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Coups Bas

Chapitre 1

Hétéro

Je ne sens plus mon corps. Les reins douloureux, je me laisse encore faire quelques minutes. Je ne réalise pas vraiment ce qui s’est passé. Comment en suis-je arrivée à me laisser prendre par ce type insignifiant ? Je ne regrette cependant pas ce qui vient d’être pour moi comme un renouveau. Mais laissez-moi vous raconter et vous pourrez ainsi juger…


Il était une fois… non ! Je rigole. Je suis saine de corps et d’esprit et ne vais pas partir dans un délire, un conte fantastique ou je ne sais quoi. La réalité est bien plus terre à terre. Plus moche sans doute également, et pourtant…


— xxxXXxxx —


Je suis rentrée de mon boulot vendredi après-midi vers treize heures. D’ordinaire ce dernier jour de la semaine je suis de retour chez moi, vers dix-neuf heures… mais des maux de tête violents m’ont fait écourter ma journée de travail. Et en jetant mon sac sur le canapé, j’ai perçu des bruits étranges qui provenaient de notre chambre à coucher. Eh oui, je suis mariée à Julien depuis six ans maintenant. Malgré la douleur qui irradie mon cerveau, les bruits qui m’arrivent m’ont de suite intrigué.


Après un détour par la salle de bain et surtout l’armoire à pharmacie pour y dénicher un comprimé censé me soulager rapidement, je me suis mise à la recherche de l’origine de ces chuchotements, gloussements qui intriguaient tellement mes oreilles. Oh ! Ça n’a pas été très compliqué de remonter à la source des bruits bizarres. Et en poussant la porte de la chambre conjugale, le spectacle affligeant d’une paire de fesses qui se trémousse sur la bite de mon mari me scotche net, le cœur au bord des lèvres.


La douleur de la cloche qui résonne dans ma caboche alliée à la découverte de l’infidélité honteuse de cet homme qui est toute ma vie me donne presque la gerbe. Une froide colère s’empare de tout mon être. Pas dirigée vers la voisine de palier de notre appartement qui visiblement baise avec Julien. Non, ma rage surtout tend à me faire hurler contre le salaud qui tringle tranquillement cette femme alors que je fais bouillir la marmite. Mon entrée fracassante dans ce lieu que je jugeais jusque-là sacré a stoppé la chevauchée fantastique.


Julien a presque violemment repoussé cette Nadine, rouge de honte qui tente de camoufler ses seins, me laissant tout loisir d’apprécier ce buisson fourni et sa chatte luisante de mouille.


— Attends Marine ; attends, ce n’est pas du tout ce que tu crois.

— Ah non ? Et ce sont sans doute mes yeux qui perçoivent mal… dis donc à ta poule de camoufler son cul. Elle va s’enrhumer à trainer la chatte à l’air.

— Mais… Marine… qu’est-ce que tu fais là ? À cette heure-ci ?

— Je te signale que c’est aussi mon appartement, que depuis des mois j’assume tout ici. Je paie le loyer, je me crève à bosser pendant que Monsieur reste là sans se préoccuper de retrouver un boulot. Mais de là à imaginer que tu te tapais la voisine… je tombe de haut. Bon toi, la pouf là, tu dégages. J’ai des affaires à régler avec mon mec.

—… je… je suis désolée… je ne savais pas Marine que… enfin, Julien m’a dit que votre couple allait mal.

— Il a dit ça ? Eh bien, dis-lui à cette petite salope que tu devais me baiser avant ou après elle, en fonction des horaires de mon travail. Mentir pour se taper des petites vicieuses dans ton genre… dégage Nadine ! Ça t’arrangeait bien évidemment de croire les sornettes qu’il a pu te débiter. Au moins tu avais bonne conscience ?


La blondasse vient de récupérer sa culotte qui traine au sol. Elle ramasse ses fringues dispersées partout dans la chambre. Ses yeux évitent les miens et son visage reste cramoisi. Colère ? Honte de s’être fait surprendre dans une posture plutôt fâcheuse ? Un peu de tout ceci mélangé ? Peut-être ! Quant à Julien, lui aussi enfile son caleçon avec un air plutôt penaud. Elle file ensuite sans demander son reste, nous laissant toi et moi dans un tête-à-tête qui s’annonce houleux.


