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Crusader Kings : l'épopée lyonnaise

Chapitre 1

Divers

Avant propos :


Le texte suivant est un Let’s play narratif du jeu Crusader Kings II édité par la société Paradox Interactive. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le principe du Let’s play narratif, on prend un jeu vidéo, on fait une partie et on se sert des événements du jeu pour construire un récit.


L’action du jeu se situe sur plusieurs siècles au Moyen-Âge, dans les cours européennes, d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient ou d’Inde. Le joueur contrôle une dynastie régnante et doit lui garantir prestige, gloire et puissance. Il devra faire face aux ambitions des autres familles, s’assurer de tenir en place ses vassaux mais aussi s’imposer face à son suzerain. Guerres, trahisons, complots, assassinats, croisades mais aussi mariages sont les principaux évènements qui rythmeront l’histoire de votre lignée.



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Leçon n° 1 : Faites l’amour pour préparer la guerre


Artau Kari :


An de grâce 1066 ; on dit que Guillaume le Normand se lance à l’assaut de l’Angleterre. Hum, ça me dépasse. Comment un simple duc comme lui peut-il espérer ravir la couronne anglaise à ses rivaux ? Il va se faire maraver la gueule, ce con ! C’est sûr.


Mais non, contre toute attente, voilà qu’il bat le roi Harold Godwinson et lui ravit la fameuse couronne. Vraiment impressionnant ! Cet exploit lui vaut le surnom de « Guillaume le Conquérant ». Bon, tout juste après, ses armées se font piétiner comme une vulgaire merde par celles de roi Norvégien Harald Sigurdsson qui lui vole ainsi et l’Angleterre, et la Normandie. Le Normand passe de « Guillaume le Conquérant » à « Guillaume le Raccourci » après avoir rencontré la hache de Harald ! Ouais, c’était à prévoir, mais ça reste un exploit qu’un minable comme lui ait tenu un temps le titre royal dans la main. Né bâtard, mort roi : cela donne à réfléchir !


Ma famille, celle des Kari, est loin d’être puissante. Nous avons quand même su tirer notre épingle du jeu en destituant les de Forez et en nous emparant de leur fief, les comtés de Lyon et de Forez. Cela fait huit ans que moi, le comte Artau Kari, bien installé dans mon palais de Lyon, règne sur ces deux comtés que j’ai hérités de mon père. J’avais vingt-trois ans à l’époque.


Mon suzerain est le Kaiser Heinrich II, un garnement d’à peine seize printemps qui règne sur le Saint Empire Romain Germanique. J’ai beau posséder deux comtés, je suis un petit joueur par rapport à mes voisins. Je suis entouré de ducs bien plus puissants que moi. Je me suis fait discret jusque là, évitant d’attirer leur attention parce que je n’aurais pas eu assez de puissance pour les combattre, mais les évènements en Angleterre m’ont fait réfléchir et je me dis qu’il y a peut-être moyen de s’étendre un peu.


Ah non, je ne vise pas un titre de roi comme ce couillon de Guillaume ; non, je ne suis pas si ambitieux, mais un duché donnerait du prestige à ma dynastie. Je me verrais bien duc du Dauphiné ! Ça sonne bien. Et puis après tout, je possède déjà la moitié du territoire de jure, c’est à dire la moitié des comtés qui constituent par tradition – et donc légalement – le duché du Dauphiné. Bon, l’autre moitié est sous la coupe du duc de Provence au sud, et lui, je ne suis pas près de la lui ravir par les armes.


À y réfléchir, il y a une autre stratégie à développer : si je ne peux pas m’étendre par le champ de bataille, je peux toujours m’étendre par le lit. J’ai pris il y a quelques années une épouse du nom d’Ida. Ce n’était pas un mariage prestigieux ni un mariage d’amour ; je l’ai choisie parce qu’elle avait les hanches larges, signe qu’elle pouvait me fournir un bon paquet de gones.


Je l’ai mise tout de suite à l’ouvrage après le mariage : je l’ai jetée sur le lit conjugal et lui ai grimpé dessus. Elle était toute penaude au début, raide comme un piquet, mais elle a assumé son rôle sans se plaindre. Après tout, épouser un comte, elle ne pouvait que s’estimer heureuse. J’ai fait mon affaire puis je suis descendu en cuisine reprendre des forces.


Chaque soir je recommençais le même cinéma : je lui grimpais dessus, larguais la sauce et allais grailler avec les potes. Ida a fini par se détendre. Elle semblait apprécier mieux son devoir conjugal. C’en était un peu plus agréable. Attention, je ne cherchais pas un quelconque plaisir ; non, je réalisais juste ma tâche confiée par Dieu.


