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Couvrez-vous !

Chapitre 1

Erotique

Laurie attendait son tour dans la salle d’attente de son médecin. Malgré son manteau très ample, son jean coupe boyish et son chapeau souple qui retombait sur son visage, elle sentait qu’elle était scrutée par l’autre patient. L’homme, dans la quarantaine, fixait l’ouverture du manteau avec attention. Cachée mais pas invisible, la paire de seins de la jeune femme attirait souvent les regards. Son chemisier était sagement boutonné mais le tissu était fortement tendu par sa poitrine opulente. Laurie fut prise d’une nouvelle quinte de toux qui lui racla les poumons et la gorge. Son voisin en fit une grimace dégoûtée et cessa quelque peu de la mater.


— C’est à qui ? demanda une voix chaude.


Laurie fut, un instant, surprise par le médecin qui se tenait là. Et puis elle se souvint que la secrétaire l’avait prévenue que le docteur Dechenez était absent pour quelques temps et que le docteur Dargon le remplaçait. Elle avait pensé attendre le retour de son médecin de famille mais sa toux durait un peu trop pour patienter plus.


— Oui, c’est moi, toussa Laurie plus qu’elle ne parla.


Maxime évalua cette nouvelle patiente alors qu’elle lui tendait une main aux ongles parfaitement manucurés de mauve. Sans doute pas beaucoup plus jeune que lui, jeune médecin remplaçant, elle semblait se prendre pour une influenceuse ou une star de téléréalité. Mais après tout, il n’avait pas à la juger, il était là pour soigner. Il accompagna sa patiente dans le cabinet et l’invita à s’assoir. Il lui demanda sa carte vitale qu’il introduisit dans le lecteur. En pianotant sur l’ordinateur, il trouva le dossier de la jeune femme, louant le vieux médecin d’avoir fait l’effort de moderniser son système.


— Alors, mademoiselle Portune. Je suppose que vous venez pour votre toux ?


Maxime releva les yeux et découvrit que la patiente avait retiré manteau et chapeau pour se mettre plus à l’aise. Il leva bien haut les sourcils, étonné de voir qui était devant lui.


— Couvrez-vous ! Il me semble que c’est ce que je vous ai dit il y a dix jours. Miss Cléo Fortune.

— Pardon ? Mais, d’où vous sortez ça ? s’étrangla Laurie.

— Désolé si je me trompe mais votre regard gris-vert est difficilement oubliable, répondit le médecin.

— Mais, je ne vous connais pas, s’inquiéta la patiente.

— Si. Attendez.


Laurie vit le médecin se lever et aller vers une armoire derrière lui. Il l’ouvrit pour en sortir un casque de moto bleu qu’elle le reconnut immédiatement. Ce dragon noir au regard démoniaque et entouré de fumée était reconnaissable.


— Oui, c’était moi sur la sportive bleue qui vous a conseillé de vous couvrir.

— Ah, euh. J’aurais dû vous écouter mais nous étions en plein shooting photo. Je m’étonne d’avoir eu un médecin parmi mes admirateurs.


Maxime lui expliqua qu’il avait suivi des amis aux portes ouvertes organisées par des concessionnaires moto de Nantes. Ils avaient fait quelques essais de bolides et avaient bu un verre. Ses amis ayant insisté pour qu’ils passent tous faire une photo avec l’une des deux stars porno, il avait cédé et avait préféré se diriger vers elle. Les deux starlettes, pas plus habillées qu’un bikini, des bottes et un boléro n’avaient visiblement pas chaud en cette fin avril. Maxime avait constaté la chair de poule et les tétons dressés de froid de Cléo Fortune.


— Et vous m’avez reconnu malgré mon maquillage et ma perruque violette ? s’étonna Laurie.

— En effet, je vous dis, votre regard est marquant.

— Ce n’est généralement pas ça qui imprime les souvenirs de mes fans, rétorqua Laurie en baissant les yeux vers ses seins. Et puis, pour info, je ne me considère pas comme une star du porno. Oui, j’en fais mais une grande partie de mon activité est tournée vers le soft, la lingerie érotique...

— Je vois. Après, je ne suis pas accro à ce genre de film. Mais, c’est Laurie Portune qui est venu me voir.

— Oui, docteur.

— Passons à la table d’auscultation, s’il vous plait.

— Je me déshabille ?

— Ouvrez juste votre chemisier.