Pour le coup mes maux de tête se sont estompés sans que vraiment je m’en sois rendu compte. L’étau qui serre mes tripes, lui, ne me quitte plus du tout. Et l’estomac tordu par la saloperie entrevue là, par cette tromperie avérée, laisse place à une sorte de désarroi total. Je suis revenue dans la cuisine sans trop savoir sur quel pied danser. Bien entendu Julien me suit comme un bon petit chien. Du reste, il en a le même regard battu. Un long silence alors remplit notre appartement.


Quand il fait un geste de la main pour se saisir de la mienne, je recule brutalement mon bras.


— Ne me touche pas ! Ne me salis pas plus que tu ne l’as déjà fait. Ça fait longtemps que ça dure ? Cette histoire-là ?

— Non ! Je…

— Comment veux-tu que je te croie ? Tu me trompes avec Nadine… tu imagines… Nadine ? Une femme que j’ai invitée à notre table. Mais je suppose que tu es amoureux d’elle, que notre histoire s’arrête ici.

— Mais non ! C’est juste comme ça ! Un peu parce que… je suis désœuvré et qu’elle me donnait l’impression de toujours exister, tu comprends.

— Non ! Je ne comprends rien du tout ! Ce que je vois c’est que cette nuit nous avons fait l’amour et qu’au milieu de la journée je te retrouve en train de baiser notre voisine. Je ne saurai jamais depuis quand cette aventure est sur les rails. Mais je te laisse jusqu’à demain soir pour préparer tes affaires.

— Tu ne vas pas me quitter simplement parce que j’ai fait une connerie avec Nadine. Je passe le plus clair de mon temps seul dans ce… cet appart et mon Dieu, j’avoue, oui j’ai craqué. Elle était là, je me sentais trop loin de tout, trop perdu dans ce foutu monde de merde qui nous prend et nous jette comme de vulgaires marchandises. Alors… c’est arrivé… sans que je sache trop comment. Mais nous n’avons fait ça que deux fois…

— C’est encore trop Julien. Moi je me traine toutes les saintes journées dans un boulot éreintant pour que nous soyons heureux et je te découvre baisant avec notre… et sans capote en plus. Tu imagines bien ma souffrance ! Je ne peux, ne pourrai jamais te pardonner ce que tu as fait. Tu as démoli ce que je croyais sacré. Notre amour… pour toi ce n’était rien d’autre que des mots ? Du vent ? Merde… c’est dégueulasse ! Je ne veux plus jamais revivre ce genre de truc.

— Je te le promets… ça n’arrivera plus jamais ! Tu peux me croire, me faire confiance.

— Pour cela, j’en suis certaine ! Tu ne me tromperas plus jamais. Tu dois partir. Je ne reviendrai pas sur cette décision. Et comme c’est moi qui paie les traites de l’appartement, je reste… je te demande de vider les lieux avant demain soir.

— Sinon ? Tu feras quoi, si je ne pars pas ?

— J’ouvrirai la fenêtre et je balancerai tout dans la rue… tu peux me croire, je te promets que je ne rigole pas.

— Pas moyen de me faire pardonner Marine ? Je t’aime et tu le sais parfaitement…

— Belle façon de me le prouver en t’envoyant en l’air avec notre… enfin en te tapant Nadine. Il n’y a plus rien à ajouter. Je vais dormir ailleurs cette nuit. Demain… demain soir… lorsque je rentrerai si tu es toujours là… je crois que tu ne me verras jamais plus en colère que demain soir… si tu n’as pas quitté les lieux.


— xxxXXxxx —


Je prends mon sac à main à la volée et quitte l’appartement sans dire autre chose. La messe est dite. Mais dans la rue, alors que je me glisse sous le volant de ma petite voiture, je me demande où je vais bien pouvoir aller. Une seconde, j’entrevois la possibilité de me rendre chez ma copine Astrid. Mais je devrais expliquer pourquoi je viens lui rendre visite et à cet instant, j’ai besoin de calme plus que de parler de ce qui m’arrive. Je roule donc sans but et au centre-ville, j’abandonne mon véhicule sur un parking.


Les rues sont encore peuplées et les visages anonymes que je croise ne peuvent rien deviner de cette détresse qui m’étreint. Les lumières qui commencent à s’allumer dans les boutiques me rappellent que la nuit aussi va bientôt tomber. Mue par une envie d’être moins seule parmi tous ces gens inconnus, je pousse la porte d’un bistrot. Au bar quelques personnages hauts en couleur comme nos villes en recèlent encore sont là à se taire soudain.


