tu as envie de t’habiller de façon plus moderne, par exemple, personne ne fera le choix pour toi.

— Je comprends.


Après un nouveau silence, Sylvie posa la main sur la cuisse de la jeune fille et lui demanda :


— N’aurais-tu pas envie de mettre une mini-jupe plutôt que cette longue jupe plissée ?


Interloquée, celle-ci resta sans voix. L’idée même de mettre une minijupe ne l’avait jamais effleurée. Et hier encore, elle aurait entendu pareille question comme une provocation au péché. Mais elle venait de comprendre que cela dépendait d’elle, qu’elle pouvait - si elle le voulait - mettre une minijupe. Et donc sentir ses jambes nues… Le délicieux malaise venait de réapparaître.


— Si ça te dit, nous irons en acheter une ensemble, insista Sylvie.


Elle la regardait maintenant d’une façon que Laura jugea insistante. Celle-ci se sentit rougir, comme si son trouble - et le péché qu’il signifiait - étaient lisiblement inscrits sur son front. Sylvie éclata de rire :


— Il ne faut pas rougir, voyons ! Je suis certaine que tu as de très belles jambes. Lève-toi que l’on voit ça !


Laura s’exécuta.


— Relève un peu ta jupe !


Le ciel lui serait tombé sur la tête qu’elle n’aurait pas été plus surprise. Sa cousine lui demandait le plus naturellement du monde de se trousser. Et des années de pudeur, apprise, pratiquée, littéralement incorporée, lui enjoignaient de se soustraire à toute exhibition.


— Montre, insista Sylvie en faisant un geste de la main qui lui indiquait de soulever sa jupe.


Laura imagina un instant accepter et imagina le regard sur ses cuisses dévoilées… Le malaise se fit plus profond, plus suave… Mais elle resta immobile, comme paralysée.


— Oh ! excuse-moi ! s’écria sa cousine, je vois que je t’embarrasse. N’en parlons plus.


Et, se levant, elle quitta la chambre.


— Je te laisse t’installer, fit-elle. À tout à l’heure.


Restée seule, Laura referma la porte et retourna s’asseoir sur le lit. Elle avait toujours le ventre chaviré et l’esprit chamboulé.


Après un moment, elle se leva et vint se placer devant le grand miroir de la garde-robe. Elle se regarda dans les yeux, d’abord comme pour s’interroger, puis comme si elle regardait quelqu’un d’autre. Saisissant alors sa jupe, elle la retroussa lentement. Ses genoux et ses cuisses lui apparurent. Et c’est du regard de l’autre imaginé qu’elle savoura le galbe de ses propres jambes dévoilées. Une tenaille était en train de se refermer dans son ventre et descendait de plus en plus bas. Quelque chose comme un besoin irradia son sexe. La jupe continuait de monter. La culotte de coton blanc fut bientôt visible. Et une impérieuse envie d’y porter la main s’empara d’elle, au point qu’elle s’entendit pousser un petit gémissement.


Brusquement, elle laissa retomber sa jupe et se précipita au pied de son lit. Agenouillée, elle se mit à prier.

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