La réponse étonna Laurie qui obtempéra. Elle déboutonna suffisamment son chemisier pour que le médecin pose son stéthoscope sur sa poitrine après avoir pris soin de le réchauffer sur la paume de sa main. Laurie se sentit auscultée de façon très professionnelle, le remplaçant du docteur Dechenez lui posant quelques questions sur son hygiène de vie.


— Vous fumez ?

— Un peu. Peut-être un paquet par semaine.

— Vous dormez bien ?

— Oui. Peut-être pas assez.

— Alcool ?

— Jamais saoule. Trop dangereux dans ce milieu.

— Pas que, malheureusement. Mais une consommation sans ivresse n’est pas sans danger non plus...

— Ah... Pas tous les jours, toussa Laurie. Et deux ou trois verres grand max.

— Respirez profondément... Encore... Mmmh, ça siffle un peu.


Maxime repassa devant et posa ses doigts dans le cou de Laurie à la recherche de ganglions gonflés.


— Quelques IST peuvent causer des toux chroniques. D’habitude je pose la question sur les pratiques à risque...

— Évidemment... Mais je fais des dépistages réguliers et mes partenaires aussi. Je ne tourne pas si j’ai le moindre doute.

— Et de quand date votre dernier ?

— Deux mois, grand max.

— Bon. Vous pouvez vous rhabiller.


Se rajustant, Laurie vit le médecin remplaçant revenir à son bureau. Elle retourna s’assoir en le scrutant de près. Il n’était pas mal, plutôt jeune et fringant, globalement gendre idéal. Un tatouage transparaissant sous sa chemise bleu ciel et sa passion de la moto lui donnait un petit côté badboy pas déplaisant.


— Je vous prescris une prise de sang, on va vérifier qu’il n’y a pas d’IST et ça ne parait pas bactérien. C’est probablement une grippe ou une angine virale un peu récalcitrante. S’il n’y a rien au dépistage et que vous toussez toujours ainsi dans une semaine. Reprenez un rendez-vous avec votre médecin.

— Merci, docteur. Et, euh, merci pour votre professionnalisme.

— Vous payez par carte ? De rien, mais pourquoi ?

— D’autres en auraient profité pour en voir plus que nécessaire.

— Ah, j’avoue que j’ai un peu lutté intérieurement. Ce n’est pas toujours simple de s’occuper de patientes aussi charmantes. Votre carte, votre carte vitale...

— Merci, docteur.

— Au revoir mademoiselle. Ne tardez pas trop pour le dépistage, dit Maxime en raccompagnant sa patiente à la porte.

— Demain, grand max !

— Je ne suis pas si grand...

— Hein ?

— Je m’appelle, Maxime.

— Ah... Oh ! ? Hi, hi, hi, s’esclaffa Laurie en comprenant la boutade du médecin.


Malgré elle, elle émit un petit grognement de cochon en riant qui la fit rougir et mettre les mains devant son visage. Maxime en sourit et laissa partir la jeune femme blonde qui remettait son bob sur son carré court.


* * *



Près de deux semaines après, Maxime Dargon eut la surprise de voir que Laurie Portune avait repris un rendez-vous. C’était sa dernière cliente de la journée, à moins qu’une urgence se présente. Il fut étonné de ressentir une certaine impatience à la retrouver dans le cabinet. A 18h30, il laissa partir la vieille dame qui était passé pour un renouvellement d’ordonnance et alla dans la salle d’attente.


— Bonsoir, on y va ?

— Tiens, c’est encore vous ?

— Oui, votre médecin est arrêté plus longtemps que prévu. Déçue ?

— Oh, non, non...

— Allons-y.


Le temps de s’installer et de prendre la carte vitale de Laurie, Maxime put apprécier la plastique de la jeune femme. Le temps plus beau et chaud l’avait incitée à se découvrir un peu plus. Le top qu’elle portait offrait un superbe décolleté, en partie caché par ce même large manteau. Il pensa un moment qu’elle avait fait cela pour lui mais chassa cette idée de son esprit. Laurie observa son médecin en appréciant son physique assez avantageux, souligné par une chemise noire cintrée. Elle fut troublée et rassurée de voir qu’il était bien sensible à sa plastique et que c’était bien son professionnalisme qui l’avait empêché de profiter de la situation la première fois.


— J’ai vu vos résultats, ils sont tous négatifs. Vous toussez encore ?

— Moins, presque plus. Mais je me sens fatiguée.