Ma tête est donc si vilaine qu’ils en oublient leur parlotte de comptoir ? Je me coule derrière une table, dos au mur, protection bien dérisoire contre ce malaise qui suinte de tous mes pores. Au bar la discussion après un long temps mort reprend enfin. Je suis déjà passée au second plan des préoccupations de ces messieurs. Dans ma cervelle, le fil des évènements récents revient en boucle. Les fesses blanches contrastant avec le bronzage du reste de la peau de cette… salope, accentue encore un peu plus cette sourde rage qui m’habite.


La lumière de la lampe au-dessus de ma table, se trouve soudain voilée par la présence du serveur.


— Vous prendrez quoi, Madame ?

— Hein ? Ah oui… un scotch s’il vous plait ! Un double même.


Il a un imperceptible mouvement de recul, mais se retient de dire, de prononcer une parole. Je suis des yeux ce type sans âge qui vaque à ses occupations. Puis c’est sur un plateau qu’il tient à bout de bras que je vois arriver un verre au liquide ambré. Il le pousse devant moi ainsi qu’un papier minuscule. La note sans doute. Machinalement, de mon sac je tire mon porte-monnaie et en extrais un billet de vingt euros. L’autre le place sur son plat, et de sa poche sortent quelques pièces de monnaie.


— Merci madame !


Je saisis le godet et d’un seul trait ingurgite en une seule prise le contenu acre qu’il contient. L’autre n’a pas bronché. Il va pour faire demi-tour et je lui balance.


— Je peux avoir son petit frère ?

— Un autre double ?

— Oui ! Un triple même si c’est possible.


Il jette un regard vers le bar ou visiblement l’autre type qui sert est son patron. Il tente un sourire et avance ses pions.


— Vous avez des ennuis, Madame ? vous savez tout ce que l’on gagne à se saouler, c’est une gueule de bois monumentale. Les problèmes ressurgissent de toute façon dès le réveil ; accentués encore par l’alcool.

—… ?


Je vais pour lui décocher un trait plutôt vert, mais je me retiens au dernier moment. Je songe que je ne sais même pas où ce soir je vais dormir. Et puis avec un haussement d’épaules, mon serveur trop zélé est déjà en direction de son bar. Ma commande est de retour avec le même gus. Un nouveau billet change de main. Mais je sirote moins vite le liquide qui me chauffe l’estomac et je dois le dire, un peu les oreilles également. Lors de tous les déplacements du bonhomme, désormais je fais l’objet d’une surveillance spéciale. Il me gonfle déjà.


Lorsque mon verre est à nouveau vide, il rapplique avec un troisième plein d’un breuvage identique.


— Je n’ai rien commandé !

— C’est pour moi. Je vois bien que vous êtes en peine et ma foi si ça peut vous faire du bien… vous êtes perdue dans ce quartier, je ne vous ai jamais vu dans notre bar.

— Ouais ! Et si vous pouviez m’indiquer un hôtel dans le coin, ça pourrait m’arranger.

— Un hôtel ? Il y en a partout en périphérie de la ville. C’est pour dormir ou pour autre chose ?

— Comment ça autre chose ? Je ne comprends pas vraiment.

— Ben, faire l’amour parfois peut s’avérer plus efficace que de picoler pour oublier les mauvais moments. Vous voyez !

— Parce que vous auriez une solution pour ce genre de… d’ennuis ?

— Je suis un homme et vous êtes une femme. Une belle femme même, alors quoi de plus naturel que de proposer mes services. Je finis mon travail dans une petite heure… ça vous donne encore un peu de temps pour envisager ma solution… de repli. Et demain sera un nouveau jour, non ?

—…


Je n’ai pas le loisir de lui répondre. Il est rappelé par le type qui sert les vieux braillards du zinc. Quelques paires d’yeux passent et repassent de temps à autre sur ma silhouette, mais je suis à cent lieues de cela. L’hypothèse émise par le garçon n’est peut-être pas si bête. Une partie de cul avec un inconnu pourrait me faire voir la situation sous un éclairage différent. Après tout, Julien ne s’est pas gratté lui pour me cocufier. Mais bon ! Ce type, serveur de son état, ne paie pas de mine. Et dans mon caberlot tout tourne vertigineusement. L’alcool sans doute y est pour beaucoup !


