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La danse des primates

Chapitre 1

Divers

— Vous dansez, Madame ?


Je lève les yeux pour mettre un visage sur cette voix. Le garçon à quoi ? Tout juste une vingtaine d’années ? Enfin ! Avec ces jeunes d’aujourd’hui, difficile d’évaluer avec certitude. Surtout que dans la pénombre de la boîte, « Les mille et une étoiles » à quelques kilomètres de la ville, ça devient encore plus complexe.


Il me regarde avec de grands yeux sombres. Son jean déchiré sur les cuisses, à la mode quoi, sa chemise ouverte sur une partie d’un torse peu ou pas du tout velue, rien ne me donne d’indications précises sur qui il est. Un jeune paumé comme beaucoup ici, un de ceux qui viennent chercher dans le bruit et les spots un peu d’oubli à leur ennui ? Sans doute ! Mais il a un de ces sourires... qui découvre des dents d’une blancheur qui retient les lumières des boules à facettes.


— Vous dansez, Madame ?


Il vient de répéter sa question ! Insistance toute légitime puisque je n’ai pas répondu à sa première invitation. Je me demande un court instant ce qu’il me veut vraiment.


— Non merci... ce genre de musique, je ne sais pas danser dessus.

— Oh ! Ce n’est pas dur, il vous suffit de vous trémousser comme tous les autres.


Sa main fait un tour, semblant désigner l’assemblée qui se dandine sur la piste. Du menton, je lui fais une seconde fois « non ». Il sourit. Sa bouche s’approche de ma tête.


— C’est dommage ! Je ne sais pas si on vous l’a déjà dit, mais vous êtes superbe.

— Merci... mon mari est sur la piste de la salle à côté.

— Eh bien... si j’étais lui... je ne vous quitterais pas d’une semelle. Vous êtes...


Le mot se perd dans le boucan des guitares. Il a sûrement dit « belle » parce que j’ai cru comprendre « bonne ». Mais ce sont mes oreilles qui me trompent et qui entendent sûrement des choses qui n’existent pas. Il est tellement proche.


— Vous êtes certaine d’être avec votre man ?

— Pardon ? Je n’ai pas compris.

— Vous avez un mari ? Il a bien de la chance. Pourquoi il vous laisse filer toute seule dans une salle remplie de mecs qui ne rêvent que de passer une nuit avec une nana comme vous ?

— ... ? Je ne saisis pas.

— Vous... tu n’as pas envie de t’encanailler avec un petit jeune ?


Cette fois le doute n’est plus permis. Le gamin vient bien de me tutoyer et je me sens un peu paumée du coup. Il pourrait être mon fils si j’en avais un ce qui n’est pas le cas. Il insiste et je regrette vraiment d’avoir quitté l’autre piste de danse, plus feutrée. Je ne voulais que voir un peu ce qui se passait dans les autres salles de danse. Et il reste là à me couver des yeux. Un chahut fait suite à l’arrêt de la musique. Quelques jeunes tous pareils à celui qui se tient près de moi, vont et viennent dans tous les sens.


— Jeremy ! Qu’est-ce que tu fous ? Tu viens boire un coup.

— Ouais ! Attendez, j’en ai pour une seconde.

— Merde. Tu discutes avec qui ? C’est ta mère celle-là ? Allez, on t’attend nous ! Fais gaffe, si Julie te voit elle va t’arracher les yeux, ta tigresse.

— Julie... elle devrait prendre des conseils avec vous, vous le savez ?

— Qui c’est cette Julie ? Votre petite amie ?

— Mon casse-croûte ! Je couche avec quand j’en ai envie et ne me parlez pas d’amour, c’est déjà bien assez glauque comme ça.

— ...


Il se penche à nouveau vers moi. Sa voix faible me revient.


— Je vais fumer une clope, vous voulez aussi tirer une latte ?

— Non ! Mais je vais prendre l’air. C’est irrespirable dans cette salle.

— Je peux vous accompagner ? De toute façon vous avez raison, il fait trop chaud et l’ambiance ce soir n’est pas au beau fixe.


Qu’est-ce qu’il a ce gosse à vouloir à tout prix me coller au train ? Je file vers la sortie et il est derrière moi. Une soirée de merde quoi ! À la maison... oui, j’en ai une évidemment, et puis un homme aussi... je suis rentrée du travail trop tôt. Je veux dire trop tôt pour que mon mari en ait eu fini avec sa... la salope avec qui je l’ai trouvé. Dans notre lit en plus. Alors j’ai tourné les talons et c’est moi qui culpabilise.