— Vous dormez combien de temps ?

— Oh, 6 heures, grand...

— Grand max, finit le médecin avec un sourire. C’est un peu juste.

— J’ai pas mal d’activités...

— J’ai vu que Cléo Fortune était en effet très occupée...

— Vous êtes allé sur mes sites ?

— Euh, oui...

— Quel professionnalisme !

— Pas mal de curiosité... Bref, rougit Maxime, gêné de s’être fait découvrir.


La jeune femme lui avait trotté dans la tête et il était allé surfer sur Internet. Il avait parcouru avec plaisir les publications softs de sa patiente avant de craquer et de regarder sa dernière vidéo porno. Il avait été hypnotisé par le regard qu’elle portait à la caméra quand elle suçait son partenaire. Cette image s’imposa un instant dans sa tête, l’empêchant de poursuivre la consultation.


— Docteur ?

— Oui, pardon. Heum, nous allons faire d’autres examens.

— Vous ne m’auscultez pas ?

— Heu, non... Je risque de manquer de professionnalisme.

— Peut-être que ça ne me déplairait pas, minauda Laurie.


Elle vit son médecin rougir comme un coquelicot. La jeune femme pouffa et cessa de le tourmenter. Maxime lui donna quelques préconisations de sommeil afin de reprendre contenance. Il lui prescrit également une prise de sang pour aller à la recherche d’une quelconque infection virale ou bactérienne.


— D’accord. Et je reviens vous voir pour les résultats ?

— Non, pas besoin. J’aurais une copie par mail.

— Dommage, marmonna Laurie.

— Pardon ?

— Non, rien.


Laurie paya sa consultation et Maxime la raccompagna. Elle se sentait déstabilisée par cette consultation où elle avait maladroitement tenté de séduire un homme, chose qu’elle faisait rarement, voire jamais. Une fois dehors, Laurie décida de s’en griller une avant de rentrer chez elle. Une porte sur le côté du cabinet s’ouvrit et elle aperçut son médecin en combinaison de cuir. Il s’apprêtait sûrement à prendre sa moto pour rentrer chez lui. Il la vit et se dirigea vers elle, Laurie sentit son cœur palpiter en le voyant approcher.


— Dites, la cigarette, il vaudrait mieux faire une pause.

— Je sais. Mais j’avais besoin de me détendre.

— Ne vous inquiétez pas, ce n’est sans doute pas grand-chose.

— C’est que... C’est vous qui m’avez un peu troublé.


Maxime fut étonné de cet aveu. Lui-même avait du mal à se détacher de sa patiente.


— Enfin, celle du Dr Dechenez, pensa-t-il.


C’était un peu tiré par les cheveux mais en un sens elle n’était pas SA patiente.


— Je vois...

— Euh, voilà. Euh, alors... C’est vrai que vous avez regardé ma dernière prestation ? demanda innocemment Laurie.

— Oui, j’ai beaucoup aimé. Vous êtes formidable à voir, rougit Maxime. Et, euh, voilà... Je, je me demandais comment vous avez commencé.


Le médecin se maudit d’aller sur ce terrain. Il avait envie de poursuivre la conversation mais sans ramener Laurie à son alter ego Cléo.


— Eh bien, par hasard... Si, si vous voulez, je pourrais vous raconter ça autour d’un verre. Comme vous n’êtes pas vraiment mon docteur, je me permets de vous le proposer.


Laurie tenta cette excuse foireuse pour le convaincre d’accepter. Elle fut déstabilisée qu’il accepte sans réfléchir. De fait, elle ne sut tout de suite où l’emmener.


— On peut aller à Trentemoult... Vous connaissez, Maxime ?

— Oui, je suis de Nantes, comme vous. D’ici on y sera en dix minutes.

— Super, il est tôt. J’espère qu’on trouvera une place en bord de Loire.... Sinon, on pourra se rabattre sur le White Shelter.

— Vendu ! Laurie, je vous suis où vous voulez. Euh, enfin, pour ce soir...