J’ai la nette impression qu’il me fait des clins d’œil quand personne ne peut le voir. Et je me sens toute conne. Je n’ai aucune envie de ce mec, mais c’est aussi une bonne occasion pour rendre la monnaie de sa pièce à ce salopard de Julien. Enfin plus facile à croire qu’à réaliser. Et je siffle lentement le scotch qui continue ses ravages dans mon esprit. Je veux penser que c’est lui qui est la cause de ces pensées salaces qui m’habitent d’un coup.


Lorsque je sors après de longues minutes d’hésitation, je sens derrière moi une présence. Je me retourne dans cette rue ennuitée seulement éclairée par quelques vitrines.


— C’est gentil de m’avoir attendu. Vous n’allez tout de même pas prendre le volant avec ce que vous avez bu ?

—… Je ne vous ai pas attendu comme vous semblez le croire. Je vais me dénicher un hôtel par là et puis demain il fera jour !

— Vous pouvez passer la nuit chez moi. Je ne suis pas un monstre et puis… qui sait, les envies parfois c’est comme l’appétit, ça vient en mangeant. Je peux vous préparer une omelette au lard, vous ne semblez pas avoir diné. À moins que vous ne préfériez une pizza… mais elle sera décongelée et ce n’est pas trop sympa.

— Je crois que ce serait une erreur d’aller chez vous. Je vais trouver un taxi et…

— Allons ! Ne vous faites pas prier. Je suis certain que nous pouvons nous entendre. Vous ne risquez rien ! L’amour n’a jamais tué personne… enfin le sexe parce qu’à mon avis c’est un chagrin amoureux qui vous a poussé dans notre bar, n’est-ce pas ?

— Tous les mecs sont donc des salauds ?

— Tous ? Je ne sais pas ! Mais certains sont de vrais crétins de laisser partir une femme aussi jolie et attirante que vous l’êtes.

— La flatterie… un art que vous pratiquez plutôt bien, mais ça ne marche pas sur moi. Je sais reconnaitre un baratineur quand j’en vois un.

— Oh ! Je ne cache rien ! Vous me plaisez et je vous ferais bien l’amour, mais c’est bien à vous de décider. Nous sommes entre adultes et le consentement est indispensable pour cela. Après ça s’apparenterait à un viol et là, très peu pour moi.

— Alors où puis-je trouver une station de taxis ?

—… ne faites pas l’enfant ! Venez ! Donnez-moi la main… n’ayez donc pas peur. Venez, vous me raconterez tous vos déboires… devant une bonne omelette, il parait que je suis le roi de celles-ci !


C’est drôle ! Cette patte qui tient la mienne, mais ce qui est encore plus étrange c’est que c’est moi et moi seule, qui lui ai tendu mes doigts. J’ai comme un coup de chaud. Quelque chose qui me fait frissonner l’échine et je sens dans mon soutien-gorge mes seins se gonfler. Les pointes durcissent en signe d’attente. C’est purement sexuel et je le sais bien. Ce type ne paie pas de mine, mais il me fait de l’effet. Je me refuse à croire que je vais le suivre. Pourtant mon esprit ne suit pas mes jambes qui désormais marchent vers une automobile sombre stationnée de l’autre côté de la chaussée.


Il m’ouvre galamment la porte et je prends place sur le siège passager. Lui passe derrière la bagnole et se coule sous le volant. Un ronronnement se fait entendre et nous roulons dans des rues quasi désertes à cette heure pas si tardive.


— Alors ? Hôtel ou omelette ? Vous avez encore le choix ma belle dame.

—…

— Vous avez donc perdu votre langue ? Bon, je dois prendre une décision tout seul ? Alors, secouez seulement la tête de bas en haut si ça vous gêne de répondre. Ne soyez pas timide. Vous êtes mariée ?


Je dodeline le menton en guise de réponse. Il a accéléré et nous sortons des quartiers du centre-ville. La banlieue est plus proche et lorsque nous bifurquons dans une grande artère, je frissonne de plus belle. Je sais que ce soir je suis en train de faire une connerie. Puis les images des fesses pâles sur fond de bronzage remontent à ma mémoire. Salaud tu vas me le payer ! Je ferme un court instant les yeux. C’est difficile de me dire que je sais ce qui va se passer et que je ne cherche plus à lutter pour l’éviter.