Qu’est-ce que j’ai bien pu rater pour en être arrivée là ? De la femme dans notre plumard, je n’ai vu que la chevelure. Rousse ! Et la position de sa caboche ne pouvait guère laisser planer de doutes sur ce qu’elle faisait. Il ne m’a pas vu non plus, trop occupé à visiter le gros cul de sa maîtresse. Ils ne cuisinaient pas à coup sûr. Elle, couchée sur lui, qui lui bouffait le cul. Et la pipe qu’elle taillait c’était bien sur cette queue que j’avais moi aussi sucé ce matin avant de me lever.


Je suis tombée de haut. Le jeune homme a sorti un paquet de cigarettes. Un truc bien noir avec une image censée filer la trouille aux fumeurs. Tu parles d’une connerie. Il est à deux pas de moi. Mon téléphone sonne depuis... plus de deux heures. Bien entendu qu’il doit s’impatienter. Bobonne n’est pas rentrée. Il doit attendre sa gamelle, incapable de se faire cuire un œuf sur le plat. Et le jeune qui brousse à côté. Le barouf qui me prend la tête...


— Vous êtes sûr que ça va ? Une petite goulée ? C’est de la bonne !

— Quoi ?

— Oui, il n’y a pas que du tabac dans mes clopes... Vous voulez y goûter ?

— Bien sûr que non ! Je ne me drogue pas...

— Comme vous y allez ! Je ne veux que vous détendre moi ! Pourquoi vous n’allez pas rejoindre votre mec ? Il est pas là, pas vrai ?

— ...


Je ne vais pas non plus m’abaisser à tout te raconter mon coco. Bien évidemment qu’il n’est pas là ! Il ne sera plus jamais là. Sa maîtresse va demain devoir lui faire une place chez elle. Et puis je suis vraiment conne. Pour quoi je n’ai pas foutu le bordel ? Ils auraient eu l’air de quoi ces deux fumiers ? Une jeune femme vient de passer sa bobine par la porte.


— Jérémy ! Où t’étais passé. Je te cherche partout.


Il est trop près de moi et je sens d’un coup que l’autre devient soupçonneuse. Elle me reluque comme un chien qui flaire un os.


— C’est qui, celle-là ?

— Une danseuse ! Son mec est dans une autre salle.

— Qu’est-ce qu’elle fout avec toi ?

— Pardon ? Je ne suis pas avec votre copain ! Je prends l’air.


J’ai presque envie de lui dire qu’elle a intérêt à se calmer, je ne suis pas d’humeur, pas ce soir.


— Tu rentres Jérémy ?

— Ouais ! Je finis ma latte et j’arrive. Je peux avoir cinq minutes de tranquillité, oui ?

— Eh ! C’est cette vieille rombière qui te met dans des états pareils ?

— Tu devrais peut-être prendre des leçons avec cette dame.

— De quoi ? Ça veut dire quoi ?


Ils ne vont pas s’y mettre ces deux-là aussi ! Je me replie vers ma voiture. Elle est sur le parking, mais il est bourré comme un œuf. Ah ! Oui, avec ma clé pour allumer les phares... plus facile à la repérer. Les éclats de voix des deux tourtereaux résonnent à mes esgourdes. Ça semble plutôt péter entre eux. Pas facile la nana. Et j’entends courir dans les allées du parking. Une ombre qui cavale un peu plus loin. Qu’est-ce qui se passe encore ?


Voici ma bagnole. Je monte dedans et un fantôme surgit ! Tout près de ma portière passager. Ah ! Ce n’est que le gosse qui se planque ! Il s’est pris lui aussi le chou avec sa copine ? Il m’a vu. Sa main tape doucement à la vitre. Je baisse d’un centimètre celle-ci.


— Madame... vous pouvez...

— Qu’est-ce que vous me voulez encore, vous ?

— Eh ! Calmos hein ! Je suis venu vous rendre ceci. C’est bien à vous ?

— Quoi ? Comment vous avez eu ça, vous ?

— Vous l’avez fait tomber devant l’entrée et je l’ai juste ramassé par terre.

— Bon. Merci !


C’est ma carte d’identité que le gamin tient dans sa main. Je la récupère et il frappe une seconde fois à la vitre.


— Oui ?

— Vous partez ? Déjà ?

— Oui... je suis fatiguée et la musique de zazou, très peu pour moi.

— Vous passez par le centre-ville ?

— ... pourquoi ?

— J’en ai ras le bol aussi ! Et Julie me gonfle un peu. Vous pouvez me déposer près de chez moi ?

— Vous êtes venu comment ?

— Ben... avec elle, j’ai pas de voiture et surtout pas encore de permis de conduire. Mais elle c’est une fille à papa et elle se la joue un peu, comme ce soir.

— Je ne veux pas d’histoire avec votre amie.