Mon premier fils, Guilhèm, est né il y a six ans. J’ai un peu délaissé mon épouse après, vu que j’avais un héritier, et puis, finalement, j’ai recommencé à la trousser quelques années après. J’ai eu une fille il y a un an. Une Ida-Raimonda ; oui, je sais c’est plutôt moche comme nom. Voilà ce qui arrive quand on laisse son épouse nommer la gone !


Quelque chose me dit que je ne vais pas m’arrêter là. Plus j’aurai d’héritiers, plus je pourrai les marier aux familles voisines afin d’obtenir des soutiens. Alors je rejoins mon épouse chaque soir pour la besogner sans aucune douceur. La bougresse semble vraiment apprécier cela maintenant : à chaque fois elle hurle de plaisir. C’est mal ; le sexe, c’est pas fait pour faire plaisir : Dieu n’aime pas ça. C’est fait pour pondre des gosses ! Enfin, bon, tant qu’elle se soumet, je ne me permets pas de juger pas cette ribaude !


J’obtiens une seconde fille en 1067 puis une troisième en 1070. Je ne fais pas la même erreur que pour la précédente et les nomme moi-même : ce sera Alice et Marie. Bon, ça me fait déjà quatre enfants. C’est bien beau, mais encore faut-il qu’ils me servent à quelque chose sinon il ne s’agit que de bouches à nourrir.


Le premier à placer est mon héritier. Pour ça, je m’adjoins les services de mon chancelier. Grâce à ses talents de diplomate, il m’arrange des fiançailles avec Agnès de Savoie, l’unique fille de Pierre de Savoie, duc de Savoie et de Suse. C’est un excellent parti ! Non seulement ça m’arrange une alliance avec un voisin puissant, mais en plus (étant donné qu’Agnès est pour le moment son seul enfant), mes petits-enfants peuvent espérer hériter les deux duchés de Pierre. Si tout se passe bien, ma dynastie pourrait ainsi mettre un jour les pieds en Italie.


Les fiançailles et l’alliance sont signées en 1071. Mon chancelier est grassement remercié en or, vin et femmes, puis je lui confie un nouvel objectif ; avec cette alliance, je peux espérer vaincre mon voisin du Sud, le duc de Provence. Manque plus qu’à me fabriquer des revendications en exploitant des failles dans les lois, en trafiquant des documents ou en corrompant les bonnes personnes : ce sera sa nouvelle mission.


La même année naît mon second fils. Je l’appelle Nathan. Une dernière fille, Emma, voit le jour cinq ans plus tard. À partir de là, mon épouse ne semble plus bonne à rien. J’ai beau lui grimper dessus, elle ne tombe plus enceinte. Je commence donc à la délaisser.


Grâce à mes talents diplomatiques, je négocie d’autres fiançailles. Étienne d’Ivréa épousera mon Ida-Raimonda, me forgeant ainsi une alliance avec son père Guillaume, duc de Franche-Comté. Quant à Alice, elle épousera Aymon de Genève, fils de Géraud, duc de Transjuranie. À part la Provence, tous les ducs voisins sont maintenant mes alliés.


Mais tout ne se passe pas pour le mieux. Pierre de Savoie a la mauvaise idée de nous pondre une seconde fille. À sa mort, ses titres seront ainsi séparés entre ses deux filles. Fait chier ! J’aimerais bien voir disparaître sa seconde gamine. J’hésite un temps à organiser un complot pour la faire assassiner, mais ce n’est pas très chrétien. Tant pis : après coup, j’irai me confesser auprès de mon chapelain qui m’absoudra de mes péchés. Je commence donc à distribuer quelques pots-de-vin à certains membres de la cour de Pierre afin d’obtenir des soutiens.


Autre mauvaise nouvelle : le Kaiser confie le Dauphiné – titre que je visais – à l’évêque du Vivarais qui devient ainsi prince-évêque. Et moi je me retrouve vassal de ce crétin. Zut, je ne devrais pas insulter un homme de Dieu. Heinrich II va même faire de lui un antipape afin de concurrencer le pape de Rome. Bon, chaque problème en son temps.


Mon complot porte ses fruits, et la seconde fille de Pierre est assassinée. Ses titres ne seront donc pas séparés et seront transmis dans leur intégralité à Agnès, puis aux héritiers de cette dernière (donc mes descendants). Je fête la nouvelle quand soudain un messager m’apprend que Pierre de Savoie vient d’avoir un fils. J’entre dans une colère noire ! Tout ça pour rien… Avec un fils, Agnès n’a plus droit à aucun titre.


Alors, rebelote ; il faut remettre la main à la pâte. Je commence à organiser un nouveau complot pour me débarrasser du gêneur. Même pas le temps de le faire que quelqu’un se charge de lui : problème résolu, retour au point de départ. Peu de temps après, mon chancelier m’annonce qu’il a terminé sa mission et qu’il m’apporte des documents permettant de revendiquer le comté du Viennois. Je fête tout ça avec du vin.