Vingt minutes plus tard, ils étaient attablés devant une bière fraîche sur une petite terrasse bordant la Loire. Le plaisir de cette sortie imprévue se mêlait à un certain malaise, une gêne. Ils échangeaient peu de mots, mais beaucoup de sourires. Laurie sentait que Maxime se plongeait avec délice dans son regard. Elle-même ne trouvait pas déplaisant les yeux sombres de son interlocuteur. Avec cette belle soirée, il s’était mis en bras de chemise et avait ouvert un peu sa chemise, laissant apparaitre un petit bout bleu du tatouage de son torse. Laurie voulut trouver un sujet qui leur permettrait d’éviter les blancs. Il y en avait un tout trouvé et malgré quelques doutes, elle se lança :


— Alors comme ça, vous voulez savoir comment j’ai débuté ?

— Euh, oui. Pourquoi pas, hésita Maxime.

— Comme je le disais devant le cabinet : par hasard. Je regardais de temps en temps des films avec mes copains ou seule mais sans plus.

— Comme moi.

— Au départ je me destinais à être perruquière. Vous savez faire des perruques... Je suis bête, le nom est évident.

— Des perruques de quel genre ?

— Médical, si je peux dire. Vous savez pour les femmes qui perdent leurs cheveux à cause de chimio ou de certaines maladies...

— Oui. Ce n’est pas un gros marcher.

— Je l’ai vite vu. Et puis je me suis dit que le cinéma devait en avoir besoin. Mais de Nantes, ce n’était pas gagné. Et puis, il y a eu une annonce un jour pour un tournage qui avait besoin de perruques colorées pour femmes et d’une personne sachant les mettre.

— Forcément, vous avez sauté dessus.

— Oui, quand j’ai appelé, l’assistante m’a prévenu que c’était un film coquin mais avec du budget. Je n’allais pas être devant la caméra donc...

— Donc pas de soucis. Mais alors ? demanda Maxime avec intérêt.

— Je suis arrivée dans une belle villa de la côte assez tôt le matin. On ne devait tourner les scènes avec les perruques que le soir. Mais il me fallait prendre les mensurations crâniennes des actrices pour ajuster les postiches. Ce qui allait potentiellement me prendre un peu de temps. Et puis la maquilleuse devait voir les couleurs que j’amenais pour coordonner son maquillage.

— Quand même, ce n’était pas un peu excessif ?

— Le réalisateur voulait un résultat haut de gamme. Et pour ma partie, il fallait que les postiches soient bien fixés. Si on devait s’arrêter toutes les trente secondes pour les replacer, ça aurait été infernal.

— Évidemment, quand vous êtes arrivée vos charmes ont dû faire de l’effet.

— Sur le coup, un cameraman a cru que j’étais actrice. Moi, ça m’a fait rire. J’ai pris les mesures des nanas et ai proposé les couleurs que j’avais. C’était mon projet de fin de formation. La rouge, la bleue, la dorée ont été choisie. Me restait une orange et la fameuse violette.

— On vous a demandé de tourner rapidement ?

— Non, je suis restée dans mon coin une petite heure à faire mes retouches. Ensuite, une première fille est revenue faire un essai. Elle était à poil. Je n’ai jamais été trop pudique, du moins dans l’intimité ou entre femmes, donc j’ai fait mon boulot comme si de rien n’était.


Laurie expliqua ensuite que les deux autres femmes étaient venues la voir dans l’heure qui suivit. N’ayant plus rien à faire qu’à attendre, elle était allée voir ce qu’il se passait. Des cris et des ahanements l’avaient guidé dans la villa pour tomber en pleine action : deux acteurs prenaient en double une des trois actrices. On lui avait parlé d’un film coquin et, même si elle se doutait que cela pouvait être un euphémisme, elle fut surprise de voir ça tout à coup. Mais Laurie était restée observer la scène, son déroulé, les pauses, les changements de position, etc. C’était amusant à voir, un peu excitant aussi, sans plus.


Ensuite, quelques scénettes pas trop mal jouées avaient été tournées avant de passer à la scène érotique suivante : un duo lesbien. Les deux nanas avaient vite été nues et avaient commencé leur affaire. Laurie avait d’abord pensé que cela allait être tourné d’une traite car les préliminaires n’avaient pas été interrompus. Mais le réalisateur avait fini par couper l’action et donner quelques indications aux actrices.


— Ensuite, je les ai vu prendre des positions peu naturelles mais indispensables pour montrer l’action.

— Vous aviez déjà eu des relations avec une femme ?

— Hein ? Euh, oui, avoua timidement Laurie.

— Pardon, c’est votre vie intime. Promis, secret professionnel oblige, je reste bouche cousue.

— Je vous fais confiance, répondit Laurie alors que leur serveuse posait leurs plats devant eux.