— Pas de risque... et puis on baise seulement, on est pas amis vraiment ! Je peux monter ou pas ?

— Bon, allez-y : venez...

— Merci


Il est à mes côtés et je sens qu’il me scrute du regard. J’ai quelque chose qui ne lui convient pas ?


— Vous aussi vous devez avoir du blé...

— Quoi ? Du quoi ?

— De la tune, de l’argent quoi !

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

— Ben votre tire... elle doit valoir quelques pesettes... trop chouette, comme sa proprio quoi !


C’est dit avec le cœur. Machinalement je tire sur le bas de ma robe. La position pour conduire ne facilite pas la couverture de mes jambes. Il me semble qu’il ne les quitte pas des quinquets, ce jeune loup. Il doit s’en apercevoir que je tente de masquer ces débuts de cuisses qui sont trop visibles.


— Pas la peine de planquer ce qui est beau. Vous êtes bien roulée. Je ne comprends pas un type qui laisse sa wife se barrer la nuit pour aller dans une boîte. Vous y étiez pour... trouver ?

— Quoi ? Trouver quoi ? Je ne comprends pas tout votre charabia.

— Les femmes seules qui viennent la nuit dans ce genre de lieu, elles y cherchent souvent... un amant.

— ... ? Vous n’êtes pas bien vous ? Qu’est-ce qui peut vous faire penser ça ?

— Votre tenue déjà. Et puis dans la salle où vous étiez, le samedi soir il y a plus de cougars que de puceaux... je peux vous le dire.

— Mais... nous ne sommes pas samedi soir que je sache. Et puis... c’est quoi des cougars ?

— Des vielles qui donnent un peu de fric aux étudiants. Pour qu’ils puissent continuer leurs études tranquillos.

— Ça part d’un bon sentiment, non ?

— Vous tombez de quelle planète vous ? C’est pas gratos. Parfois elles sont plus près de la tombe que du berceau les mémés... et puis si elles paient c’est bien pour coller les étalons dans leur chambre...

— ... et vous aussi vous vous faites donner de l’argent pour ce genre de service ?

— Non ! Moi, j’ai Julie et elle se laisse faire. C’est pas le nirvana, mais bon, il faut savoir s’en contenter et puis... c’est toujours mieux que des grosses qui n’arrivent plus à faire bander personne.

— Au moins vous avez du respect pour votre entourage vous ! Et pour les vieilles femmes aussi apparemment.

— Ben, on va pas se raconter de salades non ? Vous voulez pas me dire pourquoi vous vous baguenaudez le mercredi soir dans les lieux mal famés ? Vous vous êtes torchée avec votre mâle ?

— Torchée ?

— Pris la tête, engueulée quoi.

— Mais je vous en pose des questions indiscrètes, moi ?

— Vous pouvez... ça ne me dérange pas. Et puis vous sentez drôlement bon vous ! C’est quoi votre parfum ?


J’éclate de rire. Le zigoto n’a pas la langue dans sa poche. Un genre qu’il veut se donner ou c’est naturel chez ce gamin ? Il est surpris par ma réaction.


— J’ai dit quoi qui vous fait tellement marrer ? Vous vous payez ma tronche là ?

— Mais non ! Vous êtes cash au moins. Elle doit rigoler souvent votre Julie avec vous.

— Bof ! Je ne la vois qu’en position... allongée ! Si ce soir j’avais su qu’elle serait au « mille et une étoiles », je n’y serais pas été...

— Allez !

— Quoi allé...

— On dit « je n’y serais pas allé... »

— Vous êtes prof ? Ça explique la tune et la belle chignole. Ça n’empêche que votre mec, c’est un con de vous laisser traîner la nuit toute seule... c’est un coup à se retrouver cocu en moins de deux.

— Vous ne pensez donc qu’à ça vous ! C’est une obsession chez vous...

— Prof de quoi... de français, je parie ?

— Perdu... je bosse dans une banque...

— C’est kif-kif bourricot. Et puis vous n’avez pas peur que je vous séquestre pour vous obliger à m’ouvrir les portes de votre taule ?


Je ris à nouveau, mais cette fois, il m’emboîte le pas.


— Vous êtes bonne !

— Ah ! J’avais bien compris alors là-bas devant la piste.

— Compris quoi ?

— Ce que vous aviez marmonné... entre belle et bonne, je voulais encore croire que c’était bien « belle » que vous aviez prononcé.

— Ça change quoi ? Belle, bonne, vous êtes les deux. Et c’est pas déplaisant, à voir. Bon, je vais arriver chez moi... vous voyez la petite fenêtre là ?

— Celle sans lumière ?