Tout semble bien tourner pour moi, sauf qu’encore une fois le destin n’en a pas décidé ainsi. Stephanus X, l’antipape, aurait ouï dire que je serais responsable de la mort de la fille de Pierre de Savoie. J’ai beau nier, assassiner tout ceux qui auraient pu me balancer et tenter de l’amadouer avec de l’or, je ne parviens pas à le convaincre. Me voilà excommunié. Argh, non, tout mais pas ça ! Moi, un honnête chrétien, excommunié ? Mais quel affront !


De plus, tant que je suis vassal de ce gueux, les lois m’empêchent de revendiquer le Viennois. Voilà deux raisons suffisantes pour prendre les armes. La guerre est déclarée en 1085. Le casus belli invoqué : me libérer de son autorité. Tous mes alliés répondent à l’appel, même cet idiot de Pierre de Savoie que j’ai réussi à embobiner.


L’antipape est écrasé rapidement. Désormais, je n’ai plus que le Kaiser en personne au-dessus de moi. Mis en confiance, je déclare tout de suite la guerre à la Provence.


Alliée au duché de Styrie, la Provence se révèle un adversaire plus compliqué, d’autant plus que, ce coup-ci, seul Pierre répond à mon appel. Lyon est même occupée un temps, et mes deux fils, une de mes filles et ma femme sont capturés par l’ennemi. Je dois payer une rançon faramineuse pour récupérer mes héritiers. Mais la guerre finit par tourner à mon avantage et la Provence dépose les armes. J’obtiens le titre de comte du Viennois en 1088. Ce nouveau titre me permet d’usurper le titre de duc du Dauphiné un an plus tard. Et voilà, mon objectif est atteint : les Kari seront désormais ducs.


La même année, Pierre de Savoie connaît une révolte importante sur ses terres. Je me dis qu’après avoir fait assassiner sa fille et l’avoir manipulé à mes fins, je peux au moins lui venir en aide. Je lui envoie donc mes troupes en soutien. Les rebelles sont écrasés deux ans plus tard.


Après l’or versé et la guerre, c’est seulement la promesse de faire vœu de célibat qui convainc l’antipape Stephanus X de lever mon excommunication. Si j’avais su que c’était si simple, j’aurais économisé pas mal. Maintenant que j’ai suffisamment d’enfants, je m’en moque. Et, de toute façon, mon épouse est toujours dans les geôles de la Provence. Et dire que le duc de Provence n’arrête pas de m’envoyer des émissaires pour que je paye la rançon d’Ida… ah ah, il peut toujours rêver, ce con !


En 1091 j’organise des fiançailles entre mon fils Nathan et la jeune Konstanze, comtesse d’Istrie, un comté situé vers la Croatie. Voilà de quoi installer mes descendants dans cette région. Ma fille Marie est fiancée au duc Ornulf II de Cologne deux ans après, me permettant de signer une nouvelle alliance.


Au même moment, le pape – le véritable, celui de Rome – appelle les seigneurs chrétiens à prendre les armes pour libérer la Terre Sainte des mains des infidèles. Pour moi, c’est une occasion en or de racheter mes péchés, mais je manque de moyens militaires. Je ne participe donc que financièrement. La campagne est une réussite puisqu’un nouveau royaume chrétien de Jérusalem est fondé avec un roi danois à sa tête, royaume qui survivra moins de dix ans, repris par les mains chiites des Fatimides. De prochaines croisades verront le jour et, qui sait, mes descendants se montreront peut-être à la hauteur de la défense de la Terre Sainte.


En 1094, j’apprends le décès d’Ida-Raimonda, ma fille aînée, suite à une maladie dégueulasse. Fort heureusement, l’alliance avec le duché de Franche-Comté qu’elle m’assurait est maintenue. Ouf, rien de catastrophique, mais à un moment j’ai eu peur !


Un an plus tard, ma stratégie me permet de m’octroyer une nouvelle et importante alliance ; il s’agit du royaume de Lotharingie, lui aussi vassal du Saint Empire Romain Germanique, qui vient de renaître de ses cendres quelques années plus tôt. Ma fille Emma épouse ainsi le prince Gottfried. La même année naît mon premier petit-enfant : Bérard, le fils de Guilhèm et d’Agnès de Savoie.


Je me sens de plus en plus fatigué. La vieillesse commence à peser sur mes épaules et la maladie me gagne. Je crois que mon heure approche. Voilà, je me dis que j’ai eu une vie bien remplie et que j’ai assuré l’avenir de ma dynastie avec un titre de duc et des alliances solides. À mes descendants d’assurer, maintenant : moi, je vous quitte. Adieu.


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