Cette scène lesbienne avait un peu plus troublé Laurie et c’est sans doute là que le réalisateur et l’assistante avaient pensé la faire tourner. Elle avait pu déjeuner avec l’équipe de tournage et ensuite les suivre pour des prises standards en extérieur. Il y avait aussi eu une scène de sexe à faire dans un endroit découvert. Laurie avait été surprise de voir que cela se faisait sans autorisation et elle avait été mise à contribution pour faire le guet.

En fin d’après-midi, ils étaient revenus à la villa et avaient encore tourné une scène de sexe, un classique homme-femme. Le scénario prévoyait que c’était une pipe vite fait entre un futur marié et sa fiancée. Avant qu’ils ne soient séparés pour aller chacun enterrer leur vie de garçon et de jeune fille. Ne devant tourner que cette fellation, le scénario indiquant que la fiancée voulait calmer les ardeurs de son copain en prévision de cette soirée. Et le réalisateur avait voulu en faire un plan séquence "réaliste".


— Après, on ne fait pas une gâterie dans un film comme dans la vraie vie, expliqua Laurie. Mais le plaisir du gars était bien réel puisqu’il n’avait pas à tenir des heures. Il s’est laissé aller en cinq minutes, il a juste forcé un peu les grognements au moment de jouir et de remplir la bouche de l’actrice. Ensuite, il a fallu faire un peu de potion magique car il n’avait pas tant éjaculé, afin que le contenu de la bouche de la fille soit plus important et photogénique.

— Je vois et ensuite ?

— Eh bien, je dois dire que cela m’avait assez troublé. J’ai fini par me faire accoster par l’assistante qui m’avait déjà complimenté une partie de la journée sur mon physique.


La femme avait dit à Laurie qu’elle la verrait bien tenir un petit rôle. Elle n’avait pas dit non et les autres actrices l’avaient un peu poussée aussi. Laurie avait fini par accepter à condition de n’avoir aucune scène de sexe et qu’on ne la reconnaisse pas. Pour la première exigence, c’était de toute façon obligatoire car elle ne pouvait produire aucun test de dépistage négatif. Pour la seconde, porter une des perruques en rab et un bon maquillage ferait le job.


— Ils m’ont fait signer un contrat type, précisant que je ne devais avoir aucune scène avec un ou une partenaire. Et puis un questionnaire comme quoi j’avais bien lu les conditions, que je ne prends pas de drogue et plein de choses comme ça. Ils m’ont filmé quand j’ai fait tout ça. J’ai bien compris qu’il y avait une possibilité qu’on me fasse faire un solo. J’en ai fait la remarque au réalisateur qui m’a proposé de rayer la mention ou d’ajouter une précision. Dans les scènes que j’avais vu, les filles avaient été bien traité, j’ai dit que peut-être je pourrais faire quelque chose si je me sentais à l’aise.

— Ce n’est pas piégeux ?

— Oui, le contrat tel qu’il était fait leur aurait permis de me forcer à tourner. Mais j’avais confiance en eux. Par la suite, d’autres tournages auraient pu mal se passer si je n’avais pas pris mes précautions.


Laurie continua en racontant qu’elle était embêtée par son arrivée dans le groupe de fêtardes, elle qui jouait la copine débarquant pour faire une surprise à la future mariée. Elle avait trouvé qu’avec une casquette et des lunettes de soleil, on aurait du mal à la reconnaître. De toute façon avec la minijupe et le petit débardeur dont elle avait dû s’affubler, ce n’était pas son visage qu’on aurait remarqué.

Les actrices et elle avaient improvisé une courte scène pour son arrivée, puis on avait tourné une séquence où elles faisaient semblant de se préparer et se maquiller. L’équipe était ensuite partie faire quelques rapides prises de vue dans un bar où le gérant avait accepter qu’on tourne des scènes de danse et de fête, sans rien de sexuel. Dans le scénario, le groupe de filles se faisait draguer par quelques gars et tout ce beau monde rentrait à la villa. Là, les choses devaient sérieusement dériver malgré le rôle de moralisatrice qu’il avait été donné à Laurie.


— Alors que ça devenait hyper chaud entre les deux mecs et les trois autres nanas, j’ai fait mine d’aller me coucher en les laissant merder.

— Merder ?