— Ouais, c’est ma piaule... il me reste une bière ou deux... on peut trinquer... vous n’en avez pas envie ?

— Je ne suis pas certaine que ce soit bien cela que vous ayez derrière la tête. Je ne veux courir aucun risque.

— Bof ! N’importe quoi ! Si vous n’êtes pas cougar, vous ne risquez rien ! Si j’avais déjà violé une fille ou une meuf, je serais à la zonzon non ?

— Peut-être...

— Allez, venez ! J’ai pas envie d’être seul ce soir... juste un petit moment.


Il me supplie presque et c’est vrai que moi non plus je ne me sens pas l’âme d’être solitaire. Mon téléphone sonne encore une fois.


— Votre grelot qui vous rappelle !

— Je m’en fiche.

— C’est peut-être important ! Vous ne répondez pas ? Votre man qui vous appelle peut-être ? La bisbrouille est plus grande que vous ne me l’avez dit ? Bon arrêtez-vous par là... vous voulez venir boire un coup ?

— ... Vous avez du café ?

— En poudre et il faut faire chauffer de la flotte. Mais c’est jouable... par contre... j’ai plus de sucre... mes finances sont au plus bas et mes vieux m’ont coupé les vivres.


Je prends cela pour un appel. Il doit encore s’imaginer que je suis une poule. Une cougar comme il dit ?


— Bon... je reste juste le temps de boire un jus...

— Ben oui... ça me va.


La cage d’escalier n’est pas des plus clean. Ça sent la pisse de chat ? Ou d’autres choses peut-être même. Nous arrivons au deuxième étage et dans le couloir, toute une rangée de portes.


— Il ne faut pas faire trop de boucan, mes voisins pioncent déjà... ils bossent eux tous les jours.

— Pas vous, Jérémy ?

— Ben, je vais au bahut...

— Vous avez quel âge ?

— Entrez, on parlementera à l’intérieur de mon home. Voilà, passez devant !


Nous sommes dans un studio. C’est plus propre et mieux rangé que ce que j’imaginais déjà. Un bureau, un lit, une armoire, de quoi vivre correctement pour un étudiant.


— J’ai vingt et un ans et je fais des études de véto. C’est difficile vous savez, comme pour les médecins... vivre en foyer comme ici n’arrange rien.

— Je comprends...

— On croirait entendre parler ma daronne.

— Votre quoi ?

— Ma mère si vous préférez. Elle est insupportable parfois... mais moins belle que vous.

— Et puis, c’est votre maman n’est-ce pas ? Donc elle a droit à un certain respect.

— Normal non ! Vos enfants ne vous respectent pas vous ? Vous en avez combien déjà ?

— Aucun.

— Ah ! Merde ! Vous pouvez pas savoir alors. Excuses ! Bon, je vous fais un caoua donc.

— Si vous voulez.


Le jeune type fait chauffer de l’eau. Et je n’ai guère d’autre choix que de poser mes fesses sur son lit. Il s’active dans sa minuscule kitchenette, après sa bouilloire électrique. Il revient avec une bibine et une tasse d’un breuvage noir fumant.


— Tenez et faites gaffe, c’est bouillant.

— Merci.

— Alors ? Vous me racontez ?

— Quoi ? Que je vous raconte quoi ?

— Ben... tout ! Pourquoi vous traînez le soir dans une boîte comme celle mal fréquentée des « Mille et une étoiles », par exemple ! Puis votre petite vie de bourgeoise friquée.

— ... ? Il n’y a pas grand-chose à en dire.

— Vous vous êtes pris le bourrichon avec votre mec ? Pas la peine de faire des cachoteries... ça se sent ces trucs-là !

— Que je vous en parle arrangerait quoi, à votre avis ?

— Rien, bien sûr ! Mais des fois, parler ça fait du bien. Quand j’ai des blêmes, j’en parle à Julie...

— Ah oui ! Votre... casse-croute ! Et vous en parlez après ou avant ?

— ? Avant quoi ?

— Après avoir couché avec elle. C’est bien cela qui vous intéresse chez cette fille, n’est-ce pas ? Vous m’avez bien dit qu’elle n’était pas très... farouche ?

— Oh ! Oui, mais elle dit aussi qu’elle est amoureuse de moi. Alors vous me racontez ?


Il est là ! Sa bouteille de bière à la main, buvant à même le goulot et moi comme une conne avec ma tasse d’un café infecte qui fume encore. Je ne sais pas quoi lui répondre et les images de cette fille rousse qui bouffe la queue de mon homme, elles me remontent dans le crâne avec une violence qui me donne une espèce de rage froide.


— Le salaud !

— Ey ! C’est de moi que vous parlez comme ça ?