Une allée de gravillons, laquelle crisse sous les roues et les phares qui éclairent une bâtisse ramassée sur elle-même. Tout en longueur, pas d’étage, ce que je note au passage c’est une immense véranda qui soudain s’éclaire à notre approche. Je suis à deux pas derrière le mec qui ne lâche plus ma main. Il ne fait rien pour me mettre mal à l’aise. Son sourire n’a rien de celui d’un prédateur. Je suis bien là de mon plein gré. Et ce creux aux reins c’est bien celui-ci qui me fait avancer.


— Bienvenue dans mon humble demeure. Je me prénomme Thomas… entrez, nous serons mieux au chaud !


Je fais ce pas qui me sépare d’une entrée sobrement meublée. Je n’ai ni froid ni chaud, je suis bien. Il me pose sa main dans le dos.


— Vous voulez bien me remettre votre veste ?


Il la prend et la pend dans un vestiaire de l’entrée. Il m’invite alors à pénétrer dans une cuisine ouverte sur une immense salle à manger et un salon attenant.


— Vous voulez un peu de musique pour patienter le temps que je prépare notre dinette… Un dernier apéritif avant que je cuisine ?

—… non ! Trop ce serait trop ! Et puis je ne sais plus vraiment ce que je fais quand j’ai trop bu ! Je ne devrais sans doute pas être ici à vous déranger…

— Mais vous ne me dérangez nullement, madame l’inconnue.

— Oh pardon ! Je me prénomme Marine…

— Un prénom qui vous va à ravir, avec ce pull de même couleur et vos beaux yeux… oui, c’est justement vu !

—… je n’ai pas choisi la couleur de mes prunelles, vous savez bien.

— Vous avez donc des ennuis ? Un mari qui vous attend quelque part ?

— Oh… je n’ai guère envie de parler de cela.

— Alors un peu de musique ? J’imagine que vous aimez le classique, moi également. La platine est là et les CD sont entreposés par ici… faites votre choix.

—…


Il me montre une sorte d’armoire et en l’ouvrant je découvre des piles de CD. J’en tire un au hasard. Petite musique de nuit de Mozart - Premier mouvement. Ça me semble bien et suffisamment doux. Je cherche un peu pour placer le disque dans l’appareil et ce Thomas vient à nouveau à ma rescousse.


— Attends… je vais t’aider… pardon, je voulais dire « je vais vous aider ».

— Oh, mais il n’y a pas de mal. Au point où nous en sommes… autant se dire tu, non ?


Je n’en reviens pas ! C’est ma voix, c’est bien ma bouche, mais ça ne peut pas être mon esprit qui vient de me dicter ces paroles. Je sens bien qu’il jubile et je suis mortifiée par cette audace qui ne m’est pas familière. Puis il y a toujours ce point au creux de mes reins. Cette étincelle latente qui ne demande qu’à éclater. Comment en suis-je arrivée là ? La musique coupe court à toutes mes idées acadabrantesques. Je sens son regard amusé qui se fixe sur moi. L’odeur qui parvient à mes narines est aussi alléchante.


— Ah, le lard est grillé… encore quelques minutes de patience et nous allons pouvoir diner. Une salade verte pour accompagner les œufs ? Ça te dirait ?

—… pourquoi pas ? Mais… fais simplement comme pour toi, comme si je n’étais pas là !

— Difficile avec ce que tu promènes sous mon nez.


Le ton est donné. Il enfonce le clou un peu plus profondément et curieusement c’est loin de me déplaire. À ses yeux je suis une femme. Une vraie femme qui attise sa convoitise et comme depuis quelques minutes je suis réceptive, ses paroles déclenchent un séisme en moi. Mon ventre est remué par je ne sais quel phénomène. Je me retiens de ne pas gémir alors qu’il est à dix pas de moi. D’instinct, je serre les cuisses et l’effet est désastreux, totalement inverse à celui attendu. Mon sexe coule littéralement. Pourquoi ?


Enfin le repas permet un peu plus de tenue. La musique de Mozart nous garde dans une sorte d’intimité spéciale. Il arrive un moment où je sens un frôlement sur ma cheville. Je garde pourtant la maitrise et mon pied se recule sous mon siège. Pas assez sans doute, puisque la caresse recommence un instant plus tard. Cette fois, je n’ai plus d’échappatoire. Une patte du bonhomme aussi, sur la nappe en toile cirée, vient au-devant de mes doigts. Après tout, si ça peut lui faire plaisir ! Seulement avec cette venue, une chaleur me parvient également. Elle se diffuse à tout mon être.