— C’était le texte... Ensuite, ils ont continué le tournage de la partouze. Ça a duré un long moment, car il fallait les arrêter pour changer d’angle de vue, leur faire refaire un passage, passer à une autre position. Les nanas commençaient quand même à se plaindre que leurs chattes chauffaient, même avec dix litres de lubrifiants. Bref, le réalisateur les a laissé finir, les deux gars giclant à grands râles sur les culs des nanas.

— Chaud à voir ? Émoustillant ?

— Oui et non. Je n’avais jamais fait de partouze, c’était troublant à voir. Mais les coupures incessantes m’ont cassé le plaisir.

— Du coup, pour une première expérience ça allait ?

— Eh bien, je ne pouvais pas partir comme cela. On a fait des plans de coupe comme si je m’agaçais de tout ce raffut. Et mon personnage est revenu voir ce qu’il se tramait.

— Pour jouer les voyeuses ?

— Oui, les cinq acteurs ont à nouveau mimé des actes sexuels pour que mon voyeurisme ait une toile de fond. Je devais faire croire que je regrettais de ne pas être restée. Pour rentrer dans le perso, je me suis imaginée vouloir vraiment cela, l’orgie. Mais ce n’était pas terrible. Et puis en voyant la caméra juste devant moi j’ai imaginé que mon copain était derrière. J’ai toujours aimé que mes copains me regardent et m’admirent, me déshabiller sensuellement devant eux ou me déhancher pour les exciter.

— Un peu exhibitionniste ?

— Oui et pas vraiment pudique, enfin dans l’intimité. Donc j’ai joué celle qui regrettait et qui se chauffait. Je me suis sentie assez bien pour aller caresser ma poitrine à travers mon débardeur.


Maxime se pencha au-dessus de son assiette pour ne rien rater de ce qui allait suivre. La voix de Laurie avait baissé d’un ton, était plus suave, plus sensuelle. Il la vit se pencher aussi un peu et poursuivre. Elle expliqua que l’assistante lui avait fait signe que son sein droit commençait à sortir mais qu’elle avait eu envie de continuer. Elle se sentait même assez bien pour sortir ses seins et jouer avec devant l’objectif. Le réalisateur, le caméraman et l’assistante avaient eu le souffle coupé en voyant sa grosse poitrine. Cela l’avait encouragé et Laurie avait vraiment voulu faire plaisir à ce copain imaginaire.


Le réalisateur avait laissé tourner un moment avant de couper mais de lui demander de garder la position. Il était passé derrière Laurie avec le caméraman pour avoir un autre angle. Il lui avait demandé si elle pouvait passer une main sous sa minijupe et faire semblant de se caresser. Laurie avait accepté et la scène avait repris. Elle s’était massé le cul, avait glissé une main entre ses cuisses comme demandé. Le réalisateur la félicitait et l’encourageait à continuer. Elle avait relevé la minijupe et dévoilé son cul, son intimité encore cachée par un string minimaliste. Une exclamation étouffée avait accueilli cette apparition. Laurie en avait souri et sa main était venue caresser son sexe par-dessus le string.


L’assistante l’avait à nouveau prévenue qu’elle allait plus loin que ce qu’elle avait décidé au départ. Laurie avait réfléchi un instant, elle se sentait bien et chaperonnée par l’assistante de production. Alors, d’une voix intimidée, elle avait proposé de faire un solo complet. Le réalisateur et l’assistante lui avaient posé deux fois la question et elle avait maintenu sa proposition. Alors, il avait repris le tournage, donnant des indications à la jeune femme. Elle attendait avec appréhension ce moment mais quand il lui avait demandé de baisser son string, elle avait eu un frisson de peur excitée.


— Mais une fois le sexe à l’air, je me suis laissé porter. Le réalisateur me guidait en douceur et j’avais la présence rassurante de l’assistante de prod. Je me suis retrouvée rapidement à poil face caméra à me caresser.


Maxime sentit que son sexe était franchement à l’étroit dans son pantalon. Le récit semblait aussi émoustiller Laurie dont les tétons étaient maintenant visibles sous son débardeur.


— J’ai alors entamé une masturbation endiablée et relativement réaliste. J’en rajoutais un peu mais mon plaisir était présent malgré la situation. Je m’étais imaginé me caresser pour mon mec et je continuais devant la caméra. Le réalisateur ne me demandait plus rien et me laissait faire comme je le voulais. Jusqu’à ce qu’il me dise de jouir pour la caméra.

— Pas trop dur à simuler ?