— Hein ? Quoi ?

— Vous me traitez de salaud ou j’ai rêvé ?

— Ah ! J’ai dû penser tout haut ! Pardon pour cela, mais non, ce n’est pas à vous que s’adressait ce mot.

— Je vois ! C’est votre man le pourri ?

— Un peu oui.

— Racontez ! Ça vous videra la caboche.

— Oh ! Il n’y a rien à dire de plus que ce mot que je viens de lâcher sans faire exprès.

— Je crois plutôt que vous lui en voulez à votre type. Il a fait quelque chose de mal ? Il a une copine et vous n’appréciez pas ?

— ... ! Une rousse.


J’ai encore lâché cela sans trop comprendre pourquoi je discute avec un gamin de vingt et une piges dans une chambre grosse comme un confessionnal.


— C’est sa couleur de tifs qui vous fait flipper à ce point ? Ou alors elle baise avec lui et ça vous prend la tête ?

— ... quoi ?

— La rousse ? Elle se tape votre mec ?

— Plutôt oui ! Je les ai trouvés à poils dans notre lit en rentrant un peu plus tôt de mon boulot.

— Pas clean ça ! En plus c’est bien un con... faire ça chez vous ! C’est bien le meilleur moyen de se retrouver piégé... je sais d’où vous vient votre colère.

— Ma colère ? Mais je suis folle de rage.

— Je sais bien que c’est duraille ! Mais demain vous en discuterez avec lui... et comme tous les hommes, il aura les meilleures raisons du monde pour s’être tapé une voisine. Parce que s’il l’a baisée chez vous, c’est qu’elle est toute proche de votre maison.

— ... vous croyez ? Je n’avais pas pensé à ce genre de chose.

— Ben... c’est clair ! Et puis qu’est-ce qui vous empêche vous aussi de lui rendre la monnaie de sa pièce ? Il vous suffit de vous envoyer en l’air avec le premier venu... et vous rétablissez comme ça l’équilibre ! Le tour est joué, ni vu ni connu !

— ... Vous prêchez pour votre patrie là ?

— Ça veut dire quoi ?

— Le premier venu... dans votre esprit, ce serait vous ?

— Oh ! Non, moi... j’ai Julie. Mais vous êtes assez bien gaulée pour vous dégoter toute seule un mâle, enfin je crois. Vous avez ce qu’il faut là où c’est nécessaire.

— ... ! Vous êtes un drôle de type vous !

— Je vis comme je peux. Et je sais quand même reconnaître une belle nana quand j’en vois une. Dans votre job, il y a sûrement un gonze qui flashe sur... vous.

— Vous avez une vision bien à vous des choses, une manière d’en parler aussi... franche et directe.

— Pourquoi tourner autour du pot ? Vous avez un beau cul et je suis certain qu’il doit en faire bander plus d’un. À commencer par moi !

— ... ! Bon ! Je crois qu’il est temps de partir.

— Et vous allez rentrer chez vous ? Vous reprendre le chou avec votre mec ? Vous devriez laisser passer un peu de temps... la nuit par exemple pour faire le point. Ce n’est peut-être pas si grave ! Un coup de folie d’un mec qu’une nénette a un peu allumé. Il regrette déjà peut-être bien. Si vous ne lui répondez pas au téléphone, vous ne pourrez jamais en être sûre.


Il me colle dans la figure ses mots qui me sonnent plus que je ne voudrais le croire. Il a raison ! Mieux vaut crever l’abcès le plus rapidement possible. Il est grand temps que je le laisse à ses études et que je me trouve une chambre d’hôtel pour y passer la nuit. Demain, il fera jour et j’y verrai plus clair. Je veux l’espérer du moins.


— Vous voulez un autre café ?

— Euh... non merci ! Il me faut chercher un hôtel pour y dormir.

— Vous pouvez pieuter ici ! J’irai chez un pote, dans une des chambres à côté. Ça arrive que nous nous rendions ce genre de petit service.

— Mais... non ! Je ne veux pas vous chasser de chez vous.

— Me chasser ? Voilà encore des grands mots de bourges... on dirait que vous avez soixante-dix balais lorsque vous causez de cette façon ! Si je prête mon lit, c’est de bon cœur. Les draps sont propres aussi !

— Je suis désolée, je ne voulais pas vous vexer... Je ne sais pas vraiment quoi faire ni où aller. Je suis partie comme une voleuse. Je n’ai même pas osé leur dire quoi que ce soit. Pas sûr qu’ils se soient aperçus que je les avais vus en train de...

— Parce qu’en plus vous les avez trouvés en chantier ? Être cons à ce point, c’est du gratiné...

— ...


