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Côté Danube

Chapitre unique

Lesbienne

Côté Danube ça brille. Les pieds ballants, un peu trop à l’aise. 

Y a toi, y a eux, et puis derrière tout ça y a nous deux. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvées. On a mis les choses au clair et maintenant tout va mieux. 

 


Maintenant tout va mieux sous les lueurs de Budapest. Le temps semble figé dans tes bras, comme si toute la ville s’était arrêtée autour de nous. Pourtant les gens vont et viennent, des silhouettes invisibles, distinguables que par la traînée de leurs auras. Mon cœur saute de haut en bas, de bas en haut, et chaque battement soulève tes mains. Je savoure ton odeur, ton souffle contre mon front et le rire de tous les autres. La vie c’est bizarre parfois. Y a quelques jours je rêvais de ton sang contre mon mur. Y a quelques jours y avait mon sang contre mon mur. Maintenant, il boue au rythme de ta peau contre la mienne. Je voudrais rester des heures comme ça, je voudrais que tous s’en aillent, je voudrais marteler contre ton corps tout mon amour.

 


Côté Danube ça vrille. Sans les passants, je pense qu’on baise.

J’aime sentir le regard de la ville sur nous. Comme enfermées dans notre bulle. L’écho lointain des discussions de lui, lui, lui et lui à côté. 

 


               Clope au bec je vois tes yeux. Dégaine de clocharde ou de touriste, la banane bien remplie pour assurer bonne soirée. Un flasque de prune contre les seins, un joint à la main, les tiennes contre mes hanches et la ville est à nous. Je sens tous les regards contre moi. C’est parce que je suis rebeue ou parce que je suis bonne ? Je m’en branle un peu, au final je suis un peu les deux. On enchaîne tous les bars et les cas contact. J’enchaîne les verres et les eye contact. T’es belle mon amour mais ce soir c’est pas toi que je veux. C’est lui, lui, lui et lui à côté. Un doigt dans les cheveux vers le premier, les pieds qui s’agitent contre ceux du second. Un bon repas, quelques pintes. J’ai les doigts gras mais la gorge reste sèche. La douceur de chaque verre s’accompagne de la brûlure d’une cigarette. J’ai besoin du sucré de tes lèvres contre les miennes, la chaleur de ton désir dans le mien.

 


               On a rencontré quelques autres délurées. On a bien déliré. Le dégoût des autres ne fait que renforcer notre goût pour les nôtres. Y a pas de questions à poser, la soirée est pas finie mais je sais qu’on va baiser toute la journée. Je l’ai su dès que contre moi son gros cul est venu s’écraser. Je l’ai su quand ses lèvres ont remplacé mon joint avant que je ne vienne l’écraser. Du bout de la langue je goutte son essence, y a que ça pour me démarrer. Quelques garçons et beaucoup de corps à complimenter. Quelques glaçons dans beaucoup de liqueur pour m’alimenter. La vie est sucrée mais pimentée. Elle semble bien loin l’époque de notre schisme. Je te vois sourire derrière la fumée du shit, danser pour elle. Un instant tu sembles m’oublier, mais dans le mien ton regard vient vite se plonger. Tes mains contre ses fesses, mais tes yeux me lâchent pas quand je m’affaisse. Un garçon à ma droite, un autre à ma gauche. Enfoncée dans le canapé, une jambe lascivement posée sur une paire de cuisses. 

 


Côté Danube ça brille. Le front luisant, plaqué contre un corps balèze.

Y a quelques jours je voulais te casser le crâne, maintenant je pense qu’à te péter les reins. J’aime la voir te lécher les seins, j’aime les sentir contre les miens. Je pense plus qu’à baiser toute la nuit.

 


               Popperisée de la tête aux pieds, les yeux plissés, je tente d’improviser un sourire pour passer le videur. Mon sourire se reflète contre ses dents, comme s’il m’attendait. Mes seins se reflètent dans ses yeux, comme si je la lui tendais. Dix animaux libérés dans une boîte immense. On s’écrase contre le bar pendant que tu la presses contre la porte des WC. T’as ferré le plus beau poisson du coin dans tes filets de pêche. Grande, blonde, les cheveux en carré. Le corps nu enfermé dans une robe rose bonbon du plus mauvais goût. Tes doigts jouent avec ses colliers, effleurent sa poitrine. Dernière fois que je te vois de la soirée, juste le souvenir de tes mains qui remontent ses bas avant que celle d’un autre caresse les miens. 

 


               Commander une nouvelle vodka redbull, sentir le taureau frotter mes reins. Tu la plaques contre moi mais qu’est ce que tu comptes en faire ce soir ? Tu le plaques contre moi, mais à quel point tu veux me la mettre ? Tu la plaques contre moi, mais eux aussi le feront. Je dis rien de tout ça, le regard suffit parfois. Petit cul sec pour m’encourager à bouger le mien plutôt humide. L’envie de le serrer me colle au cerveau alors le collé est serré. Le gaillard est mignon, le gaillard est solide, mais le gaillard ne sait pas se tenir, ni me tenir. Un demi-tour et je me perds dans la foule. On se retrouvera plus tard si ma libido veut, mais pour l’instant la musique m’emprunte. Des coups de reins hasardeux dignes d’un puceau, le déhanchement est propre, suit le rythme des gens. On m’emporte, on me prend par la main, aucun visage ne reste, mais je m’aime de plus en plus. Un verre offert, puis deux, puis trois et il est temps de prendre une pause. Aucun reste au fond du verre, mais je t’aime de plus en plus.

 


Mon cœur s’agite et mon corps suit. Je passe de salles en salles, de bras en bras mais le cocktail reste le même. La vodka réchauffe, l’énergisant remue. Un joint de temps en temps pour lisser les oscillations de mes envies. Tout s’accélère, la course se fait frénétique. Je ne retiens plus où je suis, c’est au tour de mon aura de laisser sa trace de lumière. La tête dans les WC, c’est là que je t’ai retrouvée la tête entre ses cuisses. Un vomi, un clin d’œil, et c’est reparti. Pas même un je t’aime, tu le sais, je le sais, on a autre chose à faire ce soir.

 


               Je crois un instant croiser un miroir, mais une autre tête d’arabe hante la boîte. On se fixe, on se mate et on s’éclate. Ses joues posées contre mon haut crème, mes mains plaquées contre sa jupe beige. On joue des nuances, on se mélange. La suite je m’en rappelle plus. Je sais juste qu’on a finit dans un canapé démonté. La suite je m’en rappelle plus. Je sais juste que j’ai goûté toute la chair qu’elle montrait. La suite je m’en rappelle plus. Je sais juste qu’on est sorties en même temps, dans la même direction, dans le même lit. La suite je m’en rappelle plus. Je sais juste qu’on a niqué.

 


Et qu’au réveil je souriais encore.

Et qu’au réveil, je l’ai embrassé avant de partir.

Et qu’au réveil, je t’ai retrouvée couverte de suçons.

Et qu’au réveil, j’étais toujours aussi amoureuse de toi.

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