— C’est la seule fois où je n’ai pas simulé. On m’avait laissé faire mon affaire et mon côté exhibe n’avait pas été dérangé par la caméra. Je n’ai eu qu’à en faire des caisses et c’était dans la boîte. Ensuite, on a tourné une scène où les partouzeurs me surprenaient dans le couloir, alanguie de plaisir. Et une dernière, après la douche et un rhabillage, où je quittais la bande de copines.

— Vos copains ont été chanceux si vous faisiez tout cela pour eux.

— Je ne sais pas. Je verrais avec le prochain...


Maxime aurait bien ajouté que lui-même était célibataire mais il n’osa pas. Il se contenta de dire qu’elle était bien tombée pour une première. Laurie en était consciente. Depuis, elle ne tournait des pornos que si une assistante en qui elle avait confiance était là. Mais qu’elle tournait peu, préférant ses shows en webcams durant lesquels elle faisait ce qu’elle voulait.


— Sur quel site ?

— Le mien. Pas d’intermédiaire, juste les internautes et moi. Pas de contraintes d’horaires, de durée ou de pratique. Ce sont mes règles. Je prends bien plus de plaisir et j’ai ma petite communauté de fans. Après je privilégie les shootings juste érotiques, les collaborations avec des marques de lingerie. Je fais même mes propres productions parfois.

— Et la perruque ?

— Je l’ai gardé car elle protège mon identité. Elle me permet de rentrer plus librement dans le personnage de Cléo Fortune.

— Ça vient d’où ce pseudo ?

— Cléopâtre, bien sûr. Portune, Fortune, c’était proche et ça sonnait bien.

— Madame, monsieur. Vous désirez encore quelque chose ? demanda leur serveuse.


Laurie se rendit compte qu’il était près de 23h. Cela faisait presque quatre heures qu’ils étaient là.


— Euh, non. Nous allons y aller. On partage, Maxime ?

— Euh, oui, oui, Laurie.


Ils payèrent leur part et quittèrent le restaurant. En retournant à leurs véhicules, Laurie se dit qu’elle devait peut-être tenter quelque chose. Mais elle n’osa rien faire jusqu’à se retrouver devant sa voiture.


— Au revoir, Maxime. J’ai aimé cette soirée.

— Au revoir Laurie. Moi aussi.


Ils hésitèrent, se penchèrent, se redressèrent et finirent par se tendre sagement la main.


* * *



Une semaine plus tard, Laurie attendait à nouveau dans la salle d’attente du médecin. Elle toussait toujours un peu et restait fatiguée. Les résultats de la prise de sang semblaient tous négatifs. Elle avait besoin de l’avis d’un médecin sur la suite à donner à tout cela. Son stress grandissait à chaque seconde. Elle avait vite repris rendez-vous en espérant revoir Maxime Dargon. Elle avait passé une excellente soirée en sa compagnie la dernière fois. Et elle en avait gardé l’impression que lui avait passé sa soirée avec Laurie Portune et non Cléo Fortune. Alors même qu’une bonne partie de la discussion avait tourné autour de son alter ego.


— Bonsoir, mademoiselle.

— Bonsoir, docteur.


Laurie se leva et fut tenter de faire la bise à ce médecin. Il n’aurait peut-être pas refusé mais le patient suivant risquait de trouver cela bizarre. Maxime avait attendu ce rendez-vous toute la journée. Depuis le matin, il était tiraillé entre joie et inquiétude. Il était ravi de retrouver Laurie Portune mais inquiet de la voir revenir, malgré les résultats négatifs. Une partie de lui espérait qu’elle cherchait juste un moyen de le revoir. Le médecin la regarda ôter un large imperméable et apparaître dans un t-shirt rouge distendu par sa poitrine. Son jean noir moulait son cul de façon hypnotique et il avait failli se prendre la porte du cabinet en la laissant entrer.

Laurie avait remarqué le trouble du docteur et en était satisfaite. Même si elle se demandait si Maxime voyait Cléo ou elle, son physique avantageux ou elle. Elle fut rassurée quand il s’assit et planta son regard dans le sien.


— Alors, Laurie. Que me vaut le plaisir de vous revoir ?

— Eh bien, je tousse toujours un peu et je suis toujours fatiguée. Oh moins qu’avant mais il reste un petit quelque chose.

— Je vois, dit Maxime en jubilant intérieurement.