Il a sa patte qui fait des moulinets et à quel moment je m’aperçois qu’elle sert la mienne ? Ce jeunot réussit à transformer les images abjectes que j’ai dans le crâne en une sorte d’envie. Je n’y comprends rien. Et puis... son histoire de vengeance... il doit avoir raison. Je ne sais plus si je dois filer rapidement, si je peux coucher chez lui. Mon cerveau me dit non, mes tripes sont d’un avis contraire. Et lentement, je ne sais pas ce qui fait briller mes yeux. Il me regarde et je me noie dans son regard d’une couleur incroyable.


Je ne l’avais par remarqué plus tôt ? Si, bien sûr, mais c’est dans mon comportement que ça bouge, que ça change. Une fraction de seconde... je me pose une question idiote. N’aurait-il pas mis un truc dans mon café ? Mais non ! J’ai suivi chacun de ses mouvements et aucun n’était anormal. Alors ? Le fait de parler d’une façon brutale de sexe, d’amour et de petites fantaisies allume un grand brasier au fond de mon ventre !


Il s’est assis sur le pieu, sa jambe se colle à la mienne. Je ne fais pas un mouvement pour que cesse ce contact brulant. Enfin pour moi, parce que lui ne semble même pas s’apercevoir que j’existe, que je suis là.


— Alors ? Vous dormez là ? Parce que je dois aller voir Moussa avant qu’il ne soit endormi...

— Mais... vous n’allez pas déranger vos amis parce que je suis chez vous !

— ... ? Je ne vois pas alors ! À moins de dormir à côté de vous, mais là... je ne peux rien garantir.


Il me reluque cette fois avec un air que je juge soupçonneux. Je me fais violence pour ne pas me mettre sur mes cannes et filer. Après tout, il est assez cool et courtois, même si quelques lacunes dans sa dialectique sont à déplorer. Il a sûrement envisagé d’un coup que je pouvais rivaliser avec sa Julie. C’est moi qui soudain réalise l’incongruité de la situation. Coucher dans la même chambre qu’un presque inconnu c’est déjà limite... mais près de lui dans son plumard, c’est carrément dément.


Quelque chose me retient de déguerpir. Et mon téléphone pour la énième fois qui me fait sursauter. Lui aussi a un tressaillement à ce bruit qui pour l’heure vient perturber nos deux esprits.


— Il est tenace ! Vous ne voulez toujours pas lui répondre ?

— Non ! Il peut aussi se faire un peu de mouron ! Après m’avoir faite cocue, c’est le moindre des maux.

— Ouais ? Ce serait peut-être plus franc de lui dire que vous savez... moins lâche surtout.

— ... on dirait que son sort vous tient à cœur !

— Non ! Mais je m’imagine à sa place... et...

— Parce que ça vous arrive aussi de coucher avec d’autres femmes que la dénommée Julie ?

— Je vous ai dit que c’était seulement pour l’hygiène... nous n’avons pas d’atomes crochus. On se voit quand elle en a envie...

— Parce ce que n’est pas vous qui allez la relancer ?

— Jamais ! Je compatis et je lui donne juste le minimum syndical. Assez pour qu’elle reste ou revienne, quoi !

— Drôle de mentalité... que celle des jeunes d’aujourd’hui.

— Parce que de votre temps... ce n’était pas pareil ?

— De mon temps... on croirait que je suis une grand-mère déjà.

— Non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire...

— C’est pourtant ce que je comprends.

— Vous avez l’esprit mal tourné. Je veux dire que vous aussi vous avez bien dû avoir des aventures avant d’être collée à votre mec.

— Collé... charmant vocabulaire, je vois, c’est une nouvelle génération.

— Ben... on a pas tellement le choix. Vous les anciens ne nous avez pas laissé grand-chose ou plutôt si... toutes la merde de la terre à gérer. Vous avez bouffé toutes les ressources et nous devons maintenant en payer le prix fort.

— Ah ! Non ! S’il vous plaît, ne me mettez pas sur le dos toute la misère qui tombe sur nos têtes... la plupart des hommes et des femmes de ce monde sont des paumés comme vous et moi...

— Peut-être que vous avez raison. Alors vous dormez chez moi ?

— Je vais vous laisser tranquille...

— Mais c’est moi qui vous le propose alors...


Et soudain, il se lève !


— Bon, je vais voir mon pote... je reviens dans cinq minutes...

— Mais...


Il ne me laisse pas le temps de discuter. Et comme une idiote, je vois la porte se refermer sur lui. Je reste donc seule, assise sur ce lit inconnu. Mes yeux font le tour de cette chambre minuscule et relativement fonctionnelle. Combien dure son absence ? Je n’en ai aucune idée, mais ça me parait une éternité. Enfin, il réapparait avec le visage fermé.