Le pied qui se promène sur le nylon de mon bas et doux lui aussi. Je ne sais pas trop ou cette affaire va me mener. Ou plutôt si je ne le sais que trop bien. Thomas et moi finissons cette dinette tellement différente de celle que j’ai à la maison. Puis le panard voyageur me quitte, la paluche entreprenante également pour me servir un café. C’est le point d’orgue d’un repas pris chez cet inconnu. Les accords distillés par la chaine stéréo me font encore tressaillir un peu plus. Il s’est levé et sans un mot me fait comprendre que je dois aussi en faire autant.


Il s’est approché de moi et son souffle court sur mon visage. Il veut m’embrasser et je détourne la bouche juste à l’instant où ses lèvres vont frôler les miennes. Il retire de quelques centimètres sa face enjouée.


— Tu… tu n’en as pas envie ?

—… ce n’est pas ça… je voudrais seulement passer dans ta salle de bain, pour me rafraichir et si tu avais une brosse à dents…

— Oh, s’il ne faut que cela pour ton bonheur… Viens, c’est par là.


Dans cet espace si personnel, ça sent le parfum de mâle. Curieux mélange d’after-shave et d’eau de toilette. D’un placard mural, il extirpe une brosse toute neuve encore emballée, un tube de dentifrice tout aussi frais, et deux immenses draps de bain.


— Tiens !

—… ?

— Ben si tu avais envie de te doucher… autant que tu prennes tes aises. C’est bien d’aimer la propreté et l’hygiène.

— Ça ne te dérange pas ?

— Pourquoi ? Ça prouve au moins que tu as du savoir-vivre. Je vais faire de même dans l’autre salle de bain de la maison. Celle de la chambre d’ami… je peux aussi te préparer un lit pour cette nuit si tu le désires.

—… je… je ne sais pas vraiment. Je te donne du mal. Enfin je me rafraichis et nous bavarderons un peu, si tu le veux bien.

— D’accord. Ne te bile pas pour moi.


Ce Thomas m’inspire une absolue confiance. Il ne cherche pas à me sauter dessus à tout prix. Il est plein de prévenances, mais sans doute a-t-il compris que je suis accessible et ne tient-il pas à me pousser à reculer ? Il part et je me dévêts avant de me couler sous un jet tiède. C’est bon et mes idées folles n’en sont que renforcées. Julien et Nadine… le cul de cette cochonne danse derrière mes paupières embuées. Par l’eau ou par des larmes ? Bien malin qui saurait le dire. Je frotte partout, surtout les endroits sensibles. Mes seins toujours gonflés me tiraillent encore. Les tétons sont en érection et je sais ce que ça suppose.


Je sors ensuite de la douche pour m’emmitoufler dans une serviette éponge rivalisant avec un drap de lit. Je me frotte le corps et brosse mes cheveux. Mes quenottes aussi sont l’objet d’attentions particulières. Voilà, je suis présentable. Reste donc à repasser mes vêtements, mais je n’ai pas de change pour remplacer mes dessous de la journée. C’est là que je comprends que je suis partie comme une idiote, à l’aventure. Le mot « aventure » percute mon cerveau et je revois… la scène démente des deux amants, unis sur notre couche conjugale. Alors ma rage ressurgit, et avec elle, ma bêtise sans doute.


— xxxXXxxx —


Après moult tergiversations, je finis par ne rien remettre du tout. Je garde le drap de bain bien serré sur mon corps et regagne le salon. Thomas s’y trouve déjà. Torse nu avec seulement le bas du corps ceint d’un paréo identique à celui qui fait ma tenue, il me regarde débouler dans son champ de vision. Je ne cherche pas à éviter ses yeux. Un trouble violent nous étreint. Il tend simplement la main dans une invitation à venir m’assoir près de lui. Je le fais et il me surprend de nouveau par une question à laquelle je ne m’attendais pas.


— Tu ne veux pas me raconter ce qui t’est arrivé ? Une femme telle que toi chez moi, c’est surprenant et j’ai encore du mal d’y croire. Alors, même si tu attises ma curiosité et me donnes des idées interdites, je ne veux en rien te forcer à quoi que ce soit…

— Tu… c’est gentil d’être aussi prévenant. Tu vis toujours aussi seul ?