Sans faire preuve de trop d’imagination, il était raisonnable de penser qu’elle venait pour le voir.


— Euh, vous en pensez quoi ?

— Je ne sais pas trop. Je vais déjà écouter vos poumons.

— Bien docteur, répondit Laurie.


Dans son for intérieur, elle sautait de joie. Si la dernière fois, il ne l’avait pas auscultée, il n’y avait pas fondamentalement de raison de le faire aujourd’hui. Elle se surprit à espérer qu’il manque de professionnalisme et soupira.


— Oui ?

— Non, rien. J’enlève le t-shirt ?

— Oui.


Maxime fit assoir Laurie sur la table, debout devant elle, il eut du mal à garder un œil de médecin. Les seins de la jeune femme emplissaient un soutien-gorge dont les bonnets faisaient un bon D pour une taille 90. Mais le sourire de sa patiente supplanta son anatomie et il plongea à nouveau dans les yeux gris-vert de Laurie. Se reprenant, il effectua son travail de façon méticuleuse. Écoutant ses poumons, vérifiant les ganglions de la gorge, prenant la tension et écoutant le cœur qu’il trouva un peu rapide. Laurie avait aimé être proche de Maxime, appréciant la douceur de ses gestes. Ses battements cardiaques s’étaient emballés quand il avait posé le stéthoscope entre ses seins. Elle était rouge de honte de ses émois d’adolescente.


— Vous pouvez vous rhabiller. Il n’y a rien de particulier. A part un cœur un peu rapide.

— C’est vous qui me troublez...

— Euh, ah... Et toujours ce sifflement. Vous fumez toujours ?

— Bah, oui. Mais une clope ou deux par jour, grand max.


Le médecin sourit et vit Laurie rougir à nouveau.


— Vous croyez que je devrais arrêter ?

— Ça ne ferait de toute façon pas de mal. Vous avez le numéro de Tabac-Info-Service ?

— Non. Merci, dit-elle alors qu’il lui tendait une brochure.


Laurie était désappointée de ne pas garder de contact avec ce médecin si craquant.


— Je... Si, ça vous dit je fais un tournage dans quelques jours dans la région. Vous voudriez découvrir comment ça se passe ?

— Euh...

— Oh, désolé. C’est une idée idiote, s’excusa Laurie.

— Non, non. Surprenante.

— Oubliez.

— Je ne suis pas contre de voir comme travaille Cléo Fortune. A condition de pouvoir prendre un verre avec Laurie Portune ensuite.


Maxime se sentit rougir d’un coup, surpris par l’invitation qu’il venait de lancer.


— Oh, ce sera avec plaisir, répondit Laurie.


Tous deux souriants et guillerets, ils se levèrent et se dirigèrent vers la porte du cabinet. Maxime ouvrit et souhaita une bonne journée à Laurie qui en fit de même. Au lieu de lui tendre la main, elle tendit la joue pour lui faire la bise. Le médecin fut étonné de cette marque de proximité mais il l’embrassa avec grand plaisir. Il voulut lui faire deux bises mais Laurie en attendait une troisième. Elle resta suspendue un instant avant de s’écarter un peu. La jeune femme regarda Maxime avec des yeux aussi pétillants que lui en affichait. Tout à coup, elle sentit les lèvres du médecin venir se coller sur les siennes.


Laurie eut l’impression de s’envoler ; elle entrouvrit la bouche et laissa la langue de Maxime venir à la rencontre de la sienne. Le jeune homme s’était lancé sur un coup de tête, trouvant cette bise insuffisante mais transi de peur de se prendre une gifle. Ce qu’il se passait dépassait ses espérances. Il partagea avec Laurie un long baiser qu’il aurait bien aimé faire durer encore et encore.


Mais il fallut bien cesser le baiser : les autres patients attendaient. Maxime raccompagna Laurie dans le hall d’entrée et lui dit au revoir une nouvelle fois. Il aurait eu envie de lui donner un autre baiser mais la porte de la salle d’attente était grande ouverte et on les voyait. Laurie vit la déception de Maxime mais comprit qu’il ne pouvait l’embrasser à nouveau. Et puis, elle ne se sentait pas prête pour s’afficher en public avec lui.


Laurie sortit et referma la porte derrière elle. Maxime eut un large sourire et serra discrètement le poing en signe de victoire. Dehors, Laurie se montra un peu plus exubérante en se permettant une petite danse de joie.

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