— Mon pote a déjà sa nana chez lui... et vous comprenez que je ne peux pas vraiment le déranger. Ça ne fait rien... je dormirai dans mon sac de couchage sur le sol. Vous pouvez vous installer dans mon pieu.

— Je crois qu’il vaut mieux que ce soit moi qui parte...

— Non ! Non, je vous en prise, j’ai l’habitude... je reçois parfois des amis un peu... bourrés alors ils profitent de l’escale.

— ... ?

— Si vous voulez prendre une douche, c’est dans le couloir, la porte toute au fond... oui ce n’est pas très pratique, mais je n’ai pas trop le choix.

— Ça va aller... oui... ça ira bien !

— Je vais moi en prendre une, profitez-en pour vous mettre à l’aise et vous coucher. Vous pouvez prendre un de mes pyjamas qui sont sur une étagère, dans la penderie.


Il quitte à nouveau son palais. Et je fouille dans ce fameux rayonnage. J’y découvre une longue chemise d’homme. Celle-ci à carreaux rouge, posée sur ma poitrine me descend sous les genoux. Alors je retire prestement ce qui me couvre et passe la liquette de coton. Puis je me glisse dans le lit. Quelques minutes plus tard, le locataire des lieux rapplique et lui est dans une sorte de robe de chambre brune. Il tire du placard un sac de couchage qu’il étale à même le sol, au pied de son lit.


— Je peux éteindre la lumière ? Vous n’avez besoin de rien d’autre, Madame ?

— Oui c’est bien... en tout cas merci de me permettre de dormir sans aller à l’hôtel.

—De rien !


Il stoppe net sa phrase parce mon portable dirdingue à nouveau. Cette fois je tends le bras pour l’attraper dans mon sac.


— Excusez-moi, j’ai oublié de l’éteindre.

— Il est tenace votre bonhomme... il doit drôlement se faire du mauvais sang...

— Il aurait dû réfléchir avant de se taper je ne sais qui.

— ... je vous comprends, mais... lui dire que vous savez ne coute rien.

— Bonne nuit !

— OK ! OK ! Je ne vous ennuie plus avec mes radotages. Vous faites bien comme vous voulez, après tout, c’est seulement votre vie et c’est bien vous que ça regarde. Faites de beaux rêves.


— xxxXXxxx —


Je me suis endormie comme une masse. Que je ne sois pas chez moi ne m’a pas vraiment dérangé. C’est un bruit bizarre au milieu de la nuit qui me fait sursauter. Je relève la tête. Suffisamment pour apercevoir le jeune homme qui est assis sur un siège devant sa table de cuisine.


— C’est quoi ce bruit ?

— Rien de spécial. Des occupants d’une autre chambre qui ne sont pas très discrets...

— Ah ? Mais pourquoi ne dormez-vous plus vous ?

— Le sol est un peu duraille pour mon dos.

— Zut... écoutez, il y a sans doute assez de place pour deux dans votre couche. Vous resterez de votre côté et moi du mien, voilà tout.


Il ne répond pas, mais ne se fait pas plus prier. Il entre rapidement sous les draps et je me tourne vers le mur. Lui ne bouge pas. Je ferme les yeux, cherchant un second sommeil qui a bien de la peine à venir. Lui ne semble pas avoir plus de chances que moi pour se rendormir. Il se tourne, retourne et finit par heurter une de mes jambes avec la plus proche des siennes. Cette fois, il n’ose plus bouger. Et moi non plus du coup. Je sens ce pied qui reste collé à mon mollet.


Si je fais un geste pour échapper à cet attouchement involontaire, il va forcément comprendre que je suis éveillée. Alors, je ne bronche pas, seulement agitée de l’intérieur par cette promiscuité. Un long moment se passe sans que ce Jérémy ne respire calmement. Mais s’il écoutait un peu les sons dans le noir, il saurait que ma respiration aussi est perturbée. Il n’y songe sans doute pas. Pourtant, au bout de je ne sais combien de secondes, j’ai l’impression qu’un de ses bras rampe vers mon dos.


Je suis tétanisée, sans pouvoir réagir. La patte qui s’est simplement rapprochée et calée contre mon épaule. J’ai bizarrement chaud partout sans trop savoir quoi faire. Et la paume qui se déplace sur le tissu de la chemise que je porte semble trembler. À moins que ce ne soit mes propres tremblements qui soient à l’origine de cet effet ? Je respire un peu plus fort. Il doit s’imaginer que je dors profondément. Et je comprends que la paluche frôle mon bras. Je bouge juste un peu.