— Oui ! Mais parce que je n’ai pas trouvé la perle rare… je ne l’avais pas encore rencontrée… et j’ai peur de souffrir. Alors, tu me dis pourquoi tu es là ? À cause ou grâce à qui j’ai la chance de te recevoir sous mon toit…

— C’est une longue histoire…


Et assise avec les genoux repliés sous moi, emmaillotée dans une serviette éponge, je narre par le détail ce qui me bouffe la vie depuis que je suis rentrée et repartie de chez moi. Thomas écoute sans dire un mot, sans me couper. Au bout de combien de temps est-ce que je me rends compte qu’il me serre la main ? Et mon récit continue avec mes doutes, mes craintes pour demain, mes peurs aussi. C’est son visage qui se rapproche du mien qui me fait stopper ma narration. La bouche qui tait mes mots a un gout de menthe.


C’est bon, c’est chaud, doux, suave. Ça coule en moi comme une caresse de l’intérieur. Le baiser est exquis, mais je le juge prématuré. Je me redresse pour reprendre mon souffle et Thomas prend mon geste pour une dérobade. Il me serre plus fort contre lui et je finis la tête couchée sur ses genoux. Je ne me soucie plus de cette serviette qui entoure ma nudité. Les longs doigts se font anguilles et lissent mes tempes dans un mouvement d’affection presque paternel. Je suis aux anges et laisse faire ces bijoux qui cisèlent leurs câlins sur ma peau.


Lorsqu’ils s’aventurent plus loin dans mon cou, je me tourne de manière à avoir seulement la nuque contre le ventre de mon hôte. Il persiste et signe et la chaleur de ses mains reste un vrai bienfait. Puis une d’entre elles s’infiltre non pas sur mon torse pourtant facile d’accès. Non ! Elle a trouvé un chemin entre le petit bidon de l’homme assis et mes épaules, longeant ma colonne vertébrale. Contre ma joue, celle en contact avec lui, je sens un truc qui ne se trouvait pas là quelques minutes auparavant.


Du moins ne l’avais-je pas remarqué cette callosité inaccoutumée. Mais je sais de quoi il s’agit de suite. Mon bon samaritain bande et de fort belle façon qui plus est ! Et les petits soubresauts qu’il imprime à son bassin ne sont visiblement pas de nature à me bercer. Ou alors d’illusions ? Et ça finit par détendre l’éponge qui lui ceint toujours le ventre. Cette fois c’est contre la peau de mon visage que s’étire la bestiole. Mais je ne m’en offusque nullement.


Et comme pour lui faire savoir que cette fois nous avons franchi une limite, je compresse un peu encore le ventre de Thomas qui retient sa respiration. S’attend-il à un rejet pur et simple de ma part ? Ou espère-t-il que je franchisse un nouveau cap dans une escalade que mon ventre sait inéluctable ? Mon cerveau lui aussi en est perturbé. Et le retrait de quelques centimètres de ma tête contre son corps a pour effet de laisser jaillir l’objet qui d’un coup ne se cache plus. La bête apparait dans toute sa longueur.


Un soupir à me fendre l’âme me parvient de bien plus haut alors que les doigts inquisiteurs se crispent davantage sur ma chaine lombaire. La seconde patte de l’individu est revenue sur mon front. Je ne réfléchis plus sainement et ce sont mes propres doigts qui viennent à la rencontre de cette exclamation de chair. Je sens le long frisson de l’homme alors que mon pouce et mon index en anneau encerclent un cylindre bouillant. En fermant les yeux, j’attire vers mes lèvres le sexe qui n’attend que leurs venues. Nouveau long soupir, suivi d’un tressaillement caractéristique du mâle qui apprécie.


Cette fois, j’ai la poupée vivante entre les mâchoires, bien que ma position ne soit guère aisée pour la suçoter. La voix qui me parvient me parait bien lointaine et rauque d’un plaisir trouble… déjà.


— Tu n’es pas obligée de faire cela, tu le sais ?

— Mumm !


Le borborygme que je laisse échapper, sans pour cela lâcher la canne ne répond que partiellement à sa question. Qui n’en est pas finalement une, puisque sa main continue de me lisser la peau, venant frôler mes lippes qui lapent avec presque délice la bite tendue. Ce qui s’en suit reste un parfait mystère pour moi. Tout mon être devient volcan. Mais si je crache de la lave, c’est bien sous des doigts fouineurs et très bien menés. Je prends des postures que je n’aurais pas imaginé être capable de faire avec un inconnu.