La main cette fois est presque sur mon sein, mais elle hésite encore. Et j’avoue que son contact est très... perturbant. Et aussi incroyable que cela puisse paraitre il marmonne des mots...


— Vous êtes trop belle Madame... si vous saviez comme j’ai envie de faire l’amour...

— ...

— Je bande pour vous et j’imagine bien ce que doit endurer votre mec... Dommage que vous dormiez... je crois que je suis fou... de vous. En plus vous sentez bon.

— ...


Les doigts viennent de se crisper sur le tissu qui recouvre ma poitrine. Il ne caresse pas vraiment ce qui se cache dessous. Non ! C’est plus une prière et un regret qu’il exprime de cette manière... digitale. Et je ne cherche pas à l’allumer parce qu’à mon avis il l’est déjà passablement. Je tente de me retourner légèrement, pour échapper à cette cajolerie qui n’en est pas une vraiment. Et c’est en faisant un mouvement pour éviter son contact que mon bras lui se retrouve tout proche de la patte que je viens de faire fuir.


Sans trop saisir ce qui se passe, je sens qu’il ferme la paume sur mes doigts. Je respire d’une façon plutôt saccadée. Et il ne bouge plus durant de longues secondes, se gardant de m’éveiller. Quand il estime ou croit que je suis de nouveau plongée dans un sommeil plus profond, je le sens qui tire délicatement mon avant-bras vers lui. Et tranquillement, il glisse entre sa patte et la mienne... sa queue tendue. Si j’ai une sorte de frémissement, le frisson qui le parcourt l’empêche sans aucun doute de se rendre compte que j’ai accusé le coup.


Et doucement, peut-être de peur de me voir revenir dans le monde des vivants, il laisse ma main sur son sexe raide, sans plus rien faire d’autre. Ce petit manège dure encore et encore et dans la nuit, le bruit de sa déglutition difficile crève le silence. Sans faire d’histoire, je remue et il ne s’aperçoit toujours pas que je ne pionce pas depuis le début. Il ne fait plus un mouvement alors que je me tourne nonchalamment, reprenant possession de cet avant-bras dont il se serait bien servi plus longuement.


Au bout de je ne sais combien de temps, c’est lui qui se tourne et prend une position qui m’apparaît comme très... osée, mais comme je suis censée roupiller... je ne peux guère le repousser. Cette fois, c’est tout son corps qui s’est placé contre moi. Et fatalement contre mes fesses, il y a... sa gaule. Il bande vraiment pour de bon. Ma main l’avait bien senti, mais là, sans le faire de façon ostentatoire, juste pour ne pas m’éveiller, il se frotte contre mon derrière.


Les balancements et les oscillations se font sans heurts. Juste une sorte de caresse tendre. Et cette partie de lui qui me frôle est de plus en plus appuyée. J’en arrive à me demander jusqu’où il est capable d’aller dans sa masturbation très spéciale. Il m’entraîne aussi de plus en plus dans ces hochements pervers. Comment ne pas montrer que je sais, que je sens ? Ça devient de plus en plus délicat pour respirer normalement. Et puis... je dois dire que ça ne me laisse pas non plus aussi indifférente.


À quel moment est-ce que je suis entrée dans le jeu ? Je ne veux pas le savoir, je ferme les yeux, sachant que c’est forcément une grosse connerie. Mais il est un fait avérer, c’est qu’il arrive d’un coup que ce soit bien moi qui en remuant toute seule, facilite l’accès à cette trique prometteuse. Lui a de suite saisi la balle au bond. Ses mains viennent de crocheter mes hanches, et d’un coup plus appuyé, il se loge profondément en moi. Ses va-et-vient cette fois s’amplifient et il me fait l’amour sans que nous parlions. Pas de caresses, pas de cris non plus.


Mon corps a cédé sous les coups de boutoir de ce jeune étalon et je me suis laissé faire. Il n’a pas cherché autre chose que me prendre. Pas de cunnilingus, pas de demande de fellation ! Seulement une possession toute en douceur, toute faite de petits voyages aller et retour internes et intenses qui m’ont délivré de mes angoisses. Puis il a éjaculé sur mon derrière, s’est retourné de son côté et je n’ai plus bougé non plus. Il avait ce qu’il voulait, j’étais muette et à défaut d’être comblée au moins avais-je rendu la monnaie de la pièce à mon mari.


Au petit matin, je me suis réveillée la première, me suis levée et j’ai quitté la chambre de ce garçon. Personne ne m’a croisé et mon retour vers mon domicile s’est fait gentiment. Ce qui va se passer maintenant est plus inquiétant... nous avons à parler mon mari et moi... mais je suis vindicative ; allez donc savoir ce qui me passe par la tête !

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