Le temps n’a plus guère de prise sur cette soirée qui me délivre d’un coup, de toute une tension inouïe. Et combien de temps ai-je sucé cette queue, avec je l’avoue gourmandise ? Sans plus me soucier de savoir si ce que je fais est bien ou mal, si c’est aussi une vengeance mal venue ou nécessaire. Et c’est moi, et moi seule, qui viens enfin m’empaler sur la crosse de ce seigneur anonyme. Je revois par intermittence les fesses de Nadine et j’explose dans une jouissance sans bornes alors qu’un éclat de rire me monte à la bouche.


Dire que mon derrière doit se trémousser de la manière dont j’ai perçu celui de ma voisine me donne une hilarité insoupçonnée. Thomas ne s’embarrasse d’aucun préjugé et continue de me labourer les reins avec une cadence mécanique. Mais c’est moi qui imprime le tempo à ces coups de boutoir que je désire plus ou moins réguliers. C’est si bon la fantaisie… Ça dure un long moment et à ses soubresauts et ses grimaces, je comprends que l’échéance n’est plus pour lui qu’une question de secondes.


Alors je m’arrache de ce pieu qui me transperce, pour revenir à une prière buccale dont j’attends beaucoup. D’abord ça lui coupe ses effets sans doute. Mais il comprend rapidement que le final devra se jouer à ma guise. Alors il se laisse aller et s’oublie dans le temple de mon gosier. Il faut dire que l’officiante qui entreprend le mandrin est suffisamment affamée pour ne plus se souvenir qu’il ne porte pas non plus de manteau. Et il arrive ce qui était prévisible. Un long soupir suivi d’un épanchement d’une semence épaisse vient clore un débat houleux.


— xxxXXxxx —


Le temps de reprendre nos esprits est long. Je reste allongée, aussi nue qu’il l’est. Sur le canapé, le plaid dévasté par notre corps à corps plutôt chaud, je ne cherche pas à retrouver la serviette protectrice qui masquerait les imperfections de mon corps à mon amant. Lui est attentif à ne pas briser le charme de l’après-sexe. Il me caresse les reins avec une infinie tendresse. Je dois dire que ça contraste totalement avec la terminaison de nos parties de jambes en l’air à Julien et moi. Lui s’endort si vite après nos ébats… et dire qu’il n’a pas même l’excuse de la fatigue due au travail !


Au bout d’un long moment, je suis revenue sur terre. Mais lui a repris un de mes seins entre ses doigts. Il en tripote le téton et c’est toujours par-là que débute chez moi l’excitation. Comment a-t-il fait pour s’en rendre compte aussi rapidement ? C’est un grand mystère. Je me laisse une fois de plus caresser. De toute façon après ce qui vient de se passer… mon corps, mon ventre, mon sexe, plus rien n’a de secret pour cet homme.


— Tu es si belle ! Comment un mec peut-il être aussi bête et te tromper ?

—…


La voix chante les mots et dans mon brouillard, je ne trouve pas de réponse à sa demande. Mais était-ce bien une réelle question ? Une vague idée me traverse l’esprit et affiche un mot derrière mon front. Je ne vais pas lui avouer, pas à cet inconnu. Encore qu’il en connait déjà passablement sur moi… sur mon anatomie du moins ! Oui… je crois que j’ai trouvé pourquoi Julien et moi en sommes arrivés là… et ce mot… c’est… ROUTINE !


Je ne sens plus mon corps. Les reins douloureux, je me laisse encore faire quelques minutes. Je ne réalise pas vraiment ce qui s’est passé. Comment en suis-je arrivée à me laisser prendre par ce type insignifiant ? Je ne regrette cependant pas ce qui vient d’être pour moi comme un renouveau. Les yeux clos, je revis la scène… deux paires de fesses qui dansent et les miennes sont bien semblables finalement à celles de Nadine. Je sors une heure plus tard dans la rue et hèle un taxi en maraude qui me raccompagne vers mon véhicule.


Je sais que je vais rentrer chez moi, et également que je combattrai ces coups bas mutuels qui pourraient nous conduire à un désastre… mais saurais-je à l’avenir résister à mes envies et à cette pieuvre qu’est la routine ?

Reverrais-je Thomas ? Nul n’est certain de rien en ce monde !

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